D’une manière ou d’une
autre, il semble bien que nous pensions que le but principal
d’un disciple du Christ est d’arriver à
un stade où il n’a plus besoin de Lui. Après
tout, si le but premier du chrétien est de s’efforcer
d'avoir un comportement irréprochable, comme beaucoup
semblent le croire, lorsque nous nous rapprochons, par nos
efforts personnels, de cette propre justice, nous avons
de moins en moins besoin de la grâce.
Eventuellement, je suppose, que si nous
continuons à ce rythme-là, nous atteindrons
presque la perfection, et nous n'aurons besoin que de très
peu de grâce. Ensuite, en ce jour merveilleux où
nous toucherons le but, nous n’aurons plus besoin
du tout de grâce. Enfin !
D’où nous vient cette idée que le but
principal du chrétien est d’être sans
péché ? Peut-être en partie de la déclaration
de Jésus dans Matthieu 5 : 48. Là, dans le
sermon sur la montagne, Il nous dit : “ Soyez donc
parfaits, comme votre Père est parfait. ”.
Mais " être parfait ”, signifie “
complet ” ou “spirituellement mûr ”
; l'expression se perçoit, non comme dans l’absence
de péché, ce qui est impossible d’ailleurs,
mais comme Jésus le dit, se traduit par un cœur
qui aime de façon désintéressée
(versets 43-47). Un cœur semblable à celui de
Jésus qui S'est sacrifié volontairement pour
nous.
Ce que Dieu veut vraiment, c’est que nous Le connaissions
et L’aimions, Lui, comme Il est vraiment (Jean 17
:3). C’est la raison pour laquelle Jésus est
venu, pour que nous connaissions Dieu et Son amour pour
nous, en connaissant Jésus (Jean 14 : 6- 9). Dieu
nous fait voir qui Il est vraiment dans des termes que nous
pouvons comprendre, car Jésus est devenu un homme
comme nous. C’est en Le connaissant et en L’aimant
que nos péchés sont effacés. C’est
comme l’histoire du voyageur qui demande son chemin
à un agriculteur qui lui répond en disant
: “ Ce n’est pas en passant par ici que vous
y arriverez ”. Nous ne pouvons atteindre “ la
perfection ” par des exploits - nous y arriverons
seulement si notre vrai but est de connaître Dieu.
C’est pourquoi notre souci majeur devrait être
de connaître et d’aimer Jésus-Christ
et notre Père qui L’a envoyé. Quand
nous faisons cela, Il se charge du problème du péché.
Plus nous arriverons à mieux Le connaître,
plus nous deviendrons comme Lui (I Jean 4 : 15-17).
Il n’y a rien de mal à s’efforcer de
vivre une vie sans péché. Mais c’est
une quête sans espoir quand vous n’avez pas
foi en la miséricorde divine. Le péché,
et la mauvaise conscience qu’il génère,
ne sont effacés que par la grâce divine, et
la foi dans le sang purificateur versé par le Christ
(Hébreux 9 : 14). Nous ne pouvons nous débarrasser
seuls du péché qui est trop profondément
ancré en nous. Seul Dieu peut le faire.
C’est pourquoi Il veut que nous ayons confiance en
Lui, aussi bien en Sa miséricorde qu'en Sa puissance
pour enlever nos péchés.
Facile à dire me direz vous ? Apparemment non, puisqu’un
grand nombre d’entre nous semblent préférer
faire des efforts pour se montrer à la hauteur, en
essayant par tous les moyens d’être bons, plutôt
que de faire confiance à Dieu pour qu’Il nous
donne Sa justice. Avoir confiance en Sa grâce doit
être plus difficile qu’il ne le semble. C’est
peut-être parce que, lorsque nous faisons confiance
à Dieu pour qu'Il nous rende justes, nous disons
en réalité : “ Mon Dieu, je ne suis
qu’un pauvre pécheur qui n’a rien à
t’offrir, sauf une vie d’égoïsme
débordante d’arrogance. Aie pitié de
moi ! ”
Il est intéressant de constater que plus nous grandissons
dans la foi, plus nous reconnaissons notre état de
pécheur. Plus notre relation avec Dieu devient profonde
et intime, plus nous nous sentons indignes. Il ne faut pas
désespérer de notre état de pécheur.
Notre situation sans issue est la raison pour laquelle Jésus
est venu nous sauver, nous, les pécheurs (1 Timothée
1 : 15). Nous avons besoin de Lui maintenant et nous aurons
toujours besoin de Lui.
Nous nous leurrons en pensant, comme j’ai entendu
un pasteur le dire, que “ nous sommes assurés
du salut en voyant la transformation de nos vies. ”
Non ! Nous sommes assurés d’avoir le salut
par le témoignage de la parole de Dieu (Romains 1
: 16). Le plus grand des commandements – “ Tu
aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme,
et de toute ta pensée ” (Matthieu 22 : 37)
– est la source même d’une vie juste.
Connaître Dieu de façon intime est notre seule
garantie durable d’un état de grâce permanent.
(Extrait de « Legalism – alive and well
» J. Michael Feazell