Jésus, ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à Lui, dit à Philippe : « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? »
Jésus savait déjà ce qu'Il allait faire, mais Il posa la question parce qu'Il voulait que Philippe en tire une leçon. Jean fit aussi mention de cet épisode dans le but de nous faire réfléchir afin que nous en tirions aussi quelque chose (Jean 6 : 5-6).
Une signification spirituelle
Projetons-nous dans le récit afin de saisir ce que Jésus avait déjà anticipé. Il a miraculeusement nourri la grande foule et plus tard, ces mêmes gens demandèrent à Jésus de prouver qu'Il était le Messie (verset 30). Jésus leur répondit : « Mon Père vous donne le vrai pain du ciel, [
] le pain [
] qui donne la vie au monde » (versets 32-33).
« Bien, » dirent-ils, « donne nous de ce pain » (verset 34). Leur réponse était comme celle de la femme Samaritaine au puits de Jacob : quand Jésus lui dit qu'Il possédait de l'eau qui lui donnerait la vie éternelle, elle répondit « Donne-m'en un peu » (Jean 4 : 15), et Jésus lui expliqua qu'Il parlait de Lui-même.
Dans Jean 6 également, Jésus révèle qu'Il parle de Lui-même : « [
] Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (verset 35) . Jésus est le pain qui vient du ciel pour donner la vie au monde. Tout comme le pain représente la nourriture pour nos vies physiques, Jésus est la source de la vie et de l'énergie spirituelle.
Le miracle consistant à nourrir une grande foule conduisait à une vérité spirituelle. C'est pour cette raison que Jésus l'a fait, et qu'Il voulait que Philippe y réfléchisse ; c'est aussi la raison pour laquelle Jean nous en relate le récit. Jésus a fait beaucoup de miracles que Jean n'a pas inclus dans son livre, mais il en a inclus certains afin de nous aider à mettre notre foi en Jésus (20 : 30-31) ; non seulement pour nous amener à avoir foi dans ce que Jésus a accompli dans le passé, mais aussi pour que nous ayons confiance en Lui pour notre avenir éternel. Les signes miraculeux sont destinés à nous élever vers la réalité.
Revenons à nouveau au récit
La Pâque approchait, nous dit Jean (Jean 6 : 4). Le pain était un élément important de la saison pascale, mais Jésus révèle que le salut ne vient pas du pain physique, mais de Lui-même. Jésus demanda à Philippe « Où irons-nous acheter du pain pour tous ces gens ? » et Philippe répondit « Il nous faudrait environ 4.000 euros (5.000 x 0,80 cents, si l'on compte une baguette par personne) pour acheter suffisamment de pain pour cette foule ! »
André n'a pas spéculé au sujet du prix, mais il savait s'y prendre avec les enfants. On peut imaginer qu'il s'était déjà lié d'amitié avec un petit garçon et avait appris qu'il possédait quelques pains et quelques poissons, mais cela était loin d'être suffisant. André aurait peut-être espéré que d'autres personnes de la foule eussent aussi de la nourriture avec elles.
« Cela suffit » dit Jésus « Faites asseoir tout le monde ». Ce qui fut fait. Jésus rendit grâces et put satisfaire abondamment la faim de tous (verset 11). C'était toute une foule à nourrir, certainement plus nombreuse que la population de plusieurs de nos communes. Les gens commençaient à se dire entre eux « Assurément, c'est un prophète » (verset 14).
Ils pensaient que Jésus était le prophète annoncé par Moïse (Deutéronome 18 : 15-19), et pourtant, ils n'étaient pas prêts à L'écouter. Paradoxal, n'est-ce pas ? Ils voulaient Le contraindre à être roi, Le forçant à devenir le Messie qu'ils souhaitaient avoir, au lieu de laisser Jésus accomplir la mission que Dieu Lui avait confiée.
Lorsque tous furent rassasiés, Jésus dit à ses disciples : « [
] Ramassez tout ce qui reste afin que rien ne se perde » (Jean 6 : 12). Cela vous semble t-il un peu étrange ? Pourquoi Jésus souhaitait-il récupérer les restes ? Pourquoi ne pas laisser aux gens le surplus ou laisser les moineaux et les corneilles se régaler ?
Les disciples ont récupéré douze paniers remplis de restes, nous dit Jean, mais il ne nous dit pas ce qu'ils en firent. J'ai l'impression qu'il se passe quelque chose en coulisse. Au niveau spirituel, pourquoi donc Jésus veut-il que rien ne se gaspille ? Je pense que Jean nous éclairera davantage à mesure que nous avancerons dans le chapitre.
Marcher sur l'eau
Les disciples retournèrent chez eux en barque, mais laissèrent Jésus en rade, n'ayant pas d'autres barques disponibles (versets 17-22). Jean ne mentionne pas que cela fût exceptionnel, je conclus donc que les disciples avaient pour habitude de laisser Jésus seul, probablement parce que Jésus souhaitait avoir quelquefois des moments de solitude. Sans aucun doute, Il avait besoin de moments intimes consacrés à la prière. (Je rajouterai, en mentionnant cela, que c'est aussi vrai pour les pasteurs aujourd'hui ; ils ont besoin de temps pour eux-mêmes, même s'il y a toujours des gens qui exigent davantage d'eux).
A ma connaissance, Jésus n'était pas pressé. Il aurait pu retourner en ville par les routes longeant le lac. Il aurait pu aussi attendre un bateau, comme le faisaient les autres personnes (verset 23), mais Il marcha sur l'eau, apparemment pour révéler une vérité spirituelle.
Dans l'évangile selon Matthieu, le thème spirituel est la foi. Mais Jean ne dit rien concernant Pierre marchant sur l'eau, s'enfonçant et étant sauvé par Jésus (Matthieu 14 : 29-30). Jean mentionne que lorsque les disciples prirent Jésus dans la barque, « [
] aussitôt la barque aborda au lieu où ils allaient » (verset 21). Jean désire que nous prêtions attention à ce point particulier dans le récit.
Si Jésus pouvait être téléporté, pourquoi avait-Il besoin de marcher sur l'eau ? Pourquoi ne pas apparaître là où Il le désirait ? Que veut-Il nous enseigner ici ? Vous pourriez avoir une meilleure idée, mais voilà la mienne : l'histoire nous dit que Jésus n'est pas limité par les circonstances physiques ; donc, dès que nous acceptons Jésus, nous atteignons spirituellement notre destination. On ne dirait pas cela à première vue, mais Jésus n'est pas limité par des apparitions physiques. Spirituellement, la réalité est mise en place, elle a été accomplie.
Le pain de vie
Les gens étaient à nouveau à la recherche de Jésus, désirant un autre casse- croûte gratuit. Jésus les a encouragés à rechercher plutôt la nourriture spirituelle : « Travaillez non pour la nourriture qui périt mais pour celle qui subsiste jusque dans la vie éternelle » (versets 24-27) et que « l e Fils de l'homme vous donnera » leur dit Jésus ; mais au lieu de demander ce don, ils demandèrent à faire des uvres (verset 28), au lieu d'accepter la grâce.
« Que veut Dieu ? Que veut-Il que nous fassions ? » Lui demandent-ils, souhaitant accomplir les exigences de l'âge messianique. Jésus leur dit : « [
] C'est que Dieu veut que vous croyiez en celui qu'il a envoyé » (verset 29). L'âge messianique a déjà commencé, n'essayez donc pas de vous frayer un chemin vers le Royaume. Il vous suffit de croire Jésus et vous y serez. Faites ce pas et vous y arriverez !
Est-ce possible que ce soit si simple et si facile, se demande le peuple ! Ils demandent des preuves, comme si le miracle de nourrir 5.000 personnes n'était pas suffisant ! « Quel signe miraculeux peux-Tu accomplir afin que nous Te croyions ? » réclament-ils. En restant dans l'esprit de la saison pascale, ils mentionnent un miracle ayant trait à du pain associé à l'Exode, afin de pouvoir croire, car Moïse leur a donné la manne (pain venu du ciel) à manger. Certains Juifs pensaient que Dieu offrirait de la manne durant la période messianique aussi.
Mais Jésus leur dit que le vrai pain venu du ciel ne nourrit pas seulement les Israélites, mais il donne la vie au monde ! (verset 33) « Donne-nous en ! » dirent-ils, probablement dans le but de Le tester et de vérifier s'Il remplissait leurs conditions et répondait à leurs attentes. Jésus répondit qu'Il était le pain venu du ciel, la source de la vie éternelle pour le monde.
Le peuple avait vu Jésus accomplir des miracles, et pourtant il ne Le croyait toujours pas (versets 33-36), parce que, selon eux, Il ne remplissait pas les conditions nécessaires pour être un messie. Pourquoi certains croient et d'autres pas ? Pour Jésus l'explication est claire, c'est l'uvre du Père. « Tous ceux que le Père me donne viendront à moi ». Il répète sa pensée aux versets 44 et 65. « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire [
] si cela ne lui a été donné par le Père ».
Une fois que ceci est accompli par le Père, que fait Jésus ? Il nous parle de Son rôle quand Il dit « [
] Je ne repousserai pas celui qui vient à moi » (verset 37). Hommes et femmes peuvent décider de s'éloigner de Jésus, mais Jésus ne repoussera jamais quelqu'un qui viendra à Lui. Jésus veut faire la volonté du Père et la volonté du Père est que Jésus ne perde aucun de ceux que le Père Lui a donnés (verset 39). Il ne laisse personne se perdre.
Puisque Jésus ne perd aucun de nous, Il a promis de nous ressusciter au dernier jour (verset 39). Il le répète aux versets 40, 44, et 54. Jésus confirme que la personne qui croit en Lui possède la vie éternelle (versets 40 et 47).
Manger sa chair ?
Jésus a aussi dit que ceux qui mangent Sa chair et boivent Son sang possèdent la vie éternelle (versets 51, 53-56). Tout comme Il ne se référait pas à la substance constituée de blé, lorsqu' Il s'est identifié en tant que le vrai pain, Il ne se référait pas non plus à un morceau de muscle couvert de peau, lorsqu' Il parlait de manger sa chair.
Certains Juifs étaient perplexes, « [
] Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » (verset 52), mais dans l'évangile de Jean, il est commun de se tromper en prenant les paroles de Jésus au sens littéral. Par exemple, Nicodème a demandé « Comment un homme [
] peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? (3 : 4). Dans le même ordre d'idée, la femme Samaritaine dit, « Donne moi de l'eau vive[
] afin que je ne vienne plus puiser ici » (4 : 15).
Ces personnes se concentraient sur la signification littérale de Ses paroles mais l'histoire révèle que Jésus parlait des choses spirituelles. Ici au chapitre 6 verset 63, Jésus nous dit : « [
] La chair ne sert à rien, les paroles que je vous ai dites sont Esprit et Vie » . Jésus ne parle pas ici de Sa chair, Il parle de Ses enseignements.
Ses disciples semblent saisir la nuance, car lorsque Jésus leur demande s'ils veulent s'en aller, Pierre répond « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (verset 68). Pierre ne s'inquiétait pas de savoir s'il avait accès à la chair de Jésus, il se concentrait sur les paroles de Jésus. Le message essentiel du Nouveau Testament nous dit que le salut s'expérimente par la foi, non au moyen d'une nourriture et d'une boisson spéciales.
Venu du ciel
Jésus répète un élément supplémentaire plusieurs fois dans ce chapitre : Il affirme qu'Il vient du ciel (versets 33, 38, 41, 42, 46, 50, 51, 58 et 62). La raison pour laquelle les gens devraient croire en Jésus, c'est parce qu'Il est descendu du ciel. Il est absolument digne de confiance parce qu'Il n'a pas seulement un message venant du ciel, mais Il vient L ui-même du ciel.
Les dirigeants religieux n'aimaient pas Ses enseignements (verset 41), et certains des disciples de Jésus ne pouvaient les accepter non plus (verset 66), même lorsque Jésus leur expliqua de façon claire qu'Il ne parlait pas de Sa propre chair, mais que Ses paroles en elles-mêmes étaient source de vie éternelle. Ils furent troublés en entendant Jésus affirmer qu'Il venait du ciel, et par voie de conséquence, qu'Il était plus qu'humain.
Mais Pierre savait qu'il n'avait pas d'autre endroit où aller, car seul Jésus avait les paroles de la vie éternelle (verset 68). Comment savait-il que seul Jésus possédait ces paroles ? Parce que Jésus seul est « Le Saint de Dieu » (verset 69). C'est la raison pour laquelle Ses paroles sont dignes de confiance, qu'elles sont esprit et vie. Nous croyons en Jésus non seulement à cause de ce qu'Il dit, mais à cause de ce qu'Il est. Nous ne L'acceptons pas à cause de Ses paroles, nous acceptons Ses paroles à cause de ce qu'Il est.
Puisque Jésus est le Saint de Dieu, nous pouvons Lui faire confiance en ce qui concerne les promesses qu'Il a faites : Il ne perdra aucun d'entre nous, mais Il nous élèvera tous au dernier jour (verset 39). Même les miettes seront récupérées afin que rien ne se gaspille. C'est la volonté du Père et cela vaut la peine que nous y réfléchissions.