Il y a quelques mois, j’ai encouragé
les congrégations à mettre de côté
les pratiques de l’Ancienne Alliance, en prenant l’exemple
de Paul, afin de mieux atteindre la culture non croyante
qui nous environne. J’ai laissé entendre qu’il
serait mieux pour nous de tenir nos assemblées le
dimanche au lieu du samedi.
Certains se sont exclamés : « Un instant !
Mais vous nous avez déjà dit que les jours
avaient peu d’importance ? Voulez-vous nous dire maintenant
qu’ils en ont ? »
C’est une question légitime et je souhaite
y apporter de plus amples explications. Les jours consacrés
au culte ne sont pas une question de salut, mais revêtent
une certaine importance au niveau pratique. Par exemple,
si vous devez travailler le dimanche, les jours deviennent
importants. Il en est de même si vos enfants ont cours
le samedi. Pour la plupart des gens dans notre société,
les jours revêtent de l’importance en termes
concrets et pratiques.
Lorsqu’il s’agit de chercher la faveur de Dieu,
les jours ne comptent pas. Le dimanche n’est pas spirituellement
meilleur que le samedi ou le mardi. Mais en termes pratiques,
il ne serait pas judicieux de tenir nos services religieux
hebdomadaires le mardi. Il s’agit là d’un
élément pratique et non spirituel.
Nous faisons partie d’une culture qui s’attend
à ce que les services religieux chrétiens
se tiennent le dimanche. Très peu d’églises
ont leurs services religieux le samedi soir, de plus, ces
églises offrent d’autres moments de réunion
pour leurs fidèles. Les cultes religieux principaux
se tiennent généralement le dimanche matin,
même les non pratiquants le savent. Lorsque j’ai
encouragé les services le dimanche, je m’appuyais
sur la méthode missionnaire de l’apôtre
Paul dans I Corinthiens chapitre 9, versets 20 à
22.
L’exemple de Paul
Lorsque Paul se trouvait avec les Juifs, il se comportait
comme un Juif et il observait les lois juives. Lorsqu’il
était avec les Gentils, il n’adhérait
pas aux coutumes juives, ni aux lois de l’Ancien Testament.
Les coutumes avaient-elles de l’importance pour Paul
? Nous pouvons l’affirmer, en nous basant sur son
propre témoignage. Il observait certaines coutumes
dans une société donnée, mais non dans
telle autre.
Il adaptait son comportement, conscient de l’importance
des coutumes de la culture où il se trouvait. De
plus, Paul savait qu’il pouvait adapter son comportement
à ces coutumes environnantes puisqu’elles ne
gagnaient ni la faveur de Dieu, ni Sa réprobation.
Dieu lui ayant donné la liberté d’agir
face à ces coutumes, il s’y est adapté,
parce qu’il essayait de toucher les gens par l’Evangile.
Paul vivait conformément aux coutumes des Gentils
lorsqu’il se trouvait en présence de non-Juifs.
Si nous appliquons ce principe à notre situation
aujourd’hui, il semble que la plupart de nos services
devraient se tenir le dimanche, non pour des raisons spirituelles,
mais pour des raisons d’ordre pratique. Il est évident,
dans nos sociétés, que le dimanche est le
jour consacré au culte. Dieu nous donne la liberté
d’adapter nos pratiques afin de servir la mission
qu’Il nous a confiée. Nous n’exigeons
pas que toutes nos congrégations passent du samedi
au dimanche. Nous reconnaissons que certaines congrégations
ont des raisons pratiques de se réunir le samedi.
Pas de problème ! Quelques congrégations ont
libre accès à des salles de réunions
disponibles le samedi. D’autres évangélisent
les Juifs avec succès.
Mais pour la plupart des congrégations, il existe
des raisons pratiques de se réunir le dimanche, et
si les circonstances le permettent, nous devrions le faire,
non parce que c’est spirituellement meilleur pour
nous, mais parce que c’est plus efficace pour l’évangélisation.
Si nous désirons réussir dans notre mission
d’évangélisation, il nous faut éliminer
les obstacles qui risqueraient de rebuter les gens. Encore
une fois, j’appuie mon raisonnement sur le comportement
même de l’apôtre Paul.
Le dimanche n’est certainement pas la panacée,
ni la formule infaillible pour attirer de nouveaux croyants.
Il n’existe aucune formule magique. L’Evangile
exige du travail, et du temps ; raison de plus pour éliminer
le plus grand nombre d’obstacles possible. La mission
exige aussi des sacrifices, et pour certains d’entre
nous, il s’avère nécessaire de réorganiser
notre emploi du temps, afin de nous adapter aux circonstances
propres des gens que nous désirons toucher.
Les jours ont de l’importance pour les gens
Pour certains membres, les jours revêtent encore
une grande importance. Pour certains, c’est à
cause de contraintes professionnelles, pour d’autres,
cette importance est en rapport avec le désir de
toucher les gens par l’Evangile, et pour un petit
nombre, l’importance des jours vient du fait qu’ils
considèrent encore que le sabbat est un commandement
pour les Chrétiens.
Nous devons toutefois agir avec sagesse. Nous devons penser
à la façon la plus efficace d’accomplir
notre mission, et en cela, les jours ont de l’importance.
Je crois que la méthode de Paul, consistant à
s’adapter à la culture environnante, pourrait
nous aider dans notre mission aujourd’hui.
L’Evangile va déjà à contre-courant
de notre culture contemporaine, nous exhortant à
nous humilier, à nous soumettre et à aimer,
et non à nous appuyer sur notre propre force ou à
agir par égoïsme ; il n’est donc pas nécessaire
d’en souligner davantage la différence. L’Evangile
ne requiert pas que nous allions au delà de ce qu’il
enseigne.
Par exemple, nous ne voulons pas nous vêtir comme
les Amish, parce que nous ne voulons pas insinuer que l’Evangile
exigerait que nous ne devons pas porter des vêtements
de couleurs. La tenue vestimentaire des Amish n’est
pas insultante envers Dieu, mais elle n’est pas requise
par Dieu non plus. Cette tenue est permise, mais pourtant
elle est contre-productive quand il s’agit de prêcher
l’Evangile. Pour les besoins de la mission, il nous
faut être flexibles, faisant les bons choix, afin
d’emmener les gens à l’essentiel, à
Christ.
Pour des raisons similaires, nous ne désirons pas
observer des commandements obsolètes, parce que nous
ne voulons pas laisser croire que ces commandements sont
requis par Dieu. Qu’une congrégation se réunisse
le samedi pour des raisons pratiques, c’est une chose
; mais qu’une autre décide de s’assembler
le samedi parce qu’elle croit être ainsi plus
agréable à Dieu, c’en est une autre.
Nous ne pouvons pas cautionner une mauvaise compréhension
de l’Evangile. C’est la raison pour laquelle
nous ne désirons pas voir nos congrégations
adopter l’idée du « samedi seulement
», pour de mauvaises raisons.
L’essence même du christianisme réside
dans le message de la grâce. Il serait tout à
fait paradoxal de prêcher la grâce, et simultanément,
de forcer les gens à observer un certain jour, que
ce jour soit le samedi ou le dimanche. Nous ne forçons
personne à faire quoi que ce soit. Tout ce que nous
disons, c’est que si nous voulons réussir davantage
dans la mission qui nous a été confiée
(c'est-à-dire prêcher l’Evangile et j’espère
que nous le faisons), il nous faut appliquer le principe
adopté par Paul.
L’Evangile nous dit que nous devrions être
prêts à considérer les intérêts
d’autrui avant les nôtres. Lorsqu’il est
question de notre mission d’évangélisation,
nous devons avant tout considérer les besoins de
ceux que nous désirons toucher.
Nous n’attendons pas que les enfants soient à
nos portes pour nous préparer à leur offrir
des cours bibliques à leur niveau durant nos services
religieux. Nous n’attendons pas qu’il pleuve
avant de penser à construire un toit. Et dans le
même ordre d’idée, nous n’attendons
pas d’avoir de nouveaux croyants, avant d’envisager
d’adopter un jour qui leur conviendra le mieux pour
s’assembler.
Ce n’est pas une question d’être un meilleur
Chrétien ou pas ; il s’agit plutôt d’une
sage approche missionnaire. La mission peut être accomplie
en tout temps ; elle peut être accomplie par une congrégation
se réunissant le samedi soir. Mais je crois que la
mission pourrait être accomplie plus efficacement
si nous avions des services le dimanche, sans exclure automatiquement
le samedi. Notre devise est « Vivre et partager l’Evangile.
» Si notre église est remplie de coutumes inutiles,
celles-ci risquent d’être des obstacles à
l’Evangile.
Paul déclare : « Car, bien que je sois libre
à l’égard de tous, je me suis rendu
serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre.
» (I Corinthiens 9 : 19). Pouvons-nous adopter le
principe de Paul dans notre société moderne
? Bien que nous soyons libres, ne pourrions-nous pas décider
de servir les autres afin de pouvoir les gagner à
la cause du Christ ?
Paul a dit : « Avec ceux qui sont sans loi, je suis
devenu comme étant sans loi (quoique je ne sois point
sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ),
afin de gagner ceux qui sont sans loi. » (verset 21).
La loi de Christ nous apprend que nous devrions nous adapter
aux autres afin de servir leurs besoins. Nous devrions considérer
tout ce qui pourrait favoriser la mission et éviter
ce qui pourrait l’entraver. Puisque nous sommes dans
une société athée, ne devrions-nous
pas à bien plus forte raison suivre l’exemple
de Paul ?