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Leadership des femmes dans l'église
Joseph Tkach
 

En 2003, nous annoncions dans le Worldwide News (WN) que l’Eglise Universelle de Dieu examinerait officiellement la question du rôle des femmes dans l’église. Nous avons invité les membres et les pasteurs à nous envoyer le fruit de leurs recherches. Comme nous nous y attendions, nous avons reçu un large éventail de réponses. Certaines étaient bien réfléchies alors que d’autres n’étaient que des opinions personnelles, sans véritables argumentations.

Les membres de notre équipe doctrinale ont lu ces documents et ont discuté de leur pertinence. Plusieurs autres mois seront nécessaires pour faire le tour de cette importante question. Aujourd’hui, dans cet article, nous en publions une introduction qui est le résultat d’un travail d’équipe. Si tous les membres de l’équipe doctrinale ne voient pas le sujet exactement de la même façon, nous présentons ici les éléments d’introduction sur lesquels nous sommes tous en accord.

Même si l’étude s’intitule « Les femmes dans le ministère », il est bon de rappeler que nous avons toujours eu des femmes exerçant divers ministères et assumant des responsabilités fort variées au sein de notre église, bien que ces femmes ne se soient jamais vu attribuer un titre particulier.

Nous posons donc la question suivante : les femmes peuvent-elles être ordonnées ministres ? Une autre question en découle : les femmes peuvent-elles occuper des fonctions généralement réservées aux hommes telles que celles de ministres ou pasteurs ?

Il ne s’agit pas d’une simple question académique. Dans certaines de nos églises les plus petites, des femmes exercent déjà des rôles à responsabilité spirituelle. Alors que l’Eglise Universelle de Dieu a progressé dans sa compréhension concernant les dons spirituels et les ministères laïcs, nous avons aussi observé que les dons qui s’expriment dans certains domaines de service spirituel (assemblées, louanges, études bibliques, prédication, conseils) ne sont pas l’apanage des hommes.

Dans certains cas, il est courant que des femmes servent dans les équipes pastorales, non par souci de parité, mais bien parce que l’assemblée et les responsables de l’église ont déterminé que ces femmes avaient la maturité spirituelle et les compétences nécessaires pour exercer de telles fonctions et pour faire partie de l’équipe des responsables pastoraux.

Avant d’entamer cette étude, certains membres de notre équipe doctrinale estimaient que ces femmes pouvaient être ordonnées comme ministres ; certains autres membres de l’équipe croyaient que les Saintes Ecritures interdisaient l’ordination des femmes, alors que d’autres demeuraient indécis. Notre but est de comprendre ce que la Bible nous dit sur le sujet. Nous sommes en accord sur les points préliminaires que l’article ci-dessous présente.

Nous prévoyons de publier d’autres articles au fur et à mesure que nous progresserons dans l’étude systématique du sujet. Notre prochain article traitera le sujet spécifique de l’ordination : que signifie et qu’implique l’ordination d’une personne dans l’église ? D’autres articles suivront qui examineront les principaux versets pertinents à la question.

Nous estimons qu’il est tout aussi important pour nos membres de comprendre comment nous en sommes arrivés à telle ou telle décision, que de lire la décision finale. Ma prière est que nous sortions tous enrichis grâce à ce processus, et que nous soyons remplis « de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour marcher d'une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres et croissant par la connaissance de Dieu » (Colossiens 1 : 9-10).

Au service de Jésus,
Joseph Tkach

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Leadership des Femmes dans l’Eglise
Introduction - première partie

L’Enoncé des Croyances de l’Eglise Universelle de Dieu ne fait pas mention du leadership des femmes dans l’église. Cependant, cet Enoncé affirme que la Bible « fait pleinement autorité pour tout ce qui concerne la foi et les usages ». Puisque les Ecritures constituent l’autorité finale sur laquelle nous nous appuyons, qu’enseignent-elles sur la question du rôle de la femme dans l’église ?

Ce même Enoncé affirme aussi que nous désirons croître en connaissance et que nous sommes désireux d’obéir à Dieu. Nous reconnaissons que nous ne comprenons pas toujours parfaitement les Ecritures. Certains passages sont difficiles à comprendre alors que d’autres sont plus faciles à comprendre mais plus difficiles à appliquer.

Les Ecritures nous appellent souvent à résister aux tendances qui prévalent dans la société ; ailleurs, elles nous encouragent à adopter les coutumes culturelles de l’époque. Par exemple, les Ecritures expriment le commandement suivant : « Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser » (Romains 16 : 16 ; I Pierre 5 : 14). Certains chrétiens de par leur culture sont plus enclins à pratiquer cette exhortation, tandis que d’autres le sont moins (en Amérique par exemple) ; mais l’Eglise Universelle de Dieu a depuis longtemps considéré cette exhortation comme étant une affaire de culture et non pas de vérité éternelle. Nous encourageons nos membres à appliquer l’esprit de ce verset. L’apôtre Paul lui-même n’a probablement jamais envisagé que le jour viendrait où un simple baiser pourrait être offensant plutôt qu’amical.

Lorsque Pierre et Paul évoquaient le « saint baiser », ils s’exprimaient dans le contexte de leur propre culture. Lorsque Paul disait aux esclaves d’obéir à leurs maîtres (Ephésiens 6 : 5), il s’exprimait selon la culture de l’époque. Il ne prônait pas la pratique de l’esclavage. Il n’y a donc aucun doute que certaines de ces exhortations s’appliquaient uniquement dans le cadre de la culture de son époque. Si ces exhortations sont claires et applicables selon la culture, d’autres s’appliquent en tout temps, quelle que soit la culture ; d’autres exhortations semblent être moins caractérisées et peuvent donc être interprétées de plusieurs manières différentes.

Comment alors savoir si une exhortation ou une prescription biblique est de nature culturelle et comment savoir si une telle prescription est applicable dans nos cultures actuelles ? Lorsque Paul écrit qu’il ne permet pas à la femme d’enseigner ou d’avoir autorité sur l’homme (I Timothée 2 : 12), exprime-t-il seulement sa propre opinion (après tout, il l’affirme comme sa façon de faire, et non comme un commandement), ou devrions-nous considérer sa règle comme permanente pour l’église à toutes les époques ?

Comment savoir quelle est la volonté de Dieu ? La question ne se limite pas à ce que les Ecritures disent, mais à ce qu’elles signifient pour nous aujourd’hui. Devrions-nous les appliquer au sens littéral ? Ou devrions-nous analyser quel principe sous-tend les paroles de Paul (comme dans Romains 16 : 16) et vivre selon ce principe ? Examinons un exemple de conflit entre Ecritures et culture. Quoique cet exemple ne soit pas un prototype exact pour la question des femmes dans l’église, il aide bien à illustrer ce sujet.

Comparaison avec l’esclavage

Dans I Timothée 6 : 1-2, Paul dit aux esclaves chrétiens de respecter leurs maîtres chrétiens, mais il ne commande jamais aux maîtres de libérer leurs esclaves. Paul cautionne-t-il pour autant l’esclavage, comme le soutenaient beaucoup d’Américains au 19è siècle ? Ou s’accommodait-il simplement de la culture pour que l’Evangile ne soit pas perçu comme un ennemi de l’ordre social, « afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés » ?

Bien que l’esclavage avait quelques fonctions positives dans la société romaine, Paul aurait pu contester l’esclavage comme avilissant, comme contraire à l’amour qui devrait caractériser le peuple de Dieu, et comme une violation à l’ordre de la création. Mais il ne l’a pas fait comme il n’a pas non plus contesté le système politique de Rome, ni la fréquente brutalité de son armée, ni ses méthodes injustes utilisées pour collecter l’impôt.

Toutefois, l’Evangile peut défier la culture. L’Evangile nous demande de traiter les pauvres avec respect et de ne pas faire de favoritisme envers les riches (Jacques 2 : 1-7). L’Evangile a mis au défi les Juifs de traiter les Gentils en égaux ; il a défié Philémon de traiter son esclave Onésime « comme un frère bien-aimé » (Philémon 16). Si les maîtres traitaient leurs esclaves comme des membres de leur famille, alors l’esclavage disparaîtrait très vite. Nous constatons que l’Evangile a dénoncé les attitudes qui permettaient à l’esclavage de se perpétuer. Bien que la Bible ne s’attaque pas directement à l’esclavage, ses enseignements, comme le ferment d’autant de graines, ont ébranlé les injustices de l’esclavage.

Aujourd’hui, certains pensent que l’Evangile devrait aussi abolir les barrières entre les sexes. Galates 3 : 28 dit : « Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » Ce verset concerne l’égalité face au salut, mais sème-t-il aussi l’idée d’une égalité quant à la place de la femme dans le leadership de l’église ? Est-il possible que les gens au sein de l’église aient la même importance sans pouvoir tenir les mêmes rôles ? Pourtant, l’église traite pareillement Juifs et Gentils, et dénonce l’esclavage. Devrions-nous aussi faire une différence entre les hommes et les femmes lorsqu’il s’agit d’attribuer des postes de direction dans l’église ?

En d’autres termes, lorsque Paul disait que les femmes devaient garder le silence dans les assemblées, s’accommodait-il simplement des usages de la culture de l’époque, tout comme il le fit pour l’esclavage, en sachant que l’Evangile corrigerait un jour ce problème ? S’attendait-il à ce que ses commentaires dans Galates 3 : 28 contrebalancent un jour ce qu’il affirmait dans I Timothée 2 : 12 ? Ou était-il si imprégné de sa culture qu’il n’a jamais vraiment songé à faire un pareil lien, tout comme il a probablement supposé qu’un saint baiser serait toujours convenable et approprié ? Ces affirmations de Paul ont-elles une portée permanente pour l’église quelle que soit sa culture ?

Histoire

L’église n’a pas toujours su traiter les questions d’ordre culturel. Lorsque fut abordée la question de l’esclavage, certaines églises chrétiennes étaient en première ligne du mouvement en faveur de l’émancipation. En revanche, beaucoup d’autres églises résistèrent au mouvement pour l’égalité sociale en faveur des descendants d’esclaves. La culture a parfois raison et parfois tort.

La culture pose parfois des questions d’éthique (morales), mais, pour les chrétiens, ce n’est pas la culture qui doit y répondre. Les Ecritures constituent le fondement de nos actes. Même si certaines cultures des années 30 affirmaient que nous devions traiter les Juifs comme des sous-hommes, l’Evangile dit que les chrétiens auraient dû résister à cette pratique culturelle, même si certaines églises chrétiennes y adhérèrent. Mais lorsqu’il s’agit de considérer l’autorité et le rôle des femmes dans l’église, il semble que l’église se soumette à la culture plutôt qu’elle ne soit une force initiatrice de changement.

Toutefois, nous croyons que le témoignage scripturaire se rapportant aux femmes dans des rôles à responsabilité requiert une étude soigneuse et demande une réponse détaillée sur le sujet précis de l’ordination des femmes comme ministres. Le sujet nécessite une étude poussée.

Composer avec les différences

Concernant le saint baiser, on ne doit pas se contenter de dire : « La Bible le dit ; donc je le crois, un point c’est tout !» Cette approche semble humble, mais elle est simpliste, et même quelque peu arrogante, parce que la personne qui fait une telle déclaration suppose qu’elle détient toute la compréhension de ce qu’enseignent les Ecritures.

En vérité, lorsque nous lisons les Ecritures, nous avons tous quelques idées préconçues liées à notre propre culture. Certains d’entre nous sommes issus d’une culture où les femmes sont supposées être soumises aux hommes de façon particulièrement restrictive ; d’autres viennent d’une culture où les femmes pensent par elles-mêmes et assument des rôles à responsabilité.

Certaines cultures d’aujourd’hui sont restées figées dans l’Antiquité quant à leurs attitudes face aux femmes ; d’autres cultures sont totalement différentes. Certaines personnes craignent que tout changement dans les rôles masculin et féminin accentuera le chaos social ; d’autres sentent que des changements sont nécessaires. Chacun de nous doit être conscient des préjugés que nous ajoutons à la Bible et, à travers nos discussions, voir combien nos préjugés peuvent influencer notre jugement. De cette façon, nous laisserons la Bible corriger nos préjugés. La prière est indissociable du processus d’autocorrection.

Nous voulons discerner la volonté de Dieu avant tout, sans supposer que nous la connaissons déjà. Nous désirons comprendre pourquoi certains chrétiens sincères arrivent à des conclusions différentes sur ce sujet. Nous voulons également trouver l’explication qui soit conforme à la pensée de Dieu lorsqu’Il a inspiré les Ecritures. Nous désirons que le Saint-Esprit nous guide dans toute la vérité (Jean 16 : 13), et cela signifie que nous ne l’avons pas encore dans sa totalité. Personne ne l’a !

Puisqu’aucun groupe n’a une compréhension parfaite de tous les sujets, il existe quelques différences d’opinion sur l’interprétation biblique, même s’il y a accord sur les doctrines les plus fondamentales de la foi. Certains chrétiens pensent que la Bible enseigne aux femmes à demeurer complètement silencieuses dans l’église ; d’autres pensent le contraire ; pourtant les tenants de ces deux points de vue différents partagent la même croyance en l’autorité de la Bible.

Certains chrétiens respectueux de la Bible croient que les femmes doivent se couvrir la tête pendant les assemblées de culte ; d’autres, tout aussi respectueux de la Bible, croient le contraire. La question qui se pose n’est pas de croire la Bible ; c’est de bien comprendre ce qu’elle enseigne. Les restrictions concernant le rôle des femmes sont-elles culturelles, comme l’est « le saint baiser », ou sont-elles permanentes, comme l’est l’interdiction de commettre l’adultère ?

Puisque les chrétiens conservateurs sont divisés sur ce sujet, nous serions naïfs de croire que nous atteindrons un consensus parfait. Quelle que soit la conclusion à laquelle nous arriverons, certains membres penseront que nous n’avons pas pesé tous les arguments avec justesse. Que devraient-ils faire alors ? Cette question de leadership est-elle si importante, au point de vouloir quitter l’église ? Nous ne le pensons pas (et il est possible que même l'équipe doctrinale ne soit pas unanime sur la question). Notre unité repose sur le Christ, et non sur un accord parfait concernant chaque point de doctrine.

Beaucoup de doctrines sont essentielles à la foi chrétienne. Par exemple, l’église doit enseigner qu’il n’y a qu’un seul Dieu et que nous sommes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi en Jésus-Christ. Pourtant, il existe beaucoup d’autres doctrines qui ne sont pas essentielles pour notre foi mais elles constituent quand même des lignes de conduite pour notre vie physique, et celles-ci peuvent différer d’une culture à l’autre ou d’une époque à l’autre.

Nous voulons nous assurer d’avoir les bonnes doctrines, mais nous devons aussi comprendre que certaines ne sont pas essentielles pour être chrétien et être sauvé. Nous pensons que la fonction de ministre pour les femmes fait partie de ces doctrines non essentielles. C’est une façon de faire et non un élément de notre Enoncé des Croyances. Par exemple, les gens ne devraient surtout pas envisager de quitter l’église s’ils pensent que nous avons tort au sujet de la doctrine du millenium ; il en est de même s’ils croient que nous nous trompons au sujet du rôle des femmes dans l’église.

Nos ministres ne sont pas parfaits mais nous devons tous les respecter quand même. Nous devons considérer ce qu’ils disent, accepter la vérité qu’ils prêchent et passer sur leurs erreurs mineures. Que le ministre soit masculin ou féminin ne change rien à l’attitude que nous devrions avoir envers eux. Peut-être aimerions-nous appartenir à une église qui possède toutes les réponses correctes, mais une telle église n’existe pas. La croissance spirituelle ne dépend pas de notre appartenance à une église parfaite. En revanche, nous devons apprendre à faire du mieux que nous pouvons dans les circonstances où nous sommes, tout en continuant à nous fier au Christ, étant toujours confiants qu’Il nous revêtira de Sa justice.

Certains membres seront désappointés si nous permettons aux femmes d’être nommées ministres, et d’autres seront également déçus si nous ne le faisons pas. Nous ignorons combien de personnes se seront rattachés à l’une ou l’autre des deux opinions, mais cela importe peu pour l’accomplissement de notre étude. Notre travail est de discerner ce que Dieu veut que nous fassions, et nous allons donc nous concentrer sur une étude accompagnée de prières. Nous consulterons fréquemment des pasteurs et leurs superviseurs à mesure que nous partagerons les résultats préliminaires de notre recherche, et nous vous tiendrons informés.

Nous vous demandons de prier et d’étudier le sujet en même temps que nous. Nous allons tous apprendre, et puisque nous partagerons les forces et faiblesses des divers arguments, nous espérons que la grande majorité d’entre nous approuvera les conclusions finales de cette importante étude.

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