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Les jours importent-ils ?
Joseph Tkach
 

Il y a quelques mois, j’ai encouragé les congrégations à mettre de côté les pratiques de l’Ancienne Alliance, en prenant l’exemple de Paul, afin de mieux atteindre la culture non croyante qui nous environne. J’ai laissé entendre qu’il serait mieux pour nous de tenir nos assemblées le dimanche au lieu du samedi.

Certains se sont exclamés : « Un instant ! Mais vous nous avez déjà dit que les jours avaient peu d’importance ? Voulez-vous nous dire maintenant qu’ils en ont ? »

C’est une question légitime et je souhaite y apporter de plus amples explications. Les jours consacrés au culte ne sont pas une question de salut, mais revêtent une certaine importance au niveau pratique. Par exemple, si vous devez travailler le dimanche, les jours deviennent importants. Il en est de même si vos enfants ont cours le samedi. Pour la plupart des gens dans notre société, les jours revêtent de l’importance en termes concrets et pratiques.

Lorsqu’il s’agit de chercher la faveur de Dieu, les jours ne comptent pas. Le dimanche n’est pas spirituellement meilleur que le samedi ou le mardi. Mais en termes pratiques, il ne serait pas judicieux de tenir nos services religieux hebdomadaires le mardi. Il s’agit là d’un élément pratique et non spirituel.

Nous faisons partie d’une culture qui s’attend à ce que les services religieux chrétiens se tiennent le dimanche. Très peu d’églises ont leurs services religieux le samedi soir, de plus, ces églises offrent d’autres moments de réunion pour leurs fidèles. Les cultes religieux principaux se tiennent généralement le dimanche matin, même les non pratiquants le savent. Lorsque j’ai encouragé les services le dimanche, je m’appuyais sur la méthode missionnaire de l’apôtre Paul dans I Corinthiens chapitre 9, versets 20 à 22.

L’exemple de Paul

Lorsque Paul se trouvait avec les Juifs, il se comportait comme un Juif et il observait les lois juives. Lorsqu’il était avec les Gentils, il n’adhérait pas aux coutumes juives, ni aux lois de l’Ancien Testament. Les coutumes avaient-elles de l’importance pour Paul ? Nous pouvons l’affirmer, en nous basant sur son propre témoignage. Il observait certaines coutumes dans une société donnée, mais non dans telle autre.
Il adaptait son comportement, conscient de l’importance des coutumes de la culture où il se trouvait. De plus, Paul savait qu’il pouvait adapter son comportement à ces coutumes environnantes puisqu’elles ne gagnaient ni la faveur de Dieu, ni Sa réprobation. Dieu lui ayant donné la liberté d’agir face à ces coutumes, il s’y est adapté, parce qu’il essayait de toucher les gens par l’Evangile.

Paul vivait conformément aux coutumes des Gentils lorsqu’il se trouvait en présence de non-Juifs. Si nous appliquons ce principe à notre situation aujourd’hui, il semble que la plupart de nos services devraient se tenir le dimanche, non pour des raisons spirituelles, mais pour des raisons d’ordre pratique. Il est évident, dans nos sociétés, que le dimanche est le jour consacré au culte. Dieu nous donne la liberté d’adapter nos pratiques afin de servir la mission qu’Il nous a confiée. Nous n’exigeons pas que toutes nos congrégations passent du samedi au dimanche. Nous reconnaissons que certaines congrégations ont des raisons pratiques de se réunir le samedi. Pas de problème ! Quelques congrégations ont libre accès à des salles de réunions disponibles le samedi. D’autres évangélisent les Juifs avec succès.

Mais pour la plupart des congrégations, il existe des raisons pratiques de se réunir le dimanche, et si les circonstances le permettent, nous devrions le faire, non parce que c’est spirituellement meilleur pour nous, mais parce que c’est plus efficace pour l’évangélisation. Si nous désirons réussir dans notre mission d’évangélisation, il nous faut éliminer les obstacles qui risqueraient de rebuter les gens. Encore une fois, j’appuie mon raisonnement sur le comportement même de l’apôtre Paul.

Le dimanche n’est certainement pas la panacée, ni la formule infaillible pour attirer de nouveaux croyants. Il n’existe aucune formule magique. L’Evangile exige du travail, et du temps ; raison de plus pour éliminer le plus grand nombre d’obstacles possible. La mission exige aussi des sacrifices, et pour certains d’entre nous, il s’avère nécessaire de réorganiser notre emploi du temps, afin de nous adapter aux circonstances propres des gens que nous désirons toucher.

Les jours ont de l’importance pour les gens

Pour certains membres, les jours revêtent encore une grande importance. Pour certains, c’est à cause de contraintes professionnelles, pour d’autres, cette importance est en rapport avec le désir de toucher les gens par l’Evangile, et pour un petit nombre, l’importance des jours vient du fait qu’ils considèrent encore que le sabbat est un commandement pour les Chrétiens.

Nous devons toutefois agir avec sagesse. Nous devons penser à la façon la plus efficace d’accomplir notre mission, et en cela, les jours ont de l’importance. Je crois que la méthode de Paul, consistant à s’adapter à la culture environnante, pourrait nous aider dans notre mission aujourd’hui.

L’Evangile va déjà à contre-courant de notre culture contemporaine, nous exhortant à nous humilier, à nous soumettre et à aimer, et non à nous appuyer sur notre propre force ou à agir par égoïsme ; il n’est donc pas nécessaire d’en souligner davantage la différence. L’Evangile ne requiert pas que nous allions au delà de ce qu’il enseigne.

Par exemple, nous ne voulons pas nous vêtir comme les Amish, parce que nous ne voulons pas insinuer que l’Evangile exigerait que nous ne devons pas porter des vêtements de couleurs. La tenue vestimentaire des Amish n’est pas insultante envers Dieu, mais elle n’est pas requise par Dieu non plus. Cette tenue est permise, mais pourtant elle est contre-productive quand il s’agit de prêcher l’Evangile. Pour les besoins de la mission, il nous faut être flexibles, faisant les bons choix, afin d’emmener les gens à l’essentiel, à Christ.

Pour des raisons similaires, nous ne désirons pas observer des commandements obsolètes, parce que nous ne voulons pas laisser croire que ces commandements sont requis par Dieu. Qu’une congrégation se réunisse le samedi pour des raisons pratiques, c’est une chose ; mais qu’une autre décide de s’assembler le samedi parce qu’elle croit être ainsi plus agréable à Dieu, c’en est une autre. Nous ne pouvons pas cautionner une mauvaise compréhension de l’Evangile. C’est la raison pour laquelle nous ne désirons pas voir nos congrégations adopter l’idée du « samedi seulement », pour de mauvaises raisons.

L’essence même du christianisme réside dans le message de la grâce. Il serait tout à fait paradoxal de prêcher la grâce, et simultanément, de forcer les gens à observer un certain jour, que ce jour soit le samedi ou le dimanche. Nous ne forçons personne à faire quoi que ce soit. Tout ce que nous disons, c’est que si nous voulons réussir davantage dans la mission qui nous a été confiée (c'est-à-dire prêcher l’Evangile et j’espère que nous le faisons), il nous faut appliquer le principe adopté par Paul.

L’Evangile nous dit que nous devrions être prêts à considérer les intérêts d’autrui avant les nôtres. Lorsqu’il est question de notre mission d’évangélisation, nous devons avant tout considérer les besoins de ceux que nous désirons toucher.

Nous n’attendons pas que les enfants soient à nos portes pour nous préparer à leur offrir des cours bibliques à leur niveau durant nos services religieux. Nous n’attendons pas qu’il pleuve avant de penser à construire un toit. Et dans le même ordre d’idée, nous n’attendons pas d’avoir de nouveaux croyants, avant d’envisager d’adopter un jour qui leur conviendra le mieux pour s’assembler.

Ce n’est pas une question d’être un meilleur Chrétien ou pas ; il s’agit plutôt d’une sage approche missionnaire. La mission peut être accomplie en tout temps ; elle peut être accomplie par une congrégation se réunissant le samedi soir. Mais je crois que la mission pourrait être accomplie plus efficacement si nous avions des services le dimanche, sans exclure automatiquement le samedi. Notre devise est « Vivre et partager l’Evangile. » Si notre église est remplie de coutumes inutiles, celles-ci risquent d’être des obstacles à l’Evangile.

Paul déclare : « Car, bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis rendu serviteur de tous, afin de gagner le plus grand nombre. » (I Corinthiens 9 : 19). Pouvons-nous adopter le principe de Paul dans notre société moderne ? Bien que nous soyons libres, ne pourrions-nous pas décider de servir les autres afin de pouvoir les gagner à la cause du Christ ?

Paul a dit : « Avec ceux qui sont sans loi, je suis devenu comme étant sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. » (verset 21). La loi de Christ nous apprend que nous devrions nous adapter aux autres afin de servir leurs besoins. Nous devrions considérer tout ce qui pourrait favoriser la mission et éviter ce qui pourrait l’entraver. Puisque nous sommes dans une société athée, ne devrions-nous pas à bien plus forte raison suivre l’exemple de Paul ?

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