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Vivre l'évangile
Joseph Tkach
 

En tant que disciples de Jésus-Christ, nous proclamons l’Evangile, c’est-à-dire que nous annonçons la bonne nouvelle de l’œuvre que Christ a accomplie pour l’humanité. Mais l’Evangile ne consiste pas seulement à prononcer des mots, mais cela implique également que nous l’appliquions dans notre vie.

Lorsque nous acceptons la grâce de l’Evangile, cela affecte notre façon de penser et de vivre. Quand nous réalisons que nous sommes pécheurs et que seule la miséricorde de Dieu nous sauve, nous devenons plus patients envers d’autres pécheurs.

Quand nous réalisons qu’une énorme dette nous a été pardonnée, nous sommes plus disposés à pardonner aux autres. Plus nous comprenons et apprécions la grâce manifestée à notre égard, plus nous sommes miséricordieux envers les autres. Nous reconnaissons que nous avons besoin de pardon, et les autres aussi.

Cependant, plus nous constatons notre besoin d’être comme Christ, plus nous découvrons combien il nous est difficile de répondre à cet appel. Nous ne pardonnons pas aussi bien, ou autant que nous le devrions ou le voudrions. Nous avons continuellement besoin d’être pardonnés pour combler notre manque de pardon, aussi bien que nos nombreux autres manquements. Nous ne trouvons pas en nous-mêmes la capacité de faire ce que nous devrions faire.

C’est pourquoi nous nous tournons vers Dieu pour recevoir la force et le désir de pardonner. C’est un processus d’apprentissage progressif que l’on n’atteint pas en une seule fois. Nous comptons sur Dieu non seulement pour changer nos comportements, mais aussi ce que nous sommes, comment nous pensons et ce que nous valorisons.

Une question de confiance

Au cours de ce lent processus de transformation, nous avons besoin de faire confiance à Christ. Nous devons croire qu’il nous façonnera à sa ressemblance, selon son rythme, et qu’il transformera les autres également. Bien que l’Eglise et ses membres ne soient pas parfaits, qu’ils nous déçoivent et même nous blessent parfois, nous devons croire que Christ accomplit son œuvre en eux, tout comme il œuvre en nous. Nous sommes tous des pécheurs faisant partie du même voyage, en route ensemble vers le ciel.

Faire confiance à Christ affecte notre façon de vivre ; l’Evangile nous rappelle constamment que nous devons pardonner et être conscients que le pardon sera toujours une nécessité dans ce bas-monde. Tout comme nous avons besoin continuellement du pardon de Dieu, ceux qui nous entourent ont aussi constamment besoin de notre pardon.

Même les gens les mieux intentionnés commettent des erreurs, et même ceux qui nous aiment nous blessent parfois. Dans notre monde de douleur et de chagrin, le pardon est essentiel.

Si c’est seulement dans cette vie terrestre que nous plaçons notre espoir, nous avons une bien maigre espérance ; mais en Christ, nous avons la pleine assurance d’un monde à venir bien meilleur. Notre monde a besoin d’une restructuration, et nous avons confiance que Christ la fera.

Notre foi en l’avenir et dans le monde céleste que Christ a promis nous donne une autre perspective des valeurs. Nous attribuons moins d’importance aux choses terrestres que valorise le monde, et nous donnons plus d’importance aux choses éternelles et célestes qui concernent Christ.

Ce changement dans nos valeurs s’opère rarement instantanément. Comme d’autres transformations dans notre vie, c’est un lent processus qui comporte des percées et des reculs. Parfois, nous nous embourbons dans les choses temporelles ; d’autres fois, nous sommes en mesure de les chasser comme des fardeaux futiles et non nécessaires. A mesure que nous valorisons les gens plus que les choses, la vérité plus que l’argent, et la grâce plus que la vengeance, l’Evangile transforme notre vie.

Exemples

Nous ne devons pas simplement connaître l’Evangile et le prêcher, mais il nous faut être des exemples vivants de l’Evangile — des exemples de grâce, de foi et d’amour.

Nous voulons que notre vie soit un support pour l’Evangile, qu’elle le recommande et le rende attrayant pour les autres. Nous voulons que les paroles que nous disons à propos de Jésus-Christ soient accompagnées par le doux arôme d’une vie à l’image de Christ.

Il y a peu de choses qui peuvent ternir l’Evangile plus qu’un chrétien dont la vie est corrompue. Des gens entendent parler d’immoralité sexuelle dans l’Eglise et dévalorisent l’Evangile, avant même de l’avoir entendu. « Mettez de l’ordre dans votre propre maison, clameront-ils, et ensuite nous pourrons peut-être écouter ce que vous avez à dire ».

Au fil des années, malheureusement, certains évangélistes de la télévision américaine ont donné une mauvaise réputation à l’Evangile. De même, de tout temps, certains membres de l’Eglise qui ont critiqué et calomnié, ont ridiculisé l’Evangile. D’une part, l’hypocrisie mine la bonne nouvelle et, d’autre part, l’esprit de jugement nuit à l’Evangile autant que l’adultère et la haine. Le point important est que notre comportement affecte la réputation du message de Christ. Un seul mauvais exemple peut gâcher des milliers de bonnes paroles.

Par contre, un bon exemple aide l’Evangile à être favorablement reçu. C’est l’une des dynamiques à l’œuvre dans l’évangélisation par amitié. Des gens peuvent être conduits à Christ avec quelques paroles, après avoir été témoins de bons exemples de l’Evangile en action.

Comme Paul l’a écrit : « Menez une vie digne de l’Evangile de Christ » (Philippiens 1 : 27). Certains comportements sont dignes de l’Evangile, et d’autres pas. Notre exemple est important. Notre Enoncé des Croyances dit que les chrétiens devraient vivre de foi afin que la bonne nouvelle qui est que les êtres humains entrent dans le Royaume de Dieu en mettant leur confiance en Jésus-Christ, leur paraisse évidente. Notre vie devrait refléter la grâce et la foi que nous avons en Jésus-Christ.

Quand nous croyons en Christ, nous acceptons de faire ce qu’il dit, confiants que ses instructions sont celles dont nous avons besoin. Notre comportement devrait comprendre non seulement l’obéissance aux commandements de Christ, mais aussi une sensibilité aux attentes de notre culture. Nous n’avons pas à obéir aux attentes culturelles, mais nous devons y être sensibles, parce que c’est une partie de la manière dont nous pouvons montrer notre amour envers les autres, en étant conciliants, gentils, patients et doux. La foi et l’amour font une différence dans notre vie.

Jésus a dit de laisser nos bonnes œuvres briller devant tous les hommes pour qu’ils louent Dieu (Matthieu 5 : 16). Pierre a écrit que nos bonnes actions devaient être visibles au milieu des païens afin qu’ils glorifient Dieu au jour où il les visitera (I Pierre 2 : 12). Mais ne faisons pas de bonnes œuvres simplement pour être vus, mais parce qu’elles sont justes. Nous avons été créés pour accomplir de bonnes œuvres (Ephésiens 2 : 10) et pour aimer. Aimer, c’est plus qu’éprouver de bons sentiments, mais cela implique des mots d’encouragement et des actions bienfaisantes.

De cause à effet

Cependant, l’Evangile n’est pas une liste de bonnes œuvres que nous devons accomplir. C’est un message de grâce qui, après avoir pris racine en nous, produit le fruit des bonnes œuvres, parce que plus nous valorisons la grâce et l’amour que nous avons reçus, plus nous voulons les dispenser aux autres.

Il nous faut néanmoins distinguer la racine du fruit, l’Evangile de ses résultats. Nous ne devrions pas prêcher les résultats comme s’ils étaient le message, car si les gens essaient d’imiter les résultats sans être motivés par la grâce de Jésus-Christ, ils possèderont une pauvre religion, une fausse foi, une forme de légalisme, et non l’Evangile.

Nous prêchons l’Evangile de grâce. D’une part, nous pouvons faire remarquer aux gens, comme le Nouveau Testament le fait, les résultats de l’amour de Dieu dans notre vie, mais nous devons nous rappeler que ce sont les résultats et non le cœur du message. D’autre part, s’il n’y a aucun résultat, nous devons nous demander si l’Evangile a réellement été bien compris ou non. C’est là où intervient la patience. Tout comme nous avons besoin continuellement de la grâce de Dieu, les autres en ont besoin également, et nous devons croire que Christ accomplira le travail que lui seul peut faire.

L’Evangile recommande les bonnes œuvres, et les bonnes œuvres recommandent l’Evangile. Il est important de les distinguer, mais non de les séparer. Les deux vont de pair. Notre comportement devrait être le reflet de l’Evangile, basé sur la grâce, et mettant en évidence la foi et l’amour.

Comment pouvons-nous mieux vivre l’Evangile ? Cela vaut la peine d’y réfléchir, d’en parler et de le mettre en pratique.

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