télécharger le fichier en pdf
Il a toujours pensé à nous
Joseph Tkach
 

 

La doctrine de la Trinité existe depuis plus de 1600 ans. La plupart des chrétiens la considèrent comme l’un des « truismes » de leur foi, et ils ne lui accordent guère plus d’attention. Le théologien J.I. Packer a noté que, dans le fatras de la théologie, la Trinité est habituellement considérée comme étant une vérité allant de soi à laquelle on n’accorde guère d’attention (1)

Mais quel que soit votre niveau de compréhension de la doctrine de la Trinité, vous pouvez être sûr d’une chose : le Dieu Trine s’est engagé de façon irréversible à vous inclure dans la merveilleuse communion de la vie du Père, du Fils et du Saint-Esprit. 

Communion 

La doctrine de la Trinité nous enseigne qu’il n’y a pas trois Dieux, mais seulement un, et que Dieu – le seul vrai Dieu, le Dieu de la Bible – est Père, Fils et Saint-Esprit. Ce concept a toujours été difficile à exprimer par des mots. Mais essayons. Nous pourrions dire que le Père, le Fils et l’Esprit demeurent mutuellement l’un avec l’autre, c’est-à-dire que la vie qu’Ils partagent s’interpénètre parfaitement. En d’autres mots, le Père n’existe pas sans le Fils et l’Esprit. Le Fils n’existe pas sans le Père et l’Esprit. Et le Saint-Esprit n’a pas d’existence sans le Père et le Fils. 

Cela signifie que lorsque vous êtes en Christ, vous êtes inclus dans la communion et dans la joie de la vie du Dieu Trine. Cela signifie que le Père vous reçoit et qu’Il est en communion avec vous comme ll l’est avec Jésus. Cela signifie que l’amour que Dieu a démontré une fois envers tous par l’Incarnation de Jésus-Christ n’est rien d’autre que l’amour que le Père a toujours eu pour vous, avant même que vous soyez croyants, et qu’Il aura toujours pour vous. 

Cela signifie que Dieu a déclaré en Christ que vous Lui appartenez, que vous êtes inclus, que vous comptez. C’est pourquoi la vie chrétienne n’est qu’amour : amour de Dieu pour vous et amour de Dieu en vous. 

Dieu ne nous a pas créés pour être seuls. Etre créé à l’image de Dieu – comme l’humanité l’est selon la Bible (Genèse 1 : 27) – c’est être créé pour des relations d’amour, pour une communion avec Dieu et les uns avec les autres. Colin Gunton, théologien systématique aujourd’hui décédé, l’exprime de la façon suivante : « Par avance sur la Création, Dieu est déjà une communion de personnes partageant des relations d’amour » (2)

Coexistence mutuelle 

Les premiers pères grecs de l’Eglise désignaient cette union – ou communion – du Père, du Fils et de l’Esprit par le mot « perichoresis ». Ils utilisaient ce mot dans le sens de coexistence mutuelle (3)

Pourquoi cela est-il important ? Parce que c’est précisément cette vie intérieure d’amour du Dieu Trine que Dieu partage avec nous en Jésus-Christ.

 Le théologien Michael Jinkins la décrit de la façon suivante : « Par le don volontaire de Jésus-Christ, par le propre abaissement de Dieu en faveur de l’élévation de notre humanité, Dieu partage Sa propre vie intérieure et – étant en communion avec nous – Il nous unit à Lui-même par la Parole à travers le pouvoir du Saint-Esprit. Ainsi donc, le Dieu qui est Amour nous amène à une véritable participation à la vie éternelle d’amour de Dieu » (4)

Cela semble-t-il trop « théologique » ? Rendons cela plus simple. Tout comme Paul l’a dit aux païens d’Athènes, en Dieu « nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17 : 28). Le Dieu par qui nous vivons, bougeons et existons est le Père, le Fils et le Saint-Esprit, chacun existant dans l’autre en parfaite communion et dans un parfait amour. Le Fils devint humain pour que nous humains puissions Le rejoindre dans cette parfaite communion d’amour qu’Il partage avec le Père et l’Esprit. Nous apprenons tout ceci par la parfaite révélation de Dieu Lui-même en Jésus-Christ, qui est attestée dans les Ecritures. 

« Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père » (Jean 14 : 6 – 7). 

« Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi ?…Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi » (Jean 14 : 10 – 11).

 « En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous » (Jean 14 : 20).

 « …je prie…pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi » (Jean 17 : 20 – 21).

 « Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui [Jésus-Christ]; il a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Colossiens 1 : 19 – 20).

 Le salut découle de l’amour absolu de Dieu et de Sa fidélité envers l’humanité, et non d’un effort désespéré pour réparer les dommages du péché. Le bienveillant dessein de Dieu pour l’humanité existait avant même l’entrée sur scène du péché (Ephésiens 1 : 4). Dieu a assuré notre futur – Il a, comme Jésus l’a dit, « trouvé bon de vous donner le royaume » (Luc 12 : 32). Jésus nous a emmenés avec Lui là où Il réside (Ephésiens 2 : 6). 

Dieu s’est fixé le but de ne jamais être sans nous – chacun d’entre nous – car Dieu a tout réconcilié avec Lui-même. Nous oublions souvent cela. Mais Dieu, Lui, ne l’oublie jamais.

 Dans Son étreinte

 En Jésus-Christ par le moyen du Saint-Esprit et par la volonté du Père, nous – êtres mortels, êtres humains pécheurs, malgré nous – sommes gracieusement et affectueusement gardés dans la divine étreinte du Dieu trine. C’est exactement ce que le Père projetait pour nous dès le début, « nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé » (Ephésiens 1 : 5 – 6).

 La rédemption commence avec la nature de Dieu, Son amour absolu et insatiable pour l’humanité, et non avec le péché humain. A travers l’Incarnation du Fils, devenant l’un des nôtres et nous faisant un avec Lui, Dieu nous inclut dans l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, qu’Il étend à tous. Dieu nous a créés pour cette raison même – de sorte qu’en Christ nous devenions Ses enfants bien-aimés.

 Bien avant la Création, telle a été la volonté de Dieu à notre égard. « En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé…nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en lui-même…de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ephésiens 1 : 4 – 6, Ephésiens 1 : 9 – 10).

Par l’Incarnation expiatrice du Fils Jésus-Christ, les humains sont déjà pardonnés, réconciliés et sauvés en Lui. La divine amnistie a été proclamée pour toute l’humanité en Christ. Le péché qui entra dans l’expérience humaine par Adam ne peut pas être comparé au flot impétueux de la grâce de Dieu par Jésus-Christ. « Ainsi donc », écrit l’apôtre Paul, « comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes » (Romains 5 : 18). 

Un salut universel ? 

Alors, tout le monde entrera-t-il automatiquement – peut-être même contre son gré – dans la joie de connaître et d’aimer Dieu ? Une telle chose est vraiment un oxymore (7). En effet, il est impossible d’aimer quelqu’un contre son gré. Dieu attire toute l’humanité vers Lui (Jean 12 : 32), mais Il ne force personne à venir. Dieu veut que tous parviennent à la foi (I Timothée 2 : 4), mais Il ne force personne. Dieu aime chaque personne (Jean 3 : 16), mais Il ne force personne à L’aimer – l’amour doit être volontaire, librement consenti, sinon ce n’est pas de l’amour. 

Contrairement à l’idée d’un salut universel, seuls ceux qui mettent leur confiance en Jésus sont capables de L’aimer et d’éprouver la joie de Son salut. Ceux qui ne se confient pas en Lui, qui refusent Son pardon ou le salut qu’Il a déjà gagné pour eux – que ce soit parce qu’ils n’en veulent pas ou simplement parce qu’ils s’en moquent – ne peuvent pas L’aimer et jouir d’une communion avec Lui. Pour ceux qui considèrent Dieu comme leur ennemi, l’amour constant de Dieu pour eux est ressenti comme une intrusion extrêmement aggravante. Plus ils sont confrontés à Son amour, plus ils Le haïssent. Pour ceux qui haïssent Dieu, la vie dans le monde de Dieu représente un enfer. 

Comme C.S. Lewis l’affirme : « En un sens, les damnés sont vainqueurs dans leur rébellion obstinée par le fait que les portes de l’enfer sont verrouillées de l’intérieur »(5). Ou comme l’expliquait Robert Capon : « Il n’existe pas de péché que vous puissiez commettre et que Dieu n’ait pas déjà pardonné en Jésus. La seule façon par laquelle vous puissiez en devenir redevable c’est de refuser le pardon. C’est cela l’enfer » (6)

Toujours présent dans Ses pensées 

La doctrine de la Trinité est bien davantage qu’un simple credo que l’on récite, ou que des mots imprimés dans un énoncé des croyances. La vérité biblique centrale selon laquelle Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit, façonne véritablement notre foi et notre vie de chrétien. La merveilleuse et belle communion partagée par le Père, le Fils et l’Esprit constitue précisément la communion d’amour dans laquelle notre Sauveur Jésus nous place par Sa vie, Sa mort, Sa résurrection et Son ascension en tant que Dieu dans la chair (Jean 16 : 27 ; Jean 1 : 2 – 3). 

Avant la fondation du monde, le Dieu Trine fixa le dessein d’amener l’humanité à entrer dans la vie indescriptible, la communion et la joie que le Père, le Fils et le Saint-Esprit partagent ensemble en tant que le seul vrai Dieu (Ephésiens 1 : 4 – 10). En Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, nous avons été rendus justes par le Père, et en Jésus nous sommes inclus dans la communion et la joie de la vie partagée de la Trinité (Ephésiens 2 : 4 – 6). L’Eglise est constituée de ceux qui sont déjà parvenus à la foi en Christ. Mais la rédemption s’applique à tous (I Jean 2 : 1 – 2). Le fossé a été comblé. Le prix a été payé. La voie est libre pour que la race humaine entre dans sa demeure, tout comme le fils prodigue de la parabole.

 La vie de Jésus, Sa mort, Sa résurrection et Son ascension sont la preuve du dévouement total et inébranlable du Père pour mener à bien Son objectif d’amour visant à inclure l’humanité dans la joie et la communion de la vie de la Trinité. Jésus est la preuve que le Père ne nous abandonnera jamais. En Jésus, le Père nous a adoptés, et a fait de nous Ses enfants bien-aimés, et Il ne renoncera jamais à Ses plans pour nous. 

Quand nous avons confiance que Jésus pourvoit à tout pour nous, cette confiance n’est pas vaine. Jésus suffit à tout pour nous. En Lui, nos péchés sont pardonnés, nos cœurs sont renouvelés, et nous sommes inclus dans la vie qu’Il partage avec le Père et l’Esprit. 

Le salut est le résultat direct du pouvoir et de l’amour toujours fidèle du Père, prouvé de façon irréfutable à travers Jésus-Christ, et mis à notre service par le Saint-Esprit. Ce n’est pas notre foi qui nous sauve. C’est Dieu seul – Père, Fils et Esprit – qui nous sauve. Et Dieu nous donne la foi en tant que don pour ouvrir nos yeux à la vérité de ce qu’Il est – et de ce que nous sommes, en tant que Ses enfants bien-aimés.

 La parole d’amour éternelle et toute-puissante de Dieu, ainsi que Son désir d’inclusion pour vous, ne seront jamais réduits au silence (Romains 8 : 32 ; Romains 8 : 38 – 39). Vous Lui appartenez, et rien dans les cieux ou sur la terre ne peut rien y changer.

 

Notes de renvoi: 

1. James Packer, God’s Words (Baker, 1998), 44. 

2. Colin Gunton, The Triune Creator: A Historical and Systematic Study

(Eerdmans 1998), 9. 

3. D’autres termes théologiques qui décrivent cette communion intérieure du Père, du Fils et de l’Esprit sont coinhérence (l’un existant au sein de l’autre) et circumincessio (l’équivalent latin du grec perichoresis). 

4. Michael Jinkins, Invitation to Theology (InterVarsity, 2001), 92. 

5. C.S. Lewis, The Problem of Pain (Collier, 1962), chapitre 8, page 127). 

6. Robert Farrar Capon, The Mystery of Christ (Eerdmans, 1993), 10. 

7. Ndlt : En littérature, le terme « oxymore » est une figure de style qui réunit deux mots ou deux affirmations en apparence contradictoires. Par exemple : une obscure clarté, un silence assourdissant, une joie cruelle, etc. Dans cet article, l’auteur évoque le fait que le salut acquis pour tous les hommes grâce au sacrifice du Fils n’ôte pas la liberté qu’a chacun de la rejeter.

 

 

Tous droits réservés © – Sept 2008 – Eglise Universelle de Dieu

We Were Always On His Mind

Source : www.christianodyssey.com/08/Jun/June-July08.pdf