En 2003, nous annoncions dans le Worldwide
News (WN) que l’Eglise Universelle de Dieu examinerait
officiellement la question du rôle des femmes dans
l’église. Nous avons invité les membres
et les pasteurs à nous envoyer le fruit de leurs
recherches. Comme nous nous y attendions, nous avons reçu
un large éventail de réponses. Certaines étaient
bien réfléchies alors que d’autres n’étaient
que des opinions personnelles, sans véritables argumentations.
Les membres de notre équipe doctrinale ont lu ces
documents et ont discuté de leur pertinence. Plusieurs
autres mois seront nécessaires pour faire le tour
de cette importante question. Aujourd’hui, dans cet
article, nous en publions une introduction qui est le résultat
d’un travail d’équipe. Si tous les membres
de l’équipe doctrinale ne voient pas le sujet
exactement de la même façon, nous présentons
ici les éléments d’introduction sur
lesquels nous sommes tous en accord.
Même si l’étude s’intitule «
Les femmes dans le ministère », il est bon
de rappeler que nous avons toujours eu des femmes exerçant
divers ministères et assumant des responsabilités
fort variées au sein de notre église, bien
que ces femmes ne se soient jamais vu attribuer un titre
particulier.
Nous posons donc la question suivante : les femmes peuvent-elles
être ordonnées ministres ? Une autre question
en découle : les femmes peuvent-elles occuper des
fonctions généralement réservées
aux hommes telles que celles de ministres ou pasteurs ?
Il ne s’agit pas d’une simple question académique.
Dans certaines de nos églises les plus petites, des
femmes exercent déjà des rôles à
responsabilité spirituelle. Alors que l’Eglise
Universelle de Dieu a progressé dans sa compréhension
concernant les dons spirituels et les ministères
laïcs, nous avons aussi observé que les dons
qui s’expriment dans certains domaines de service
spirituel (assemblées, louanges, études bibliques,
prédication, conseils) ne sont pas l’apanage
des hommes.
Dans certains cas, il est courant que des femmes servent
dans les équipes pastorales, non par souci de parité,
mais bien parce que l’assemblée et les responsables
de l’église ont déterminé que
ces femmes avaient la maturité spirituelle et les
compétences nécessaires pour exercer de telles
fonctions et pour faire partie de l’équipe
des responsables pastoraux.
Avant d’entamer cette étude, certains membres
de notre équipe doctrinale estimaient que ces femmes
pouvaient être ordonnées comme ministres ;
certains autres membres de l’équipe croyaient
que les Saintes Ecritures interdisaient l’ordination
des femmes, alors que d’autres demeuraient indécis.
Notre but est de comprendre ce que la Bible nous dit sur
le sujet. Nous sommes en accord sur les points préliminaires
que l’article ci-dessous présente.
Nous prévoyons de publier d’autres articles
au fur et à mesure que nous progresserons dans l’étude
systématique du sujet. Notre prochain article traitera
le sujet spécifique de l’ordination : que signifie
et qu’implique l’ordination d’une personne
dans l’église ? D’autres articles suivront
qui examineront les principaux versets pertinents à
la question.
Nous estimons qu’il est tout aussi important pour
nos membres de comprendre comment nous en sommes arrivés
à telle ou telle décision, que de lire la
décision finale. Ma prière est que nous sortions
tous enrichis grâce à ce processus, et que
nous soyons remplis « de la connaissance de sa volonté,
en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher
d'une manière digne du Seigneur et lui être
entièrement agréables, portant des fruits
en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance
de Dieu » (Colossiens 1 : 9-10).
Au service de Jésus,
Joseph Tkach
oOoOoOo
oOoOo
Leadership des Femmes dans l’Eglise
Introduction - première partie
L’Enoncé des Croyances de l’Eglise Universelle
de Dieu ne fait pas mention du leadership des femmes dans
l’église. Cependant, cet Enoncé affirme
que la Bible « fait pleinement autorité pour
tout ce qui concerne la foi et les usages ». Puisque
les Ecritures constituent l’autorité finale
sur laquelle nous nous appuyons, qu’enseignent-elles
sur la question du rôle de la femme dans l’église
?
Ce même Enoncé affirme aussi que nous désirons
croître en connaissance et que nous sommes désireux
d’obéir à Dieu. Nous reconnaissons que
nous ne comprenons pas toujours parfaitement les Ecritures.
Certains passages sont difficiles à comprendre alors
que d’autres sont plus faciles à comprendre
mais plus difficiles à appliquer.
Les Ecritures nous appellent souvent à résister
aux tendances qui prévalent dans la société
; ailleurs, elles nous encouragent à adopter les
coutumes culturelles de l’époque. Par exemple,
les Ecritures expriment le commandement suivant : «
Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser »
(Romains 16 : 16 ; I Pierre 5 : 14). Certains chrétiens
de par leur culture sont plus enclins à pratiquer
cette exhortation, tandis que d’autres le sont moins
(en Amérique par exemple) ; mais l’Eglise Universelle
de Dieu a depuis longtemps considéré cette
exhortation comme étant une affaire de culture et
non pas de vérité éternelle. Nous encourageons
nos membres à appliquer l’esprit de ce verset.
L’apôtre Paul lui-même n’a probablement
jamais envisagé que le jour viendrait où un
simple baiser pourrait être offensant plutôt
qu’amical.
Lorsque Pierre et Paul évoquaient le « saint
baiser », ils s’exprimaient dans le contexte
de leur propre culture. Lorsque Paul disait aux esclaves
d’obéir à leurs maîtres (Ephésiens
6 : 5), il s’exprimait selon la culture de l’époque.
Il ne prônait pas la pratique de l’esclavage.
Il n’y a donc aucun doute que certaines de ces exhortations
s’appliquaient uniquement dans le cadre de la culture
de son époque. Si ces exhortations sont claires et
applicables selon la culture, d’autres s’appliquent
en tout temps, quelle que soit la culture ; d’autres
exhortations semblent être moins caractérisées
et peuvent donc être interprétées de
plusieurs manières différentes.
Comment alors savoir si une exhortation ou une prescription
biblique est de nature culturelle et comment savoir si une
telle prescription est applicable dans nos cultures actuelles
? Lorsque Paul écrit qu’il ne permet pas à
la femme d’enseigner ou d’avoir autorité
sur l’homme (I Timothée 2 : 12), exprime-t-il
seulement sa propre opinion (après tout, il l’affirme
comme sa façon de faire, et non comme un commandement),
ou devrions-nous considérer sa règle comme
permanente pour l’église à toutes les
époques ?
Comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? La
question ne se limite pas à ce que les Ecritures
disent, mais à ce qu’elles signifient pour
nous aujourd’hui. Devrions-nous les appliquer au sens
littéral ? Ou devrions-nous analyser quel principe
sous-tend les paroles de Paul (comme dans Romains 16 : 16)
et vivre selon ce principe ? Examinons un exemple de conflit
entre Ecritures et culture. Quoique cet exemple ne soit
pas un prototype exact pour la question des femmes dans
l’église, il aide bien à illustrer ce
sujet.
Comparaison avec l’esclavage
Dans I Timothée 6 : 1-2, Paul dit aux esclaves chrétiens
de respecter leurs maîtres chrétiens, mais
il ne commande jamais aux maîtres de libérer
leurs esclaves. Paul cautionne-t-il pour autant l’esclavage,
comme le soutenaient beaucoup d’Américains
au 19è siècle ? Ou s’accommodait-il
simplement de la culture pour que l’Evangile ne soit
pas perçu comme un ennemi de l’ordre social,
« afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient
pas blasphémés » ?
Bien que l’esclavage avait quelques fonctions positives
dans la société romaine, Paul aurait pu contester
l’esclavage comme avilissant, comme contraire à
l’amour qui devrait caractériser le peuple
de Dieu, et comme une violation à l’ordre de
la création. Mais il ne l’a pas fait comme
il n’a pas non plus contesté le système
politique de Rome, ni la fréquente brutalité
de son armée, ni ses méthodes injustes utilisées
pour collecter l’impôt.
Toutefois, l’Evangile peut défier la culture.
L’Evangile nous demande de traiter les pauvres avec
respect et de ne pas faire de favoritisme envers les riches
(Jacques 2 : 1-7). L’Evangile a mis au défi
les Juifs de traiter les Gentils en égaux ; il a
défié Philémon de traiter son esclave
Onésime « comme un frère bien-aimé
» (Philémon 16). Si les maîtres traitaient
leurs esclaves comme des membres de leur famille, alors
l’esclavage disparaîtrait très vite.
Nous constatons que l’Evangile a dénoncé
les attitudes qui permettaient à l’esclavage
de se perpétuer. Bien que la Bible ne s’attaque
pas directement à l’esclavage, ses enseignements,
comme le ferment d’autant de graines, ont ébranlé
les injustices de l’esclavage.
Aujourd’hui, certains pensent que l’Evangile
devrait aussi abolir les barrières entre les sexes.
Galates 3 : 28 dit : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec,
il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme
ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ.
» Ce verset concerne l’égalité
face au salut, mais sème-t-il aussi l’idée
d’une égalité quant à la place
de la femme dans le leadership de l’église
? Est-il possible que les gens au sein de l’église
aient la même importance sans pouvoir tenir les mêmes
rôles ? Pourtant, l’église traite pareillement
Juifs et Gentils, et dénonce l’esclavage. Devrions-nous
aussi faire une différence entre les hommes et les
femmes lorsqu’il s’agit d’attribuer des
postes de direction dans l’église ?
En d’autres termes, lorsque Paul disait que les femmes
devaient garder le silence dans les assemblées, s’accommodait-il
simplement des usages de la culture de l’époque,
tout comme il le fit pour l’esclavage, en sachant
que l’Evangile corrigerait un jour ce problème
? S’attendait-il à ce que ses commentaires
dans Galates 3 : 28 contrebalancent un jour ce qu’il
affirmait dans I Timothée 2 : 12 ? Ou était-il
si imprégné de sa culture qu’il n’a
jamais vraiment songé à faire un pareil lien,
tout comme il a probablement supposé qu’un
saint baiser serait toujours convenable et approprié
? Ces affirmations de Paul ont-elles une portée permanente
pour l’église quelle que soit sa culture ?
Histoire
L’église n’a pas toujours su traiter
les questions d’ordre culturel. Lorsque fut abordée
la question de l’esclavage, certaines églises
chrétiennes étaient en première ligne
du mouvement en faveur de l’émancipation. En
revanche, beaucoup d’autres églises résistèrent
au mouvement pour l’égalité sociale
en faveur des descendants d’esclaves. La culture a
parfois raison et parfois tort.
La culture pose parfois des questions d’éthique
(morales), mais, pour les chrétiens, ce n’est
pas la culture qui doit y répondre. Les Ecritures
constituent le fondement de nos actes. Même si certaines
cultures des années 30 affirmaient que nous devions
traiter les Juifs comme des sous-hommes, l’Evangile
dit que les chrétiens auraient dû résister
à cette pratique culturelle, même si certaines
églises chrétiennes y adhérèrent.
Mais lorsqu’il s’agit de considérer l’autorité
et le rôle des femmes dans l’église,
il semble que l’église se soumette à
la culture plutôt qu’elle ne soit une force
initiatrice de changement.
Toutefois, nous croyons que le témoignage scripturaire
se rapportant aux femmes dans des rôles à responsabilité
requiert une étude soigneuse et demande une réponse
détaillée sur le sujet précis de l’ordination
des femmes comme ministres. Le sujet nécessite une
étude poussée.
Composer avec les différences
Concernant le saint baiser, on ne doit pas se contenter
de dire : « La Bible le dit ; donc je le crois, un
point c’est tout !» Cette approche semble humble,
mais elle est simpliste, et même quelque peu arrogante,
parce que la personne qui fait une telle déclaration
suppose qu’elle détient toute la compréhension
de ce qu’enseignent les Ecritures.
En vérité, lorsque nous lisons les Ecritures,
nous avons tous quelques idées préconçues
liées à notre propre culture. Certains d’entre
nous sommes issus d’une culture où les femmes
sont supposées être soumises aux hommes de
façon particulièrement restrictive ; d’autres
viennent d’une culture où les femmes pensent
par elles-mêmes et assument des rôles à
responsabilité.
Certaines cultures d’aujourd’hui sont restées
figées dans l’Antiquité quant à
leurs attitudes face aux femmes ; d’autres cultures
sont totalement différentes. Certaines personnes
craignent que tout changement dans les rôles masculin
et féminin accentuera le chaos social ; d’autres
sentent que des changements sont nécessaires. Chacun
de nous doit être conscient des préjugés
que nous ajoutons à la Bible et, à travers
nos discussions, voir combien nos préjugés
peuvent influencer notre jugement. De cette façon,
nous laisserons la Bible corriger nos préjugés.
La prière est indissociable du processus d’autocorrection.
Nous voulons discerner la volonté de Dieu avant
tout, sans supposer que nous la connaissons déjà.
Nous désirons comprendre pourquoi certains chrétiens
sincères arrivent à des conclusions différentes
sur ce sujet. Nous voulons également trouver l’explication
qui soit conforme à la pensée de Dieu lorsqu’Il
a inspiré les Ecritures. Nous désirons que
le Saint-Esprit nous guide dans toute la vérité
(Jean 16 : 13), et cela signifie que nous ne l’avons
pas encore dans sa totalité. Personne ne l’a
!
Puisqu’aucun groupe n’a une compréhension
parfaite de tous les sujets, il existe quelques différences
d’opinion sur l’interprétation biblique,
même s’il y a accord sur les doctrines les plus
fondamentales de la foi. Certains chrétiens pensent
que la Bible enseigne aux femmes à demeurer complètement
silencieuses dans l’église ; d’autres
pensent le contraire ; pourtant les tenants de ces deux
points de vue différents partagent la même
croyance en l’autorité de la Bible.
Certains chrétiens respectueux de la Bible croient
que les femmes doivent se couvrir la tête pendant
les assemblées de culte ; d’autres, tout aussi
respectueux de la Bible, croient le contraire. La question
qui se pose n’est pas de croire la Bible ; c’est
de bien comprendre ce qu’elle enseigne. Les restrictions
concernant le rôle des femmes sont-elles culturelles,
comme l’est « le saint baiser », ou sont-elles
permanentes, comme l’est l’interdiction de commettre
l’adultère ?
Puisque les chrétiens conservateurs sont divisés
sur ce sujet, nous serions naïfs de croire que nous
atteindrons un consensus parfait. Quelle que soit la conclusion
à laquelle nous arriverons, certains membres penseront
que nous n’avons pas pesé tous les arguments
avec justesse. Que devraient-ils faire alors ? Cette question
de leadership est-elle si importante, au point de vouloir
quitter l’église ? Nous ne le pensons pas (et
il est possible que même l'équipe doctrinale
ne soit pas unanime sur la question). Notre unité
repose sur le Christ, et non sur un accord parfait concernant
chaque point de doctrine.
Beaucoup de doctrines sont essentielles à la foi
chrétienne. Par exemple, l’église doit
enseigner qu’il n’y a qu’un seul Dieu
et que nous sommes sauvés par la grâce, par
le moyen de la foi en Jésus-Christ. Pourtant, il
existe beaucoup d’autres doctrines qui ne sont pas
essentielles pour notre foi mais elles constituent quand
même des lignes de conduite pour notre vie physique,
et celles-ci peuvent différer d’une culture
à l’autre ou d’une époque à
l’autre.
Nous voulons nous assurer d’avoir les bonnes doctrines,
mais nous devons aussi comprendre que certaines ne sont
pas essentielles pour être chrétien et être
sauvé. Nous pensons que la fonction de ministre pour
les femmes fait partie de ces doctrines non essentielles.
C’est une façon de faire et non un élément
de notre Enoncé des Croyances. Par exemple, les gens
ne devraient surtout pas envisager de quitter l’église
s’ils pensent que nous avons tort au sujet de la doctrine
du millenium ; il en est de même s’ils croient
que nous nous trompons au sujet du rôle des femmes
dans l’église.
Nos ministres ne sont pas parfaits mais nous devons tous
les respecter quand même. Nous devons considérer
ce qu’ils disent, accepter la vérité
qu’ils prêchent et passer sur leurs erreurs
mineures. Que le ministre soit masculin ou féminin
ne change rien à l’attitude que nous devrions
avoir envers eux. Peut-être aimerions-nous appartenir
à une église qui possède toutes les
réponses correctes, mais une telle église
n’existe pas. La croissance spirituelle ne dépend
pas de notre appartenance à une église parfaite.
En revanche, nous devons apprendre à faire du mieux
que nous pouvons dans les circonstances où nous sommes,
tout en continuant à nous fier au Christ, étant
toujours confiants qu’Il nous revêtira de Sa
justice.
Certains membres seront désappointés si nous
permettons aux femmes d’être nommées
ministres, et d’autres seront également déçus
si nous ne le faisons pas. Nous ignorons combien de personnes
se seront rattachés à l’une ou l’autre
des deux opinions, mais cela importe peu pour l’accomplissement
de notre étude. Notre travail est de discerner ce
que Dieu veut que nous fassions, et nous allons donc nous
concentrer sur une étude accompagnée de prières.
Nous consulterons fréquemment des pasteurs et leurs
superviseurs à mesure que nous partagerons les résultats
préliminaires de notre recherche, et nous vous tiendrons
informés.
Nous vous demandons de prier et d’étudier
le sujet en même temps que nous. Nous allons tous
apprendre, et puisque nous partagerons les forces et faiblesses
des divers arguments, nous espérons que la grande
majorité d’entre nous approuvera les conclusions
finales de cette importante étude.