La Bible exige-t-elle que les hommes et les femmes aient des rôles différents dans l'Eglise ? Bien que l'Ancien Testament ne fournisse pas la réponse définitive à cette question, partisans et adversaires de la nomination des femmes au ministère se réfèrent souvent à l'Ancien Testament pour soutenir leur position respective.
Lorsque Jésus aborda la question du divorce en s'adressant à l'auditoire juif du premier siècle, Il cita la Genèse pour montrer comment il en était « au commencement » (Matthieu 19 : 4-5). Puisque la Genèse nous parle de la création de l'homme et de la femme, sa lecture peut nous éclairer sur le projet original de Dieu concernant les rôles respectifs de l'homme et de la femme. Nous pourrions y voir quelle était la situation idéale avant que le péché ne vînt fausser la relation entre l'homme et la femme.
Pourtant, la Genèse ne nous éclaire pas autant qu'on le souhaiterait et peut-être que les partisans et les adversaires de l'ordination des femmes se sont trop prévalus du récit de la Genèse pour étayer leurs argumentations. Je vous exhorte à lire avec soin le rapport rédigé par notre équipe de révision doctrinale afin de réfléchir avec nous sur ces questions.
Les hommes et les femmes dans Genèse, chapitres 1 à 3
Au commencement Dieu créa l'humanité mâle et femelle, dit Jésus (Matthieu 19 : 4). Cette création constituait un modèle de mariage et peut-être aussi, un modèle de relation entre hommes et femmes (1) . Nous allons examiner, verset par verset, ce que la Genèse affirme.
Genèse 1
Le modèle initial se trouve dans Genèse 1 : 26 - 27 : verset 26 : « Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ». Verset 27 : « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme [la Bible : New International Version, traduit ainsi : «il les créa mâle et femelle »] ».
Au verset 27, il existe un usage pluriel du mot « homme ». Le texte hébreu passe, sans commentaire, du mot singulier « homme » (traduit au verset 27 du mot hébreu « adam », qui apparaît avec l'article défini « ha » signifiant « le ») au pronom pluriel «les», qui implique que le mot «homme» signifie à la fois mâle et femelle.
Au verset 27, le mot « humanité » serait une meilleure traduction du mot hébreu « adam » qui inclut clairement tous les êtres humains, tant mâles que femelles. Un autre passage, Genèse 5 : 2, montre également que le mot « adam » inclut les genres masculin et féminin.
Certains érudits pensent qu'il est significatif que Dieu désigne l'espèce humaine par le seul genre masculin (2) . La réponse est que le mot « adam » ne signifie pas « mâle », comme cela a été expliqué ci-dessus, mais qu'il peut aussi désigner le genre féminin.
Peut-être que le mot « adam » serait mieux traduit par le mot « être humain ». Il est raisonnable de penser que Dieu appelle « être humain » la première personne créée, sans que cela n'implique que les hommes représentent mieux la race humaine que les femmes. Le fait que le même mot hébreu « adam » soit utilisé pour désigner à la fois le premier homme ainsi que l'humanité entière pourrait servir à prôner l'autorité masculine ; mais si l'autorité masculine était vraiment l'idée première de Dieu, cette conception devrait être démontrée par un argument plus solide qu'une simple interprétation de vocabulaire.
L'homme, de même que la femme, sont faits à l'image de Dieu. En effet, Genèse 9 : 6 affirme : « Si quelqu'un verse le sang de l'homme [ha'adam], par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme [ha'adam] à son image ». Dans ce verset, le terme « homme » signifie à la fois l'homme aussi bien que la femme.
Une autre version de la Bible (New Revised Standard Version) rend ce verset de façon plus juste : « Quiconque verse le sang d'un humain, le sang de cette personne sera versé par un humain ; car Dieu créa l'humanité à sa propre image ». Bien que les gens puissent discuter la signification exacte de l'expression « créé à l'image de Dieu » (3) , il est généralement admis à la fois par les érudits conservateurs et libéraux que les hommes et les femmes sont faits à l'image de Dieu. La plupart des conservateurs approuvent R.C. Ortland lorsqu'il affirme : « Hommes et femmes reflètent la gloire de l'image de Dieu avec une égale brillance » (4) .
Bien que les hommes et les femmes soient faits à l'image de Dieu, l'apôtre Paul écrit : « L'homme [traduit du mot aner' signifiant « mâle »] ne doit pas se couvrir la tête, puisqu'il est l'image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme » (I Corinthiens 11 : 7).
Nous analyserons en détail ce passage dans un article ultérieur, mais pour l'instant, notons la façon dont Paul raisonne. Il dit qu'une femme devrait couvrir sa tête lorsqu'elle prophétise (verset 6), mais qu'un homme ne le devrait pas, car l'homme est l'image et la gloire de Dieu. La logique pourrait sous-entendre que les femmes ne sont pas l'image et la gloire de Dieu ce que presque tous les érudits rejettent.
Thomas R. Schreiner, un conservateur, affirme : « Paul ne nie pas que les femmes soient créées à l'image de Dieu, car il se réfère ici au récit de la création, et il était bien conscient que la Genèse enseigne que les hommes et les femmes sont créés à l'image de Dieu » (5) . Thomas R. Schreiner se concentre sur le mot « gloire », mais ne discute pas pourquoi Paul inclut aussi le mot « image ».
De même, Gordon D. Fee conclut que « l'intérêt de Paul n'est finalement pas porté sur l'homme en tant qu'image de Dieu, mais comme étant la gloire de Dieu. C'est la réflexion personnelle de Paul sur la création de l'homme, et c'est ce mot gloire qui finalement sert de moyen de contraste entre l'homme et la femme » (6) . C. K. Barrett dit : « Paul évalue le terme image seulement comme conduisant au terme gloire » (7) .
Le large consensus parmi les théologiens enseigne, à partir de la Genèse, que les femmes sont faites à l'image de Dieu. C'est une erreur d'interpréter les dires de Paul comme démentant cette conclusion, de même qu'il est erroné, à partir de ce verset, d'utiliser les arguments de Paul (exprimés pour une situation différente) pour interpréter la Genèse.
Lorsque Paul utilise la Genèse pour étayer son raisonnement, il ne donne pas une explication concernant ce que la Genèse enseigne. Paul utilise la Genèse pour appuyer son argument ; c'est pourquoi il est hasardeux pour nous d'interpréter la Genèse à partir de son argument. Il ne faut pas lire entre les lignes, sinon nous risquons de tordre ce que Paul voulait vraiment dire. La pensée de Paul dans ce contexte précis sera illustrée à nouveau plus loin dans cet article.
Dans Genèse 1 : 26, nous notons que l'homme, de même que la femme, se virent attribuer la domination sur la terre et les animaux ; bien que Dieu ait fait l'homme distinct de la femme, et qu'ils soient différents l'un de l'autre, ce chapitre n'affirme en rien que leur rôles soient différents.
Genèse 1 : 28 29 dit : « Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, assujettissez-la; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture ».
Ces instructions s'adressent de façon égale à l'homme et à la femme à tous deux le commandement fut donné de se reproduire et de dominer. Tous deux furent autorisés à manger de tout arbre portant du fruit.
Genèse 2
Le second chapitre de la Genèse se concentre sur la création des deux premiers êtres humains : le récit commence par la description d'un sol aride, sans pluie, ni plantes et inhabité (verset 5). Alors « l'Eternel Dieu forma l'homme [ha'adam, l'humain] de la poussière de la terre [ha'adamah, un mot féminin] » (verset 6 ou 7, selon la version). Dieu planta un jardin, y fit croître des arbres et y mit l'homme pour prendre soin du jardin (versets 8-9, 15). Puis Dieu interdit à l'homme de manger du fruit d'un arbre particulier (verset 16).
L'Eternel Dieu dit: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; je lui ferai une aide semblable à lui » (verset 18). Par contraste avec tout le reste de la création qualifié de «très bon», l'Ecriture souligne qu'il n'était pas bon que l'homme soit seul. Dieu désire que les humains soient des êtres sociaux.
L'expression «aide semblable» implique-t-elle que la femme fut créée pour être la servante de l'homme ? Non, car le mot hébreu traduit par «aide» est celui communément utilisé pour désigner Dieu lorsqu'Il vient au secours des êtres humains (c'est le cas par exemple dans Exode 18 : 4) le mot ne présume pas une autorité moindre. La femme pouvait «aider» l'homme en travaillant avec lui comme son égale, tout comme en travaillant avec lui comme sa subordonnée. Le point, ici, est le fait que la femme soit «semblable» à l'homme c'est-à-dire qu'elle partage la même nature que lui.
Que signifie alors l'affirmation selon laquelle Eve fut faite «pour» l'homme ? Dans le texte hébreu la préposition «pour» ne sous-entend pas une autorité inférieure : la Genèse affirme que l'homme est incomplet sans la femme. Ce verset ne dit rien à propos de l'autorité de l'un ou de l'autre. De même, Paul note que la femme fut faite pour l'homme (I Corinthiens 11 : 9), mais il conclut ensuite que les hommes et les femmes sont mutuellement dépendants (verset 11). Le mot «pour» ne sous-entend pas une relation d'infériorité ou de subordination hiérarchique.
La Genèse explique que Dieu créa les animaux et qu'« il les fit venir vers l'homme, pour voir comment il les appellerait » (verset 19). Ainsi, le premier être humain donna des noms aux animaux (verset 20). Mais pour le seul être humain «il ne trouva point d'aide semblable à lui». Aucun des animaux n'était un partenaire approprié pour l'homme. Dieu le savait d'avance, bien entendu, mais l'exercice consistant à dénommer les animaux a aidé le premier être humain à être conscient 1) qu'il n'était pas comme ces animaux, et 2) qu'il n'avait pas de partenaire (contrairement aux animaux créés avant lui).
Une fois l'homme conscient de son besoin, Dieu fit tomber un profond sommeil sur lui, prit une de ses côtes (9) , et forma une femme à partir de cette côte (versets 21 - 22). Bien que le premier être humain fût créé à partir de la terre (tout comme les animaux : verset 19), la femme avait une origine humaine, apparemment pour accentuer son unité organique avec celle de l'homme.
Dieu amena la femme vers l'homme, et l'homme dit : « Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on l'appellera femme [ishshah], parce qu'elle a été prise de l'homme [iysh]» (verset 23). Cette expression poétique que furent les tout premiers mots connus prononcés par un être humain fut une expression de joie d'avoir découvert la partenaire convenable dont l'homme avait besoin. Ces deux personnes, bien que différentes, étaient faites de même chair.
Les mots iysh et ishshah sont une expression de similarité et non pas de hiérarchie. Cependant, il est souvent avancé que l'homme donna un nom à la femme, tout comme il l'avait fait auparavant avec les animaux, et le simple fait d'attribuer un nom, est, supposément, un indicateur d'autorité (10) . Mais ce n'est pas nécessairement le cas (11) . Hagar a donné un nom à Dieu : «Elle appela Atta-El-roï, le nom de l'Eternel qui lui avait parlé» un nom que Dieu apparemment accepta, puisqu'il figure dans l'Ecriture (Genèse 16 : 13).
Le fait de donner un nom n'est pas toujours symbole d'autorité (12) . Le contexte dans lequel Adam donne des noms aux animaux n'autorise pas à dire qu'en ce faisant, il affirmait son autorité sur eux ; mais vise plutôt à montrer le besoin, chez Adam, d'avoir une femme semblable à lui et qu'il l'apprécierait d'autant plus que cette compagne était vraiment semblable à lui. Dans le texte, le point capital lorsqu' Adam donna son nom à la femme est que celui-ci constate jusqu'à quel point celle-ci lui était semblable.
De cette similarité essentielle de l'homme et de la femme, la Bible conclut : « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Genèse 2 : 24). Curieusement, c'est à l'homme qu'il est demandé de quitter ses parents, pas à la femme, quoique cela soit probablement supposé (13) .
Le couple devint une nouvelle famille, indépendante et autonome. Ceci indique que là où ils vivent en tant que couple, la responsabilité première de l'homme est envers sa femme, et non pas envers ses parents ; de même la responsabilité première de la femme est envers son mari, et non envers ses parents. Et le verset 24 n'affirme rien au sujet de l'autorité d'une personne sur l'autre.
Genèse 2 (contrairement à Genèse 1) fait des distinctions entre l'homme et la femme. L'homme fut créé le premier, il fut chargé d'entretenir le jardin, il fut averti au sujet du fruit défendu, il fut appelé à nommer les animaux, et il accueillit avec joie la compagne que Dieu lui avait donnée. La femme n'accomplit rien dans ce chapitre, et rien n'est révélé au sujet de la raison pour laquelle l'un fut créé avant l'autre. Richard Davidson écrit : «Genèse 2 est le récit d'un inachèvement qui a trouvé son achèvement et non d'un supérieur qui a trouvé son inférieur» (14) .
Cependant, le chapitre suivant montre que la femme était au courant de l'interdiction concernant le fruit défendu. En conséquence, le silence du chapitre 2 sur ce point ne signifie pas que la femme n'avait pas été informée (15) . Genèse ne nous dit pas qui l'a informée. Etait-ce Dieu ou Adam ? Apparemment, il n'est pas important de le savoir. De même, le silence du chapitre 2 sur d'autres sujets n'a rien de vraiment significatif.
Du fait que l'homme fut créé le premier, certains en concluent que Dieu lui a donné autorité sur la femme (16) . Cette supposition ne devrait pas être faite car, en effet, les plantes furent créées en premier, mais cela ne leur donne pas autorité sur les animaux. De même, les animaux ne gouvernent pas les êtres humains. Tout au long du livre de la Genèse nous voyons que le premier-né n'a pas toujours eu la prééminence sur ses cadets.
Ce commentaire suggère qu'une réponse définitive doit venir du Nouveau Testament. L'étude de la Genèse n'est seulement qu'une étude préliminaire. Pour tirer une conclusion, nous devons rechercher d'autres preuves bibliques, et à cet effet, les écrits de Paul nous sont utiles.
Les commentaires de Paul au sujet de la création
Dans I Corinthiens 11, Paul affirme qu'une femme devrait se couvrir la tête lorsqu'elle prophétise, mais qu'un homme ne le devrait pas, car « la femme est la gloire de l'homme. En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l'homme ; et l'homme n'a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l'homme » (versets 8-9).
Il existe de nombreuses questions au sujet de la façon dont Paul raisonne dans ce chapitre, et un article ultérieur en discutera plus en détail. Mais dans ces versets, nous pouvons noter que Paul utilise la création première de l'homme pour soutenir la coutume culturelle des femmes de se couvrir la tête. Paul peut donc utiliser le récit de la création pour soutenir une coutume temporelle.
Paul est en train de dire que les hommes et les femmes de la société corinthienne de son époque peuvent prophétiser, mais qu'ils doivent le faire de façon légèrement différente. Il ne discourt pas sur l'autorité relative de l'homme sur la femme (18) , ni sur l'autorité des hommes quand ils prophétisent, mais seulement sur l'apparence de la personne qui parle.
Il minimise également la signification de l'antériorité du premier homme en observant que les relations hommes-femmes sont transformées dans le Seigneur : « Toutefois, dans le Seigneur, la femme n'est point sans l'homme, ni l'homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l'homme, de même l'homme existe par la femme, et tout vient de Dieu » (versets 11-12) (19).
Ces versets amènent une note d'égalité dans le Seigneur. Ils nous rappellent que, bien que la première femme soit issue du premier homme, tous les hommes qui suivirent naquirent de femmes. L'argument basé sur l'antériorité de l'homme n'est donc pas fondé.
Alors, que nous révèle ce passage au sujet de la signification de Genèse 2 ? Il nous révèle que Genèse 2 peut être utilisé pour soutenir une coutume culturelle, mais il nous montre également que vouloir prouver l'autorité à partir de l'antériorité dénote une pauvre logique. Le passage ne prouve pas que les hommes aient autorité sur les femmes, car ce n'est pas le but de Paul dans ce passage. En revanche, il permet aux femmes d'agir à l'égal des hommes, en leur conseillant de se conformer aux normes culturelles.
L'argument de l'antériorité dans la création apparaît aussi dans I Timothée 2 : 13. Ce passage fera aussi l'objet d'une discussion approfondie dans un prochain article. Le verset 12 déclare : « Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence ». Puis le verset 13 donne cette logique : « Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ». Mais, comme nous venons de le voir, l'antériorité d'Adam a pu être utilisée pour soutenir une coutume culturelle. Pour cette raison, le fait que ce passage affirme la subordination des femmes ne nous révèle pas en soi si ce rôle est d'ordre culturel ou d'ordre intemporel et normatif.
De façon similaire, I Timothée 2 dit que les femmes ne devraient pas enseigner ni avoir autorité sur les hommes parce que l'homme fut créé en premier. A nouveau, Genèse chapitres, 1, 2 et 3 ne disent pas cela, et il est possible que Paul utilise cette référence pour soutenir un usage culturel. Ces deux passages du Nouveau Testament se réfèrent au récit de la création, mais aucun d'eux ne constitue une tentative d'explication de la Genèse.
La lecture de ces deux passages du Nouveau Testament peut facilement amener à croire que l'antériorité de la création de l'homme donne à celui-ci une sorte d'autorité sur les femmes. Pourtant, ces passages peuvent aussi être lus en retenant l'hypothèse d'une égalité entre l'homme et la femme ; nous les discuterons plus en détail dans des articles futurs.
Le témoignage de Genèse 1 penche en faveur de l'égalité des rôles et le témoignage de Genèse 2 permettrait de voir deux rôles différents. Toutefois, aucun des deux chapitres n'aborde directement la question de l'autorité que nous pourrions vouloir y trouver. Alors, il nous faut être prudents au sujet des conclusions à en tirer. Le témoignage de Genèse 2 est tempéré par les observations suivantes :
Notre but dans l'Eglise n'est pas d'imiter ce qui se faisait à l'origine avant la chute. Par exemple, nous ne prônons pas la nudité telle qu'elle existait dans le jardin d'Eden !
Les passages du Nouveau Testament peuvent annuler les conclusions que nous tirons à partir de la Genèse. Les chapitres 1 et 2 de la Genèse n'abordent pas la question de l'autorité, et nous ne devons pas dépasser le sens de ces deux chapitres, ni en tirer des conclusions qui ne seraient que des suppositions.
Toute source biblique en rapport avec l'autorité basée sur la distinction homme-femme, ne constitue pas obligatoirement un critère de comparaison sur lequel devrait être fondé le leadership dans l'Eglise.
Le Nouveau Testament peut nous éclairer davantage, puisque certains versets de celui-ci abordent plus directement la question du leadership dans l'Eglise.
Genèse 3
Au chapitre 3, le péché fit son apparition par l'intermédiaire du serpent rusé. Le serpent s'adressa à la femme bien que l'homme fût à ses côtés (verset 6). Pourquoi le serpent s'entretint-il avec la femme plutôt qu'avec l'homme ? Le texte n'en dit rien. Ce que le texte dit, en revanche, c'est que tous les deux, Adam et Eve, mangèrent du fruit défendu. Eve fut séduite par le serpent et Adam la suivit sur cette voie.
Le serpent se mit à contredire habilement ce que Dieu avait dit. La femme se mit à désirer ce que le serpent lui offrait ; donc elle prit le fruit et en mangea. Apparemment, elle voulait que l'homme devienne sage aussi, c'est pourquoi elle lui donna du fruit et il en mangea. Pour quelque raison inexplicable, ils devinrent honteux de leur nudité et se cachèrent loin de la face de Dieu, même après s'être vêtus pour cacher leur nudité (versets 7 et 8).
Tous les deux eurent la même réaction face au péché : « Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu' ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures (
) L'homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l'Eternel Dieu ». La Genèse n'attache pas une importance spéciale à la personne qui pécha la première ; théologiquement cela importe peu et le point essentiel est de savoir que tout deux péchèrent.
Dieu appela l'homme (verset 9). Pourquoi appeler l'homme plutôt que la femme ? Le texte ne le dit pas. Adam dit qu'il se cacha parce qu'il était nu et Dieu lui demanda s'il avait mangé du fruit de l'arbre défendu (20) L'homme blâma la femme et la femme blâma le serpent. Alors Dieu maudit le serpent (versets 14 et 15).
Le mot « malédiction » (maudit) n'est pas utilisé à l'encontre d'Adam et Eve, mais Dieu leur donna une description des conséquences désagréables qu'ils subiraient suite à leur mauvaise décision : « J'augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi ».
Pourquoi Dieu annonça-t-Il la punition de la femme en premier ? Le texte ne le dit pas cela peut relever d'un style littéraire. Les enchaînements dans l'intervention des acteurs sont les suivants :
1) serpent, femme, homme (lors de la tentation) ;
2) homme, femme, serpent (lors de l'explication faite à Dieu) ;
3) serpent, femme, homme (lors de la malédiction prononcée par Dieu).
La malédiction la plus grave la mort semble être réservée en dernier lors de l'annonce de la punition adressée à l'homme.
Au serpent, Dieu prédit un conflit avec la femme et un conflit avec un homme qu'elle enfantera ; à la femme Dieu prédit un conflit avec son mari ; et à l'homme, Dieu prédit un conflit avec le sol, et Il prédit que le sol triompherait.
Le péché a affecté les relations homme-femme. Dieu dit à la femme que ses désirs se porteraient vers son mari, mais qu'il dominerait sur elle. La signification précise du mot « désir » est controversée, mais celle-ci n'est pas essentielle pour notre étude (21) .
Dans Genèse 3, Dieu établit une distinction entre les hommes et les femmes lorsqu'Il dit que le mari dominera sur son épouse. A ce moment précis dans l'histoire de l'humanité, Adam représente tous les hommes qui viendront après lui, et Eve, de même, en ce qui concerne les femmes.
Lorsque Dieu expliqua les conséquences du péché, certaines choses ne changèrent pas, et d'autres changèrent. Quand Dieu affirme que les douleurs de l'enfantement s'accroîtront, Il ne créa pas un nouveau rôle pour la femme, mais il prédit un changement dans le rôle qu'Il avait déjà prévu pour elle.
Lorsque Dieu affirme que le mari dominera sur sa femme, prédisait-il un changement ? Le mot « dominer » dans Genèse 3 : 16 est traduit du mot hébreu « mashal » qui peut signifier aussi une domination oppressive, mais la domination par elle-même n'implique pas nécessairement l'oppression (22) .
Puisque « mashal » n'est pas nécessairement une forme négative de domination, il semble que : 1) soit la domination masculine n'était pas nouvelle, mais avec la venue du péché cette domination serait teintée de péché, 2) soit la domination masculine est un fait nouveau, et il semble alors qu'elle soit une des conséquences du péché. Cependant, puisque la Genèse n'ayant rien dit auparavant quant à la domination d'un sexe sur l'autre, un changement semble avoir eu lieu (23) .
A l'homme, Dieu dit : « Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière ».
L'homme souffrirait parce qu'il avait écouté sa femme. Cela signifie-t-il qu'il n'était pas supposé l'écouter auparavant ? Non, le problème n'est pas qu'il l'ait écouté, mais qu'il ait écouté (dans le sens d'obéir) lorsqu'elle lui a suggéré de faire ce qui était en fait un péché. Il n'y a rien de mal à ce qu'un mari écoute sa femme si elle lui suggère de goûter tel ou tel fruit. L'écouter devient un problème seulement si un péché est suggéré. Ce verset ne révèle rien au sujet du plan original de Dieu relatif aux rôles de l'homme et de la femme.
A cause du péché, la terre fut maudite et le labeur de l'homme sur cette terre devint d'autant plus pénible. Il lui serait plus difficile de produire sa nourriture et l'homme, finalement, mourrait pour retourner ainsi à la poussière (24) . La dernière partie de cette prédiction s'applique autant aux femmes qu'aux hommes et dans plusieurs pays les femmes doivent travailler aussi dur que les hommes ou parfois plus pour obtenir leur nourriture. Les conséquences négatives sur la vie familiale bien que prononcées à l'encontre de la femme affecteraient aussi l'homme. La malédiction adressée à Adam, tout comme celle adressée à Eve, contenait des éléments s'appliquant aux deux.
Lorsque Dieu révéla à Eve les conséquences maritales du péché, ce n'était pas parce que la femme représentait davantage la vie familiale (par rapport à l'homme). De même, lorsque Dieu prédit la mort à Adam, ce n'était pas parce qu'il représentait l'humanité mieux que ne le faisait la femme. La Genèse montre que l'homme et la femme ont tous deux péché et que tous les deux en ont souffert les conséquences. La Genèse n'accorde pas d'importance au fait de savoir qui des deux sexes pécha le premier.
Les commentaires de Paul sur le péché originel
Romains, chapitre 5, versets 12 à 19 enseigne que toute l'humanité est condamnée à la mort à cause du péché d'Adam. On affirme parfois, et ce, à tort, que ce passage indique qu'Adam représentait l'humanité, non seulement parce qu'il était le premier créé, mais parce qu'il était mâle, sous-entendant ainsi que l'homme a autorité sur la femme.
Pourtant, c'est là, une erreur d'interprétation semblable à celle déjà mentionnée plus haut : lorsque Paul utilise la Genèse pour soutenir son raisonnement, il est hasardeux pour nous d'essayer d'utiliser sa logique pour interpréter la Genèse. En réalité, Paul utilise de petites portions du texte pour étayer un point spécifique et nous détournons ses paroles si nous essayons de les tordre pour leur faire dire ce que Paul ne disait pas. Paul n'avait pas pour but d'expliquer ou de commenter la Genèse.
Au verset 12, Paul affirme que le péché est entré dans le monde par un seul homme (traduit du grec « anthropos » qui signifie être humain, mâle ou femelle). Paul aurait pu facilement utiliser le mot « aner » qui signifie mâle, mais il ne l'a pas fait, pour bien montrer qu'il ne s'agissait pas d'une distinction de sexes. Le genre masculin ou féminin n'entre pas en ligne de compte dans les propos de Paul. Dans la dernière partie du verset 12, Paul utilise le pluriel du mot anthropos pour conclure : « la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous [les êtres humains] ont péché », incluant Adam et Eve qui péchèrent en même temps.
Ensuite, Paul affirme que la mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse (verset 14). Il n'est pas en train de dire qu'Adam fut la première personne à mourir. Paul fait peut-être allusion au fait qu'Adam fut la personne qui reçut la sentence de mort adressée à l'humanité. Mais plus probablement, Paul fait référence à Adam en tant que premier être humain. Paul parle d'une période de temps qui s'étend de la création jusqu'à Moïse, et il le fait en nommant la première personne créée, Adam.
Paul utilise Adam comme préfiguration du Christ. Le premier être humain, Adam, préfigurait le Christ, le premier homme d'une nouvelle humanité selon Dieu. Cette analogie aurait été inutilement compliquée si Paul avait mentionné les deux noms, Adam et Eve.
Aux versets 15 à 18 de Romains 5, Paul dit que beaucoup (c'est-à-dire toute l'humanité) sont morts à cause de l'offense « d'un seul », en se référant apparemment à la transgression d'Adam mentionnée au verset 14. Dans Genèse 3, la sentence de mort de l'humanité fut adressée à Adam, même si elle s'appliquait à Eve également qui fut assujettie à la peine de mort dès l'instant où elle pécha.
Tout au long de cette discussion, Paul ne dit rien indiquant qu'Adam représente l'humanité parce qu'il est mâle. Son sujet théologique est différent : Adam est mis en comparaison avec le Christ, son péché est mis en opposition avec la justice du Christ, et la peine de mort qui affecte l'humanité par Adam est placée en contraste avec le don gratuit de la justice disponible en Christ. Paul utilise le contraste avec Adam pour prêcher que le Christ est la solution à la peine de mort qui s'applique à toute l'humanité, sans égard au sexe.
En résumé
Que nous dit Genèse 3 au sujet des relations homme-femme ? Très peu de choses, de manière directe, explicite et précise. L'accent porte sur le fait que le péché a entaché toute la race humaine. Voici ce que la Genèse nous apprend :
1) La femme se laissa séduire d'une certaine façon et pécha en mangeant du fruit défendu. L'homme, au lieu de résister au péché, faisant fi de l'avertissement de Dieu, mangea du fruit et blâma sa femme.
2) Le texte montre aussi que Dieu fit quelques distinctions en rapport avec le sexe, bien que leur pleine signification ne soit pas rendue claire dans la Genèse.
3) Le péché a affecté les rôles de l'homme et de la femme et le verset 16 nous dit que l'homme dominerait sur la femme.
Dans Genèse 1, Dieu donne la domination sur la création à l'homme et à la femme. Genèse 2 décrit ce que fit Adam avant la création d'Eve, puis décrit la femme comme similaire à l'homme ; ce chapitre ne dit rien directement au sujet d'une personne qui aurait autorité sur l'autre. Genèse 3, cependant, nous dit que l'homme dominerait sur la femme. Le chapitre conclut en disant qu'Adam appela sa femme Eve, et Dieu leur donna des peaux d'animaux pour les vêtir et Il les chassa du jardin.
Dans notre prochain article, nous examinerons ce que dit le reste du Pentateuque sur les rôles masculin et féminin.
Notes de renvoi
1) La relation entre homme et femme dans le cadre du mariage n'est pas automatiquement déterminative des relations qui doivent exister dans l'Eglise. Ces deux sphères d'activité sont apparentées, mais non identiques. Bien que le sujet de notre étude porte sur les rôles au sein de l'Eglise, nous examinerons des passages de l'Ancien Testament afin d'avoir un contexte favorable à l'explication des passages du Nouveau Testament. Nous garderons à l'esprit que la société de l'Ancien Testament et son culte ne constituent pas nécessairement des modèles pour l'Eglise aujourd'hui. De plus, nos conclusions au sujet des relations entre les hommes et les femmes au sein de l'Eglise pourront ou ne pourront pas s'appliquer au sein du mariage. -retour-
2) Raymond C. Ortland, « Male-female Equality and Male Headship : Genesis 13 », pages 95-112 dans Recovering Biblical Manhood and Womanhood : A Response to Evangelical Feminism (éditeurs : John Piper et Wayne Grudem ; Wheaton : Crossway, 1991), pages 97, 480. Ce livre constitue la défense la plus approfondie de la position conservatrice. -retour-
3) Cet article ne spécifie pas ce que signifie « image ». Un article en ligne sur notre site internet affirme que Jésus nous révèle ce qu'est la vraie image et le point focal, la caractéristique de Dieu, à laquelle nous devons le plus nous conformer, c'est l'amour et non le pouvoir ou l'apparence. L'adresse internet pour lire cet article est http://www.wcg.org/lit/gospel/imagegod.htm. -retour-
4) Ortland, 97. En page 98, Ortland parle en faveur du consensus conservateur lorsqu'il écrit : « Je me demande qui enseigne que seuls les hommes portent l'image de Dieu ? Aucune personne collaborant à ce volume ne sera trouvée affirmant cela ». -retour-
5) Thomas R. Schreiner , « Head Covering, Prophecies and the Trinity : I Corinthians 11 : 2 16 », pages 124-39 dans Piper et Grudem ; ici, pages 132-33. -retour-
6) Gordon D. Fee, the First Epistle to the Corinthians (New International Commentary on the New Testament ; Grand Rapids : Eerdmans, 1987), page 515. -retour-
7) C. K. Barrett, The First Epistle to the Corinthians (Black's New Testament Commentary ; London : A&C Black, 1971), page 252. -retour-
8) Gordon J. Wenham, Genesis 1-15 (Word Biblical Commentary 1 ; Waco : Word, 1987), page 68. -retour-
9) Beaucoup d'interprètes ont suggéré des explications concernant le symbolisme de la côte d'Adam. Par exemple, Matthew Henry a écrit : « La femme n'a pas été créée à partir de la tête de l'homme afin de ne pas le surpasser, ni de ses pieds pour ne pas être foulée, mais de sa côte pour être à son côté comme une égale, sous son bras afin d'être protégée et proche de son cur pour être aimée ». Malgré l'attrait de ce symbolisme, il n'est pas prouvé que c'était le but original. -retour-
10) « Bien qu'ils soient égaux en nature, le fait que l'homme donne un nom à la femme (cf. Genèse 3 : 20) indique qu'elle est supposée être subordonnée à lui, ce qui est une présupposition importante dans la narration qui suit » ( Wenham, 70). Voir aussi Schreiner, page 207. -retour-
11) Linda Belleville écrit : « Dans l'Antiquité, donner un nom était une façon de mémoriser un événement ou de mettre en valeur un attribut distinctif. Ce n'était pas un acte de pouvoir » (chapitre 2 dans Beck et Blomberg, page 143). -retour-
12) Léa et Rachel donnèrent des noms aux fils de Jacob ; seul Benjamin fut nommé par Jacob (Genèse 2930 ; 35 : 18). Moïse et Samuel furent aussi nommés par des femmes (Exode 2 : 10 ; I Samuel 1 : 20). -retour-
13) « Le mariage israélite était ordinairement patrilocal, c'est-à-dire que l'homme continuait à vivre dans ou près du foyer de ses parents » (Wenham, 70). Psaumes 45 : 11 conseille à la femme de quitter ses parents. -retour-
14) Richard M. Davidson, « Headship, Submission, and Equality in Scripture, », pp. 259-95 dans Women in Ministry : Biblical and Historical Perspectives (édité par Nancy Vyhmeister ; Berrien Springs : Andrews University Press), page 261. -retour-
15) Thomas R. Schreiner n'a pas de preuve pour avancer que « Dieu a probablement chargé Adam d'instruire Eve au sujet de ce commandement (chapitre 4 de Two Views on Women in Ministry; édition James R. Beck et Craig L. Blomberg [Counterpoints ; Grand Rapids: Zondervan], page 203). -retour-
16) Thomas R. Schreiner pense que les lecteurs hébreux admettraient les lois de primogéniture (ibid.). -retour-
17) Beck et Blomberg, « Reflections on Complementarian Essays » dans Two Views on Women in Ministry, page 312. -retour-
18) Lorsque Paul dit que « l'homme est le chef de la femme » (I Corinthiens 11 : 3), il est possible qu'il se réfère à l'autorité (c'est un sujet à traiter dans un futur article), mais le reste du passage argumente sur la base du concept d'honneur et de déshonneur, pas sur celui d'autorité. Hommes et femmes ont un droit égal de prophétiser et leurs prophéties ont une autorité d'égale valeur ; la seule question dans ce passage est la manière dont ils prophétisent. C'est pourquoi nous disons ci-dessus que Paul ne parle pas de l'autorité des hommes et des femmes. C'est, pour le meilleur, un commentaire accessoire et non le sujet principal. -retour-
19) Beck et Blomberg notent que « les versets 11-12 peuvent suggérer que la nouvelle création en Christ va au-delà de la création originelle de Dieu. En clair, ce sera le cas dans le monde à venir » page 312. -retour-
20) Lorsque Dieu prononça une punition à l'égard d'Adam, il ne tint pas Adam responsable de ce qu'Eve avait fait. Eve dut rendre compte pour elle-même (Mary Seltzer, « Women Elders
Sinners or Saints ? », page 59; article non publié disponible sur internet à l'adresse suivante: http://churchwomen.tripod.com/Women%20seltzer.doc). -retour-
21) Le mot hébreu est aussi utilisé dans Genèse chapitre 4, verset 7 et Cantique des Cantiques chapitre 7, verset 10. Susan Foh, une conservatrice, affirme que Dieu est en train de prédire que même si les femmes désirent diriger leurs maris, les hommes continueront à dominer sur elles (Women and the Word of God : A response to Biblical Feminism [Philadelphia : Presbyterian & Reformed, 1979], pages 68-69). R. C. Ortland accepte aussi cette vue (pages 108-9). L'interprétation la plus traditionnelle est que les femmes voudront la compagnie et la protection des hommes en dépit de la tristesse causée par l'enfantement. -retour-
22) Mashal est utilisé pour désigner le règne du soleil et de la lune sur le jour et la nuit (Genèse 1 : 18), pour Joseph dominant sur l'Egypte (45 : 8), et pour Israël dominant sur d'autres nations (Deutéronome 15 : 6). Les israélites demandèrent à Gédéon qu'il « mashal » sur eux, et il répondit que c'est Dieu qui « mashal » sur eux. La nature précise de la domination est aussi variée que les situations dans lesquelles elle intervient, en tant qu'action ou état de fait » (Theological Wordbook of the Old Testament, 1:534). -retour-
23) William Webb remarque que les malédictions bibliques incluent souvent un changement de statut à l'égard des autres personnes, créant une hiérarchie là où aucune n'existait auparavant (Slaves, Women and Homosexuals : Exploring the Hermeneutics of Cultural Analysis [Downers Grove: InterVarsity], pages 117-19). Le mot « maudire » n'est pas toujours utilisé dans ces situations [de malédictions], tout comme il n'est pas utilisé à l'égard d'Adam et Eve. -retour-
24) La peine de mort s'appliquait à l'homme et à la femme, alors pourquoi fut-elle prononcée contre l'homme seulement ? Linda Belleville suggère une raison littéraire plausible: « L'impact sur l'homme est lié à la terre, de laquelle il fut formé
alors que l'impact sur la femme est lié à l'homme de la côte duquel elle fut formée » (Women Leaders and the Church : Three Crucial Questions, [Baker 1999], page 104); plusieurs mots hébreux ont été supprimés de la citation sans indiquer l'omission par des ellipses. -retour-