Avez-vous remarqué notre tendance
à apprécier davantage les choses lorsqu’elles
n’existent plus ? Les gens prennent davantage soin
de leur cœur, par exemple, après qu’il
ait cessé de battre pendant une minute. L’emploi
pour lequel nous nous plaignions hier, devient soudainement
très important lorsque l’on reçoit l’avis
de licenciement.
Une vieille voiture semble belle pour une personne qui
n’en possède pas, mais devient moins convoitée
pour quelqu’un qui en possède une neuve. C’est
la même voiture et pourtant l’un peut l’apprécier
plus que l’autre, parce que la personne qui expérimente
une perte a tendance à donner plus de valeur à
ce qui n’est plus.
Dans la parabole de Jésus, la femme se réjouissait
d’avoir dix pièces, alors qu’elle craignait
d’en avoir seulement neuf (Luc 15 : 8-9). Elle avait
le même montant avant qu’après, mais
elle ne se serait pas réjouie si sa pièce
n’avait pas été perdue puis retrouvée.
Le berger n’avait pas fait la fête avec ses
cent brebis, mais il s’est réjoui quand il
retrouva celle qui était perdue (versets 4 et 6).
Les gens apprécient davantage la nourriture lorsqu’ils
sont affamés, ils apprécient l’eau davantage
lorsqu’ils sont assoiffés, ils apprécient
l’aide qui leur est apportée beaucoup plus
lorsqu’ils sont dans le besoin. La santé et
la liberté, et peut-être toutes bonnes choses,
deviennent importantes pour nous lorsque nous nous sentons
menacés.
La joie d’être trouvé
Il en est de même dans le domaine spirituel. La vie
avec Dieu devient inestimable, après avoir expérimenté
des problèmes dans notre vie personnelle. De façon
étrange, il peut ressortir du bien des choses mauvaises.
Joe Aldrich mentionne cette statistique : « Plus
de 90% de ceux qui demeurent au sein d’une congrégation,
après leur conversion, étaient insatisfaits
de leur précédent mode de vie sans religion,
avant d’avoir découvert l’Evangile par
l’intermédiaire de quelqu’un. Plus de
75% de ceux qui quittent les églises après
leur conversion, n’ont révélé
aucun signe particulier d’insatisfaction avant leur
conversion. »
En d’autres termes, les gens s’engagent plus
sérieusement lorsqu’ils éprouvent un
besoin essentiel. Le mécontentement de leur vie passée
les rend plus sérieux maintenant.
C’est peut-être pour cela que Jésus
est venu chercher ceux qui sont perdus (Luc 19 :10). Il
est évident que nous sommes tous spirituellement
perdus, mais Jésus est venu chercher ceux qui sont
prêts à admettre qu’ils sont perdus,
qu’ils ont besoin de se repentir et de se tourner
vers Dieu.
Ce sont ceux qui reconnaissaient leur besoin d’être
aidés qui apprécient l’aide qu’on
leur apporte. Les mendiants apprécient les miettes
beaucoup plus que les riches. Cela ne veut pas dire que
les chrétiens de seconde génération
devraient se mettre à pécher de façon
démesurée afin d’avoir une meilleure
repentance ? Tout péché produit souffrance
et douleur. Pourquoi envenimer les choses ?
Les péchés de chacun d’entre nous devraient
nous permettre de voir la faiblesse de notre nature, et
notre urgent besoin d’être secourus. Il serait
insensé de prétendre que nous faisons partie
de l’infime minorité en mesure de gérer
notre vie sans l’aide de Dieu.
Jésus n’a pas appelé ceux qui se suffisent
à eux-mêmes. Il a appelé ceux qui sont
fatigués et chargés (Matthieu 11 :28). Il
a appelé les assoiffés, ceux qui sont conscients
de leur besoin d’être aidés (Jean 7 :
37). La première étape du salut, semble-t-il,
est de réaliser que nous sommes dans le besoin. Il
nous est nécessaire de réaliser que la vie
a plus à offrir que ce que nous pourrions obtenir
par nos propres moyens. Certaines personnes luttent dans
les marges de la foi. Ils reconnaissent leurs chutes, mais
pensent qu’avec un petit coup de pouce, ils pourront
retomber sur leurs pieds et y arriver tout seuls. Ils considèrent
Jésus comme une aide temporaire, ils appellent au
secours de temps en temps, mais pensent qu’ils s’en
sortiront après. « Dis-moi tout simplement
ce qu’il faut faire, et je le ferai. Quelques jours
à l’hôpital, ensuite je me sentirai mieux
et je pourrai continuer ma route. »
Mais nous sommes bien trop malades pour cela. Il nous faut
plus que des secours, il nous faut de la régénération,
une nouvelle vie. Il nous faut une transplantation cardiaque,
des soins intensifs, une surveillance constante et un pardon
continuel.
Il nous faut une pile cardiaque, grâce au nouveau
battement de cœur donné par Jésus, et
une médication constante prodiguée par l’Esprit-Saint.
Notre maladie est sérieuse et plus nous le réalisons,
plus nous apprécierons l’aide donnée
par Jésus.
De l’aide maintenant et pour toujours.
L’évangile de Jésus nous est bénéfique
aussi bien dans la vie présente qu’au jour
du jugement. Nous avons besoin d’aide durant ces deux
périodes, et nous ne devrions négliger ni
l’une ni l’autre.
Certaines personnes considèrent l’Evangile
comme un sauvetage d’une condamnation future. Ils
acceptent le Christ, et pensant que leur avenir est maintenant
assuré, ils retournent à leur mode de vie
précédent, utilisant leur propre locomotive,
leur propre bonne volonté, leur propre conception
du bien et du mal. Ils peuvent imaginer avoir besoin un
jour du Christ, mais ils ne se rendent pas compte de la
nécessité urgente de L’avoir dès
à présent. Ils peuvent avoir confiance en
Christ lorsqu’il s’agit de l’avenir, mais
non pas au moment présent. Ils peuvent s’efforcer
d’obtenir le succès financier, ou la renommée,
le pouvoir et l’influence. Ils peuvent rechercher
les plaisirs dans la boisson et la nourriture, les sports,
les amusements.
Ils peuvent les obtenir, mais rien de tout cela ne pourra
les satisfaire, parce que Dieu a mis en nous un besoin beaucoup
plus profond que les propres plaisirs.
Dieu nous a créé pour partager avec lui,
et rien d’autre ne peut satisfaire nos âmes.
Pourtant, nous pouvons passer des heures et des jours sans
penser à la gloire de Dieu, ni à Son amour
et Sa sainteté. Je suis persuadé qu’une
fois que nous verrons Christ dans sa gloire, nous pourrions
nous frapper la tête et dire : «Comment ai-je
pu porter autant d’attention à autre chose
?»
Mais nous ne voyons pas encore le Christ aussi clairement.
Nous vivons en quelque sorte dans des taudis, et nous avons
de la difficulté à imaginer des endroits où
nous ne sommes jamais allés. Nous sommes trop occupés
à essayer d’y survivre pour nous arrêter
aux gloires divines célestes.
Mais toutes les souffrances de cette vie sont un entraînement,
je pense. Nous apprécierons les joies de l’éternité
encore davantage après avoir lutté contre
les dards du péché. Nous apprécierons
davantage les corps spirituels, après avoir expérimenté
les souffrances de nos corps physiques. Les épreuves
de cette vie nous font regarder vers l’avant et nous
aideront à apprécier encore plus les joies
de l’éternité. Et paradoxalement, du
mal sortira le bien, cela n’étant possible
que par Dieu.
Cela ne fait pas disparaître nos épreuves.
Au contraire, cela peut nous aider à comprendre pourquoi
les épreuves font partie de la vie. Comme il est
écrit dans Actes 14 : 22 : « Nous devons passer
par beaucoup de tribulations pour entrer dans le Royaume
de Dieu».
Dieu ne nous donne pas la santé et le bien-être
à chaque fois que nous les lui demandons, même
si nous sommes ses enfants, parce que de telles choses pourraient
trop facilement nous pousser à mettre l’accent
sur la vie physique au lieu de nous concentrer sur la réalité
spirituelle.
Nous sommes trop souvent distraits, mais notre attention
et nos affections pourraient s’égarer encore
davantage, si nous retirions de cette vie une satisfaction
physique.
Le but de cette vie physique n’est pas d’être
totalement satisfaits. Elle est supposée nous donner
faim et soif pour le Royaume de Christ ; nous irons à
Lui et nous serons satisfaits en Lui. Les joies qu’Il
donne ne pourront jamais nous être ravies.
Dans cette vie, nous n’avons reçu qu’un
acompte permettant d’aiguiser notre appétit
à vouloir recevoir davantage. C’est en comprenant
ce que nous n’avons pas que nous réalisons
ce que le Christ donne. La souffrance présente rend
la joie du salut encore plus merveilleuse.