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Allons de l'avant vers le Christ
Joseph Tkach
 

Les anciens Israélites devaient réciter leur histoire nationale pour se rappeler qui ils étaient dans le monde, se rappeler leur relation avec Dieu et comment ils devaient réagir vis-à-vis du Dieu de leur salut. Leur confession définissait leur identité et leur façon de vivre (Deutéronome 26 : 5 - 10).

Se souvenir de notre histoire fait partie intégrante de notre culte. Cela fait partie de notre confession et de la reconnaissance de notre identité devant Dieu. Notre relation avec Dieu dicte nos actions dans le monde où nous vivons. C’est une des raisons pour laquelle la grande majorité des chrétiens célèbrent l’Avent, Pâques et d’autres commémorations d’événements de la vie de notre Sauveur. Elles nous rappellent qui nous sommes, car elles racontent l’histoire de notre vie et notre identité. Jésus Christ est Celui qui définit notre identité dans le monde.

La date exacte du début de notre histoire est entourée de mystère. L’histoire de la création débute tout simplement par ces mots : « Au commencement ». Nous ne savons pas exactement quand Adam fut créé ou quand Jésus-Christ naquit. Mais, peu importe la date de l’incarnation du Fils de Dieu, ce fut le point central de l’histoire écrite par Luc et Matthieu dans les Evangiles.

C’est une histoire sans précédent, porteuse d’une bonne nouvelle, et parce que c’est une bonne nouvelle, nous nous réjouissons pour nous et pour le monde entier. L'Eglise chrétienne a une histoire, elle aussi. Nous pourrions dire qu’elle a commencé avant Moïse quand Abraham fut appelé. Nous pourrions dire aussi qu’elle a commencé à la naissance de Jésus, à l’appel de Ses disciples ou à Sa mort et au moment de Sa résurrection.

Quel que soit notre point de vue, nous pourrions affirmer que la Pentecôte décrite dans Actes 2 est un point de départ marquant pour l’Eglise. Le reste du livre des Actes des Apôtres développe encore plus l’histoire, nous aidant ainsi à voir le lien qui nous rattache au Jésus qui est mort et ressuscité. Il nous montre comment l’Eglise s’est agrandie en partant de Jérusalem pour devenir un ministère d’envergure mondiale. En nous souvenant de notre histoire, nous nous rappelons qui nous sommes et connaissons l’œuvre que nous devons accomplir pour notre Père.

L’histoire de l’Eglise est en marche. Mais les Actes n’en relatent qu’une partie, car tout n’a pas été retranscrit dans les Ecritures. Le martyre de Polycarpe et de Perpetuae nous aide à entrevoir la foi des premiers croyants.

La montée au pouvoir de Constantin, le Concile de Nicée, la rivalité entre Rome et Constantinople furent des points saillants qui modelèrent la vie de l’Eglise pour les siècles à venir.

Bien des fois chacun faisait ce qui lui semblait juste. Quelquefois des chefs puissants régnaient avec intégrité, à d’autres occasions, certains chefs abusaient de leur autorité envers le peuple. Il y eut des temps de captivité, d’exil, de péché et de restauration.

L’année mille-cinq-cent-dix-sept est une date clé ; c’est à ce moment là que Martin Luther défia l’autorité du souverain pontife de Rome sur des points de doctrine, en se référant à la Parole de Dieu. Il y eut d’autres événements importants à Genève, en Hollande, en Angleterre et en Amérique. Les gens se souviennent de ces étapes importantes, car elles ont servi à façonner notre identité.

Bien que nous ne soyons pas des Luthériens, nous comprenons le point de vue de Luther. Nous ne sommes pas des Méthodistes, mais nous comprenons quand même l’expérience d’Aldersgate de John Wesley, quand il sentit son cœur se réchauffer à la lecture de certaines œuvres de Luther sur la grâce divine.

Un moment capital dans notre histoire survint au mois de décembre, il y a 5 ans, quand mon père fit un sermon sur la Nouvelle Alliance et le sabbat. Même si d’autres changements doctrinaux avaient été annoncés auparavant et que d’autres suivirent, ce fut le changement qui affecta le plus notre Eglise. Certains d’entre nous ne purent l’accepter, mais pour beaucoup d’autres, ce fut le changement qui engendra la plus grande croissance spirituelle.

Certains ont même suggéré la création d’une nouvelle fête commémorant la renaissance de l’Eglise Universelle de Dieu.

Serait-ce une bonne chose de célébrer cet événement capital de l’histoire de notre église ? Pourrions nous commémorer notre réforme comme le rappel permanent du long chemin que nous avons parcouru, de notre identité et de ce que Christ veut que nous soyons ?

Le nom suggéré pour cette fête fut « Le Jour de la Réforme ». On proposa de le célébrer le 24 décembre, date à laquelle le sermon fut prononcé et enregistré sur bande vidéo à Big Sandy, au Texas et ensuite envoyé de par le monde. Est-ce que cela nous aiderait à croître ?

Nous ne voulons pas oublier le chemin parcouru, ni comment le Christ nous a rapprochés de Lui, ni comment la grâce nous libère du légalisme. Beaucoup de gens qui ne sont pas dans notre Eglise peuvent tirer des leçons de notre histoire, de la même façon que nous tirons profit de l’expérience de Martin Luther.

Beaucoup peuvent se reconnaître dans nos controverses sur les œuvres et dans notre relation avec Dieu à travers nos actions. Encore maintenant beaucoup de chrétiens bien-pensants ont besoin d’être libérés par une nouvelle réforme.

Peut-être n’avons nous pas vraiment besoin d’une nouvelle fête dans notre calendrier liturgique et encore moins d’une fête en décembre. Il y a quelque chose de plus important qui mérite réflexion, c’est Jésus-Christ. C’est de Lui que vient notre Salut et c'est par Lui que notre réforme a commencé. Il est au centre de notre identité propre et Il est à l’origine de toutes nos actions.

Notre identité et notre vie s’appuient sur ce Dieu fait Homme, sur ce Dieu tellement humble qu’Il a, de son plein gré, choisi de naître dans la pauvreté et dans l’oppression, comme l’un d’entre nous.

Quelle ironie ! Jésus, un Juif, fut persécuté par Hérode le Roi des Juifs, mais ce même Jésus trouva refuge en Egypte parmi les Gentils. Cependant, il ne resta pas dans ce lieu de refuge ; Il revint vers Son peuple pour être ensuite rejeté par celui-ci dans Sa ville natale et à Jérusalem.

Il fut tué par des chefs religieux qui se targuaient de leur supériorité et par des chefs politiques qui étaient fiers de leur administration de la justice. Lui, le Saint et le Juste, mourut de façon ignoble en devenant la victime innocente et expiatoire de nos péchés.

Le Créateur de toute vie est mort parce que nous, humains, ne pouvions être sauvés d’aucune autre façon. Nous ne pouvions nous sauver nous-mêmes. Notre seul espoir était que Dieu Lui-même s’abaisse en devenant comme l’un de nous, qu’Il soit sans tache et qu’Il devienne une victime expiatoire pour nous.

C’est là que repose notre identité, dans l’humilité, dans la souffrance, dans cette confiance en Dieu de la naissance, à la mort. Jésus nous a montré l’exemple et Il nous appelle à Le suivre.

Selon Matthieu, notre histoire débute avec Abraham. Tout au long de cette histoire nous retrouvons des ancêtres d’origine païenne, une prostituée, une femme adultère, une femme enceinte avant son mariage. La gloire de Dieu était cachée dans le sein de Marie, cette femme scandaleuse au dire de tous. Aujourd’hui encore, la gloire de Dieu est bien souvent cachée, n’est-ce pas ?

Voilà notre identité : l’humilité, et parfois même, la honte. Nous ne payons pas de mine, même si la gloire de Dieu vit en nous. Notre histoire commence dans la honte, le péché, et, en un Dieu qui nous recherche.

Nous n’avons pas de quoi nous glorifier : nous devons tout simplement admettre notre impuissance et nous tourner vers Dieu pour obtenir miséricorde -miséricorde dont il a déjà fait preuve et qu’Il nous a garantie en Jésus-Christ. Notre histoire se confond avec la Sienne, une histoire de honte et de gloire qui restera cachée jusqu’à la résurrection.

Jésus n’est pas seulement notre point de référence, Il influence aussi notre réaction envers Dieu. La formule « Soyez saint comme Je suis saint » prend tout son sens dans les versets « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6 : 36) et « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi » (Colossiens 3 : 13).

Jésus-Christ est la preuve tangible que Dieu est miséricordieux envers nous, ainsi nous avons le pouvoir d’être miséricordieux envers les autres. En Lui, nous pouvons faire pour eux ce qu’Il a fait pour nous. Voici l’exemple de l’éthique de la Nouvelle Alliance, voici comment la grâce nous enseigne à vivre pieusement. Comme Il nous a aimés, nous aimerons le prochain librement et de façon tangible pas seulement avec des sentiments pieux.

Nous confions nos vies à Jésus et nous savons que notre salut est assuré, grâce à Lui. Nous sommes libérés de la peur de la mort, libérés de la crainte de la persécution, libérés de la peur du ridicule, libérés des sentiments d’insécurité.

Christ étant notre forteresse, nous sommes libres de faire des bonnes œuvres malgré les conséquences négatives qui quelquefois en découlent dans ce monde déchu. Malgré cela, nous n’avons pas à refuser notre pardon, nous n’avons pas à attendre le moment où l’autre personne a été assez punie ou assez affligée.

Etant libres en Christ, nous pouvons rendre un culte en tout temps et en tout lieu. Nous n’avons pas à nous juger ou nous condamner les uns les autres à ce sujet. Nous sommes libres aussi de ne plus jamais laisser les jours de culte devenir des œuvres de propre justice.

Nous sommes libres de nous laisser mutuellement le choix pour célébrer et pour nous assembler comme nous le souhaitons. Nous sommes libres de nous rencontrer dans un esprit d’amour réciproque et dans la joie du Salut par égard pour Celui qui est mort et est ressuscité pour nous.

Nous sommes libres de nous rencontrer au moment le plus opportun pour la congrégation ou pour les missions, et non au moment qui nous conviendrait le mieux, personnellement.

En bref, nous sommes libres de venir humblement devant l’autel de Dieu, de nous y ressourcer et de nous y reposer, d’être les serviteurs des uns et des autres dans le même esprit d’amour que notre Sauveur, paisibles et sages, toujours ouverts à la connaissance.

Il y a cinq ans, nous avons franchi une étape majeure au cours de notre voyage vers Christ. Dans un sens il semble que c’était hier, et dans un autre que c’est arrivé il y a longtemps. Ce fut une source de stress et d’une certaine façon cela l’est encore. Nos revenus ont chuté de façon vertigineuse. Certains membres restent encore et toujours à l’écart avec une attitude, soit libérale, soit conservatrice. D’autres ne sont présents que de façon sporadique aux assemblées ne contribuant en rien ou ne profitant pas des possibilités de rencontre avec leurs frères et sœurs.

Mais le temps, lui, continue à s’écouler. Nous pouvons ressasser ou même penser au chemin parcouru, mais notre esprit ne doit pas s’y attarder. Nous devons aller de l’avant, car notre périple n’est pas encore terminé. Christ nous ordonne : « Faites… des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit ».

Nous savons où nous en étions il y a cinq ans. Beaucoup d’entre nous se souviennent du lieu et du moment où ils ont entendu ce sermon. Je crois que même après notre mort ce sera encore et toujours un point de repère important pour notre Eglise. Ce point de repère nous a fait grandir dans la grâce divine et a formé notre identité en tant qu’Eglise.

Nos descendants spirituels pourront regarder en arrière et percevoir ces changements doctrinaux de plusieurs façons. Ils démontrent la nécessité de faire la distinction entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle, entre le légalisme et la grâce. Ils sont la preuve que le Saint-Esprit œuvre dans le peuple de Dieu pour le guider continuellement et le rapprocher de Jésus-Christ.

Des changements doctrinaux ne se substitueront jamais à Jésus, ils ne seront jamais plus importants que l’histoire de Jésus… Sa naissance, Sa mort et Sa résurrection sont les pierres d’angle des Saintes Ecritures.

Notre histoire est importante pour nous. C’est l’histoire de Jésus à l’œuvre dans Son Eglise, pour corriger, racheter, enseigner et bénir. Notre histoire est celle de la douleur qu’engendrent les erreurs doctrinales. Nous ne voulons plus faire les mêmes erreurs et nous espérons que notre histoire en aidera d’autres à éviter ce parcours douloureux.

Notre compréhension est formée par notre histoire, mais notre avenir est en Christ. Notre vision prend en compte le passé, mais elle influence notre avenir. Prendre en compte notre histoire passée n’a aucun sens si nous ne nous demandons pas comment cela nous affecte aujourd’hui et comment cela affectera notre destinée. C’est pourquoi l’endroit où nous étions il y a cinq ans n’a pas autant d’importance que l’endroit où nous espérons être dans cinq ans. Quelle sorte de gens voulons nous être – plutôt, que croyons-nous que Christ veut que nous soyons ?

C’est avec cette idée en tête, que je vous renvoie à l’article « La Nouvelle Eglise Universelle de Dieu », qui je crois sera très utile et inspirant pour vous. Gardez à l’esprit que cet article de James Henderson, Directeur régional pour les Eglises d’Afrique, ne dépeint en rien l’Eglise d’aujourd’hui, mais, ce que nous essayons de devenir quand Christ oeuvre en nous.

Ses commentaires, faits dans le contexte africain, s’appliquent tout aussi bien à d’autres continents, et je crois que nous pouvons apprendre énormément de ses écrits.

Que nous regardions en arrière ou en avant, soyons certains de regarder vers le Christ. C’est à Lui que nous devons nos vies, c’est en Lui et pour Lui que nous vivons, que nous agissons. Nous appartenons à Son royaume et nous en sommes les serviteurs. Le Christ Roi, né dans une crèche, heureux de vivre parmi les humbles qui reconnaissent avoir besoin de Lui.

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