Imaginez une scène se déroulant dans un palais
de justice où vous êtes celui qui est condamné, confronté à certaines
accusations. Vous avez admis votre culpabilité. Mais, alors que vous pénétrez
dans la salle d'audience, vous remarquez que le juge vous adresse un petit
signe de tête amical et rassurant, comme s'il vous connaissait depuis toujours.
Il vous fait venir à la barre, et il vous
déclare avec un chaleureux sourire paternel : « N’ayez pas peur, je
connais bien votre cas. En fait, je vais être votre avocat de la
défense ». Le théologien Shirley C. Guthrie, aujourd’hui disparu, a expliqué que c’est la façon
dont nous devrions imaginer ce que la Bible appelle le Jugement. Guthrie a demandé : « Devons-nous parler de la colère
de Dieu ? » Et il répond : « Oui, mais la colère de
Dieu n’est pas comme celle des dieux. C’est la colère du Dieu qui était en
Christ, réconciliant le monde à Dieu Lui-même » (Christian Doctrine,
pages 261-262).
Une camisole de force théologique
Malheureusement, au lieu de permettre à l’amour
de Jésus, à Sa compassion et à Sa tendresse de façonner leur compréhension de
Dieu, beaucoup de chrétiens gravitent autour de ce que
nous pourrions appeler un modèle « homologué » de salut. Le mot
« homologué » ressemble à un terme juridique ou légal, et c’est ce
qu’il est. Ce modèle homologué considère Dieu le Père comme étant austère et
vindicatif, un Dieu effrayant, du courroux duquel Jésus doit nous sauver. Ceci
suppose que le point de départ pour comprendre Dieu n’est pas Jésus-Christ,
mais « la loi » sur laquelle repose le système légaliste de l’Ancien
Testament. Ce modèle considère la loi comme étant tellement importante que même
Dieu y est assujetti. Et puisque Dieu se soucie premièrement des amendes
exigées par Sa loi, et seulement ensuite du bien-être des hommes, Il les punira
pour avoir transgressé la loi de la même manière qu’un tribunal humain et le
système légal d’un Etat le fait par le moyen d’une démonstration irréfutable de
culpabilité suivie d’un verdict de culpabilité.
Au cœur du modèle homologué se trouve la colère
de Dieu contre l’humanité pécheresse.
Dieu est offensé, et quelqu’un doit payer. Jésus se présente et subit
toute la force de la colère de Dieu contre le péché de l'homme.
Cela signifie que notre amende a été payée pour
nous, mais cela ne restaure en rien une relation d'amour et de confiance. Cette
description d'une « divinité offensée » oublie que, premièrement et
avant tout, Dieu est amour (I Jean 4 : 16), que Dieu
travaille avec joie à mener « beaucoup de fils vers la gloire », et
que notre salut était Son objectif « dès la fondation du monde »
(Apocalypse 13 : 8).
Ce modèle homologué oublie aussi une chose bien
plus basique : que Jésus-Christ et le Père, de même que le Saint-Esprit,
sont les trois Personnes du Dieu unique, et que le Fils ou la Parole faite
chair en Jésus était la parfaite révélation du Père sous forme humaine. Le Père
n’est pas une sorte de divinité courroucée et vindicative dont nous devons nous
protéger, Il est juste comme Jésus. Souvenez-vous que Jésus est « l'empreinte de Sa personne [celle du
Père] » (Hébreux 1 : 3). Le Père est plein de compassion et
de miséricorde, un Dieu qui « prend plaisir à la miséricorde, et non aux
sacrifices », tout comme Jésus. Jésus est le point de départ pour
comprendre Dieu et non la loi.
Dieu n’est pas schizophrène. Il n’a pas de
dédoublement de la personnalité. Il n’y a pas un « bon Dieu », Jésus,
et un « mauvais Dieu », le Père. Il y a un Dieu – Père, Fils et
Esprit – qui nous aime inconditionnellement, et qui a pleinement payé par Jésus
non seulement pour le pardon et la suppression de nos péchés, mais aussi pour
notre entière participation à la relation d’amour que le Fils a partagée avec le
Père depuis l’éternité.
Adoption
Dieu n’est pas occupé à former des valets
obéissants, mais à édifier une famille. L’apôtre Paul a utilisé le mot
« adoption » pour décrire le genre de relation que Dieu a créée pour
l’humanité en Jésus-Christ (Ephésiens 1 : 4 – 5). A
travers l’incarnation du Fils – par Jésus devenant l’un des nôtres et adoptant
notre cause comme la Sienne – Dieu nous a attirés et nous a fait prendre part à
la relation intime que Jésus a avec le Père.
Nous voyons le pouvoir de cet amour intime que
Dieu éprouve pour l’humanité dans la parabole du Fils Prodigue. Le fils
repentant est accueilli à la maison par le Père, et rétabli dans tous ses
droits filiaux (Luc 15 : 11 – 24). Cela dépeint le
Dieu qui a réconcilié le monde avec Lui-même en Christ
(II Corinthiens 5 : 19). La mort du Christ n’était pas un
acte vindicatif d’abus divin sur Son enfant, comme le dénoncent certains
critiques hostiles au christianisme. C’était une délivrance divine émanant de
l’amour de Dieu pour nous (Jean 3 : 16), une intervention
destinée à rétablir ce qu'Il avait déjà arrêté, et dont nous étions oublieux
dans notre ignorance et nos ténèbres
(Jean 3 : 19 – 20).
Confrontée à ce dessein majestueux, la colère de
Dieu peut être pleinement comprise : Son courroux – pas envers l’humanité
pour le salut de laquelle Il a envoyé Jésus, mais envers le péché, celui qui
détruit la relation qu’Il a toujours voulue pour nous en Christ. Dieu n’est pas
un quelconque parent égoïste, plein de ressentiment, dans la tourmente émotionnelle
parce que nous n’avons pas agi selon Ses règles.
Dieu est Père, Fils et Esprit, aimant, fidèle et
engagé d’une façon inconditionnelle à amener l’humanité dans la joie de Le
connaître pour ce qu’Il est réellement.
Miséricorde contre jugement
Cependant, Dieu ne sera jamais en paix avec le
péché. La grande tragédie humaine est que nous avons été totalement
inconscients du pardon et de la réconciliation apportés par le Père à travers
Jésus-Christ. Nous avons préféré les ténèbres à la lumière, et nous avons
choisi d’ignorer ce que le Père nous offre par le Fils.
Par Christ, la désunion entre le monde et Dieu a
été supprimée une fois pour toutes. La grande majorité des non-croyants sont
simplement ceux qui, par faiblesse ou ignorance, résistent à l’influence du
Saint-Esprit vivifiant de Christ, la Personne de la Divinité qui nous invite à
abandonner notre dépendance aux ténèbres et au péché – qui témoigne dans nos
cœurs de l’œuvre salvatrice, rédemptrice et réconciliatrice accomplie par Dieu
à notre profit en Jésus (Jean 14 : 25 – 27 ;
Jean 15 : 26).
Jésus n’a pas juste apporté une bonne
nouvelle, Il était la bonne nouvelle. Son enseignement insistait
principalement sur la miséricorde, et pas sur la vengeance. Ses enseignements
marquants reflètent le Dieu qui est amour, pour qui la miséricorde triomphe du
jugement (Jacques 2 : 13). Ainsi donc, ce qui était insinué dans
certaines parties de l’Ancien Testament devient le thème majeur dans les
Evangiles : « Je prends plaisir à la miséricorde et non aux sacrifices ».
Les propos de Jésus nous dépeignent un Père miséricordieux, un Bon Samaritain,
des bergers en quête de leurs brebis, et des employeurs splendidement généreux,
des guérisons, des exorcismes, un Grand Médecin qui a dit : « Venez
à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos »
(Matthieu 11 : 28).
http://www.christianodyssey.com/08/0808schizo.htm
Christian Odyssey / Août – Septembre 2008
Who's
Afraid of the Schizophrenic God?
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– février 2009