Jésus, dans Matthieu 5 : 17-19,
ordonne-t-Il aux chrétiens d’observer le septième
jour, le sabbat ? Certains le croient alors que d’autres
affirment qu’il n’est pas question du sabbat
dans ces versets. Qu’en est-il vraiment ? Analysons
d’abord ces versets controversés :
« Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi
ou les prophètes ; je suis venu non pour abolir,
mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité,
tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra
pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à
ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera
l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera
aux hommes à faire de même, sera appelé
le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui
les observera, et qui enseignera à les observer,
celui-là sera appelé grand dans le royaume
des cieux. »
A la lecture de ce passage, nous voyons immédiatement
que Jésus ne mentionne ni le sabbat, ni les dix commandements.
Ce serait tordre le sens des Ecritures que de lire ces versets
en pensant que Jésus parlait du sabbat et des dix
commandements. Certaines parties de ce texte nécessitent
néanmoins une étude plus approfondie. Nous
y voyons que déclare :
1) qu’Il n’est pas venu abolir la loi ;
2) qu’Il est venu accomplir la loi ,
3) qu’un seul trait de lettre ne disparaîtra
pas avant que toute chose soit accomplie ;
4) que quiconque transgresse les commandements dont Il parlait
et que quiconque enseigne aux autres de faire de même,
sera déclaré le plus petit dans le royaume.
Quel rapport existe-t-il entre ces paroles et le sabbat
? En examinant de plus près chacune de ces déclarations,
nous découvrirons des choses surprenantes.
« Pour abolir la loi et les prophètes »
Premièrement, nous voyons que Jésus parlait
de « la loi et des prophètes », comme
n’ayant pas été abolis. Qu’entendait-Il
par cette déclaration ? La « loi et les prophètes
» était une expression habituellement utilisée
par les Juifs au temps de Jésus-Christ pour désigner
tous les livres de l’Ancien Testament (Matthieu 7
: 12, 22 : 40 ; Actes 24 : 14, 28 : 23 ; Romains 3 : 21).
L’Ancien Testament comprend les Saintes Ecritures
ou les écrits sacrés de la foi juive. C’était
au moyen de ces écrits que les Juifs pensaient pouvoir
comprendre la volonté de Dieu et obtenir la vie éternelle
(Jean 5 : 39 et 45).
Par Ses propos, Jésus considère l’Ancien
Testament comme un tout littéraire inspiré
de Dieu, et qu’il ne serait pas aboli ou mis de côté.
Son propos n’était pas spécifiquement
le sabbat ou les dix commandements mais tout l’Ancien
Testament.
« Mais pour accomplir »
Jésus dit également qu’Il n’était
pas venu abolir la loi ou les prophètes, c’est-à-dire
les Saintes Ecritures, mais « pour les accomplir »
(Matthieu 5 : 17). Il est important de remarquer que Jésus
n’a pas dit aux chrétiens « d’accomplir
» ces Ecritures jusqu’au dernier iota et jusqu’au
plus petit trait de plume. Il a dit que Lui-même venait
pour accomplir les Saintes Ecritures.
Que voulait-Il donc dire en mentionnant qu’Il était
venu pour accomplir la loi et les prophètes ? Le
mot « accomplir » en grec est plerosai. Selon
les érudits grecs, les nuances et les divers sens
de ce mot sont difficiles à exprimer dans une autre
langue, et plusieurs possibilités ont été
avancées se résumant ainsi :
1) Jésus est venu pour accomplir ou obéir
aux Saintes Ecritures ;
2) Jésus est venu mettre en lumière la pleine
signification des Saintes Ecritures ;
3) Jésus est venu accomplir les Saintes Ecritures
telles qu’annoncées dans l’Ancien Testament
;
4) Jésus est venu pour démontrer que les Ecritures
L’annonçaient comme le Messie à venir,
et qu’elles ont été accomplies par Son
œuvre.
Après avoir analysé les divers sens du mot
« accomplir », le Expositor’s Commentary
dans son étude de l’évangile de Matthieu
conclut en disant :
« la meilleure interprétation de ces versets
difficiles est que Jésus a réalisé
pleinement la loi et les prophètes, dans le sens
qu’elles parlaient de Lui, et qu’Il en est devenu
leur accomplissement. L’opposition n’est pas
entre les verbes ‘ abolir’ et ‘observer’,
mais entre les verbes ‘abolir’ et ‘ accomplir’
» (page 143).
Allons plus loin dans l’analyse de cette interprétation.
Affirmer que Jésus-Christ est venu pour accomplir
la loi et les prophètes, en Lui-même, est une
juste compréhension de ce que Jésus avait
à l’esprit lorsqu’Il s’exprima.
Il est venu accomplir la loi et les prophètes dans
Sa vie personnelle et dans Son œuvre de salut. Il est
également juste de dire que les Ecritures annonçaient
une telle mission, et qu’elles étaient axées
sur Lui, en tant que Messie.
L’évangile de Matthieu fut écrit pour
prouver, à partir des écrits juifs, que Jésus
était vraiment le Messie. Matthieu affirme souvent
que Jésus agissait « pour accomplir »
ce qui avait été annoncé par tel ou
tel prophète (Matthieu 1 : 22 ; 2 : 5, 15, 17, 23
; 4 : 14 ; 8 : 17 ; etc.). On peut remarquer que dans le
livre de Matthieu, à chaque fois qu’une référence
à l’Ancien Testament est faite, elle est faite
comme ayant été accomplie en Jésus-Christ.
Cela mérite d’être souligné !
Jésus affirme dans Matthieu 3 : 15 que toute justice
sera accomplie par Ses actions. Luc 24 : 25-27, versets
44 à 45, et Jean 5 : 39-47 nous éclairent
aussi sur ce point. Ces versets nous montrent que Jésus
s’appliquait à démontrer que les écrits
juifs parlaient de Lui. Il était bien le Messie que
l’Ancien Testament avait annoncé.
Le Tyndale New Testament Commentary sur le livre de Matthieu
donne un autre éclairage du mot « accomplir
». Il souligne le fait que Jésus a donné
aux Ecritures leur signification spirituelle profonde. Le
même commentaire ajoute : « Jésus apporte
ce que l’Ancien Testament annonçait à
Son sujet ; Son enseignement allait transcender la révélation
de l’Ancien Testament, mais, loin de l’abolir,
Il en est Lui-même la culmination attendue »
(page 114).
Mais, est-ce que Jésus entendait par Ses paroles
que les chrétiens devaient observer le sabbat ? Puisque
le contexte ne fait aucunement mention du sabbat dans Matthieu
5: 17-19, nous n’avons aucune raison d’insister
qu’Il en fit mention.
« Un seul iota ou un seul trait de lettre »
Jésus a également dit que pas « un
seul iota ou un seul trait de lettre » de toutes les
Ecritures juives ne disparaîtrait pas tant que tout
ne serait pas accompli. Certains croient que par cette déclaration,
Jésus affirmait que les chrétiens devaient
observer le sabbat. Demandons-nous à nouveau ce que
le contexte nous dit, et où nous conduirait une telle
conclusion si elle était juste. Comme nous l’avons
vu, Jésus n’a fait mention ni du sabbat, ni
des dix commandements dans Matthieu 5 : 17-19. Pour affirmer
que Jésus avait à l’esprit le sabbat,
nous serions forcés de conclure qu’Il commandait
aux chrétiens d’observer toutes les ordonnances
de « la loi et les prophètes », ou toutes
les lois de l’Ancien Testament. Au bas mot, nous devrions
alors conclure qu’Il rendait obligatoire pour les
chrétiens l’observance de toute la loi de Moïse.
Si on acceptait un tel argument, nous devrions en conclure
que les paroles de Jésus imposaient aux chrétiens
l’observance de chaque commandement et de chaque règle
de la loi de Moïse ! La raison étant que Jésus
a dit « pas un seul iota ou un seul trait de lettre
» de toutes les Ecritures de l’Ancien Testament
ne disparaîtrait avant que tout ne soit accompli.
Demandons-nous à nouveau : Jésus voulait-Il
dire que les chrétiens devaient observer toutes les
règles de la loi de Moïse, incluant les règles
concernant le sabbat, la dîme ou les aliments ? Considérons
ce qu’un tel raisonnement impliquerait. Les chrétiens
seraient ainsi obligés d’observer toutes les
lois civiles, cérémonielles, et sacrificielles,
telles que décrites dans la loi de Moïse. Ils
devraient observer la moindre loi mentionnée depuis
la Genèse jusqu’à Deutéronome,
et dans tout le reste de l’Ancien Testament. Les Juifs
ont calculé qu’il y avait 613 lois dans leurs
Ecritures. Les chrétiens, donc, se basant sur cette
idée que Jésus disait à Ses disciples
d’observer toutes les lois dans la loi et les prophètes
devraient observer toutes les 613 lois. Pas étonnant
que l’apôtre Paul ait dit que c’est faire
fausse route que de penser que l’on puisse être
sauvé par les œuvres de la loi.
Voici quelques conséquences que cette façon
de penser (que les chrétiens sont obligés
d’observer la loi) entraîneraient : les chrétiens
de sexe masculin devraient être circoncis ; tous les
chrétiens devraient offrir des sacrifices ; les hommes,
au moins, devraient voyager jusqu’à Jérusalem
pour observer les fêtes annuelles ; les chrétiens
devraient observer les divers rites de purification, l’un
d’entre eux spécifie que les personnes qui
touchent un cadavre demeurent impures pendant 7 jours. Elles
devraient faire des ablutions cérémonielles,
le 3è et le 7è jour (Nombres 19 : 11-13) ;
si l’une d’elle déroge à cette
obligation, elle devrait être retranchée d’Israël.
Sans parler des douzaines d’ordonnances pareilles
à celles-ci dans la loi de Moïse qui devraient
toutes être observées.
Il est évident, en considérant toutes les
implications de cette mauvaise interprétation, que
Jésus n’aurait pas pu demander aux chrétiens
d’observer toute la loi de l’Ancienne Alliance.
Puisqu’Il ne l’a pas demandé, nous n’avons
aucune raison de dire que ces paroles nous enjoignent d’observer
le sabbat, parce qu’Il n’a pas spécifiquement
mentionné ce commandement ou les dix commandements.
« Jusqu’à ce que tout soit arrivé
(accompli) »
Jésus dit que tant que le ciel et la terre existeront
rien ne disparaîtra de la loi « jusqu’à
ce que tout soit arrivé » (5 : 18). Mais le
ciel et la terre passeront, et par contraste, les paroles
mêmes de Jésus demeureront à tout jamais
(Matthieu 24 : 35). Ses paroles ont plus d’autorité
que celles de la loi parce que Jésus est plus grand
que Moïse.
Le sens de l’expression « jusqu’à
ce que tout soit arrivé » comprend plusieurs
interprétations. Il est suggéré par
le Tyndale New Testament Commentary que la traduction :
« jusqu’à ce que se produise ce qu’elle
[la Loi] annonce » donne une meilleure interprétation
de cette phrase. Cette interprétation crée
un lien avec la pensée d’accomplissement mentionnée
au verset 17. Ceci semble corroborer l’argument principal
de Paul concernant la relation entre la loi et le ministère
terrestre de Jésus-Christ (Galates 3 : 19, 23-25).
Le Tyndale New Testament Commentary exprime en ces termes
l’interprétation du mot « accompli »
: « La loi demeure valide tant qu’elle n’a
pas atteint son but prédéterminé ;
ceci s’accomplit par le ministère et l’enseignement
de Jésus-Christ. Ce verset ne déclare donc
pas, comme on l’interprète parfois, que chaque
règle de la loi de l’Ancien Testament demeure
en vigueur après la venue du Christ. La loi est inaltérable,
mais cela ne signifie pas et ne justifie pas que son application
doit aller au delà de l’objectif pour lequel
elle a été créée » (page
115).
Le commentaire Tyndale accentue ce qui vient d’être
dit, mais en d’autres termes :
« Ce passage n’affirme donc pas que chaque
règle de l’Ancien Testament est éternellement
en vigueur. Pareil point de vue ne se trouve nulle part
dans le Nouveau Testament, lequel, de manière récurrente,
nous démontre Jésus comme introduisant une
nouvelle réalité spirituelle, pour laquelle
la loi nous préparait (Galates 3 : 24), mais qui
maintenant la transcende (la nouvelle réalité
spirituelle en Jésus). L’accent est donc désormais
sur Jésus et sur Ses enseignements, et c’est
sous cet angle que la validité des règles
de l’Ancien Testament doit être désormais
analysée. Certaines de ces règles se révéleront
comme ayant déjà atteint leur objectif et
comme n’étant plus en vigeur … alors
que d’autres seront réinterprétées
» (page 117).
Il faut que cette explication soit la bonne, sinon les
chrétiens de l’ère apostolique et les
apôtres auraient transgressé Matthieu 5 : 17-19,
en disant aux chrétiens issus du paganisme que la
circoncision et l’observance de la loi de Moïse
n’étaient pas nécessaires. Le livre
de Paul aux Galates aurait également été
erroné sur ce point. Et le livre aux Hébreux
aurait constitué une extraordinaire violation des
paroles du Christ, car ce livre déclare que le système
sacrificiel en entier, l’adoration dans le temple
et le sacerdoce lévitique ont été abolis.
Cependant, ces livres sont en accord avec le principe mentionné
ci-dessus. Ils expliquent que quelques règles religieuses
de l’Ancienne Alliance ont déjà rempli
leurs rôles et que d’autres doivent être
réinterprétées. Voilà la situation
qui prévaut face à la règle cérémonielle
concernant le sabbat hebdomadaire. Cette règle a
rempli son rôle à l’époque de
l’Ancien Testament et elle peut être spirituellement
interprétée par les chrétiens d’aujourd’hui
comme étant le repos du sabbat spirituel que nous
avons maintenant obtenu en Christ.
« L’un de ces plus petits commandements
»
Dans Matthieu 5 : 19, Jésus dit que si quelqu’un
transgresse l’un de ces plus petits commandements
et qu’il enseigne aux autres à faire de même,
il sera déclaré le plus petit dans le royaume.
Alors que celui qui pratique, ou enseigne, ces commandements
dont Il parlait sera appelé « grand »
dans le royaume. Quel est le sens de ces mots (l’un
de ces plus petits commandements ) dans le contexte qui
nous intéresse ?
Une explication consisterait à dire que «
ces commandements » se réfèrent aux
enseignements de Jésus dans Matthieu 5, 6 et 7, et
non pas à l’Ancien Testament et à ses
lois. La ré-interprétation par Jésus
de la loi de l’Ancienne Alliance était le sujet
de presque tout Son sermon sur la montagne.
Après avoir parlé de la loi et des prophètes,
Jésus poursuit Son discours en donnant six catégories
d’enseignements, chacune commençant par la
phrase, « Vous avez appris qu’il a été
dit … Mais moi je vous dis » (Matthieu 5 : 21-18).
Dans ces six enseignements, Jésus illustre comment
Ses principes devaient être pratiqués par Ses
disciples. Il mentionne au début de chacune de ces
six catégories comment les Juifs interprétaient
et enseignaient l’Ancien Testament. Ensuite, Jésus
procède en expliquant l’esprit et l’intention
de la loi par six exemples bien choisis.
En résumé, Il a mentionné les thèmes
suivants : le meurtre et la haine, basé sur le sixième
commandement (Matthieu 5 : 21-26) ; l’adultère,
le septième commandement (Matthieu 5 : 27-30) ; le
divorce, d’après Deutéronome 24 : 1
(Matthieu 5 : 31-32) ; jurer, résumant les enseignements
de Lévitique 19 : 12 et de Nombres 30 : 2 (Matthieu
5 : 33-37) ; les droits légaux, tirés d’Exode
21 : 24-25, de Lévitique 24 : 20 et de Deutéronome
19 : 21 (Matthieu 5 : 38-42) ; et le principe nous exhortant
à aimer notre prochain, d’après Lévitique
19 : 18 (Matthieu 5 : 43-47).
Nous remarquons que les exemples choisis par Jésus
proviennent tous des cinq livres écrits par Moïse.
Ces six enseignements sont alors un résumé
de la plus grande justice que les disciples de Jésus
doivent pratiquer (Matthieu 5 : 20). Les disciples de Jésus,
contrairement aux scribes et aux pharisiens doivent être
« parfaits » (Matthieu 5 : 48), c’est-à-dire
qu’ils doivent vivre une vie totalement motivée
par le désir de faire la volonté de Dieu.
Jésus contrasta cette nouvelle justice selon l’Esprit
(Matthieu 5 : 20) avec l’observance scrupuleuse des
lois de l’Ancienne Alliance telles que pratiquées
par les pharisiens et les docteurs de la loi (6 : 1-8, 16-18).
Jésus n’est pas venu pour annuler les Saintes
Ecritures en tant que corps d’Ecritures sacrées
puisqu’elles étaient inspirées par le
Créateur ; mais il faut comprendre que ces Ecritures
ne constituaient pas une fin en elles-mêmes, comme
le pensaient plusieurs Juifs de l’époque. Jésus
devait venir pour apporter la vérité que ces
Ecritures annonçaient d’avance (Jean 1 : 17).
La loi du Christ
Si nous considérons le contexte où Jésus
parla, particulièrement les versets qui suivent Matthieu
5 : 17-19, nous remarquerons que Jésus était
en train de redéfinir l’enseignement à
partir de la loi et des prophètes. En résumé,
Jésus était en train de créer une loi
spirituelle, loi que nous pouvons appeler la loi du Christ
(Jean 13 : 33-35) ; et celle-ci devient désormais
la norme de la vie chrétienne à la place de
la loi de l’Ancien Testament. Nous voyons qu’aucun
des enseignements de Matthieu 5 et 6 ne fait mention des
lois cérémonielles, comme le sabbat ou les
fêtes annuelles ; autant d’enseignements qui
constituaient un signe extérieur de l’observance
des commandements de l’Ancienne Alliance dans la religion
juive.
Alors que les Juifs se préoccupaient de ce que Moïse
et de ce que leurs traditions disaient, Jésus-Christ,
Lui, établit une nouvelle approche du culte envers
Dieu en dispensant Ses propres enseignements, qui allaient
bien au delà de ceux de l’Ancienne Alliance.
Il devint ainsi la mesure standard de la vérité
(Jean 1 : 17). En se référant à la
fois à la loi de Moïse et à la tradition
des Anciens, Jésus proclama avec autorité,
« mais moi je vous dis » (Matthieu 5 : 22, 28,
34, 39, 44). A la fin de Son sermon, Jésus dit à
ceux qui l’écoutaient que la personne sage
est celle qui « écoute Mes paroles, et les
met en pratique » (Matthieu 7 : 24).
La Nouvelle Alliance s’oriente et se porte vers le
Christ et Sa croix, et non vers Moïse et les tablettes
de pierre. Le grand sermon de la Nouvelle Alliance n’est
pas celui qui fut donné sur le Mont Sinaï mais
bien celui qui fut donné par Jésus-Christ
(Jean 1 : 17). Il expliqua les principes spirituels et moraux
de la Nouvelle Alliance tels qu’ils s’appliquent
à la vie des chrétiens. Ces principes sont
largement enseignés en plusieurs endroits du Nouveau
Testament (dans Galates 5 : 22-25, par exemple). Nous devons
noter au passage que ces versets ne font aucune mention
des règles cérémonielles telle que
l’observance d’un jour spécifique de
la semaine.
Matthieu termine son évangile par les mots suivants
de Jésus-Christ :
« Allez, faites de toutes les nations des disciples,
les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
et enseignez-leur à observer tout ce que je vous
ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours
jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28
: 19-20).
Les disciples de Jésus doivent pratiquer et enseigner
les commandements que Jésus leur a donnés,
et non pas suivre la loi de Moïse (Jean 15 : 12-13).
Puisque d’après Matthieu 5 : 17-19, Jésus
n’a pas ordonné d’observer de sabbat,
personne ne peut utiliser ces versets des Ecritures pour
justifier un tel enseignement.
En toute objectivité, mentionnons cependant que
certains théologiens s’opposent à l’idée
que Jésus faisait allusion à Ses propres commandements
dans Matthieu 5 : 19. Le mot pour « commandement »
en grec est entole. Lorsqu’il est utilisé ailleurs
dans l’évangile de Matthieu, ce mot se réfère
toujours à la loi de l’Ancien Testament. Ces
mêmes théologiens insistent sur le fait que
l’expression « le plus petit de ces commandements
» serait mieux interprétée, dans le
contexte comme se référant à la loi
de l’Ancien Testament. Si tel était bien le
cas, comment devrions-nous comprendre les paroles de Jésus-Christ
quand Il ordonne à Ses disciples de pratiquer et
d’enseigner « le plus petit de ces commandements
» ?
Nous avons déjà vu que Jésus ne pouvait
pas avoir dit à Ses disciples d’observer les
613 ordonnances. Si c’était le cas, cela nous
conduirait à « une absurdité logique
» : Jésus transgressant Son propre enseignement
dans Matthieu 5 Se placerait en contradiction avec d’autres
enseignements du Nouveau Testament. Par exemple, puisque
Jésus n’a fait aucune mention du sabbat dans
Matthieu 5, nous ne pouvons pas utiliser ce passage et insister
pour dire que l’un de « ces commandements »
concernait l’observance du sabbat.
Jésus-Christ ne parle pas de l’observance
littérale de la loi de Moïse ; ceci est clairement
démontré par Ses paroles dans Matthieu 5 :
21-48, où Il réinterprète radicalement
les commandements de la Loi. Si Jésus-Christ avait
prêché une observance littérale de loi
de Moïse, l’évangile de Marc viendrait
contredire Ses paroles. Car l’évangile de Marc
interprète les déclarations de Jésus
sur les lois de « l’impureté »,
et Marc déclare que Jésus a abrogé
ces règles de l’Ancien Testament concernant
les aliments (Marc 7: 19).
Ce que ces passages du Sermon sur la Montagne démontrent
est simple : les enseignements de la loi de Moïse doivent
être compris à partir de l’enseignement
nouveau de Jésus-Christ, dans le Nouveau Testament.
Bien entendu, l’Ancien Testament doit être respecté
et il a sa valeur en tant que Parole de Dieu ; mais en même
temps il nous faut comprendre qu’il fut donné
dans un contexte chronologique particulier, confiné
à une époque particulière. Cette compréhension
est démontrée tout au long du Nouveau Testament
; elle se trouvait également chez les apôtres
qui avaient compris que les lois cérémonielles
et sacrificielles n’étaient plus obligatoires
pour les chrétiens qui vivent sous la grâce.
Les chrétiens doivent respecter l’Ancien Testament
comme Saintes Ecritures inspirées de Dieu. Elles
sont utiles lorsqu’on les utilise avec sagesse pour
« enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour
instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu
soit accompli à toute bonne œuvre. » (II
Timothée 3 : 15-16). Cependant, personne ne doit
placer sa foi dans la loi elle-même, car alors que
la loi nous a été donnée par Moïse,
la grâce et la vérité nous ont été
données par Jésus-Christ (Jean 1 : 17). Etant
sous la grâce, les chrétiens ne sont ni obligés
d’observer une période de temps spécifique
(le sabbat), ni de se rendre à une « place
sainte » telle qu’un temple pour adorer Dieu,
ni d’être sous l’autorité d’un
saint sacerdoce lévitique (Jean 4 : 21-24). Toutes
ces règles n’étaient que cérémonielles,
et les chrétiens ne sont pas tenus de les observer.