Les Chrétiens qui s’opposent
à la célébration de Noël utilisent
souvent, Jérémie chapitre 10, pour justifier
leur opposition à l’arbre de Noël. Ces
Chrétiens croient que Jérémie 10 :
2-4 est explicite : « Il est défendu d’avoir
chez soi des arbres de Noël ! »
Mais tous ceux-là qui critiquent Noël ont-ils
raison ? Jérémie 10 : 2-4 condamne-t-il ceux
qui dressent un arbre de Noël à l’occasion
du 25 décembre ? La version Louis Segond traduit
ainsi ces versets : « Ainsi parle l’Eternel
: n’imitez pas la voie des nations et ne craignez
pas les signes du ciel parce que les nations les craignent.
Car les coutumes des peuples ne sont que vanité.
On coupe le bois dans la forêt, la main de l’ouvrier
le travail avec la hache ; on l’embellit avec de l’argent
et de l’or, on le fixe avec des clous et des marteaux,
pour qu’il ne vacille pas » (Jérémie
10 : 2-4).
En apparence, il semblerait que Jérémie décrive
par ses paroles un arbre de Noël. Mais allons plus
loin. Une clé importante pour comprendre tout passage
des Ecritures consiste à porter une attention particulière
au contexte dans lequel s’inscrit ce passage. Les
versets 2 à 4 de Jérémie 10 font partie
d’un contexte plus large qui comprend les versets
1 à 16.
Dans ces versets Jérémie proclame que le
Seigneur est le Seul Dieu : « Nul n’est semblable
à toi, ô Eternel ! Tu es grand, et ton nom
est grand par ta puissance. Qui ne te craindrait, roi des
nations ?[…] » (versets 6-7). « Mais l’Eternel
est Dieu en vérité, il est un Dieu vivant
et un roi éternel […] » (verset 10).
« Il a créé la terre par sa puissance,
il a fondé le monde par sa sagesse, il a étendu
les cieux par son intelligence » (verset 12).
Les dieux que les païens adoraient n’étaient
rien comparés à l’Eternel. « Les
dieux qui n’ont point fait les cieux et la terre disparaîtront
de la terre et de dessous les cieux » (verset 11).
Ils ne sont que de simples images faites par les hommes.
« Tout orfèvre est honteux de son image taillée
; car ses idoles ne sont que mensonge, il n’y a point
en elles de souffle, elles sont une chose du néant,
une oeuvre de tromperie » (versets 14-15).
L’or n’est pas le seul matériau utilisé
pour fabriquer des idoles. Les versets 8 et 9 parlent d’idoles
sans valeur, sur lesquelles les artisans apposent de l’or
et de l’argent ; idoles que l’on pare de vêtements
d’apparat. Lorsque l’on se rend compte que ces
versets condamnent l’idolâtrie, nous pouvons
comprendre ce que Jérémie voulait dire au
verset 3 : « Les coutumes des peuples ne sont que
vanité. » Il n’est donc pas étonnant
que le prophète nous mette en garde contre «
la voie des nations ».
Lorsque nous consultons d’autres traductions, nous
saisissons mieux le sens des paroles du prophète
Jérémie. Ainsi, la Nouvelle Version Internationale
traduit ce passage ainsi : « Ils coupent un arbre
dans la forêt et un artisan le sculpte au moyen de
son ciseau à bois ».
Ainsi, l’outil en question n’est pas l’outil
d’un bûcheron mais plutôt celui d’un
sculpteur sur bois. La plupart des traductions modernes
restituent le sens de ce verset de la même manière.
Jérémie ne condamne pas l’usage traditionnel
des arbres de Noël. Il condamne l’idolâtrie.
L’arbre de Jérémie 10 est abattu pour
être ensuite sculpté en vaine idole qui sera
ensuite ornée d’or et d’argent. Dans
ces versets, Jérémie ne parle aucunement des
arbres de Noël.