En tant que disciples de Jésus-Christ,
nous proclamons l’Evangile, c’est-à-dire
que nous annonçons la bonne nouvelle de l’œuvre
que Christ a accomplie pour l’humanité. Mais
l’Evangile ne consiste pas seulement à prononcer
des mots, mais cela implique également que nous l’appliquions
dans notre vie.
Lorsque nous acceptons la grâce de l’Evangile,
cela affecte notre façon de penser et de vivre. Quand
nous réalisons que nous sommes pécheurs et
que seule la miséricorde de Dieu nous sauve, nous
devenons plus patients envers d’autres pécheurs.
Quand nous réalisons qu’une énorme
dette nous a été pardonnée, nous sommes
plus disposés à pardonner aux autres. Plus
nous comprenons et apprécions la grâce manifestée
à notre égard, plus nous sommes miséricordieux
envers les autres. Nous reconnaissons que nous avons besoin
de pardon, et les autres aussi.
Cependant, plus nous constatons notre besoin d’être
comme Christ, plus nous découvrons combien il nous
est difficile de répondre à cet appel. Nous
ne pardonnons pas aussi bien, ou autant que nous le devrions
ou le voudrions. Nous avons continuellement besoin d’être
pardonnés pour combler notre manque de pardon, aussi
bien que nos nombreux autres manquements. Nous ne trouvons
pas en nous-mêmes la capacité de faire ce que
nous devrions faire.
C’est pourquoi nous nous tournons vers Dieu pour
recevoir la force et le désir de pardonner. C’est
un processus d’apprentissage progressif que l’on
n’atteint pas en une seule fois. Nous comptons sur
Dieu non seulement pour changer nos comportements, mais
aussi ce que nous sommes, comment nous pensons et ce que
nous valorisons.
Une question de confiance
Au cours de ce lent processus de transformation, nous avons
besoin de faire confiance à Christ. Nous devons croire
qu’il nous façonnera à sa ressemblance,
selon son rythme, et qu’il transformera les autres
également. Bien que l’Eglise et ses membres
ne soient pas parfaits, qu’ils nous déçoivent
et même nous blessent parfois, nous devons croire
que Christ accomplit son œuvre en eux, tout comme il
œuvre en nous. Nous sommes tous des pécheurs
faisant partie du même voyage, en route ensemble vers
le ciel.
Faire confiance à Christ affecte notre façon
de vivre ; l’Evangile nous rappelle constamment que
nous devons pardonner et être conscients que le pardon
sera toujours une nécessité dans ce bas-monde.
Tout comme nous avons besoin continuellement du pardon de
Dieu, ceux qui nous entourent ont aussi constamment besoin
de notre pardon.
Même les gens les mieux intentionnés commettent
des erreurs, et même ceux qui nous aiment nous blessent
parfois. Dans notre monde de douleur et de chagrin, le pardon
est essentiel.
Si c’est seulement dans cette vie terrestre que nous
plaçons notre espoir, nous avons une bien maigre
espérance ; mais en Christ, nous avons la pleine
assurance d’un monde à venir bien meilleur.
Notre monde a besoin d’une restructuration, et nous
avons confiance que Christ la fera.
Notre foi en l’avenir et dans le monde céleste
que Christ a promis nous donne une autre perspective des
valeurs. Nous attribuons moins d’importance aux choses
terrestres que valorise le monde, et nous donnons plus d’importance
aux choses éternelles et célestes qui concernent
Christ.
Ce changement dans nos valeurs s’opère rarement
instantanément. Comme d’autres transformations
dans notre vie, c’est un lent processus qui comporte
des percées et des reculs. Parfois, nous nous embourbons
dans les choses temporelles ; d’autres fois, nous
sommes en mesure de les chasser comme des fardeaux futiles
et non nécessaires. A mesure que nous valorisons
les gens plus que les choses, la vérité plus
que l’argent, et la grâce plus que la vengeance,
l’Evangile transforme notre vie.
Exemples
Nous ne devons pas simplement connaître l’Evangile
et le prêcher, mais il nous faut être des exemples
vivants de l’Evangile — des exemples de grâce,
de foi et d’amour.
Nous voulons que notre vie soit un support pour l’Evangile,
qu’elle le recommande et le rende attrayant pour les
autres. Nous voulons que les paroles que nous disons à
propos de Jésus-Christ soient accompagnées
par le doux arôme d’une vie à l’image
de Christ.
Il y a peu de choses qui peuvent ternir l’Evangile
plus qu’un chrétien dont la vie est corrompue.
Des gens entendent parler d’immoralité sexuelle
dans l’Eglise et dévalorisent l’Evangile,
avant même de l’avoir entendu. « Mettez
de l’ordre dans votre propre maison, clameront-ils,
et ensuite nous pourrons peut-être écouter
ce que vous avez à dire ».
Au fil des années, malheureusement, certains évangélistes
de la télévision américaine ont donné
une mauvaise réputation à l’Evangile.
De même, de tout temps, certains membres de l’Eglise
qui ont critiqué et calomnié, ont ridiculisé
l’Evangile. D’une part, l’hypocrisie mine
la bonne nouvelle et, d’autre part, l’esprit
de jugement nuit à l’Evangile autant que l’adultère
et la haine. Le point important est que notre comportement
affecte la réputation du message de Christ. Un seul
mauvais exemple peut gâcher des milliers de bonnes
paroles.
Par contre, un bon exemple aide l’Evangile à
être favorablement reçu. C’est l’une
des dynamiques à l’œuvre dans l’évangélisation
par amitié. Des gens peuvent être conduits
à Christ avec quelques paroles, après avoir
été témoins de bons exemples de l’Evangile
en action.
Comme Paul l’a écrit : « Menez une vie
digne de l’Evangile de Christ » (Philippiens
1 : 27). Certains comportements sont dignes de l’Evangile,
et d’autres pas. Notre exemple est important. Notre
Enoncé des Croyances dit que les chrétiens
devraient vivre de foi afin que la bonne nouvelle qui est
que les êtres humains entrent dans le Royaume de Dieu
en mettant leur confiance en Jésus-Christ, leur paraisse
évidente. Notre vie devrait refléter la grâce
et la foi que nous avons en Jésus-Christ.
Quand nous croyons en Christ, nous acceptons de faire ce
qu’il dit, confiants que ses instructions sont celles
dont nous avons besoin. Notre comportement devrait comprendre
non seulement l’obéissance aux commandements
de Christ, mais aussi une sensibilité aux attentes
de notre culture. Nous n’avons pas à obéir
aux attentes culturelles, mais nous devons y être
sensibles, parce que c’est une partie de la manière
dont nous pouvons montrer notre amour envers les autres,
en étant conciliants, gentils, patients et doux.
La foi et l’amour font une différence dans
notre vie.
Jésus a dit de laisser nos bonnes œuvres briller
devant tous les hommes pour qu’ils louent Dieu (Matthieu
5 : 16). Pierre a écrit que nos bonnes actions devaient
être visibles au milieu des païens afin qu’ils
glorifient Dieu au jour où il les visitera (I Pierre
2 : 12). Mais ne faisons pas de bonnes œuvres simplement
pour être vus, mais parce qu’elles sont justes.
Nous avons été créés pour accomplir
de bonnes œuvres (Ephésiens 2 : 10) et pour
aimer. Aimer, c’est plus qu’éprouver
de bons sentiments, mais cela implique des mots d’encouragement
et des actions bienfaisantes.
De cause à effet
Cependant, l’Evangile n’est pas une liste de
bonnes œuvres que nous devons accomplir. C’est
un message de grâce qui, après avoir pris racine
en nous, produit le fruit des bonnes œuvres, parce
que plus nous valorisons la grâce et l’amour
que nous avons reçus, plus nous voulons les dispenser
aux autres.
Il nous faut néanmoins distinguer la racine du fruit,
l’Evangile de ses résultats. Nous ne devrions
pas prêcher les résultats comme s’ils
étaient le message, car si les gens essaient d’imiter
les résultats sans être motivés par
la grâce de Jésus-Christ, ils possèderont
une pauvre religion, une fausse foi, une forme de légalisme,
et non l’Evangile.
Nous prêchons l’Evangile de grâce. D’une
part, nous pouvons faire remarquer aux gens, comme le Nouveau
Testament le fait, les résultats de l’amour
de Dieu dans notre vie, mais nous devons nous rappeler que
ce sont les résultats et non le cœur du message.
D’autre part, s’il n’y a aucun résultat,
nous devons nous demander si l’Evangile a réellement
été bien compris ou non. C’est là
où intervient la patience. Tout comme nous avons
besoin continuellement de la grâce de Dieu, les autres
en ont besoin également, et nous devons croire que
Christ accomplira le travail que lui seul peut faire.
L’Evangile recommande les bonnes œuvres, et
les bonnes œuvres recommandent l’Evangile. Il
est important de les distinguer, mais non de les séparer.
Les deux vont de pair. Notre comportement devrait être
le reflet de l’Evangile, basé sur la grâce,
et mettant en évidence la foi et l’amour.
Comment pouvons-nous mieux vivre l’Evangile ? Cela
vaut la peine d’y réfléchir, d’en
parler et de le mettre en pratique.