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Leadership des femmes dans l'église
8ème partie
Joseph Tkach
 

Un commentateur a écrit : « Ce passage est probablement le plus complexe, controversé et opaque parmi tous les textes de longueur comparable contenus dans le Nouveau Testament.»(1) Et il se peut qu’il ait bien raison – mais j’observe que dans l’Eglise Universelle de Dieu, nous avons eu bien moins de controverse sur ce sujet.

Dans notre communauté, nous avons convenu depuis longtemps qu’il n’est pas nécessaire que les femmes portent des couvre-chefs dans l’église d’aujourd’hui – ces instructions spécifiques ne s’appliquent pas à notre culture. Ayant « résolu » cette question, nous n’avons guère senti le besoin d’approfondir davantage le passage. Dans les décennies passées, notre principale utilisation du passage était pour dire que les hommes devraient avoir les cheveux courts, mais pas les femmes (I Corinthiens 11 : 14 – 15).

Récemment, lorsque nous avons demandé aux membres de nous soumettre des articles concernant le rôle des femmes dans l’église, peu de personnes avaient quelque chose à dire au sujet de ce passage. Presque personne n’a désapprouvé notre conclusion antérieure au sujet des couvre-chefs – et ils n’ont pas désapprouvé l’article que nous avons publié en janvier 2001, qui observait que le passage permettait aux femmes de parler dans l’église.(2)

Cependant, ce passage soulève quelques questions importantes sur la façon dont nous interprétons la Bible, et comment décider si un commandement particulier est basé sur la culture ou sur la création.(3) A vrai dire, j’ai le sentiment que notre ancienne décision au sujet des couvre-chefs était basée davantage sur le « bon sens » selon nous plutôt que basée sur une étude du texte. Nous n’avions pas une bonne explication sur la raison pour laquelle les couvre-chefs étaient obsolètes, mais que la longueur des cheveux ne l’était pas. Nous basions inconsciemment nos croyances sur des suppositions qui étaient fondées dans la culture moderne.

L’article ci-dessous débat les nombreuses questions concernant ce passage, mais il ne peut pas répondre à toutes – et il n’est pas tenu de le faire. Cependant, il essaie de répondre à certaines questions clé pour nous concernant le rôle des femmes dans l’église d’aujourd’hui.

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Les Femmes qui Prient ou qui Prophétisent
I Corinthiens 11 : 3 - 16

Dans sa première lettre à l’église de Corinthe, Paul traite de divers problèmes que rencontrait l’église locale. Un des sujets qu’il traite est de savoir si les gens devraient couvrir leur tête quand ils prient ou prophétisent. Bien qu’il aborde brièvement ce que les hommes devraient faire, la plupart de ses commentaires concernent les femmes.(4) Nous étudierons le chapitre et examinerons certaines questions plus en détail.

Le verset 1 dit : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même de Christ » (citations tirées de la version Segond tout au long de cet article). Ce verset est la conclusion de Paul à ses commentaires relatifs aux viandes dans le chapitre 10 – il encourage les Corinthiens à tout faire pour la gloire de Dieu, à éviter de causer des offenses, « de la même manière que moi aussi je m'efforce en toutes choses de complaire à tous » (I Corinthiens 10 : 33). Dans I Corinthiens 11 : 1, il les encourage à suivre cet exemple. Au chapitre 11, également, il veut qu’ils évitent de causer des offenses inutiles aux gens qui les entourent.

 Le verset 2 dit : « Je vous loue de ce que vous vous souvenez de moi à tous égards, et de ce que vous retenez mes instructions telles que je vous les ai données. » Ceci peut être la conclusion du sujet précédent, ou ceci peut être une introduction générale du sujet qui suit. Mais, quoi qu’il en soit, ce verset ne semble pas nous aider beaucoup dans la compréhension de ce que Paul écrit aux versets 3 à 16.

Les Femmes Doivent Porter un Couvre-chef

Le verset suivant [le verset 3] commence avec « cependant, » ce qui indique que Paul aborde un autre sujet : « Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ » (I Corinthiens 11 : 3). Paul utilise le mot « chef » [ou « tête », selon la version] (du mot grec kephalẽ) comme métaphore de l’autorité : Christ a autorité sur l’homme, l’homme a autorité sur la femme, et Dieu a autorité sur le Christ. D’autres érudits soutiennent que la métaphore signifie « source » (5) ou « prééminence. »(6) Nous aborderons cette question en détail plus loin.
 
Quelle qu’en soit la signification, la séquence des « chefs » est singulière, puisqu’elle va en décroissant au début, puis va en croissant : Christ, homme, Dieu.(7) Aussi, certains érudits suggèrent que « femme » signifie « épouse » dans ce passage, et que le verset concerne les relations au sein du mariage et non entre les hommes et les femmes en général.(8)

Ensuite, Paul progresse de son principe général vers une application plus spécifique : « Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef » (I Corinthiens 11 : 4). Il est généralement admis que la mention du mot « chef » figurant dans ce verset devrait être prise comme une métaphore : L’homme couvert déshonore Christ.(9) Paul a commencé la discussion en parlant par métaphore au verset 3 de sorte qu’il puisse utiliser la signification métaphorique au verset 4.

Qu’entendait Paul en disant « la tête couverte » ? Littéralement, les mots grecs signifient quelque chose comme « pendre du sommet de la tête. » Paul se référait-il à un chapeau, un turban,(10) un keffieh arabe, un châle de prière (tels que ceux utilisés aujourd’hui par certains Juifs quand ils prient (11) ), ou autre chose ? Dans certains rites religieux païens, les hommes Romains couvraient leur tête avec une partie de leur toge, (12) et c’est peut-être ce à quoi Paul se réfère – mais il n’explique pas pourquoi cette coutume était déshonorante.(13) Cela impliquait probablement un certain symbolisme, mais il est difficile pour un lecteur moderne de savoir ce que c’est.(14) Il est particulièrement difficile pour nous de savoir pourquoi se couvrir était considéré comme déshonorant pour un homme mais requis pour une femme. (15)

Certains érudits ont suggéré que le couvre-chef est une longue chevelure relevée et attachée sur le sommet de la tête (16); et que lorsque la longue chevelure pendait, elle suggérait la rébellion ou la disponibilité sexuelle.(17) Ceci est confirmé par le verset 15 qui dit que la longue chevelure d’une femme lui a été donnée comme voile.(18) Cependant, il est difficile d’accorder cette interprétation avec le verset 4 : Si un homme avait des cheveux suffisamment longs pour les relever sur le sommet de sa tête, il semble que Paul aurait commencé par dire que les cheveux longs étaient déshonorants en eux-mêmes – il ne commencerait pas en critiquant une initiative consistant à les relever au-dessus de la tête.(19)

Aussi, si la chevelure est relevée, il semblerait inapproprié d’utiliser dans la phrase grecque le mot kata, qui signifie en bas. Et il serait singulier de dire que si la chevelure pendait librement, ce serait aussi bien de la couper (v. 6).(20) Schreiner écrit : « Le verbe traduit par « couvert » dans la version NIV (katakalypto) apparaît trois fois dans les versets 6 et 7…et se réfère le plus souvent à un revêtement de quelque sorte. »(21) D’un autre côté, si la chevelure était couverte, il n’y aurait guère besoin de spécifier sa longueur.

Aux versets 5 et 6, Paul écrit : « Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef: c'est comme si elle était rasée. Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il (22) est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle se voile. » De nouveau, il n’est pas clairement précisé le type de couvre-chef auquel Paul fait référence – certains disent que c’est la longue chevelure de la femme (cf. I Corinthiens 11 : 5b) ; d’autres disent qu’il s’agit d’un châle.(23)
 
Paul ne dit pas pourquoi cela est honteux, et les érudits ont suggéré plusieurs possibilités. Garland les énumère ainsi : « cela embrouille les identités sexuelles pour une raison inconnue ; c’est un symptôme de comportement désordonné ; cela a un rapport avec un culte païen ; c’est un rejet de l’autorité du mari ou du paterfamilias ; ou c’est un signe culturel d’impudeur. » (24)

Apparemment, Paul a écrit cela parce que certaines femmes de Corinthe rompaient avec les coutumes sociales et parlaient sans couvre-chef. (25) Pourquoi brisaient-elles les coutumes sociales ? Plusieurs raisons ont été proposées : 1) Elles croyaient que les restrictions basées sur le sexe ne s’appliquaient pas dans l’église (26) ou 2) Elles croyaient que lorsqu’elles étaient dans l’église, elles n’étaient plus en public, mais dans une famille, et les femmes n’avaient pas besoin de porter un couvre-chef lorsqu’elles étaient dans leurs propres foyers.(27) Craig Keener écrit : « Paul les exhorte à s’imposer un couvre-chef de façon à ne pas causer d’offense » – Paul ne veut pas que les femmes amènent la honte sur leurs maris.(28) D’autres suggèrent que les femmes copiaient des pratiques en cours dans d’autres religions.

Prophétiser en Public

Paul dit qu’il est honteux pour une femme de prier ou prophétiser la tête non couverte. Nous pourrions nous poser trois questions concernant ce point : 1) Que signifie le fait de prophétiser ? 2) Cette prière ou prophétie est-elle publique ou privée ? 3) L’église d’aujourd’hui devrait-elle exiger des femmes de porter un couvre-chef ?(29)

Pour comprendre ce que Paul entend par « prophétiser, » il n’est pas nécessaire de nous référer aux coutumes de l’Ancien Testament (qui sont d’une importance discutable), car Paul lui-même nous dit ce qu’il entend dans la signification de ce mot. Au chapitre 12, Paul classe la prophétie comme étant l’un des dons de l’Esprit. Au chapitre 14, Paul décrit ce qu’il veut dire : « Celui qui prophétise, au contraire, parle aux hommes,(30) les édifie, les exhorte, les console….  celui qui prophétise édifie l'Eglise » (I Corinthiens 14 : 3 – 4).

Tout au long du chapitre 14, Paul oppose le parler en langue et la prophétie, et il conclut ainsi : « dans l'Eglise, j'aime mieux dire cinq paroles avec mon intelligence, afin d'instruire [katecheõ] (31) aussi les autres, que dix mille paroles en langue » (I Corinthiens 14 : 19). Dans ce verset, il sous-entend que celui qui prophétise instruit l’église. Au verset 24, il dit que si les gens prophétisent, un incroyant peut apprendre quelque chose : « il est convaincu par tous, il est jugé par tous…de telle sorte que, tombant sur sa face, il adorera Dieu. » Au verset 31, Paul dit que les gens apprennent à cause de la prophétie. Bien que la prophétie ne soit pas exactement pareille à l’enseignement,(32) elle a des résultats similaires.
 
Selon la définition de Paul, prophétiser aide les personnes de l’église à apprendre.(33) A Corinthe, le Saint-Esprit inspirait aussi bien les hommes que les femmes à prononcer des messages édifiants au cours des services religieux. Si les mots étaient inspirés par Dieu, alors ils avaient autorité.(34)

Etant donné que les femmes parlaient dans une réunion d’église [en public] – il n’y aurait guère eu besoin que Paul aborde la bienséance de leur tenue pour une réunion privée. Blomberg donne sept témoignages convergents qui indiquent que le passage concerne une réunion publique : 1) Les versets 2 et 17 sont appairés dans leur contenu, suggérant que Paul vise un même sujet tout au long de son discours, 2) Le souci de l’apparence suggère un cadre public, 3) Les meilleures analogies relatives aux hommes se couvrant la tête se situent dans un cadre cultuel (païen), 4) Paul discute des dons spirituels principalement dans le cadre d’une église, 5) Les femmes avaient peu d’occasions d’exercer en privé un ministère sur les hommes, 6) La mention des anges au verset 10 n’a un sens que dans un cadre cultuel, et 7) Le verset 16 se réfère à la pratique des autres églises, ce qui suggère un cadre interne à l’église. (35) Thomas Schreiner donne quatre raisons légèrement différentes : 1) Les sujets subséquents concernent le culte, 2) La prophétie est supposée édifier la communauté, 3) Les réunions de maison compteraient en tant que réunions d’église, et 4) I Corinthiens 14 : 34 n’a pas pour but d’être une interdiction complète.(36) Paul a dû aborder le sujet dans sa lettre parce que certaines femmes corinthiennes parlaient au sein de l’église sans porter un couvre-chef.(37)

Dans certaines sociétés, un couvre-chef est un signe de soumission ou de modestie ; dans d’autres sociétés (par exemple, l’Arabie Saoudite), même le roi arbore un couvre-chef en public. Quoi que puissent symboliser les couvre-chefs à Corinthe, il est clair qu’ils ne symbolisent pas la même chose dans toutes les cultures, et nous concluons qu’ils ne sont pas exigés comme signe de soumission pour tous les chrétiens, hommes et femmes, dans toutes les régions et dans tous les siècles. Cela semble être un consensus (38) que l’instruction de Paul était basée ici principalement sur la culture – il appliquait un principe général à une situation spécifique, et bien que le principe soit encore valide, l’application spécifique ne l’est pas. Mais quel est ce « principe général » ? Les érudits débattent s’il est de maintenir une distinction dans l’autorité entre hommes et femmes, de maintenir une distinction dans l’apparence entre les sexes, ou simplement d’éviter de faire quelque chose qui soit considérée comme scandaleuse par la culture ambiante.

La Gloire de l’Homme

Paul donne maintenant une raison pour que les hommes ne se couvrent pas la tête : « L'homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme » (I Corinthiens 11 : 7). Malheureusement, nous ne comprenons pas le raisonnement de Paul ici. Nous notons les questions suivantes :

● Si être l’image et la gloire de Dieu signifie qu’un homme ne devrait pas couvrir sa tête, alors cela s’appliquerait à toutes les situations, pas uniquement au fait de parler à l’église. En d’autres mots, la raison donnée ici révèle davantage que ce que Paul voulait dire, et nous ne pouvons pas tenir le même raisonnement aujourd’hui. Nous ne savons pas pourquoi il serait inapproprié que « l’image et la gloire de Dieu » porte un chapeau, que ce soit au travail ou à l’église.

De plus, nous ne savons pas ce que Paul entendait en affirmant que la femme est « la gloire de l’homme. »(39)  Au verset suivant, Paul dit que la femme a été tirée de l'homme, mais le rôle de l’homme dans la création de la femme a été totalement différent du rôle de Dieu dans la création de l’homme. L’homme est-il « la fierté et la joie » de Dieu, et la femme est-elle « la fierté et la joie » de l’homme ? Peut-être est-ce ce que Paul entendait, mais cela n’expliquerait pas pourquoi l’un doit couvrir sa tête, et pourquoi l’autre ne le doit pas. Blomberg note que « aux versets 14 et 15, le mot « gloire » est l’opposé du mot « honte. » En conséquence, aux deux endroits il a probablement le sens d’« honneur ». »(40)

● Enfin, nous remarquons que les femmes sont aussi faites à l’image de Dieu (Genèse 1 : 27), un point que Paul n’a pas mentionné. Il semble clair qu’il utilise le témoignage de Genèse d’une manière sélective, et pas de façon exhaustive. Il n’est pas en train d’essayer de présenter une théologie sur le comportement des sexes – il traite simplement d’une pratique particulière.(41)  Mais on ne comprend pas clairement pourquoi il a utilisé le mot « image » dans le raisonnement.

Aux versets 8 et 9, Paul paraît expliquer la façon dont la femme est la gloire de l’homme : « En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme; et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme. » L’homme était la source de la femme, et la femme a été créée pour l’homme.(42) La femme est-elle la gloire de l’homme parce qu’elle est tirée de l’homme ? Si c’est le cas, alors toute la création, incluant la femme, serait la gloire de Dieu, car tout est venu de Lui. Paul semble raisonner sur la base de quel sexe fut créé le premier, mais nous ne comprenons pas comment à partir de cet argument il en arrive à sa conclusion. De plus, aux versets 11 et 12, Paul semble modifier le raisonnement (tout comme il a clarifié son affirmation dans I Corinthiens 1 : 14 (43)), peut-être parce que le témoignage utilisé ne dit pas autant que son premier commentaire pourrait le sous-entendre.

Au verset suivant, Paul revient à son sujet principal – la nécessité pour les femmes d’avoir un couvre-chef. « C'est pourquoi [parce que la femme a été créée de l’homme et pour l’homme] la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend » (I Corinthiens 11 : 10). Les érudits ne savent pas ce que les anges viennent faire avec ce sujet. Paul fait allusion à quelque chose, mais nous ne savons pas ce que c’est.(44)

Le mot « marque » dans la dernière partie du verset est une traduction traditionnelle, et l’interprétation traditionnelle est que le couvre-chef est un signe qu’elle est sous une autorité, mais le texte grec dit littéralement « la femme devrait avoir autorité sur sa tête. » Dans toutes les autres utilisations, exousia signifie avoir autorité ; cela ne signifie jamais « une marque de l’autorité dont on dépend. »(45) Si nous prenons le verset littéralement, il signifie que le couvre-chef donne à la femme l’autorité de parler – qu’en portant les atours appropriés, il lui est permis de prier et de prophétiser.(46) Parce qu’elle a été créée de l’homme et pour l’homme, elle a besoin de ce couvre-chef pour l’autoriser à parler dans l’assemblée religieuse.(47) Une autre interprétation possible est que l’expression signifie « avoir autorité sur » – qu’elle doit « avoir le contrôle de sa tête » en portant le couvre-chef en usage.(48)

Aux versets 11 et 12, Paul paraît qualifier ou clarifier(49) une partie de son raisonnement précédent : « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu. » Tout comme l’homme original a été la source de la première femme, tous les hommes subséquents sont venus des femmes, et Dieu est la source de toute chose. Ce verset semble réduire la force du raisonnement basé sur l’antériorité ou la source.

Pourquoi Paul dit-il que cette interdépendance est « dans le Seigneur » ? Pourquoi commence-t-il la phrase avec le mot « toutefois » qui indique un contraste ? Cela semble sous-entendre que des aspects du raisonnement précédent n’étaient pas basés « dans le Seigneur. » (50) Belleville tire cette conclusion : « En dernière analyse, quelle que soit la signification que nous attachions à l’homme qui est « le chef de la femme » (I Corinthiens 11 : 3), cet état des choses ne reste pas vrai « dans le Seigneur. » La dépendance mutuelle est ce qui devrait caractériser la vie en commun, car « dans le Seigneur, la  femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme » (I Corinthiens 11 : 11). »(51)

Après ceci, Paul donne une autre raison à son instruction selon laquelle les femmes devraient porter un couvre-chef quand elles parlent à l’église : «  Jugez-en vous-mêmes: est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée? La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux, mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile? » (I Corinthiens 11 : 13 – 15).

Apparemment, Paul pense avoir donné suffisamment d’informations aux Corinthiens pour rendre la réponse évidente. Même si Corinthe était saturée par le péché, il en appelle au propre sens des convenances des Corinthiens, comme si tous ressentiraient le déshonneur pour une femme à parler sans avoir quelque chose sur la tête.(52)

Quand Paul écrit « la nature elle-même, » il utilise le mot physis, qui se référait d’habitude au monde physique et biologique, mais parfois se référait à la coutume sociale.(53) Ici, Paul l’utilise apparemment dans cette dernière signification, car les faits d’ordre biologique n’enseignent pas aux gens qu’une longue chevelure soit une « honte » pour un sexe et une « gloire » pour l’autre.(54) Notre nature physiologique nous enseigne plutôt qu’une chevelure d’homme croît autant que celle d’une femme. Le mot « honte » indique une stigmate sociale et une convention culturelle.(55) Paul n’essaie pas de dire que c’est une honte pour des hommes de faire vœu de Naziréat – il écrivait pour une situation spécifique à Corinthe, et il n’essayait pas de faire une affirmation universelle et intemporelle.(56)

Puisque Paul peut faire appel au bon sens des Corinthiens au sujet de ce qui est bienséant et naturel, il est évident qu’il demande que les comportements soient conformes aux coutumes normales (57) – que les femmes couvrent leur tête lorsqu’elles parlent dans l’église, et que les hommes évitent cette coutume propre aux femmes. Bien que certaines femmes corinthiennes avaient apparemment conclu que l’Evangile les libérait des restrictions basées sur le sexe, Paul dit qu’elles devraient se conformer à cette coutume particulière.(58)

Au verset 16, il donne une raison de plus : « Si quelqu'un se plaît à contester, nous n'avons pas cette habitude, non plus que les églises de Dieu. » Aucune des églises n’a « mis de côté » les coutumes sociales, ni n’a encouragé les femmes à agir comme les hommes, et vice versa, alors les Corinthiens ne devraient pas l’avoir fait non plus. Garland écrit : « Son commentaire a la même force que la conclusion de Josephus à un raisonnement : « J’imagine qu’aucun détracteur, à part les plus querelleurs, ne manquerait de se contenter d’arguments déjà cités.  »(59)

Conclusion

Paul a donné six raisons pour que les femmes portent un couvre-chef :

1. Le chef de la femme est l’homme (I  Corinthiens 11 : 3).
2. Parler sans couvre-chef est aussi déshonorant que se raser la tête (verset 5).
3. La femme a été créée à partir de l’homme et pour l’homme, donc elle devrait porter un couvre-chef (verset 9).
4. A cause des anges (verset 10).
5. Il n’est pas bienséant socialement qu’une femme parle non couverte (verset 13).
6. L’église n’a pas de précédent pour rompre avec cette tradition (verset 16).

Aujourd’hui, nous ne pouvons pas utiliser une quelconque de ces raisons avec assurance. Même si nous pouvions être d’accord au sujet de la signification du mot « chef, » nous ne pouvons pas expliquer pourquoi cela doit être symbolisé par un couvre-chef dans un cas, mais par l’absence de couvre-chef dans un autre cas. Dans la plupart des sociétés modernes, il y a peu ou pas d’opprobre pour une femme parlant sans couvre-chef, et nous ne pouvons pas dire que ce soit aussi honteux que de se raser la tête. Troisièmement, nous ne pouvons pas fournir une raison quelconque expliquant pourquoi l’antériorité de la création devrait être symbolisée à jamais par un couvre-chef. Quatrièmement, la présence d’anges dans cette énumération rend évident que nous n’avons pas une compréhension complète du contexte dans lequel Paul travaillait. Cinquièmement, ce qui est « socialement bienséant » est différent aujourd’hui que dans la Grèce du premier siècle. Et aujourd’hui, il y a beaucoup de précédents contre cette tradition.

Les arguments de Paul n’ont pas de sens pour nous, avant tout parce que ses raisons sont basées sur des croyances établies à Corinthe au premier siècle ; elles ne sont pas destinées à des cultures comme les nôtres, qui ne partagent pas ces mêmes croyances.(60) Bien que Paul cite le témoignage biblique et les êtres spirituels, il apparaît que la véritable base de son raisonnement est culturelle – il expliquait quels vêtements étaient appropriés pour les femmes et les hommes de cette culture. De plus, nous pensons que si Paul connaissait une raison qui s’appliquerait à toutes les cultures et dans tous les âges, alors il l’aurait utilisée plutôt que de clore par la coutume sociale et « nous n'avons pas cette habitude. »(61)

L’équipe de révision doctrinale de l’E.U.D. conclut que les femmes sont autorisées à parler dans l’église sans couvre-chef.(62) Paul croyait apparemment que les hommes et les femmes devraient respecter les conventions sociales relatives à l’habillement spécifique au sexe. (63) Les hommes ne devraient pas essayer de ressembler à des femmes, ni les femmes tenter de ressembler à des hommes. Dieu a créé les hommes et les femmes différents, et Il déclara que cela était bon, mais la Bible ne spécifie pas (et nous ne le ferons pas) les caractéristiques d’un accoutrement masculin et féminin. Cela change d’une nation à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un siècle à l’autre. A l’époque de Paul, cela signifiait que les femmes devaient porter un couvre-chef pour parler en public, mais il n’en est plus ainsi aujourd’hui.

En conjonction avec cette conclusion, nous faisons aussi les observations suivantes au sujet des raisons que Paul a proposées :

· Quelqu’un pourrait soutenir que nous devrions accepter les arguments de Paul, même si nous ne les comprenons pas. Aujourd’hui, les anges sont pareils à ce qu’ils étaient quand Paul a écrit ; nous devrions donc accepter que son raisonnement reste valide aujourd’hui, et les femmes devraient être couvertes d’une étoffe quand elles parlent au sein de l’église. Nous rejetons cette approche des Ecritures. Paul a donné des raisons à sa directive ; il n’a pas demandé une obéissance sans compréhension.

· Le fait que les arguments de Paul n’aient pas de sens pour nous est un indice montrant qu’il basait ses arguments sur des coutumes culturelles. Même dans une ville réputée pour ses péchés, il fait appel au sens de la bienséance et de la honte des lecteurs. Son argument sur la « nature » au verset 14 est vraiment un argument tiré de la coutume ; la « gloire » dont parle Paul au verset 15 est aussi d’ordre culturel.

· Que Paul utilise kephalē dans le sens d’autorité, ou pour se référer à la source, dans tous les cas il est permis aux femmes de prier et de prophétiser dans l’église. Qu’elle porte un signe d’autorité sur sa tête, ou qu’elle porte un signe marquant sa dépendance d’une autorité (tout le monde dépend de quelque autorité), la partie la plus significative de ce passage est que les femmes ont bien l’autorité de prononcer des propos spirituels lors d’un culte public. Ce passage ne restreint d’aucune façon leurs paroles ; c’est seulement une question d’habillement.

· Apparemment, Paul applique un principe général à la situation à Corinthe. Cependant, à partir de ce passage, il n’est pas clair de savoir quel est ce principe. Voici quelques possibilités :

○ Toutes les femmes sont sous l’autorité de tous les hommes, parce que la femme a été créée de l’homme et pour l’homme. En conséquence, les femmes devraient porter un symbole de soumission, qui était un couvre-chef à Corinthe, mais qui peut être autre chose dans d’autres cultures. Cependant, ceci n’explique pas pourquoi il est mal pour un homme de porter un couvre-chef, car les hommes sont aussi sous une autorité. Et nous ne croyons pas non plus que toutes les femmes soient sous l’autorité de tous les hommes.

Les femmes mariées sont sous l’autorité de leurs maris, parce que la femme a été créée à partir de l’homme et pour l’homme. En conséquence, toutes les femmes, mariées ou non, devraient porter un symbole de leur soumission à ce principe.(64) De nouveau, cela n’explique pas pourquoi ce serait honteux pour les hommes assujettis à une autorité de porter un couvre-chef, et cela n’explique pas pourquoi Paul se soucie des couvre-chefs seulement quand les personnes prient et prophétisent. Les couvre-chefs avaient apparemment une importance dans un culte public, mais pas dans la relation privée d’une femme avec Dieu.

○ Hommes et femmes devraient s’habiller de façon appropriée à leur sexe et à leur culture, et lorsqu’ils parlent en public, ils ne devraient pas s’habiller d’une façon qui distraie l’attention des paroles qu’ils prononcent. Cela expliquerait pourquoi Paul se soucie de l’habillement des hommes et des femmes lorsqu’ils parlent.(65) Nous concluons que cette suggestion a le plus de valeur.

· Puisque nous concluons que les femmes ne doivent pas porter de couvre-chefs dans l’église d’aujourd’hui (une conclusion que nous avons soutenue depuis des décennies), nous concluons aussi que Paul a fait allusion au témoignage de la Genèse pour soutenir une coutume culturelle. Le fait que Paul utilise le témoignage de la Genèse de façon sélective montre que son but n’est pas de démarrer une étude du livre de la Genèse pour tenter de l’appliquer à la société gréco-romaine. Il démarre plutôt à partir d’une coutume de sa culture, en essayant de trouver autant d’arguments convaincants qui lui viennent à l’esprit en vue de convaincre les gens à qui il écrivait. Puisqu’il était un rabbin versé dans les Ecritures, il commence par une illustration tirée des Ecritures, qu’il doit ensuite nuancer, et il donne divers commentaires basés sur ce que la société considère comme étant honorable ou honteux.

Le point important est que les femmes ont le droit de prier et de prophétiser dans l’église. Les femmes peuvent parler de sujets spirituels et instruire l’église selon que Dieu les guide. Même si nous utilisons la signification la plus restrictive du mot prophétie, (66) et même s’il est rare que cela se produise aujourd’hui – si tant est que cela se produise – ce qui précède demeure, à savoir que Dieu permet aux femmes d’instruire et d’édifier l’église selon leurs talents.

Cependant, la dépendance mutuelle des hommes et des femmes ne signifie pas qu’ils doivent se comporter de façons identiques. Paul a établi des restrictions sur la façon dont les femmes prophétisent dans l’église – il requiert qu’elles portent un accoutrement approprié aux femmes. Nous encourageons ce principe aujourd’hui, reconnaissant que dans la plupart des nations d’aujourd’hui cela n’implique pas d’arborer un couvre-chef, mais cela signifie que les femmes ne devraient pas essayer de ressembler à des hommes. L’autorité de leurs paroles ne repose pas sur leur apparence externe, mais dans leur conformité avec l’Evangile de Dieu.

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Appendice A : La Signification du Mot Kephalẽ.

Garland écrit : « Trois points de vue s’imposent d’eux-mêmes. Premièrement, le mot « tête » [ou « chef », selon la version] a été traditionnellement compris pour désigner la hiérarchie et pour sous-entendre une direction autoritaire. »(67) A l’appui de ce point de vue, Hurley écrit : « Les versions grecques de la Bible ont utilisé kephalẽ (tête ou chef) pour traduire le mot hébreu r’osh, qui signifie aussi « tête. » Le mot hébreu, cependant, était utilisé pour indiquer une position d’autorité ou de commandement, tout comme il indiquait l’origine ou « l’antériorité. » »(68) Hurley soutient que, bien que kephalẽ puisse représenter une origine dans certains contextes (par exemple, Colossiens  1 : 15 – 20), il n’a pas ce sens dans des contextes matrimoniaux. « Si « chef » [ou « tête », selon la version] signifie « source » dans I Corinthiens 11 : 3, le parallélisme de Paul est pauvre, et il enseigne virtuellement que Dieu a créé Christ. »(69) Blomberg approuve : « Ses deux significations [métaphoriques] principales étaient soit « source » ou « autorité. » …L’autre passage, dans lequel Paul qualifie l’homme comme étant le « chef » de la femme, se réfère également à la soumission des épouses à leurs maris (Ephésiens 5 : 22 – 24) ; le sens d’ « autorité » semble donc plus probable ici aussi. »(70) W. Larry Richards – un partisan de l’égalité des sexes – admet que, bien que la signification de « source » soit attrayante, Paul utilise ailleurs le mot kephalẽ « dans le sens d’autorité, pas de source. »(71)                                                                                                                                                                                                                         

Une partie de la difficulté dans la discussion est que les commentateurs qui soutiennent la signification d’ « autorité » concluent généralement que le mâle a l‘autorité parce qu’il est la source de – ou est antérieur à – la femme. « Source » et « autorité » sont des concepts liés, et donc le mot « source » est souvent le mieux adapté. Cependant, ils soutiennent que la connotation première de kephalẽ est l’autorité (le résultat) plutôt que la source (la cause). Blomberg dit que personne n’a démontré que kephalẽ puisse signifier source « sans sous-entendre simultanément une dimension d’autorité. »(72)

Cependant, Perriman met en doute la logique : « La question d’autorité est hors de propos dans une discussion sur la manière convenable de prier et de prophétiser pour les hommes et les femmes ; et, à partir de l’idée que l’homme a l’autorité sur la femme, il n’est pas valable d’en déduire que la femme devrait se voiler lors d’un culte religieux. »(73) Il n’est pas clair de comprendre pourquoi la femme doit honorer l’homme en étant couverte, alors que l’homme doit faire l’exact opposé afin d’honorer le Christ. Le passage ne concerne pas l’autorité en soi, et bien que le verset 10 utilise le mot « autorité, » la signification ici n’est pas claire.

La seconde suggestion est que kephalẽ signifie « source. » Mary Evans écrit : « Dans Colossiens 1 : 18, on parle du Christ comme de la « tête » de l’Eglise dans le contexte qu’Il est avant toutes choses et qu’Il est la source de la création. »(74) Cependant, « la « rareté du témoignage lexicographique » – aucun lexique grec n’offre cela en option…rend hautement suspecte cette interprétation du mot « tête »…. Bien que l’idée de source puisse convenir dans le récit de la création de la femme à partir de la côte de l’homme, cela ne convient pas avec l’idée que Dieu siut la source du Christ. »(75) Certains partisans de l’égalité des sexes répondent que Dieu est en effet la source du Christ dans son rôle messianique, et que Paul parle seulement d’une fonction, et non de la source de l’existence.(76) Ils montrent aussi que « source » est clairement une partie du contexte (voir les versets 8 et 9).

Garland est d’accord avec Perriman en soutenant un troisième point de vue : « La meilleure option est de comprendre kephalẽ comme signifiant « ce qui est le plus important, ce qui arrive en premier, ce qui est au-dessus, ce qui est prééminent » (Perriman 1994)…. La « tête » indique une personne qui est prééminente, et bien que cela puisse résulter de son autorité et de son leadership, ce n’est pas sa signification première. Ce n’est pas lié à des idées d’obéissance ou de soumission. »(77) Mais Blomberg note : «  Il n’est pas certain qu’une entité puisse être la plus importante sans sous-entendre sa supériorité fonctionnelle. »(78) Bien que l’ordre de Paul s’adresse bien à des hommes, l’accent de ce passage est de donner un ordre aux femmes, afin qu’elles arrêtent de faire quelque chose qu’elles avaient commencé à faire, et cet ordre est basé sur le fait que le mâle est le kephalẽ de la femme.

En bref, il semble que la plupart des interprètes ont choisi une signification de kephalẽ basée premièrement sur leurs croyances au sujet de ce que les autres versets disent sur l’autorité masculine. Les interprètent sont influencés par leur propre culture, soit par leurs suppositions au sujet de ce que signifie d’être la « tête, » soit par leurs croyances au sujet de ce que signifie d’être « égal. »

 

Appendice B : Les Couvre-chefs dans le Monde Gréco-romain.

Craig Keener donne une information détaillée au sujet des couvre-chefs dans l’Antiquité : « La pratique des femmes de se couvrir la tête en public peut être liée à l’ancienne tradition grecque qui restreignait de bien des façons les femmes à la sphère domestique. En théorie du moins, les femmes d’Athènes du quatrième siècle avant Jésus-Christ ne pouvaient pas aller au marché et ne devaient pas être vues par des hommes qui n’étaient pas de leur famille… Cet idéal semble avoir continué à un certain degré dans les parties conservatrices du monde méditerranéen d’expression grecque [qui n’incluaient probablement pas Corinthe]….

« Cependant, les femmes romaines étaient bien moins recluses, quoique certains moralistes voulaient qu’elles le soient davantage. Il a été rapporté qu’à une époque antérieure un mari pouvait divorcer de sa femme pour être allée en public non voilée, ou il pouvait punir son épouse ou sa fille pour avoir parlé publiquement avec un autre homme…. Plutarque va dans le même sens et explique que la conversation d’une femme devrait se faire en privé dans son foyer…elle « devrait s’exprimer soit avec son mari, soit par son mari. »… Nous ne pouvons pas supposer que toutes les classes de la société se conformaient aux moralistes (les moralistes eux-mêmes étaient bien conscients que tel était le cas)….

« Pourquoi les têtes découvertes des femmes chrétiennes corinthiennes causaient-elles une offense ? Une suggestion récurrente est qu’une tête découverte était la mise traditionnelle des prostituées. La tenue d’une femme pouvait effectivement indiquer qu’elle était une prostituée…. Mais qu’un couvre-chef puisse distinguer une épouse d’une prostituée est un signe bien léger…. Dans la Palestine juive, les couvre-chefs caractérisaient les femmes mariées en général, si bien qu’une tête non couverte pouvait indiquer une vierge cherchant un mari tout autant que cela pouvait connoter une prostituée…..

« D’autres…ont suggéré plutôt que Paul aie pu penser à « la tête découverte et ébouriffée » des prophétesses païennes…. Dans la plupart des activités religieuses grecques, les femmes ne couvraient pas leur tête, et ceci peut être significatif. Mais il est douteux que Paul ou les Corinthiens auraient pensé spécifiquement au style de coiffure des prophétesses païennes ; de telles prophétesses…étaient généralement cachées de la vue du public….

« Il était en général admis qu’une femme grecque participât à un culte avec la tête non couverte…. Les hommes aussi adoraient avec la tête nue. Par contraste, les femmes romaines devaient couvrir leur tête lorsqu’elles offraient des sacrifices…. Les hommes romains tiraient aussi leur toge sur leur tête lors des sacrifices. Corinthe était une « colonie » romaine en Grèce durant cette période….

« Se couvrir la tête était parfois associé avec le deuil ; cette pratique était un signe convenu de douleur pour les hommes et les femmes…. Durant la procession des obsèques elle-même, les fils romains couvraient leur tête, alors que les filles marchaient « la tête découverte et les cheveux déliés. »…

« Il est peu probable que les Juifs de Palestine considéraient le couvre-chef comme un symbole d’humiliation de la femme, mais un couvre-chef était au moins un signe nécessaire de pudeur en public pour toutes les femmes juives palestiniennes qui pouvaient s’en procurer un. Une histoire raconte qu’une femme était si indigente qu’elle n’avait pas les moyens d’avoir un couvre-chef, si bien qu’elle dût se couvrir la tête à l’aide de ses cheveux avant d’aller parler au rabbin Johanan ben Zakkai…. Une femme juive qui s’aventurait en public avec les cheveux déliés et exposés à la vue, ou qui pouvait d’une autre façon être accusée de comportement aguicheur, pouvait être exposée au divorce…. Les enseignants juifs permettaient qu’une femme dénoue ses cheveux seulement dans le cas d’une femme adultère exposée publiquement à l’opprobre à la vue des hommes….

« La coutume du voile varie sur le plan géographique. Se voiler semble avoir prévalu dans les régions de l’Est de la Méditerranée…. Cependant, il y a peu de témoignage de cette coutume dans le monde grec….

« Il est probable que certaines femmes assez aisées trouvaient ridicules de telles restrictions quant à leur habillement en public, spécialement si elles venaient de régions du monde méditerranéen où les couvre-chefs n’étaient pas considérés comme nécessaires. Mais pour d’autres observateurs, ces femmes à la tête non couverte étaient une invitation à la convoitise. Cette question dans l’église de Corinthe peut ainsi avoir été un choc des valeurs culturelles (associées à la classe sociale) concernant la pudeur, et Paul veut que les éléments les plus libéraux [et aisés] au sein de l’église prennent bien soin de ne pas offenser leurs collègues plus conservateurs [les pauvres] de cette façon dramatique…. La plupart des statues représentant des femmes gréco-romaines [généralement aisées] et des autres œuvres d’art de cette période ont des têtes découvertes…. Rien dans I Corinthiens 11 ne suggère une pratique qui requiert de couvrir la tête des femmes toute la journée. »(79)

 

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Notes de renvoi

1) Craig Blomberg, I Corinthians (The NIV Application Commentary; Zondervan, 1994), 214. Un autre érudit écrit : « Les commentateurs varient largement dans leur compréhension du contexte du problème » (Richard Longenecker, New Testament Social Ethics for Today [Eerdmans, 1984], 80). Ils tentent de supposer quelle sorte de situation, et quel contexte culturel aurait amené Paul à écrire ceci, et la variété des solutions suggérées montre combien il est difficile de comprendre le contexte du passage. -retour-

2) Michael Morrison, “Women Who Spoke the Word of God,” WN, Jan. 2001, pp. 23-26. -retour-

3) Blomberg écrit : « Un passage tel que I Corinthiens 11 : 2 – 16 révèle le besoin pour tous les croyants d’avoir une compréhension relativement sophistiquée des principes de l’herméneutique biblique, de façon à ce qu’ils puissent examiner le contexte historico-culturel, comprendre la signification des termes clé et les corrélations grammaticales au sein d’un passage, et faire s’harmoniser ce passage avec les autres enseignements de Paul sur le sujet » (226). -retour-

4) David E. Garland écrit: « Les affirmations de Paul oscillent entre les hommes et les femmes, mais cette structure est rompue dans I Corinthiens 11 : 13 qui est une affirmation au sujet de la femme, mais rien au sujet de l’homme. » Il note aussi que Paul donne parfois une raison à ses affirmations au sujet des femmes, sans donner de raison pour les affirmations correspondantes au sujet des hommes – ce qui sous-entend qu’il s’attend à peu de résistance envers ses affirmations au sujet des hommes. « La meilleure explication pour ces ruptures dans la structure est que le problème que Paul veut corriger concerne ce que les femmes faisaient avec leur tête » (1 Corinthians [Baker, 2003], 507-8).-retour-

5) Par exemple, Mary Evans écrit : « Le mot « tête » [ou « chef, » selon la version] utilisé dans ce contexte est une métaphore, et il n’y a aucune raison de supposer que l’usage du premier siècle de cette métaphore soit identique à son usage du vingtième siècle, particulièrement du fait qu’au premier siècle c’était le cœur et non la tête que l’on considérait comme la source de la pensée et de la raison, la tête étant à cette époque plutôt considérée comme la source de la vie » (Woman in the Bible [InterVarsity, 1983], 65). -retour-

6) Garland, 516. -retour-

7)  « La séquence singulière révèle que Paul n’est pas intéressé [ou du moins ce n’est pas son but principal] à établir un quelconque genre d’ordre hiérarchique ascendant pour montrer l’infériorité des femmes. Son but n’est pas d’écrire une théologie sur les sexes, mais de corriger une pratique inopportune dans le service cultuel qui pourrait ternir la réputation de l’église » (Garland, 508, 514). Blomberg offre cette suggestion: « Puisque le problème à Corinthe impliquait les hommes et les femmes (mais pas le Christ) qui déshonoraient leurs chefs, il est naturel qu’il ait dû se référer aux chefs de l’homme et de la femme en premier » (209). -retour-

8)  Les versions RSV et NRSV disent : « la tête d’une femme est son mari. » -retour-

9) « Ce que les individus font de leur tête physique pendant le culte reflète négativement ou positivement leur tête métaphorique » (Garland, 514). Linda Belleville écrit : « Un homme priant ou prophétisant avec la tête couverte…déshonorait le Christ (I Corinthiens 11 : 3 – 4). Nous ne pouvons pas être certain du pourquoi il en était ainsi » (Women Leaders and the Church [Baker, 1999], 129). -retour-

10) « Le fait que les sacrificateurs juifs officiant dans le temple portaient des turbans rend l’affirmation de Paul doublement surprenante (Ezéchiel 44 : 18 ; cf. m. Yoma 7 : 5) » (Belleville, 129). Nous ne savons pas pourquoi un turban serait approprié pour un prêtre mais pas pour un homme qui prie. -retour-

11) Blomberg dit que « la pratique juive consistant à couvrir la tête d’un homme durant un culte n’est pas devenue répandue avant le quatrième siècle après Jésus-Christ » (221). -retour-

12) “La statue de Corinthe représentant un Auguste voilé – avec sa toge tirée au-dessus de la tête, se préparant à offrir une libation – peut fournir un important indice…. Porter la toge au-dessus de la tête était une pratique courante lors des sacrifices païens » (Garland, 517). Ben Witherington III montre que c’était une coutume romaine, pas grecque. (Conflict and Community in Corinth: A Socio-Rhetorical Commentary on 1 and 2 Corinthians [Eerdmans, 1995], 234). Corinthe était en Grèce, mais elle était une colonie romaine, donc il n’est pas certain de savoir quelle culture prédominait. -retour-

13) Garland présume que Paul s’oppose aux « associations de coiffe en rapport avec les sacrifices païens » (518). Cependant, les Corinthiens ne semblent pas être si naturellement opposés aux pratiques païennes pour accepter automatiquement que cette pratique fusse déshonorante (et le fait que Paul n’explique pas sa logique indique qu’il espère que ses lecteurs soient d’accord avec son point de vue). Les Grecs non-chrétiens ne pensaient apparemment pas que les prêtres païens déshonoraient les dieux en se couvrant la tête. Ils présumaient probablement plutôt le contraire, que la coutume honorait les dieux d’une certaine manière. « Il apparaît que ces coiffes étaient portées dans des contextes romains pour démontrer le respect et la servilité à l’égard des dieux » (Witherington, 234). Selon le point de vue de Garland, Paul s’opposait aux hommes portant une coiffe pour des raisons religieuses, mais c’est pour des raisons sexuelles qu’il s’opposait aux femmes sans couvre-chef. Blomberg écrit : « Ce que les Corinthiens faisaient de leur tête était important à cause des implications qu’avait leur apparence, que ce soit sur le plan sexuel ou religieux (ou les deux) » (215). -retour-

14) Evans écrit au sujet des coutumes consistant à se couvrir la tête : « Les témoignages dont nous disposons semblent indiquer qu’il y avait un grand nombre de variations selon les différentes régions et entre la ville et la campagne »(87). Il est difficile pour nous de savoir en quoi consistaient les coutumes, il est encore plus difficile de savoir ce que les coutumes signifiaient pour les gens. -retour-

15) Hurley soutient que le symbole signifiait « être asservi à l’autorité d’un homme » – et que cette pratique était donc appropriée pour une femme mais pas pour un homme (170). Cependant, la plupart des hommes sont assujettis, et devraient de soumettre, aux autorités civiles masculines. Les femmes portaient un couvre-chef en public mais pas les esclaves mâles. ; ceci suggère que la connotation première était basée sur le sexe, pas sur l’autorité. -retour-

16) Belleville n’a pas ce point de vue, mais elle décrit la coutume suivante : « Le style de coiffure typique visible sur les portraits des femmes grecques et romaines de la classe supérieure consiste à torsader la chevelure dans un rouleau sur le sommet de la tête, puis à la boucler pour former une houppe relevée. (Women Leaders, 128). -retour-

17) « Pour une femme hébraïque, sortir non couverte était largement considéré comme un déshonneur…parce qu’une tête couverte était un signe de pudeur…. Sortir en public les cheveux flottant librement…était un déshonneur plus grand et considéré comme un motif de divorce » (Garland 520, citant le Mishnah Ketub. 7:6; et Babylonian Talmud Ned. 30b, Yoma 47b, et Ketub. 72a). -retour-

18) Paul utilise au verset 15 un mot différent des versets précédents. Une longue chevelure est donnée aux femmes en guise de voile (peribolaison), mais elle a besoin d’être couverte (katakalypta, au verset 6). La signification de ces termes est débattue. -retour-

19) « Si une tête « non couverte » signifie simplement « avoir la chevelure pendante, » comment est « l’homme ne se couvrant pas la tête au verset 7…l’opposé de ceci ? » » (Keener 22, citant le commentaire de Gordon Fee). Witherington écrit : « Plutarque utilise la même phrase  que Paul, katakephalès, pour se référer à quelque chose posé sur la tête, et non à la chevelure » (233). -retour-

20) Robert Peterson écrit : « Dans I Corinthiens 11 : 6, cela a-t-il un sens de dire qu’une femme devrait se couper les cheveux parce que sa chevelure est déjà courte ? Non » (“Women’s Roles in the Church, What Does the Bible Say?” http://churchwomen.tripod.com/a/rpeterson.htm, page 7 sur 12). -retour-

21) Schreiner, 126. Il note que Philon utilise le mot « découvert » dans le sens de « avec un vêtement retiré. » -retour-

22) Ici le mot grec ei, traduit par « si, » sous-entend une réponse positive – que c’est en effet une disgrâce pour une femme d’avoir la tête rasée. Mais il n’est pas clairement précisé si cette disgrâce tombe sur elle-même, sur sa tête métaphorique, ou sur les deux. Gordon Fee écrit : « Il a souvent été affirmé qu’une tête rasée était un signe de prostitution dans Corinthe ; mais il n’existe pas d’élément de preuve connu le confirmant dans la littérature de l’Antiquité » (Listening to the Spirit in the Text [Eerdmans, 2000], 63). Il dit qu’une tête rasée était honteux parce que cela indiquait « le partenaire « mâle » dans une relation lesbienne. » -retour-

23) Aujourd’hui, dans certaines dénominations, une petite pièce d’étoffe est considérée suffisante même si elle n’est pas assez grande pour « couvrir » la tête ou pour « pendre » sur la tête. -retour-

24) Garland, 519. Richard Davidson écrit : « Le port du couvre-chef… était un signe de soumission de l’épouse à l’autorité de son mari, et non à celle de tous les hommes » (dans Women in Ministry, edité par Nancy Vyhmeister [Andrews University, 1998], 275). -retour-

25) « Il semble clair que Paul soutienne pareillement une coutume sociale fermement établie, si l’on en juge par l’emploi de termes tels que honteux…convenable…déshonorant….Mais cependant, le rappel de Paul à l’ordre de la création de Genèse 2 montre que quelque chose de plus qu’un comportement inconvenant est en jeu…. Une sorte de confusion dans l’identité sexuelle transparaît en arrière-plan » (Belleville, Women Leaders, 127-28). -retour-

26) « La reconstitution par Antoinette Wire de la situation qui a engendré les correctifs de Paul a…gagné en crédibilité et elle demeure plausible. Certaines femmes chrétiennes (et peut-être certains hommes !) interprétaient leur liberté en Christ comme signifiant qu’elles pouvaient faire fi des conventions sociales concernant leur apparence en public » (Blomberg, dans Two Views, 341; voir aussi Hurley, 170). Evans suggère que les femmes pensaient devoir s’habiller comme un homme afin de prophétiser, et Paul leur explique que les femmes ne devaient pas s’habiller ou agir comme des hommes afin d’être libres, mais qu’elles étaient libres de prier et prophétiser en tant que femmes (Evans, 90). -retour-

27) « Les femmes chrétiennes n’ont peut-être pas pensé s’exposer en public lorsqu’elles participaient à un culte dans les maisons où chacun s’appelait « frère » et « sœur » » (Garland 521, citant Fee et Winter). A l’encontre de ce point de vue, il peut être noté que dans d’autres circonstances les Corinthiens ne se traitaient pas les uns les autres comme une famille. -retour-

28) Craig Keener, Paul, Women, and Wives (Hendrickson, 1992), 21. Il note que Paul se pose lui-même en exemple de renoncement à ses propres droits, au chapitre 9…. Le principe qu’il énonce pourrait être appliqué à n’importe lequel d’entre nous. Si notre tenue vestimentaire en public peut causer de l’inconfort à notre conjoint, nous ne devrions pas la porter. Il est clair que Paul est moins concerné par l’habillement particulier propre à une culture donnée que par les effets que cela produit » (pp. 21, 36). -retour-

29) Si nous prenions le verset 6 au sens littéral, l’église devrait fournir une coupe de cheveux aux femmes qui parlent sans couvre-chef – mais il semble clair que Paul ne sous-entende pas cela littéralement. « Paul utilise ici l’ancien principe oratoire du raisonnement par l’absurde (reductio ad absurdum) consistant à affaiblir la position de ses adversaires par l’absurde. Si elles veulent découvrir leur tête à ce point, pourquoi ne pas aller jusqu’à se couper les cheveux, en s’exposant ainsi à la honte publique ? » (Keener, 35). -retour-

30) Ici, le mot grec (anthrõpõs) se réfère aux hommes et aux femmes. La version NRSV évite précisément l’impression que seuls les hommes sont concernés : « Ceux qui prophétisent parlent aux autres personnes pour leur édification, leur encouragement et leur consolation…. Ceux qui prophétisent édifient l’église. » Au moins à Antioche, les prophètes faisaient partie du leadership de l’église (Actes 13 : 1). -retour-

31) Le mot français catéchisme vient du grec katecheō, qui se réfère à un système organisé d’instruction. -retour-

32) Paul énumère la prophétie et l’enseignement comme des dons distincts (Romains 12 : 6 – 7 ; I Corinthiens 12 : 29 ; I Corinthiens 14 : 6 ; Ephésiens 4 : 11). Une différence possible entre ces dons est que l’enseignement puisse comporter une préparation tandis que la prophétie est spontanée. Comme le mentionnent les articles précédents, il existe des exemples bibliques de femmes prophètes. -retour-

33) Blomberg donne la description suivante : « la proclamation d’un message donné par Dieu à un orateur chrétien pour le bénéfice d’une congrégation particulière. Cela peut inclure des déclarations spontanées, ainsi qu’une communication soigneusement préméditée, pour autant qu’il soit établi que Dieu ait guidé ce prophète (ou cette prophétesse) à prêcher un certain message » (210). Cependant, Grudem soutient que la prophétie est toujours spontanée, et n’est pas une interprétation des Ecritures (Evangelical Feminism and Biblical Truth [Multnomah, 2004], 229). -retour-

34) Les gens ne devraient pas présumer que toute déclaration se prétendant prophétique soit effectivement inspirée par Dieu. Paul instruit l’église à « examiner toutes choses » de ce qui est dit (I Corinthiens 14 : 29 ; cf. I Thessaloniciens 5 : 20 – 21). Certains théologiens croient que Dieu ne donne pas le don de prophétie à qui que ce soit à cette époque ; mais l’exemple de Corinthe montre pourtant que Dieu permet aux femmes de parler lors des services cultuels. -retour-

35)  Blomberg, 219. -retour-

36) Thomas Schreiner, Recovering Biblical Manhood and Womanhood (Crossway, 1991), 132. Le consensus des érudits les plus traditionalistes et égalitaires est que I Corinthiens 11 : 3 – 16 concerne une activité cultuelle. James Hurley dit que les « femmes priaient et prophétisaient, lors de certaines réunions de l’église » (180). ). John Piper et Wayne Grudem disent que le verset 5 vise les « femmes prophétisant dans l’église » (Recovering, 69, 85). Walter Neuer admet aussi que « l’église » soit le cadre de ce passage, bien qu’il nuance ensuite en disant que c’était « des petits groupes de maison », et non « l’église entière » (Man and Woman in Christian Perspective [Crossway, 1991], 112, 118). Bien sûr, dans beaucoup de villes, un petit groupe de maison constituait l’église entière, et il est artificiel d’essayer de les distinguer. Comme Schreiner le dit, « la distinction entre réunions publiques et privées de l’église est une invention moderne » (Two Views, 228).
Harold R. Holmyard soutient, en se basant largement sur I Corinthiens 14 : 34, que les femmes ne parlaient pas dans une réunion d’église (“Does 1 Corinthians 11:2-16 Refer to Women Praying and Prophesying in Church?” Bibliotheca Sacra 154 [Oct. 1997]: 462-73). Il est d’accord qu’il s’agit d’un cadre public, mais pas ecclésial : « Le sujet des couvre-chefs sous-entend un cadre public, pas une prière faite en privé » (472). Il n’aborde pas les témoignages convergents cités plus haut. Dans notre propre confraternité, Peterson affirme que les réunions d’église ne sont pas concernées jusqu’au verset 17, mais il n’aborde pas le témoignage donné plus haut en faveur d’une réunion publique. Il soutient aussi que les femmes ont encore besoin de porter un châle lorsqu’elles prient. Nous rejetons cela, et croyons que le témoignage est en faveur d’une réunion d’église. -retour-

37) « Alors qu’il est improbable que les hommes de Corinthe portaient vraiment des couvre-chefs, il semblerait tout à fait probable que les femmes de Corinthe avaient conclu que, ayant été ressuscitées avec Christ (I Corinthiens 4 : 8 – 10), leur nouvelle position en Christ et leur liberté résultante de participer au culte par la prière et la prophétie étaient incompatibles avec le port d’un signe de soumission à leurs maris » (Hurley, 170). Elles pensaient que quelque chose dans l’Evangile les avait libérées des conventions sociales basées sur le sexe. Cependant, Witherington spécule sur le fait que certains hommes suivaient les coutumes romaines en portant un couvre-chef, tandis que les femmes suivaient la pratique grecque, et ces différences causaient une controverse (Witherington, 238). -retour-

38) Hurley conclut que « sa chevelure est un signe suffisant ; aucun châle n’est nécessaire » (184). Neuer également ne recommande pas les couvre-chefs aujourd’hui, bien qu’il note que les femmes qui « pensent qu’elles devraient suivre l’instruction de Paul de se couvrir la tête…ne devraient pas être un sujet de risée, mais leur position devrait être respectée » (114). Piper, Grudem et Schreiner concluent tous que Paul a ordonné les couvre-chefs à cause de la culture dans laquelle il se trouvait, mais qu’ils ne sont plus requis aujourd’hui (75, 138). Ils voient un principe intemporel derrière l’enseignement de Paul : la nécessité « d’utiliser des modes d’expression de la masculinité et de la féminité qui soient appropriés à la culture. » -retour-

39) Schreiner dit que « l’accent est mis ici sur le mot gloire…. Le propos de Paul est que l’on devrait toujours honorer et respecter la source d’où l’on est issu » (133). Garland suggère que « si une femme devait se présenter à un service cultuel avec la tête non couverte, la splendeur de ses boucles de cheveux (I Corinthiens 11 : 15) apporterait l’honneur à son mari » (523). L’idée est que chaque sexe apporte l’honneur à sa tête métaphorique, mais dans un service cultuel il serait inapproprié qu’une femme apporte de la gloire à sa tête, qui est l’homme. Alors, en portant un couvre-chef, elle peut viser Dieu plutôt que l’homme. Cependant, d’autres soutiennent que le problème avec ses cheveux bouclés est la convoitise, et non la gloire mal dirigée. William Webb écrit : « Cette proposition liée à la question de savoir dans quelle mesure la beauté/la gloire de la femme devrait être visible dans le cadre d’un culte – est une question de pudeur » (Slaves, Women, and Homosexuality, 274).
Hurley suggère que « la gloire d’une chose est…ce qui montre ou manifeste sa dignité, son honneur, ou sa position. Sur le plan relationnel, l'homme est la gloire de Dieu quand il est dans une bonne relation avec Lui, c'est-à-dire soumis à Dieu, en montrant ainsi la domination de Dieu » (174). Il suggère qu’un homme donne gloire à Dieu « lorsqu’il exerce son rôle de leader, et la femme est la gloire de l’homme quand elle y répond de façon convenable » (206). Mais cette définition de la « gloire » semble basée sur l’interprétation que Hurley donne de ce passage plutôt que sur la façon dont le mot est utilisé ailleurs. -retour-

40) Blomberg, 211. -retour-

41) Hurley suggère un contexte étroit : « La femme n’est pas appelée à être l’image de Dieu ou du Christ dans le cadre de la relation qu’elle entretient avec son mari. Elle représente plutôt l’église dans sa relation avec Dieu…. Quoi qu’il en soit, que les femmes ne soient pas l’image de Dieu dans certains sens ne doit entraîner aucune implication » (173, en italiques dans l’original). -retour-

42) Comme nous l’avons abordé dans un article précédent, la femme a été créée pour l’homme parce qu’il était seul et n’avait pas de compagne, contrairement à tous les animaux. Elle fut créée pour être sa compagne, pas sa servante. L’homme ne manquait pas de créatures sur qui dominer – ce dont il avait besoin était quelqu’un qui soit comme lui-même. -retour-

43) Paul dit une chose dans I Corinthiens 1 : 14 mais il la rétracte au verset 16. Il est en train de dicter à haute voix, et son secrétaire rédige ce qu’il dit ; et plutôt que d’effacer l’affirmation incorrecte, Paul a ajouté une correction. Ce serait une erreur que nous prenions en considération la première affirmation et pas la correction. -retour-

44) Les érudits ont fait une variété de suggestions, telles que 1) les anges assistent aux réunions de culte et sont sensibles au mauvais comportement durant le service, 2) certains anges sont attirés sexuellement par les femmes, et les couvre-chefs les maintiennent à leur place, 3) le couvre-chef est un signe que la femme a autorité sur les anges, ou 4) les anges sont un exemple d’êtres qui ont refusé de se résigner à leur rang dans la création. Les Corinthiens ont peut-être su ce que Paul voulait dire, mais pas nous. -retour-

45) Hurley écrit : « Le terme ne signifie pas « marque d’autorité (de quelqu’un d’autre). » Il a plutôt un sens actif  et, séparé du contexte, pourrait être pris comme désignant l’autorité de la femme elle-même » (176). Il suggère que le style approprié de coiffure « la marquait comme ayant autorité, comme vice-régente de la création, qui participerait au jugement des anges rebelles » (177). Cependant, Schreiner défend avec vigueur le point de vue traditionnel, en diant que le mot « doit » signale « une obligation, pas une liberté » (135). -retour-

46) Neuer écrit : « Si les femmes prient ou prophétisent devant les autres membres de l’église, alors elles possèdent l’autorité spirituelle de le faire seulement si elles le font docilement, en acceptant la position qui leur a été assignée à la création » (115). Richards écrit : « La signification la plus naturelle serait qu’une femme a « autorité, » c’est à dire la liberté d’agir ou de rendre un culte, simplement en suivant le décorum convenable » (320). Un point à l’encontre de ce point de vue est que Paul dit à la femme ce qu’elle « devrait » avoir ; il ne semble pas qu’il exalte sa liberté. -retour-

47) A l’encontre de ce point de vue, Garland note : « L’expression introductive « c’est pourquoi » signifie que Paul tire une conclusion de ce qui a été affirmé dans I Corinthiens 11 : 3 – 9, et ces versets accentuent la place secondaire de la femme en tant que gloire de l’homme, et pas son autorité pour prier et prophétiser » (525). -retour-

48) Blomberg, 212, et Garland, 525. Une pensée similaire se trouve peut-être dans I Corinthiens 14 : 32, où Paul utilise des mots grecs différents pour dire que les prophètes doivent contrôler leurs esprits. -retour-

49) « Il fait marche arrière de peur que les Corinthiens deviennent confus et pensent qu’il sous-entend que les femmes sont inférieures aux hommes » (Garland, 508). « Ces deux versets constituent clairement un raidissement sur le plan théorique par rapport à ses raisonnements précédents » (Webb, 87). -retour-

50) Blomberg suggère que le contraste se trouve entre le Christ et la création : « « Dans le Seigneur, » c’est à dire parmi les chrétiens, la nature de la création est substantiellement tempérée mais jamais effacée entièrement » (216). Mais il semble problématique de mettre une grande différence entre la création et le Christ, comme si Christ avait changé le plan original de Dieu pour l’humanité. Cela peut être plutôt une allusion que le raisonnement de Paul, bien qu’il fasse allusion à la création, est en réalité basé sur la culture. Le mot « toutefois » au verset 11 sous-entend que Paul donne un contraste ou une correction, sans renforcer le point de vue précédent. -retour-

51) Belleville, Women Leaders, 131. Webb écrit : « Non seulement ses commentaires « dans le Seigneur » ôtent le côté abrasif du patriarcat de l’époque de Paul, mais il s’y trouve la semence d’idées menant vers de futurs développements » (278). -retour-

52) Neuer note que le but de Paul tout au long de ce passage est de préserver l’honneur de la femme, et pas de la rabaisser. « La femme conforte sa dignité et sa gloire en préservant son rôle féminin et sa position dans la création » (Neuer, 115). -retour-

53) Le lexique BDAG énumère quatre significations : « 1) condition ou circonstance acquise à la naissance…. 2) le rôle naturel d’une entité…. 3) l’ordre normal ou établi des choses…. 4) une entité en tant que produit de la nature » (Walter Bauer et al., A Greek-English Lexicon of the New Testament and Other Early Christian Literature, third edition [University of Chicago Press, 2000], 1069-70). -retour-

54) Hurley dit que cela signifie « le plan de Dieu pour la nature plutôt que simplement la façon dont les choses arrivent » (178). En définissant le mot comme « plan de Dieu, » Hurley peut alors dire que cela signifie tout ce qu’il veut que cela signifie. Schreiner dit que Paul « se réfère au sens naturel et instinctif du bien et du mal, que Dieu a implanté en nous » (137) – mais il est douteux que la longueur des cheveux basée sur le sexe soit un instinct présent dans toutes les cultures. Les cultures ont effectivement des concepts concernant le bien et le mal, ainsi que sur le comportement et l'habillement « masculin » et « féminin, » mais la discrimination par la longueur des cheveux est une illustration de comment l’instinct s’applique dans certaines sociétés ; ce n’est pas un instinct en lui-même. Dans certains groupes ethniques, la chevelure ne croît pas beaucoup chez les deux sexes, et il n’y a rien de « féminin » dans les longues tresses des guerriers indiens d’Amérique. -retour-

55) Blomberg utilise le mot physis pour se référer à une « coutume établie de longue date » (213). Keener n’en est pas sûr, et il dit que Paul peut avoir cru que « la chevelure des femmes croît naturellement davantage que celle des hommes »(43). Il conclut finalement : « En fin de compte, il n'est pas nécessaire de trancher la question, que le raisonnement de Paul soit de dire que les femmes, du fait de la création, ont les cheveux plus longs que les hommes, ou qu'il soit de dire que les normes sociales de son époque demandent que la chevelure des femmes soit plus longue dans des circonstances normales. Dans les deux cas, Paul semblerait tenir un raisonnement qui aborde les distinctions symboliques entre les sexes, et qui demande aux hommes et aux femmes de reconnaître ces différences entre eux »(45) . -retour-

56) « Quand il parle explicitement de longueur des cheveux, il fonde ses arguments dans ce qui est bienséant (I Corinthiens 11 : 13), dans ce qui constitue une pratique normale (versets 14 et 15) et une coutume contemporaine (verset 16). Aucun de ces versets…ne sous-entend une ordonnance intemporelle et transculturelle » (Blomberg, 215). -retour-

57) Witherington conclut qu’il est « improbable que Paul imposerait une coutume étrangère ou spécifiquement juive à l’église (ekklésia) de Corinthe, mélangée sur le plan ethnique » (235). -retour-

58) « Quand une épouse se convertit au christianisme et apprend qu’elle est libérée en Christ, de sorte qu’elle peut prier et prophétiser en public, cela ne signifie pas qu’elle peut dédaigner les conventions sociales » (Garland, 509). Elle n’est pas libre d’amener la honte et le déshonneur sur son mari. -retour-

59) Garland, 532, citant Against Apion, 1:21. -retour-

60) « Paul, étant pasteur et missionnaire, se soucie de faire comprendre son point de vue à ceux qui l’entourent, et non à des lecteurs occidentaux marqués par le modernisme, en utilisant des arguments valables quelle que soit la culture. Paul emploie un raisonnement transculturel uniquement lorsqu’il aborde un sujet transculturel » (Keener, 31-32). -retour-

61) « Si l’un quelconque de ses arguments présentés ici avait été une preuve absolue, sans ambiguïté et universelle, Paul aurait pu trancher avec un seul argument plutôt que quatre » (Keener, 22). -retour-

62) En prenant cette décision, il n’était pas nécessaire que nous déterminions la définition exacte de kephalē, la nature précise du couvre-chef, ou la signification du mot « autorité » au verset 10. Nous n’avons pas l’expertise en langue et littérature grecques pour proposer des réponses exhaustives à ces questions. Nous notons aussi que ce passage ne concerne pas l’ordination ou la nomination de personnes au leadership dans l’Eglise. Nous voulons baser notre politique sur des écritures qui sont claires, et ce passage n’est pas clair. -retour-

63)  « La plupart des interprètes sont d’accord sur le fait qu’un principe intemporel peut être déduit de ce passage : c'est que les chrétiens ne devraient pas tenter d’estomper les distinctions entre les sexes » (Blomberg, 214). « Le principe fondamental est que les sexes, bien qu’égaux, sont également différents » (Schreiner, 138). « Le sujet traité par Paul n'est pas ce que les femmes font, mais la façon dont elles le font. Les femmes (et les hommes pour ce sujet) peuvent prier et prophétiser dans l’église, mais ils ne doivent pas s’affranchir des conventions sociales de l’époque en le faisant » (Belleville, Women Leaders, 153). « Le point de vue de Paul est que l’ordre de la création devrait être manifesté convenablement, pas effacé, dans le culte chrétien…. La différenciation hommes-femmes est une partie de ce que Dieu a l’intention de rétablir, pas de transcender ni de supplanter » (Witherington, 236-37). -retour-

64) Keener répond à cela en disant : « Rien dans ce passage ne suggère la soumission des épouses. La seule indication qui pourrait être utilisée pour signifier une soumission est l’affirmation que l’homme est le « chef » de la femme, mais le mot « chef » à cette époque était susceptible d’avoir une variété de significations, et rien dans le texte n’indique qu’il signifie une soumission. Les seules affirmations claires ici – en plus que les hommes et les femmes sont différents et ne devraient pas dissimuler ce fait – est l’égalité et l'interdépendance des hommes et des femmes »(47).-retour-

65) Keener conclut : « Nous pouvons noter certains points transculturels dans son raisonnement : il ne faut pas amener le reproche sur sa propre famille ou sur l’Evangile chrétien ; il ne faut pas chercher à détruire les distinctions symboliques qui existent entre les sexes en étant les premiers à porter des vêtements de style unisexe ; on devrait respecter la coutume et faire de son mieux pour éviter de scandaliser quelqu’un »(46).-retour-

66) C’est à dire des paroles infailliblement inspirées. -retour-

67) Garland, 514. -retour-

68) Hurley, 164. Malheureusement, Hurley a omis un point important. Keener écrit : « La version des Septante traduit rarement le mot ros (dans le sens de leader) de façon littérale par le mot « tête » ; le plus souvent, elle utilise d’autres mots grecs qui signifient « leader. » Elle exprime « tête » dans le sens de leader moins d’une fois sur dix, en dépit de l’usage hébreu »(32). Alan Redmond, pasteur de l'E.U.D. à Winnipeg, a effectué une étude approfondie de ces mots. Il écrit : « J’ai trouvé que le mot ros apparaît 547 fois dans une étude de l’hébreu (BHS) avec Gramcord…. Les exemples où ros a la signification de chef ou de dirigeant sont d’un intérêt spécial pour nous. Leur nombre est d'environ 180. La majorité des cas sont traduits du mot archē…. J’ai trouvé dans 9 % des cas que l’hébreu ros a le sens de chef ou dirigeant là où il est traduit par le mot grec kephalē. » Bien que ce ne soit pas un sens courant, c’est une possible signification de kephalē, et il conclut : « Le sens d’autorité n’aurait probablement pas pu être exclu de la métaphore sans un commentaire spécial de Paul. » -retour-

69) Hurley, 166. Schreiner soutient fortement la signification d’« autorité » (127-28). -retour-
 
70) Blomberg, 208-9. -retour-

71) Richards, dans Women in Ministry, 318. Il limite cette autorité au mariage. « Paul n’élargit jamais, ici ou ailleurs, la soumission de l’épouse à son mari au sein du cercle familial à une soumission généralisée des femmes à l’autorité des hommes, que ce soit dans l’église ou dans la société » (319). Witherington a un point de vue similaire : « Paul n’assimile pas simplement la structure familiale, qui est quelque peu patriarcale dans les codes familiaux, avec la structure de la famille de la foi » (238, n. 26). Il soutient que kephalē implique probablement l’autorité, mais il note : « La vision que Paul a de la direction ou du leadership implique que le leader soit un serviteur modèle…. Il est difficile de parvenir à cerner le raisonnement d'un Paul qui n’est ni un féministe radical ni un ardent partisan du patriarcat…. Paul, tout comme Jésus, était un homme qui n’était et n’est pas facilement classable » (240). -retour-

72) Blomberg, Two Views, 342. -retour-

73) A. C. Perriman, “The Head of a Woman: The Meaning of Kephalē in 1 Cor. 11:3” (Journal of Theological Studies 45 (1994): 620.-retour-

74) Evans, 66. Elle montre aussi que plus haut dans sa lettre, Paul a équilibré l’autorité du mari et de l’épouse (I Corinthiens 7 : 4, en utilisant la forme verbale exousia) ; il ne semble pas combattre un problème de femmes tentant d’exercer leur autorité sur des hommes.-retour-

 75) Garland, 515-16.-retour-

76) « Cette objection tombe si le texte se réfère à la source de Jésus, c’est-à-dire au Père de qui Il est issu lors de Son incarnation en tant qu’être humain » (Keener, 33-34). Keener fait aussi une suggestion au sujet de l’ordre inhabituel du verset 3 : « Si l’incarnation est le sujet visé, alors I Corinthiens 11 : 3 est une séquence chronologique. »-retour-

77) Garland, 516. Belleville confirme : « Kephalē est rarement utilisé pour décrire la relation d’un individu avec un autre…. Le sens de prééminent est de loin l’usage le plus commun [sur le plan métaphorique]…. D’un autre côté, les sens de source ou de leader sont tout à fait rares – bien que des exemples puissent être trouvés…. Ce que tout cela signifie c'est que l’utilisation par Paul de kephalē doit être décidée au cas par cas » (Women Leaders, 123). Belleville fait aussi la remarque suivante : « Maintenant, je veux que vous sachiez que » c’est la façon dont Paul présente une information nouvelle (130). Nous ne pouvons pas supposer une conclusion à priori au sujet des Corinthiens sur la base de l’affirmation que l'homme est la tête de la femme. Et puisque la métaphore  avait diverses significations possibles, les lecteurs originaux devaient utiliser le contexte pour savoir de quelle signification il s’agissait – et le contexte ne concerne pas l’autorité ni la soumission.-retour-

78) Blomberg, Two Views, 343. -retour-

79) Keener, 22-30; voir aussi Cynthia L. Thompson, “Hairstyles, Head-coverings, and St. Paul: Portraits from Roman Corinth,” Biblical Archaeologist, June 1988, 99-113.-retour-

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