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Né pour mourir
Joseph Tkach
 

La foi chrétienne déclare qu’à un moment et à un endroit spécifiques, le Fils de Dieu S’est fait chair. Jésus était une personne si remarquable que certains se sont même demandés S’Il était humain. La Bible précise qu’Il S’est fait chair, qu’Il est né d’une femme, selon la nature normale d’un être humain, et qu’Il est devenu semblable à nous en tous points, sauf en ce qui concerne le péché (Jean 1 : 14 ; Galates 4 : 4 ; Philippiens 2 : 7 ; Hébreux 2 : 17).

L’incarnation de Jésus-Christ est souvent célébrée le jour de Noël, même si en fait l’incarnation a commencé dès la conception, soit le 25 mars, selon les calendriers traditionnels, à la fête de l’Annonciation (autrefois appelée Festum Incarnationis, ou fête de l’Incarnation).

Christ crucifié

Aussi importantes que soient la conception et la naissance de Jésus pour notre foi, ce n’est toutefois pas le message fondamental que nous proclamons au monde . Lorsque Paul prêcha à Corinthe, il annonça un message beaucoup plus provocateur : Christ crucifié (I Corinthiens 1 : 23).

Le monde gréco-romain connaissait beaucoup de fables à propos de la naissance de divinités, mais il n’avait jamais entendu parler d’un dieu crucifié ! C’était grotesque. C’était dire aux gens qu’ils pouvaient être sauvés en croyant en un quelconque criminel exécuté. Comment quelqu’un pouvait-il être sauvé par un criminel ?

Cependant, c’était justement le cœur du message de l’Evangile : le Fils de Dieu est mort honteusement sur une croix comme un malfaiteur, et ressuscita ensuite pour la gloire ! Pierre dit au sanhédrin : «Le Dieu de vos pères a ressuscité Jésus (...) Dieu L’a élevé par Sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés » (Actes 5 : 30-31). Jésus est ressuscité et monté aux cieux pour que nos péchés soient pardonnés.

Mais Pierre n’a pas omis la partie embarrassante de l’histoire : « que vous avez tué en Le pendant au bois ». Le mot « bois » rappellerait sans doute aux dirigeants juifs les paroles de Deutéronome 21 : 23 : « car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu ».

Pourquoi Pierre s’exprima-t-il ainsi ? L’apôtre n’a pas tenté d’esquiver le problème des relations publiques, bien au contraire. Il annonçait non seulement que Jésus était mort, mais qu’Il était mort d’une manière ignominieuse. Cela faisait partie du message ; en fait, c’était l’essentiel du message.

Lorsque Paul prêcha à Corinthe, il ne s’appliqua pas seulement à proclamer que le Christ était mort, mais qu’Il était mort par crucifixion (I Corinthiens 1 : 23).

En Galatie, Paul utilisa apparemment une aide visuelle «Vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié » (Galates 3 : 1). Pourquoi Paul décrivit-il une mort hideuse que les Ecritures qualifient de signe de la malédiction de Dieu ?

Etait-ce nécessaire ?

A vrai dire, pourquoi Jésus a-t-Il souffert une mort si horrible ? Paul avait sûrement réfléchi longtemps à cette question. Il avait vu le Christ ressuscité et il savait que Dieu avait accepté cet homme comme le Messie. Mais pourquoi Dieu aurait-il permis que Son oint souffre une mort qualifiée de malédiction par les Ecritures ? (de la même manière, les musulmans ne croient pas que Jésus ait été crucifié. Ils affirment qu’Il était un prophète. Les musulmans disent que quelqu’un d’autre a été crucifié à la place de Jésus).

En réalité, Jésus a prié à Gethsémané qu’il en soit autrement, mais il n’y avait pas d’autre façon. Hérode et Pilate n’ont fait que ce que Dieu avait arrêté d’avance : qu’Il devait mourir de cette manière, comme un homme maudit (Actes 4 : 28).

Pourquoi ? Parce que Jésus est mort pour nous, et parce que nous étions sous la malédiction à cause de nos péchés ; même nos petits péchés sont aussi hideux aux yeux de Dieu qu’une crucifixion ; toute l’humanité est sous la malédiction à cause du péché. La bonne nouvelle de l’Evangile est que « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous » (Galates 3 : 13) ; Jésus a été crucifié pour chacun de nous en prenant la douleur et la honte que nous méritions.

Autres analogies

Mais ce n’est pas la seule analogie que la Bible nous donne, et Paul n’explique cette perspective particulière de la malédiction de la loi que dans une seule de ses lettres. Le plus souvent, il dit simplement que Jésus est mort pour nous. A première vue, cette phrase semble une simple substitution ; nous méritons la mort. Jésus S’est porté volontaire pour mourir à notre place, et maintenant nous n’avons plus à mourir.

Mais ce n’est pas si simple. D’un côté, nous mourons toujours, et d’un autre côté, nous mourons avec le Christ (Romains 6 : 3-5). Dans cette analogie, la mort de Jésus est à la fois représentative (Il est mort à notre place) et participative (nous sommes inclus dans Sa mort en mourant avec Lui). Le point capital est clair ; nous sommes sauvés par la crucifixion de Jésus , et par la croix de Christ.

Une autre analogie que Jésus a Lui-même utilisée était celle de la rançon : « Car le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir, et donner Sa vie comme la rançon de plusieurs » (Marc 10 : 45). C’est comme si nous étions prisonniers d’un ennemi, et que la mort de Jésus nous en eût délivrés.

Paul se sert d’une analogie similaire lorsqu’il dit que nous sommes rachetés. Ce mot rappellera à certains lecteurs la marche des esclaves, et à d’autres, les esclaves de l’exode. On pouvait racheter des esclaves, et Dieu racheta Israël de l’Egypte. Dieu a payé le prix en envoyant Son Fils qui accepta le châtiment mérité par nos péchés.

Colossiens 2 : 15 offre une autre analogie : « Il a dépouillé les dominations et les autorités, et (Christ) les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix ». L’image mentionnée ici fait allusion à une parade militaire : le chef de l’armée victorieuse amenait les captifs désarmés, enchaînés, et humiliés dans la ville. L’idée présentée dans ces versets est que Jésus-Christ, par Sa crucifixion, a brisé la puissance de tous nos ennemis et nous a donné la victoire.

La Bible nous donne des images de salut, et non des formules précises. Le sacrifice de substitution, par exemple, n’est qu’une image parmi plusieurs dont la Bible se sert pour faire comprendre l’idée du salut.

Tout comme le péché est décrit de plusieurs façons, l’œuvre que Jésus a accomplie pour enlever nos péchés peut ainsi être décrite de plusieurs manières. Si nous pensons au péché comme étant la violation de la loi, nous pouvons alors comprendre que la crucifixion représente le paiement du châtiment. Si nous pensons plutôt au péché comme à une violation de la sainteté de Dieu , nous pouvons voir Jésus comme un sacrifice expiatoire. Si le péché nous rend sales, alors le sang de Jésus nous purifie. Si le péché est un esclavage, alors Jésus est le Rédempteur, le Sauveur victorieux. Si le péché engendre de l’hostilité, Jésus offre la réconciliation, si nous percevons le péché comme de l’ignorance ou de la stupidité, alors Jésus est Celui qui nous éclaire et nous rend sages. Toutes ces images sont utiles à notre compréhension.

Pour apaiser la colère de Dieu ?

Dieu est en colère contre le mal , et viendra un jour de colère où Dieu jugera le monde (Romains 1 :18 ; 2 :5). Les gens qui rejettent la vérité seront punis (Romains 2 :8). Cependant Dieu les aime et préférerait qu’ils changent, mais Il les punira s’ils s’obstinent. Si la vérité de l’amour et de la miséricorde de Dieu est rejetée, il en résulte le châtiment.

Dieu n’est pas comme un homme fâché qui a besoin de se venger pour se calmer. Il nous aime et nous offre le moyen par lequel nos péchés peuvent être pardonnés. Ils n’ont pas été simplement effacés, mais ils ont été attribués à Jésus, engendrant ainsi de graves conséquences, Ses souffrances et Sa mort.

«Celui qui n’a point connu le péché, (Dieu) L’a fait devenir péché pour nous » (II Corinthiens 5 : 21). Jésus est devenu péché et malédiction pour nous. C’est comme si nos péchés Lui avaient été donnés et qu’en retour Sa justice nous était donnée « afin que nous devenions en Lui justice de Dieu» (même verset). Dieu nous offre ainsi Sa justice.

La justice de Dieu manifestée

L’Evangile révèle la justice de Dieu, c’est-à-dire qu’Il nous pardonne au lieu de nous condamner (Romains 1 : 17). Il ne ferme pas les yeux sur nos péchés, mais y fait face par la crucifixion de Jésus-Christ. La croix manifeste la justice de Dieu (Romains 3 : 25-26) et démontre Son amour (Romains 5 : 8). Elle manifeste Sa justice parce qu’il faut punir le péché par la mort. Elle démontre Son amour parce que La personne qui pardonne accepte la douleur, et la mort.

Jésus a payé le prix de nos péchés, un prix personnel de douleur et de honte. Il a permis la réconciliation (la restauration d’une relation personnelle) par la croix (Colossiens 1 : 20). Même lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous (Romains 5 : 8).

La justice implique bien plus qu’un jugement de la loi. Le bon samaritain ne disposait pas d’une loi lui ordonnant d’aider l’homme blessé, mais il a agi selon la justice en lui portant secours.

Lorsque nous sommes en mesure de secourir une personne qui se noie, nous devrions le faire. Et lorsqu’il fut possible pour Dieu de secourir un monde esclave du péché, Il le fit en envoyant Jésus-Christ qui est Lui-même une victime expiatoire pour nos péchés ; non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier (I Jean 2 :2). Il est mort pour chacun de nous lorsque nous étions encore des pécheurs.

Par la foi

En faisant miséricorde, Dieu montre Sa justice en nous considérant justifiés même si nous sommes pécheurs. Pourquoi ? Parce que Christ a été fait pour nous justice (I Corinthiens 1 : 30). Grâce à notre union au Christ, nos péchés Lui sont remis et Sa justice nous est donnée. La justice dont nous bénéficions ne vient pas de nous mais de Dieu, et elle nous est donnée par la foi (Philippiens 3 : 9).

« (...) justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu : et ils sont gratuitement justifiés par Sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné par Son sang, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer Sa justice, parce qu’Il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de Sa patience, afin, dis-je, de montrer Sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus » (Romains 3 : 22-26).

Le sacrifice de Jésus est efficace pour tous, mais seuls ceux qui ont la foi en Christ peuvent en bénéficier. Ce n’est que lorsque nous acceptons la vérité que nous expérimentons la miséricorde de Dieu. Sa mort devient la nôtre (comme un substitut et comme une grâce à laquelle nous participons). Son châtiment devient le nôtre, et Sa victoire et Sa résurrection deviennent les nôtres. De cette façon, Dieu est fidèle à Sa nature : miséricordieux et juste. Dieu ne ferme pas les yeux sur le péché, ni sur les pécheurs. La miséricorde de Dieu triomphe du jugement (Jacques 2 : 13).

Par la croix, Christ a réconcilié le monde entier (II Corinthiens 5 : 19). En réalité, par la croix, tout l’univers est réconcilié avec Dieu (Colossiens 1 : 20) et peut expérimenter la rédemption à cause de ce que Jésus a accompli (Romains 8 : 21). Ces explications élargissent notre compréhension du mot «salut».

Né pour mourir

L’essentiel est de comprendre que nous sommes sauvés par la mort de Jésus-Christ. En fait, Il est devenu chair dans ce but bien précis. Pour nous conduire à la gloire, il était nécessaire que Dieu envoie Jésus souffrir et mourir (Hébreux 2 : 10). Il est devenu comme l’un de nous pour pouvoir mourir afin de nous sauver.

« Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, Il y a également participé Lui-même, afin que , par la mort, Il anéantit celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire , le diable, et qu’Il délivra tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude » (Hébreux 2 : 14-15). C’était par la grâce de Dieu que Jésus expérimenta la mort pour chacun de nous (Hébreux 2 : 9). « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, Lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu » (I Pierre 3 : 18).

La Bible offre plusieurs images pour nous faire penser à ce que Jésus a accompli pour nous à la croix. Nous ne comprenons pas exactement comment tout cela « fonctionne », mais nous en acceptons le résultat. A cause de Sa mort, nous pouvons jouir de la vie éternelle avec Dieu.

Voici, pour terminer, un dernier exemple pour nous faire réfléchir à la croix : « l’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé Son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par Lui. Et cet amour consiste non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’Il nous a aimés et a envoyé Son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Bien-aimés si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres » (I Jean 4 : 9-11).

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