Dans Matthieu 5, Jésus explique
que la vraie justice est intérieure, qu’elle
se situe au niveau du cœur et non seulement au niveau
du comportement. Au chapitre 6, Il explique que nos activités
religieuses doivent être empreintes de sincérité,
et qu’elles ne peuvent se réduire à
de simples « performances » destinées
à nous faire apparaître meilleurs que nous
ne le sommes en réalité. Dans ces chapitres,
Jésus soulève deux problèmes qui surviennent
lorsque les gens se focalisent sur la conduite extérieure
comme standard de justice : (1) le comportement extérieur
n’est pas tout ce que Dieu désire, et (2) les
gens sont tentés de prétendre être ce
qu’ils ne sont pas, plutôt que de se laisser
transformés dans leur cœur.
Au chapitre 7, Jésus soulève un troisième
problème en rapport avec cette mauvaise approche
: les gens qui pensent que la justice équivaut aux
bonnes œuvres ont tendance à juger et à
critiquer les autres.
La paille dans l’œil du voisin
« Ne jugez point, » nous dit Jésus,
« afin que vous ne soyez point jugés. Car on
vous jugera du jugement dont vous jugez , et l’on
vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. »
(Matthieu 7 : 1-2). L’auditoire de Jésus savait
de quel jugement Jésus parlait. Il se dressait contre
cette attitude de condamnation qu’entretenaient en
eux les hypocrites, qui venait tout juste d’être
corrigés, parce qu’ils plaçaient l’accent
sur les œuvres extérieures (Jean 7 : 49).
Ceux qui sont prompts à condamner et qui se croient
supérieurs aux autres seront condamnés par
Dieu. Tous ont péché et chacun a besoin de
miséricorde. Mais certains ont du mal à admettre
qu’ils ont besoin qu’on leur pardonne, et par
conséquent ils trouvent difficile de pardonner aux
autres. Donc Jésus nous avertit que Dieu utilisera
avec nous la même méthode que nous avons utilisée
envers les autres. Plus nous ressentons le besoin de miséricorde,
moins nous avons tendance à vouloir condamner les
autres.
Ensuite Jésus illustra son enseignement par un
exemple très imagé : « Pourquoi vois-tu
la paille dans l’œil de ton frère, et
n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton
œil ? » (Matthieu 7 : 3). En d’autres termes,
comment peux-tu te plaindre d’un péché
chez quelqu’un, alors qu’il en existe un plus
gros chez toi ?
« Ou comment peux-tu dire à ton frère
: Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi
qui as une poutre dans le tien ? Hypocrites, ôte premièrement
la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter
la paille de l’œil de ton frère. »
(Matthieu 7 : 4-5). Ceux qui l’entendaient durent
rire devant une telle caricature des hypocrites.
L’hypocrite prétendait aider quelqu’un
en pointant du doigt son péché. Il prétendait
être sage et zélé pour la loi. Mais
Jésus déclare qu’un tel homme n’est
pas qualifié pour corriger son frère. Il est
un hypocrite, un prétentieux, et un comédien.
Il doit d’abord considérer ses propres faiblesses
afin de se rendre compte de l’ampleur de son propre
péché. Comment la poutre peut-elle être
ôtée ? Jésus ne l’a pas expliqué
dans ce contexte, mais nous savons par ailleurs que le péché
peut être enlevé uniquement au moyen de la
grâce de Dieu. Ce n’est qu’après
avoir bénéficiée elle-même de
la miséricorde divine qu’une personne peut
vraiment être en mesure d’aider les autres.
« Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et
ne jetez pas vos perles devant les pourceaux. » (Matthieu
7 : 6) ; ce verset est communément interprété
comme signifiant que nous devrions être sages dans
la manière dont nous prêchons l’Evangile.
Cette interprétation peut être juste mais le
contexte ici n’a rien à voir avec l’Evangile.
Si nous analysons ce proverbe dans son contexte, il pourrait
avoir une signification ironique, à peu près
comme celle-ci : « Hypocrites, gardez vos perles de
sagesse pour vous-mêmes ! Si vous pensez que l’autre
est un pécheur, ne perdez pas votre temps à
le corriger, car il ne saura apprécié ce que
vous lui direz, et il se mettra en colère contre
vous. » Ceci pourrait être une façon
humoristique de saisir l’essentiel de l’enseignement
du Christ : ne jugez point.
Les dons de Dieu
Jésus a déjà évoqué
la prière et la foi au chapitre 6, et maintenant
Il y revient : « Demandez et l’on vous donnera
; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous
ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui
cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.
» (Matthieu 7 : 7-8).
Jésus décrit une attitude de foi et de confiance
en Dieu. Nous pouvons nous-mêmes avoir une telle foi
parce que Dieu est digne de confiance et que nous pouvons
nous fier à Sa parole.
Jésus procède ensuite en nous donnant une
simple comparaison : « Lequel de vous donnera une
pierre à son fils, s’il lui demande du pain
? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un
serpent ? Si donc, méchants comme vous l’êtes,
vous savez donner de bonnes choses à vos enfants,
à combien plus forte raison votre Père qui
est dans les cieux donnera-t-Il de bonnes choses à
ceux qui les Lui demandent. » (Matthieu 7 : 9-11).
Si les pécheurs prennent soin de leurs propres enfants,
alors nous pouvons certainement compter sur Dieu qui est
parfait, pour prendre soin de nous, Ses enfants. Il pourvoira
à tous nos besoins.
Cependant nous n’obtenons pas toujours ce que nous
voulons et parfois, notre plus grand besoin c’est
d’être disciplinés. Jésus ne fait
aucun commentaire à ce sujet, Il ne fait que souligner
que nous pouvons vraiment compter sur Dieu.
L’enseignement suivant que nous donne Jésus-Christ
concerne la règle d’or. L’idée
est semblable à celle évoquée au verset
2. Dieu nous traitera de la même manière que
nous traitons les autres, ainsi nous devons « faire
aux autres ce que nous voulons que les autres fassent pour
nous » (Matthieu 7 : 12). Puisque Dieu nous donne
de bonnes choses, nous devons être bons avec les autres.
Si nous voulons être traités gentiment, si
nous voulons qu’on nous donne le bénéfice
du doute, si nous voulons être pardonnés, nous
devons être bienveillants et indulgents envers les
autres. Si nous souhaitons que quelqu’un vienne à
notre aide lorsque nous sommes dans le besoin, nous devons
être prêts à secourir notre prochain
quand il se trouve lui-même en difficulté.
La règle d’or, dit Jésus, résume
la loi et les prophètes (verset 12). Cette règle
de bon sens est l’essence même de la Torah.
Tous ses sacrifices dont elle fait mention avaient pour
but de faire comprendre que nous avons tous besoin de miséricorde.
Toutes ses lois civiles visaient à faire apprendre
aux enfants d’Israël comment traiter les autres
avec justice. La règle d’or clarifie pour nous
la façon dont Dieu voudrait que l’homme vive
avec ses semblables. Cette règle peut facilement
être exprimée, mais elle ne se met pas facilement
en pratique. Plus facile à dire qu’à
faire ! C’est pourquoi Jésus termina Son sermon
par quelques avertissements de circonstance.
La porte étroite
« Entrez par la porte étroite », nous
exhorte Jésus. « Car large est la porte, spacieux
le chemin qui mènent à la perdition et il
y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite
est à la porte, resserré le chemin qui mènent
à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. »
(Matthieu 7 : 13-14). Le chemin de la moindre résistance
conduit à la ruine. Le christianisme n’est
pas le plus populaire des chemins. Il implique le renoncement
à soi-même, il nous engage à réfléchir
par nous-mêmes, il exige une ferme volonté
d’avancer avec foi même si nous sommes seuls
à le faire. Nous ne pouvons pas tout simplement suivre
la majorité. Nous ne pouvons pas non plus préférer
nous associer à une petite dénomination sous
prétexte qu’elle est petite. La vérité
ne peut être mesurée à l’audimat
de la majorité ou de la minorité, ou encore,
calculée à l’aune de la popularité.
« Gardez-vous des faux prophètes »,
avertit Jésus. « Ils viennent à vous
en vêtements de brebis, mais au-dedans, ce sont des
loups ravisseurs ». (Matthieu 7 : 15). Les faux prophètes
sont d’apparences agréables, mais leurs motivations
sont égoïstes. Comment pouvons-nous discerner
qu’ils sont faux ?
« Vous les reconnaîtrez à leurs fruits
» (Matthieu 7 : 16). Cela peut demander du temps,
mais un jour, cela devient évident si le prédicateur
sert ses propres intérêts ou s’il sert
ceux des autres. Mais les apparences peuvent être
trompeuses pendant un certain temps. Les agents du péché
essaient de ressembler aux anges de Dieu (II Corinthiens
11 : 13-15). Même les faux prophètes donnent
l’impression d’être bons pendant un certain
temps. Y-a-t-il un moyen plus rapide de les reconnaître
? Oui, en effet, Jésus abordera le sujet. Mais d’abord,
Jésus met directement en garde les faux prophètes
: « Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est
coupé et jeté au feu » (Matthieu 7 :
19).
Construire sur le roc
Le Sermon sur la Montagne se termine en nous lançant
un défi. Puisque maintenant le peuple avait entendu
Jésus, chacun devait choisir d’obéir
ou non. « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur
! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux,
mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père
qui est dans les cieux. » (Matthieu 7 : 21). Jésus
sous-entend que chacun doit L’appeler Seigneur, mais
que les paroles seules ne sont pas suffisantes. Même
les miracles au nom de Jésus-Christ ne suffisent
pas. « Plusieurs me diront en ce jour-là :
Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé
par ton nom ? N’avons-nous pas chassé les démons
par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de
miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement :
Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui
commettez l’iniquité. » (Matthieu 7 :
22- 23). Ici Jésus entend qu’Il sera le juge
de toute l’humanité. Plusieurs plaideront leur
cause devant Lui, et leur éternité se vivra
avec Jésus-Christ ou ne se vivra pas.
Comment pouvons-nous être sauvés ? Ecoutez
la parabole des bâtisseurs sages ou insensés
: « C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles
que je dis et les met en pratique… ». Les paroles
de Jésus expriment parfaitement la volonté
du Père. Chacun doit obéir à Jésus,
tout comme il doit obéir à Dieu. Les hommes
seront jugés d’après la manière
dont ils auront réagi aux paroles de Jésus.
Personne n’est à la hauteur, nous avons tous
besoin de miséricorde, et cette miséricorde,
nous la trouvons en Jésus.
Une personne qui construit sur Jésus « est
semblable à un homme prudent qui a bâti sa
maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents
sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés
contre cette maison : elle n’est point tombée,
parce qu’elle était fondée sur le roc
» (Matthieu 7 : 24-25). Mais nous n’avons pas
à attendre que la tempête surgisse pour savoir
qu’elle causera inévitablement des dégâts.
De même, une personne qui construit sur de mauvaises
fondations verra sa maison détruite. De même,
quelqu’un qui essaie de vivre spirituellement sur
un fondement autre que Jésus, construit sur le sable.
« Après que Jésus eut achevé
ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine
; car il enseignait comme ayant autorité, et non
pas comme leurs scribes. » (Matthieu 7 : 28-29). Moïse
parla au nom de l’Eternel et les scribes parlaient
au nom de Moïse. Mais Jésus est l’Eternel,
et Il parla de Sa propre autorité. Il se déclara
en vérité comme enseignant la vérité
absolue, comme le juge de toute l’humanité,
et comme le chemin vers la vie éternelle.
Jésus n’est pas comme les docteurs de la loi.
Ce que la loi disait n’était pas suffisant,
et le comportement n’est pas non plus suffisant. Il
nous faut les paroles de Jésus, car Lui seul établit
les standards que personne d’autre ne peut atteindre.
La miséricorde nous est absolument nécessaire
pour les atteindre, mais avec Jésus nous pouvons
demeurer confiants. Notre éternité dépend
de notre réponse à Son appel.