Quitte à réécrire l'histoire pour qu'elle soit acceptable, on ne craint pas d'inventer des «faits» qu'on nous présente aujourd'hui comme de «nouvelles vérités» ; et ce par l'intermédiaire de romanciers suffisamment talentueux pour que la «fausse vérité» supplante la vérité tout court. Tel est le cas avec l'histoire de Marie dite de Magdala !
Jamais on aura autant parlé de cette femme dont on ne sait pratiquement rien ! Peu importe, il faut bien satisfaire les lecteurs. Comment ? En leur apportant de quoi avoir un pseudo esprit critique des Ecritures, pour éventuellement en arriver à réduire à peu de chose tout ce qu'elles déclarent en ce qui concerne Jésus, puisque selon certains, une histoire amoureuse se serait nouée entre Lui et cette Marie.
Pas question ici de polémiquer sur la réalité des relations qui se sont établies entre Jésus de Nazareth et une femme originaire d'une petite ville située sur la rive Sud-Ouest du lac de Galilée. Pour saisir la vérité, il nous faut simplement tenir compte des déclarations faites par les quatre évangélistes qui ont recueilli le témoignage de ceux qui l'ont vue et qui l'ont connue. Matthieu, Marc, Luc et Jean évoquent l'existence de cette femme de la même façon, c'est-à-dire en en parlant peu, sauf en ce qui concerne les événements majeurs de la fin du ministère de Jésus, à savoir Sa crucifixion, Sa mise au tombeau et Sa résurrection.
Pourquoi ces quatre auteurs bibliques la nomment-ils Marie de Magdala ? Parce qu'elle était originaire de cette petite ville de Galilée, mais aussi et surtout pour la différencier des autres femmes qui suivaient Jésus ; au moins quatre d'entre-elles portaient le même prénom : la mère de Jésus, la femme de Cléopas, Marie dite de Magdala dans Luc chapitre 8 verset 2, et Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe.
Qui était donc cette Marie de Magdala ? Pourquoi suivait-elle Jésus ? Luc nous apprend que Jésus l'avait guérie, comme quelques autres femmes, d'esprits malins et de maladies. Luc et Marc nous confirment que Jésus avait chassé d'elle sept démons. Quelle avait été l'influence de ces démons sur la santé physique et psychique de Marie ? Personne ne le sait, sinon que cette guérison lui avait permis de reprendre une vie active auprès des disciples et de leur Maître. En ce sens, Marie était très attachée à son «guérisseur» et Lui témoignait naturellement beaucoup de reconnaissance et d'affection.
Il faut attendre la mort de Jésus de Nazareth et Sa résurrection pour en savoir un peu plus sur elle. Car elle a été la première à revoir Jésus après Sa résurrection tout comme elle s'était tenue au pied de la croix quand tous les disciples (à l'exception de Jean) avaient pris la fuite (Jean 20 : 11).
Malheureusement, la tradition a fait de Marie le personnage qu'elle n'a jamais été et qui pourtant lui colle encore et toujours à la peau. Selon les croyances populaires, les sept démons qui la hantaient auraient fait d'elle une pécheresse, une femme peu fréquentable vers laquelle Jésus aurait porté Son regard bienveillant et compatissant.
La vérité c'est que depuis les débuts du christianisme, le dernier apôtre à avoir connu Marie de Magdala étant mort, des amalgames et des confusions ont commencé à être enseignés dans les communautés chrétiennes.
Comprenons que le Nouveau Testament n'était pas à la disposition de chacun et que c'est par la tradition orale que l'on apprenait quelques bribes de son contenu. Des erreurs se sont introduites par ce biais, véhiculées ensuite par des orateurs peu scrupuleux. Pour certains d'entre-eux notamment, Marie aurait été la pécheresse dont parle Luc (7 : 37) qui s'étant introduite chez Simon le pharisien, alors que Jésus y était invité à manger, aurait oint les pieds de Jésus avec du parfum. D'autres prétendraient, par exemple, que Marie de Béthanie était cette femme pécheresse dont parle Luc, en référence à Marc chapitre 14 verset 3 où le récit de Luc chapitre 7 est pratiquement repris mot à mot. Si tel était le cas, et bien Simon le pharisien serait Simon le lépreux et aurait habité Béthanie. La confusion s'explique par le fait qu'il s'agit d'évènements presque similaires mais qui se déroulent à des moments différents du ministère de Jésus. Le récit de la pécheresse dont parle Luc chapitre 7 se produit au début du ministère de Jésus, alors que celui concernant Marie de Béthanie dans Marc 14, se passe juste avant Sa crucifixion. De même que Simon le pharisien n'est pas Simon le lépreux, la pécheresse n'est pas Marie de Béthanie.
Qu'il y ait eu confusion entre la pécheresse et Marie de Béthanie, ce n'est pas trahir le sens du geste de l'une et de l'autre. Luc, le premier qui cite le nom de Marie, dite de Magdala, dans le chapitre suivant (8 : 2), a probablement donné l'occasion de penser que la pécheresse (7 : 37) et Marie ne seraient qu'une seule et même personne.
En conclusion, ce qui est remarquable, c'est que Marie de Magdala, une femme, a été la première personne à qui Jésus-Christ a adressé la parole après Sa résurrection. C'est aussi la première fois que l'on «entend» la voix de cette femme qui sinon, serait restée inconnue. Jean au chapitre 20 de son évangile relate les événements qui précédèrent et qui suivirent la résurrection. Joseph d'Arimathée et Nicodème ont déposé le corps de Jésus dans le tombeau. Pour les hommes que Jésus s'était choisis, le rideau était tombé, l'affaire était clause : «Circulez ! Y a rien à voir !». Or, les femmes qui ont été témoins de la mise au tombeau, tenaces et déterminées, veulent quand même embaumer le corps le lendemain du sabbat. Le dimanche matin, elles constatent que le tombeau est vide. Jésus s'adresse à Marie : «Pourquoi pleures-tu ?». Marie de Magdala Le reconnaît et Lui répond : «Rabbouni ! C'est-à-dire, Maître !». Ce sont les seules paroles de Marie de Magdala adressées à Jésus retransmises par les Evangiles. Ce sont là les faits bibliques véridiques. Inutile d'en inventer d'autres.