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Leadership des femmes dans l'église
6ème partie A
Joseph Tkach
 

Les commentateurs bibliques, tant conservateurs que progressistes, sont généralement d'accord sur le point suivant : Jésus traita bien les femmes, et ce, en dépit de la culture à dominance masculine dans laquelle Il vivait. Il les traita respectueusement, se montra sensible à leurs besoins, les loua pour leur foi, et les fit participer à son ministère de bien des façons.

Cependant, lorsque le moment vint de désigner Ses douze apôtres, Jésus choisit seulement des hommes. Ce fait est important dans le débat visant à savoir si une femme peut exercer un leadership dans l'Eglise d'aujourd'hui. L'équipe doctrinale a préparé l'article ci-dessous pour nous aider à voir l'exemple que nous a donné Jésus.

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Les Femmes dans le Ministère de Jésus

Les femmes jouent un rôle important dans l'histoire de Jésus. Il est né d'une femme, Il a eu de nombreuses interactions avec des femmes, et Il est apparu premièrement à des femmes après Sa résurrection. Bien que ces détails ne nous révèlent rien d'important au sujet du leadership des femmes proprement dit, nous étudierons les évangiles pour voir 1) ce que Jésus enseigna au sujet des femmes 2) comment Il s'est comporté à leur égard et 3) pourquoi les apôtres étaient masculins.

L'enseignement de Jésus sur le mariage

Autant que les évangiles le montrent, Jésus n'a rien enseigné sur les rôles de l'homme et de la femme. [1] Il n'a jamais dit explicitement que les femmes devaient être soumises aux hommes, ni qu'elles étaient leurs égales en toutes choses. [2]

Cependant, Il a enseigné à propos du mariage. Certains dirigeants religieux lui demandèrent : «  […] Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque?  » (Matthieu 19 : 3). La question concernait l'interprétation de Deutéronome 24 : 1, qui affirme : «  Lorsqu'un homme aura pris et épousé une femme qui viendrait à ne pas trouver grâce à ses yeux, parce qu'il a découvert en elle quelque chose de honteux, il écrira pour elle une lettre de divorce…  » Certains rabbins pensaient qu'un homme pouvait divorcer de sa femme si elle lui déplaisait d'une façon quelconque ; d'autres pensaient qu'un homme pouvait divorcer seulement si la femme faisait quelque chose d'indécent.

Jésus répondit en citant Genèse, pour rappeler le principe selon lequel Dieu voulait que le mariage durât pour la vie, et que les gens ne dussent pas briser leurs vœux. Moïse permit le divorce, même pour « incompatibilité, » à cause de la dureté de cœur du peuple (Matthieu 19 : 8). Jésus se montra étonnamment strict : «  … celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité [3] , et qui en épouse une autre, commet un adultère. Et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère  » (Matthieu 19 : 9 combiné avec Marc 10 : 11 – 12).

Dans le monde juif, seuls les hommes pouvaient demander le divorce, et il n'était pas prononcé à l'avantage des femmes. Jésus était en train de supprimer cet avantage masculin. De plus, Il dit que les hommes pouvaient être coupables d'adultère s'ils épousaient une autre femme, une chose que les lois de Moïse ne disaient pas. Cette réponse consterna les disciples, et Jésus répondit que le célibat était une option honorable pour certains (Matthieu 19 : 12). Comme Marc 10 : 12 le montre clairement, l'interdiction du divorce s'applique également aux femmes (la loi romaine autorisait les femmes à demander le divorce).

Tom Schreiner écrit : «Jésus soutenait la dignité des femmes en se prononçant franchement contre le divorce qui lésait particulièrement les femmes de l'Antiquité. » [4] James Borland constate : « Dans son traitement du divorce…Jésus considère clairement les femmes non comme des propriétés mais comme des personnes. Elles ont des droits légitimes et devraient être respectées. » [5]

Dans Son Sermon sur la Montagne, Jésus fit des commentaires sur les relations hommes-femmes en disant : «  Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur  » (Matthieu 5 : 28). De nouveau, Jésus était en train de dire que l'adultère concernait aussi les hommes. Bien que la loi de Moïse n'interdisait pas toutes les aventures extra maritales, Jésus dit que c'était un adultère de convoiter même une autre femme, qu'elle soit mariée ou non. Les rabbins juifs étaient bien conscients du problème de la convoitise, mais ils blâmaient en général les femmes d'être aguichantes. Jésus a blâmé les hommes, et la solution à la convoitise n'est pas de restreindre les femmes, [6] mais pour les hommes de restreindre leurs propres pensées (Matthieu 5 : 29).

Bien que cet enseignement s'adressât aux hommes, comme l'étaient les règles en général, nous pensons que cela s'adresse aussi aux femmes. C'est-à-dire qu'une femme qui regarde un homme avec convoitise a aussi commis un adultère dans son cœur, et la meilleure solution n'est pas de séparer les sexes mais de contrôler les pensées.

Plus tard, Jésus mentionna que le mariage n'est pas applicable dans le monde à venir (Marc 12 : 25). Cela ne dit pas explicitement que les hommes et les femmes seront égaux, mais c'est l'implication probable.

Des femmes comme exemples spirituels positifs

James Borland note ceci : « Les femmes étaient utilisées par Jésus tout à fait librement en tant qu'exemples dans Ses enseignements. » [7] Linda Belleville ajoute : « Ceci diffère totalement des rabbins de l'époque. C'est en vain que l'on peut chercher dans leurs enseignements une seule histoire ou un sermon mentionnant une femme en exemple. » [8] Dans beaucoup d'exemples donnés par Jésus, des femmes sont présentées comme modèles positifs de foi, que les hommes devraient suivre. Par exemple :
· La reine du Midi, qui était plus sage que les Juifs du premier siècle (Matthieu 12 : 42) ;
· La femme mélangeant du levain à la farine (Matthieu 13 : 33) est présentée comme une illustration de la façon dont le royaume de Dieu fonctionne [9]  ;
· Les femmes travaillant lorsque le Christ reviendra, certaines étant prêtes et d'autres ne l'étant pas (Matthieu 24 : 41) ;
· Dix vierges, dont cinq étaient prêtes et cinq qui ne l'étaient pas (Matthieu 25 : 1 - 13) ;
· La veuve de Sarepta, que Jésus utilisa comme exemple d'une femme païenne que Dieu choisit (Luc 4 : 26) ;
· La femme qui retrouva la pièce de monnaie qu'elle avait perdue (Luc 15 : 8 – 10). Dans cette parabole, la femme joue le rôle de Dieu, tout comme le berger le fit dans la parabole précédente, et que le père le fait dans la parabole suivante. [10]  ;
· Une veuve persévérante (Luc 18 : 1 – 8), un modèle à imiter pour les disciples dans leurs prières ;
· Une veuve qui donna tout ce qu'elle avait (Luc 21 : 1 – 4).

Dans Luc 11, une femme anonyme s'écria : «  Heureux le sein qui t'a porté! heureuses les mamelles qui t'ont allaité!  » (Luc 11 : 27). Jésus ne nia pas que sa propre mère soit bénie, mais il dit que la vraie bénédiction est donnée à «  ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent  » (Luc 11 : 28). La valeur spirituelle d'une femme est basée sur sa réponse à la volonté de Dieu, et pas sur ses fonctions biologiques. Les femmes sont sauvées par la foi, et non par la mise au monde d'enfants.

James Borland écrit : « Jésus fit deux choses importantes » pour cette femme. « Il lui accorda Son attention sans partage en écoutant son commentaire, et Il la corrigea avec douceur en lui proposant une compréhension spirituelle plus profonde… Jésus ne nie pas le rôle important de Sa mère, mais Il va au-delà de celui-ci vers une vérité spirituelle plus vaste. » [11] Joann Davidson observe ceci : « Christ n'a jamais rabaissé le rôle d'une mère, mais il a refusé de limiter l'horizon d'une femme à élever sa famille et à cuisiner. » [12]

Jésus fit une remarque similaire lorsque les gens lui dirent que sa mère et ses frères désiraient lui parler (Matthieu 12 : 47). Il répondit que les disciples étaient sa vraie famille : «  …quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère  » (Matthieu 12 : 49 – 50). La condition spirituelle est plus importante que l'origine biologique. Jésus étendit la réponse en y incluant le mot « sœur, » même si la remarque initiale ne mentionnait pas ses sœurs ; en faisant ainsi, Il sous-entendait que les femmes étaient spirituellement sur un pied d'égalité avec les hommes.

Peu avant que Jésus soit arrêté et tué, une femme [13] l'oignit d'une grande quantité de parfum de prix. Les disciples grommelèrent au sujet de la dépense, mais Jésus loua la femme : «  Elle a fait une bonne action à mon égard…. Je vous le dis en vérité, partout où cette bonne nouvelle sera prêchée, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait  » (Matthieu 26 : 10, 13). Ce qu'elle fit est un bel exemple pour tous les disciples : l'exemple d'une dévotion sans partage. Jésus dit à la femme qui l'avait oint : «  Ta foi t'a sauvée  » (Luc 7 : 50), et le fait que cette histoire soit préservée dans les évangiles signifie que sa foi est un exemple pour nous aujourd'hui.

De façon similaire, une femme Cananéenne te fut louée pour sa grande foi (Matthieu 15 : 28). [14] En tant que non-Israélite, elle n'avait droit à aucune faveur de la part de Jésus, mais elle fit appel à sa grâce et à sa miséricorde. Hurley écrit ceci : « Il [Jésus] témoigne du respect envers la foi de cette femme et envers ses arguments. Il considérait les femmes avec sérieux. » [15]

 

Notes de renvoi  :

[1] Stanley Grenz écrit : « Jésus n'a pas donné un enseignement explicite sur le rôle des femmes dans l'Eglise. En fait, Il ne laissa pas d'enseignement du tout concernant les femmes en tant que classe de personnes…. Il traitait chaque femme qu'Il rencontrait comme une personne dans son droit » (Women in the Church : A Biblical Theology of Women in Ministry [InterVarsity, 1995], 71). -retour-

[2] « Jésus ne s'étendit même pas à faire des commentaires explicites au sujet de l'égalité des hommes et des femmes (même de l'importance de ceux que Paul fit dans Galates 3 : 28), afin de ne rien dire qui soit en mesure de bouleverser les conventions socioculturelles sur les rôles hommes-femmes…. Jésus ne peut pas servir à promouvoir de façon judicieuse un mouvement moderne abolitionniste ou égalitariste…. Ni les évangiles, ni le livre des Actes ne se révèlent décisifs pour répondre à la question de savoir si la première génération des chrétiens en général ou si Paul en particulier ont réservé des rôles particuliers de leadership pour les hommes. Pour le savoir, il faut se reporter aux écrits de Paul eux-mêmes » (Craig Blomberg, « Neither Hierarchicalist Nor Egalitarian : Gender Roles in Paul, » in Two Views on Women in Ministry [ed. James R. Beck and Craig L. Blomberg; Zondervan, 2001], 335-37). -retour-

[3] Sous la loi de l'Ancien Testament, une femme adultère aurait été lapidée. I Corinthiens 7 sous-entend que des exceptions supplémentaires sont parfois envisageables. Cependant, nous n'aborderons pas ici l'éthique du divorce et du remariage. Ceux qui veulent un débat détaillé sur ce sujet sont invités à consulter deux articles sur notre site web. Les adresses sont http://www.wcg.org/lit/ethics/divorce.htm et http://www.wcg.org/lit/ethics/divorce2.htm . -retour-

[4] Thomas R. Schreiner, « Women in Ministry, » dans Two Views on Women in Ministry (éd. James R. Beck et Craig L. Blomberg ; Zondervan, 2001), 185. -retour-

[5] James A. Borland, « Women in the Life and Teachings of Jesus, » dans Recovering Biblical Manhood and Womanhood (éd. John Piper and Wayne Grudem; Crossway, 1991), 115. -retour-

[6] « L'approche adoptée le plus souvent par le rabbinat Judaïque envers la tentation sexuelle semble avoir été de réduire au minimum tout contact entre les sexes » (James Hurley, Man and Woman in Biblical Perspective [Zondervan, 1981], 64). Le livre de Hurley était une présentation érudite influente de la position conservatrice, et il a été récemment réimprimé par Wipf & Stock. Voici des exemples d'enseignement rabbinique :

« Celui qui parle beaucoup avec des femmes s'attire des maux sur lui-même » (mAb. 1.5 ; cf. Ned. 20a)

« Voici les femmes qui peuvent être répudiées sans leur donner leur dot : une épouse qui transgresse la loi de Moïse et la coutume juive, ou qui sort avec ses cheveux déliés, ou tisse dans la rue, ou parle avec un homme quelconque » (mKet. 7 :6).

La réalité sociale était probablement que les hommes ne parlaient pas aux femmes sauf en cas de nécessité – il suffit de voir la surprise des disciples de trouver Jésus parlant avec une femme (Jean 4 : 27). Dans cette discussion, nous ne voulons pas dépeindre le Judaïsme comme étant mauvais ou rétrograde. Dans son attitude envers les femmes, le Judaïsme était dans la moyenne de l'époque. Les auteurs grecs avaient généralement des attitudes pires, les auteurs latins étaient légèrement mieux. -retour-

[7] Borland 117. -retour-

[8] Linda Belleville, Women Leaders and the Church: Three Crucial Questions (Baker, 1999), 48. -retour-

[9] Certains érudits interprètent le levain comme étant une mauvaise chose, telle l'ivraie dans le blé, mais la majorité des érudits concluent que la parabole du levain a pour but de dépeindre la croissance du royaume de façon positive. -retour-

[10] Jésus se mit lui-même dans le rôle d'une femme lorsqu'Il se compara lui-même à une mère poule (Matthieu 23 : 37). -retour-

[11] Borland, 116. -retour-

[12] JoAnn Davidson, « Women in Scripture, » dans Women in Ministry: Biblical and Historical Perspectives (éd. Nancy Vyhmeister; Andrews University Press, 1998), 175. -retour-

[13] Jean 12 : 3 l'identifie à Marie, sœur de Marthe et de Lazare. Luc 7 se rapporte peut-être à une onction différente. -retour-

[14] La réticence initiale de Jésus à aider la femme n'avait rien à voir avec le faite qu'elle était une femme, c'était simplement le fait qu'elle était une païenne. Jésus connaissait sa foi dès le début, mais par la conversation Il en vint à aider ses disciples à réaliser que c'était bien de guérir une païenne. -retour-

[15] Hurley, 85. -retour-

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