Réflexion sur les Baptêmes
Jack Brunet
 

S'adressant aux Juifs convertis au christianisme, l'auteur de l'épître aux Hébreux rappelle que la Nouvelle Alliance est de loin supérieure à l'Ancienne et qu'il est important d'avoir une maturité spirituelle afin de tendre vers la perfection concernant la foi chrétienne. Ainsi, l'auteur résume les doctrines de base dans Hébreux, chapitre 6, versets 1 et 2.  Le chrétien, enraciné dans les enseignements de Jésus-Christ, doit travailler à sa sanctification, notamment en renonçant au péché (les œuvres mortes). Nous sommes sauvés par la grâce, au moyen de la foi dans le sacrifice de Jésus à la croix. Mais nous devons marcher en nouveauté de vie pour témoigner du Christ vivant en nous. C'est ce que l'apôtre Jacques appelle la foi vivante (Jacques 2 : 14-22). Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres, mais parce que nous sommes sauvés, nous allons produire des œuvres qui rendent gloire à Dieu (Ephésiens 2 : 8-10).

Les Juifs, descendants d'Abraham, se considéraient comme les uniques héritiers des promesses de Dieu. Or, en fait, les véritables héritiers de la promesse sont ceux qui croient en Jésus-Christ (Galates 3 : 16-29, Hébreux 9 : 6-8). C'est la raison pour laquelle ces Juifs convertis ne comprenaient pas qu'ils aient à se faire baptiser. Selon eux, c'était aux prosélytes de se faire baptiser (les païens qui voulaient adhérer à la religion juive), et non à eux. Les prosélytes étaient plongés plusieurs fois dans l'eau, comme symbole d'un rite de purification. L'auteur des Hébreux demande tant aux Juifs qu'aux prosélytes d'accepter la doctrine des baptêmes, ainsi que celle de l'imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel, comme fondement de leur foi en Christ.

Mais, comment parler de la doctrine des baptêmes, alors qu'il est écrit dans Ephésiens chapitre 4 verset 5 qu'il n'y a qu'un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous ? La Bible se contredirait-elle ? Comment réconcilier ces deux affirmations ? En fait, il n'y a pas de contradiction, mais simplement le fait que la question du baptême est traitée sous trois aspects différents. Chaque aspect ayant un sens propre en rapport avec l'eau, l'Esprit et le feu.

Le seul passage des Ecritures où il est fait mention, en même temps, de ces trois baptêmes se trouve dans Matthieu chapitre 3, alors que Jean-Baptiste voit venir à lui des Pharisiens et des Sadducéens hypocrites. Il affirme alors qu'il baptise d'eau seulement pour les amener à la repentance (verset 11), pour le pardon des péchés. Ce baptême préfigure symboliquement le sang de Jésus (Sa mort) qui sera versé pour la purification de nos péchés et dans lequel nous sommes plongés figurativement lors de la cérémonie du baptême par immersion (Romains 6 : 4, I Jean 1 : 7). Mais Christ, Lui, viendra pour baptiser d'Esprit et de feu. Il y a, à partir de ce verset de Matthieu chapitre 3, verset 11 beaucoup de controverses et d'interprétations erronées. Que faut-il vraiment entendre par baptême d'Esprit et baptême de feu ? En fait, le contexte nous éclaire et nous fournit même des éléments de réponse.

Le contexte dont il est question ici est la colère de Dieu qui viendra frapper ceux qui se seront moqués de Jésus-Christ. C'est ce qui est symbolisé dans Matthieu chapitre 3, verset 10 : «Déjà la cognée est mise à la racine des arbres : tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu». Jean-Baptiste explique ensuite au verset 12 ce que va faire Jésus-Christ en révélant la grâce à l'humanité. Certains croiront en Lui et seront sauvés (Matthieu 16 : 16). Comme la récolte d'une moisson, les âmes sauvées seront placées dans le grenier de Dieu, le Royaume. Toutefois, les personnes qui rejetteront Jésus-Christ seront jetées dans un feu qui ne s'éteint point, c'est-à-dire le feu de la Géhenne (Matthieu 13 : 24-30, 18 : 1-9, 25 : 31-46, I Corinthiens 3 : 9-14, II Corinthiens 2 : 14-17, Hébreux 12 : 25-29).

En d'autres termes, ceux qui seront baptisés d'Esprit accepteront Jésus comme Sauveur, et se soumettront à Sa souveraineté ; ils seront régénérés (nés de nouveau) et ultimement ils seront avec Jésus pour l'éternité. Mais ceux qui rejetteront l'œuvre expiatoire de Jésus pour le pardon de leurs péchés et refuseront de se soumettre à Jésus, seront condamnés à la seconde mort, qui est la mort éternelle (Matthieu 13 : 47-50, Apocalypse 21 : 5-8).
Certains prétendent que le chrétien doit être baptisé de feu (comme au jour de la Pentecôte où des langues de feu se sont posées sur les disciples lorsqu'ils ont reçu le Saint-Esprit, voir Actes 2 : 1-3). Mais le contexte nous interdit cette interprétation. Le feu dont il est question est le symbole d'un châtiment sans appel ! C'est le symbole d'un châtiment éternel (Hébreux 6 : 4-8, Jude 5-7, 22-23, Apocalypse 20 : 14-15). Soulignons toutefois que l'apôtre Paul dit, dans un passage sujet à diverses interprétations, que certains chrétiens seront sauvés «comme au travers du feu» (I Corinthiens 3 : 15) pour signifier par là que certains seront sauvés de justesse, comme la personne qui doit fuir les lieux d'un incendie en laissant derrière elle tous ses biens.

 

Dans un entretien avec Nicodème, pharisien pratiquant, qui reconnaissait la nature divine de Jésus, Celui-ci lui révéla qu'il fallait naître d'eau et d'Esprit pour être sauvé et recevoir la vie éternelle (Jean 3 : 1-7). Naître d'eau signifie se repentir de ses péchés et naître d'Esprit signifie être régénéré par l'œuvre du Saint-Esprit en nous, ce qui nous fait devenir membre du Corps de Christ (l'Eglise) et enfant de Dieu (Jean 1 : 12). Jésus ne parle pas de la nécessité d'être baptisé de feu pour qu'un chrétien puisse voir le royaume de Dieu.

Ce passage des Ecritures nous exhortent à la repentance et à la foi en l'œuvre expiatoire de Jésus-Christ afin de recevoir l'Esprit-Saint et de participer à la résurrection des morts pour accéder à la vie éternelle (Romains 8 : 11). Si vous voulez vous faire baptiser, demandez conseil auprès d’un pasteur ou d’un ministre du culte ordonné. Ce sont des personnes assermentées qui vous aideront dans votre cheminement. La cérémonie du baptême se fait en deux temps : l'immersion totale dans l'eau (purification des péchés par la foi dans le sacrifice de Jésus-Christ) suivie de l'imposition des mains (régénération par l'œuvre du Saint-Esprit -Tite 3 : 5). Bien sûr, aucun chrétien authentique ne saurait être baptisé de feu.
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