La doctrine de la Trinité existe depuis plus de 1600 ans. La
plupart des chrétiens la considèrent comme l’un des « truismes
» de leur foi, et ils ne lui accordent guère plus d’attention.
Le théologien J.I. Packer a noté que, dans le fatras de la
théologie, la Trinité est habituellement considérée comme
étant une vérité allant de soi à laquelle on n’accorde guère
d’attention (1).
Mais quel que soit votre niveau de compréhension de la
doctrine de la Trinité, vous pouvez être sûr d’une chose : le
Dieu Trine s’est engagé de façon irréversible à vous inclure
dans la merveilleuse communion de la vie du Père, du Fils et
du Saint-Esprit.
Communion
La doctrine de la Trinité nous enseigne qu’il n’y a pas trois
Dieux, mais seulement un, et que Dieu – le seul vrai Dieu, le
Dieu de la Bible – est Père, Fils et Saint-Esprit. Ce concept
a toujours été difficile à exprimer par des mots. Mais
essayons. Nous pourrions dire que le Père, le Fils et l’Esprit
demeurent mutuellement l’un avec l’autre, c’est-à-dire que la
vie qu’Ils partagent s’interpénètre parfaitement. En d’autres
mots, le Père n’existe pas sans le Fils et l’Esprit. Le Fils
n’existe pas sans le Père et l’Esprit. Et le Saint-Esprit n’a
pas d’existence sans le Père et le Fils.
Cela signifie que lorsque vous êtes en Christ, vous êtes
inclus dans la communion et dans la joie de la vie du Dieu
Trine. Cela signifie que le Père vous reçoit et qu’Il est en
communion avec vous comme ll l’est avec Jésus. Cela signifie
que l’amour que Dieu a démontré une fois envers tous par
l’Incarnation de Jésus-Christ n’est rien d’autre que l’amour
que le Père a toujours eu pour vous, avant même que vous soyez
croyants, et qu’Il aura toujours pour vous.
Cela signifie que Dieu a déclaré en Christ que vous Lui
appartenez, que vous êtes inclus, que vous comptez. C’est
pourquoi la vie chrétienne n’est qu’amour : amour de Dieu pour
vous et amour de Dieu en vous.
Dieu ne nous a pas créés pour être seuls. Etre créé à l’image
de Dieu – comme l’humanité l’est selon la Bible
(Genèse 1 : 27) – c’est être créé pour des relations d’amour,
pour une communion avec Dieu et les uns avec les autres. Colin
Gunton, théologien systématique aujourd’hui décédé, l’exprime
de la façon suivante : « Par avance sur la Création, Dieu
est déjà une communion de personnes partageant des relations
d’amour » (2).
Coexistence mutuelle
Les premiers pères grecs de l’Eglise désignaient cette union –
ou communion – du Père, du Fils et de l’Esprit par le mot « perichoresis ».
Ils utilisaient ce mot dans le sens de coexistence mutuelle
(3).
Pourquoi cela est-il important ? Parce que c’est précisément
cette vie intérieure d’amour du Dieu Trine que Dieu partage
avec nous en Jésus-Christ.
Le théologien Michael Jinkins la décrit de la façon
suivante : « Par le don volontaire de Jésus-Christ, par le
propre abaissement de Dieu en faveur de l’élévation de notre
humanité, Dieu partage Sa propre vie intérieure et – étant en
communion avec nous – Il nous unit à Lui-même par la Parole à
travers le pouvoir du Saint-Esprit. Ainsi donc, le Dieu qui
est Amour nous amène à une véritable participation à la vie
éternelle d’amour de Dieu » (4).
Cela semble-t-il trop « théologique » ? Rendons cela plus
simple. Tout comme Paul l’a dit aux païens d’Athènes, en Dieu
« nous avons la vie, le mouvement et l’être »
(Actes 17 : 28). Le Dieu par qui nous vivons, bougeons et
existons est le Père, le Fils et le Saint-Esprit, chacun
existant dans l’autre en parfaite communion et dans un parfait
amour. Le Fils devint humain pour que nous humains puissions
Le rejoindre dans cette parfaite communion d’amour qu’Il
partage avec le Père et l’Esprit. Nous apprenons tout ceci par
la parfaite révélation de Dieu Lui-même en Jésus-Christ, qui
est attestée dans les Ecritures.
« Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au
Père que par moi. Si vous me connaissiez, vous connaîtriez
aussi mon Père » (Jean 14 : 6 – 7).
« Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père
est en moi ?…Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est
en moi » (Jean 14 : 10 – 11).
« En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi, et que je suis en vous »
(Jean 14 : 20).
« …je prie…pour ceux qui croiront en moi par leur parole,
afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et
comme je suis en toi » (Jean 17 : 20 – 21).
« Car Dieu a voulu que toute plénitude habitât en lui
[Jésus-Christ]; il a voulu par lui réconcilier tout avec
lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les
cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix »
(Colossiens 1 : 19 – 20).
Le salut découle de l’amour absolu de Dieu et de Sa fidélité
envers l’humanité, et non d’un effort désespéré pour réparer
les dommages du péché. Le bienveillant dessein de Dieu pour
l’humanité existait avant même l’entrée sur scène du
péché (Ephésiens 1 : 4). Dieu a assuré notre futur – Il a,
comme Jésus l’a dit, « trouvé bon de vous donner le royaume »
(Luc 12 : 32). Jésus nous a emmenés avec Lui là où Il réside (Ephésiens 2 : 6).
Dieu s’est fixé le but de ne jamais être sans nous – chacun
d’entre nous – car Dieu a tout réconcilié avec Lui-même. Nous
oublions souvent cela. Mais Dieu, Lui, ne l’oublie jamais.
Dans
Son étreinte
En Jésus-Christ par le moyen du Saint-Esprit et par la
volonté du Père, nous – êtres mortels, êtres humains pécheurs,
malgré nous – sommes gracieusement et affectueusement gardés
dans la divine étreinte du Dieu trine. C’est exactement ce que
le Père projetait pour nous dès le début, « nous ayant
prédestinés dans son amour à être ses enfants d’adoption par
Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange
de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son
bien-aimé » (Ephésiens 1 : 5 – 6).
La rédemption commence avec la nature de Dieu, Son amour
absolu et insatiable pour l’humanité, et non avec le péché
humain. A travers l’Incarnation du Fils, devenant l’un des
nôtres et nous faisant un avec Lui, Dieu nous inclut dans
l’amour du Père pour le Fils et du Fils pour le Père, qu’Il
étend à tous. Dieu nous a créés pour cette raison même – de
sorte qu’en Christ nous devenions Ses enfants bien-aimés.
Bien avant la Création, telle a été la volonté de Dieu à
notre égard. « En lui Dieu nous a élus avant la fondation
du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles
devant lui, nous ayant prédestinés dans son amour à être ses
enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de
sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a
accordée en son bien-aimé…nous faisant connaître le mystère de
sa volonté, selon le bienveillant dessein qu’il avait formé en
lui-même…de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont
dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ephésiens 1 : 4 – 6, Ephésiens 1 : 9 – 10).
Par l’Incarnation expiatrice du Fils Jésus-Christ, les humains
sont déjà pardonnés, réconciliés et sauvés en Lui. La divine
amnistie a été proclamée pour toute l’humanité en Christ. Le
péché qui entra dans l’expérience humaine par Adam ne peut pas
être comparé au flot impétueux de la grâce de Dieu par
Jésus-Christ. « Ainsi donc », écrit l’apôtre Paul, « comme
par une seule offense la condamnation a atteint tous les
hommes, de même par un seul acte de justice la justification
qui donne la vie s’étend à tous les hommes »
(Romains 5 : 18).
Un salut universel ?
Alors, tout le monde entrera-t-il automatiquement – peut-être
même contre son gré – dans la joie de connaître et d’aimer
Dieu ? Une telle chose est vraiment un oxymore (7).
En effet, il est impossible d’aimer quelqu’un contre son gré.
Dieu attire toute l’humanité vers Lui (Jean 12 : 32), mais Il
ne force personne à venir. Dieu veut que tous parviennent à la
foi (I Timothée 2 : 4), mais Il ne force personne. Dieu aime
chaque personne (Jean 3 : 16), mais Il ne force personne à
L’aimer – l’amour doit être volontaire, librement consenti,
sinon ce n’est pas de l’amour.
Contrairement à l’idée d’un salut universel, seuls ceux qui
mettent leur confiance en Jésus sont capables de L’aimer et
d’éprouver la joie de Son salut. Ceux qui ne se confient pas
en Lui, qui refusent Son pardon ou le salut qu’Il a déjà gagné
pour eux – que ce soit parce qu’ils n’en veulent pas ou
simplement parce qu’ils s’en moquent – ne peuvent pas L’aimer
et jouir d’une communion avec Lui. Pour ceux qui considèrent
Dieu comme leur ennemi, l’amour constant de Dieu pour eux est
ressenti comme une intrusion extrêmement aggravante. Plus ils
sont confrontés à Son amour, plus ils Le haïssent. Pour ceux
qui haïssent Dieu, la vie dans le monde de Dieu représente un
enfer.
Comme C.S. Lewis l’affirme : « En un sens, les damnés sont
vainqueurs dans leur rébellion obstinée par le fait que les
portes de l’enfer sont verrouillées de l’intérieur »(5).
Ou comme l’expliquait Robert Capon : « Il n’existe pas de
péché que vous puissiez commettre et que Dieu n’ait pas
déjà pardonné en Jésus. La seule façon par laquelle vous
puissiez en devenir redevable c’est de refuser le pardon.
C’est cela l’enfer » (6).
Toujours présent dans Ses pensées
La doctrine de la Trinité est bien davantage qu’un simple
credo que l’on récite, ou que des mots imprimés dans un énoncé
des croyances. La vérité biblique centrale selon laquelle Dieu
est Père, Fils et Saint-Esprit, façonne véritablement notre
foi et notre vie de chrétien. La merveilleuse et belle
communion partagée par le Père, le Fils et l’Esprit constitue
précisément la communion d’amour dans laquelle notre Sauveur
Jésus nous place par Sa vie, Sa mort, Sa résurrection et Son
ascension en tant que Dieu dans la chair (Jean 16 : 27 ;
Jean 1 : 2 – 3).
Avant la fondation du monde, le Dieu Trine fixa le dessein
d’amener l’humanité à entrer dans la vie indescriptible, la
communion et la joie que le Père, le Fils et le Saint-Esprit
partagent ensemble en tant que le seul vrai Dieu (Ephésiens 1 : 4 – 10).
En Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné, nous avons été
rendus justes par le Père, et en Jésus nous sommes inclus dans
la communion et la joie de la vie partagée de la Trinité (Ephésiens 2 : 4 – 6).
L’Eglise est constituée de ceux qui sont déjà parvenus à la
foi en Christ. Mais la rédemption s’applique à tous
(I Jean 2 : 1 – 2). Le fossé a été comblé. Le prix a été payé.
La voie est libre pour que la race humaine entre dans sa
demeure, tout comme le fils prodigue de la parabole.
La vie de Jésus, Sa mort, Sa résurrection et Son ascension
sont la preuve du dévouement total et inébranlable du Père
pour mener à bien Son objectif d’amour visant à inclure
l’humanité dans la joie et la communion de la vie de la
Trinité. Jésus est la preuve que le Père ne nous abandonnera
jamais. En Jésus, le Père nous a adoptés, et a fait de nous
Ses enfants bien-aimés, et Il ne renoncera jamais à Ses plans
pour nous.
Quand nous avons confiance que Jésus pourvoit à tout pour
nous, cette confiance n’est pas vaine. Jésus suffit à tout
pour nous. En Lui, nos péchés sont pardonnés, nos cœurs sont
renouvelés, et nous sommes inclus dans la vie qu’Il partage
avec le Père et l’Esprit.
Le salut est le résultat direct du pouvoir et de l’amour
toujours fidèle du Père, prouvé de façon irréfutable à travers
Jésus-Christ, et mis à notre service par le Saint-Esprit. Ce
n’est pas notre foi qui nous sauve. C’est Dieu seul – Père,
Fils et Esprit – qui nous sauve. Et Dieu nous donne la foi en
tant que don pour ouvrir nos yeux à la vérité de ce qu’Il est
– et de ce que nous sommes, en tant que Ses enfants
bien-aimés.
La parole d’amour éternelle et toute-puissante de Dieu, ainsi
que Son désir d’inclusion pour vous, ne seront jamais réduits
au silence (Romains 8 : 32 ; Romains 8 : 38 – 39). Vous Lui
appartenez, et rien dans les cieux ou sur la terre ne peut
rien y changer.
Notes de renvoi:
1. James Packer, God’s Words (Baker, 1998), 44.
2. Colin Gunton, The Triune Creator: A Historical and
Systematic Study
(Eerdmans 1998), 9.
3. D’autres termes théologiques qui décrivent cette communion
intérieure du Père, du Fils et de l’Esprit sont coinhérence
(l’un existant au sein de l’autre) et circumincessio
(l’équivalent latin du grec perichoresis).
4. Michael Jinkins, Invitation to Theology (InterVarsity,
2001), 92.
5. C.S. Lewis, The Problem of Pain (Collier, 1962),
chapitre 8, page 127).
6. Robert Farrar Capon, The Mystery of Christ (Eerdmans,
1993), 10.
7. Ndlt : En littérature, le terme « oxymore » est une figure
de style qui réunit deux mots ou deux affirmations en
apparence contradictoires. Par exemple : une obscure clarté,
un silence assourdissant, une joie cruelle, etc. Dans cet
article, l’auteur évoque le fait que le salut acquis pour tous
les hommes grâce au sacrifice du Fils n’ôte pas la liberté
qu’a chacun de la rejeter.
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Sept 2008 – Eglise Universelle de Dieu
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Source :
www.christianodyssey.com/08/Jun/June-July08.pdf