La communion des Saints
Michael Morrison
 

Les enseignements de Jésus nous lancent de grands défis. Souvent, Jésus place devant nous un idéal qu'il nous est extrêmement difficile à atteindre : aimez vos ennemis ; ne vous vengez point ; ne jugez point ; que vos pensées soient pures en tout temps ; partagez ce que vous avez reçu ; prêchez l'Evangile au monde entier.

Jésus nous lance également l'un de ces défis dans l'une de Ses prières. Peu de temps avant d'être crucifié, Il pria en compagnie de Ses disciples, puis, Il pria pour nous qui croyons en Lui : «Je prie aussi pour tous ceux qui croiront en moi, afin que tous soient un, Père…qu'ils soient un comme toi et moi, nous sommes un» (Jean 17 : 20-22).

Une Ecriture difficile

Jésus-Christ ne dit pas ces paroles comme un commandement, mais Il exprime clairement quel est Son désir à notre égard : Il souhaite que tous les croyants soient unis. Et honnêtement, la chrétienté en a déçu plus d'un à cet égard. Je suis gêné de constater à quel point le monde chrétien est fragmenté. Depuis Martin Luther, la chrétienté a connu des centaines de divisions qui se sont soldées par plus d'un million de dénominations différentes et des milliers d'églises indépendantes dont certaines ne peuvent même pas s'entendre avec les autres.

Un certain nombre de responsables chrétiens pensent toujours qu'ils sont les seuls à détenir la vérité, à posséder le secret révélé en ces temps de la fin à quelques serviteurs spécialement choisis par Dieu. Trop souvent, ces prédicateurs taxent les autres chrétiens de faux frères séduits et apostats. Les annales de l'histoire de l'Eglise contiennent beaucoup trop d'anathèmes et beaucoup trop de condamnations.

Lorsque les gens se disputent sur des points insignifiants, la réputation de Jésus en souffre. Comment peut-on percevoir Jésus comme Prince de la paix, car Il l’est, lorsque Ses disciples ne peuvent même pas s'entendre entre eux ?

Veuillez noter la raison que Jésus donne quand Il nous demande de vivre en bons termes : «Afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé» (verset 21). L'exemple que nous donnons en tant que chrétien influence l'opinion que les gens se font de Jésus. Et c'est ce qui nous attriste le plus face au mauvais comportement des chrétiens au cours de l'Histoire.

Jésus veut que tous Ses disciples «soient parfaitement un afin que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les a aimés comme tu m'as aimé». Jésus souhaite que notre unité soit fondée sur l'amour de Dieu et non sur une conformité comportementale parfaite. Il y aura toujours des désaccords, mais notre identité de disciples de Jésus-Christ repose sur l'amour que nous avons les uns pour les autres.

La Communion partagée

Sommes-nous encore loin de «l'unité parfaite» ? Très loin, c'est à craindre ! Nous sommes témoins de divisions profondes entre les églises chrétiennes et d'accusations réciproques qui datent depuis des siècles, et qui ne sont abordées qu'à pas de tortue. Il existe encore plusieurs églises qui refusent de prendre la communion avec des personnes d'une autre dénomination. Le credo des apôtres, que la plupart des chrétiens reconnaissent comme authentique, déclare : «Je crois…en la communion des saints». Il est question ici de beaucoup plus que le simple fait de partager le pain et le vin. Mais il inclut certainement ce partage ; et pourtant plusieurs chrétiens refusent d'y participer. La prière de Jésus attend donc encore son accomplissement.

Dans I Corinthiens 10, versets 16 à 17, Paul écrit : «La coupe de bénédiction que nous bénissons, n'est-elle pas la communion au sang de Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas la communion au corps de Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps ; car nous participons tous à un même pain». Cette traduction utilise le mot «communion» dans son sens ancien qui signifie «partager ou participer à quelque chose». Nous démontrons notre unité en partageant le pain et le vin lors du Repas du Seigneur.

Qu'il est triste de voir que certains chrétiens ont pris cette cérémonie du partage pour en faire un rite d'exclusion. Le Repas du Seigneur devrait être une illustration de la grâce, non celle de la suspicion et du rejet. La communion des saints signifie que nous nous reconnaissons les uns les autres comme chrétiens et que nous nous traitons mutuellement comme tels.

Pour certains chrétiens, l'expérience la plus troublante est d'entendre prêcher qu'il y a des chrétiens dans d'autres églises. A la limite, pour certains, il est facile de concevoir qu'il puisse y avoir, ça et là, quelques chrétiens dispersés dans d'autres églises, mais non la majorité. Il n'en demeure pas moins que certaines personnes sont toujours dubitatives face à cette idée et agissent comme si le salut dépendait de l'appartenance à une institution religieuse spécifique, alors qu'en fait le salut dépend de Jésus-Christ. Dans leur esprit, la communion des saints se limite aux frontières administratives de leur propre institution ou dénomination. Heureusement que la miséricorde de Dieu s'étend bien au-delà de nos propres murs et que dans Sa grâce, Dieu a bien voulu nous accepter, en dépit de nos attitudes qui ne sont pas toujours des plus miséricordieuses!

Les dénominations

Jésus appelle les chrétiens à l'unité, mais cet appel ne signifie pas nécessairement la fin de toutes les dénominations. Dieu les utilise, tout comme Il utilise les personnes qui ont des dons spirituels différents. Mais ces dénominations ne devraient pas prendre au sérieux leurs différences à un point tel qu'elles mettraient en doute la conversion de quiconque ne souscrirait pas à leur théologie. La meilleure approche consiste à se réjouir et à travailler avec tout ce que nous avons en commun.

Chaque dénomination a ses traditions et ses pratiques propres face à la consommation d'alcool, par exemple, ou du tabac, des divertissements, de l'alimentation, de l'habillement, de la coiffure, du maquillage, etc. Bien que tous les chrétiens soient sincères en tant que disciples de Jésus-Christ, il est raisonnable de dire que nous n'atteindrons probablement jamais l'unité sur ces questions secondaires. Car notre unité s'établit sur Jésus-Christ et non sur une conformité à des traditions qui dépendent de l'interprétation propre à telle ou telle organisation.

Remarquons ce que Jésus dit concernant l'unité que nous devons rechercher : «Comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous…moi en eux, et toi en moi» (Jean 17 : 21-23). Notre unité procède de notre union avec le Père et avec le Fils par le Saint-Esprit. Lorsque deux personnes sont en Christ, reconnaissant que leur identité est en Lui, elles sont unies à Lui par la foi. Que ces deux personnes le réalisent ou non, elles sont, par conséquent, unies l'une à l'autre par la grâce du Christ.

Chaque dénomination chrétienne est unie à toutes les autres appellations chrétiennes. Chacune ne recherche pas l'unité administrative avec les autres, mais néanmoins, chacune est en communion avec les autres. Non seulement pouvons-nous partager le Repas du Seigneur avec les chrétiens qui appartiennent à ces autres dénominations, mais nous les acceptons lorsqu'elles croient et obéissent à notre Seigneur Jésus-Christ.

Dans un sens plus large, nous sommes en communion et nous partageons la vie et la mission de Jésus. Nous sommes égaux devant Lui : nous sommes  tous des pécheurs, nous avons tous été sauvés par Sa grâce, nous sommes ainsi en communion les uns avec les autres. Dieu fait de nous Ses enfants. Comme le credo des apôtres le dit : nous croyons dans la communion des saints. Nous sommes une communion de saints, mais cette communion, ce sentiment d'unité et de partage s'étend au-delà d'une dénomination particulière. Nous sommes frères et sœurs de toutes celles et ceux qui acceptent Jésus comme Sauveur et Seigneur. Nous nous joignons à eux pour accomplir l'œuvre de Dieu, et nous les invitons à se joindre à nous pour accomplir la même oeuvre.

A ceci chacun verra que nous marchons sur les traces de Jésus : non seulement parce que nous travaillons les uns avec les autres ; que nous nous tolérons les uns les autres, mais aussi parce que nous nous aimons les uns les autres ; et que nous aimons tous ceux qui suivent le Seigneur. Nous voulons être miséricordieux envers tous, comme Il l'est envers nous.

Parfois, les autres chrétiens ont besoin de recevoir beaucoup de grâce ; parfois, c'est à notre tour, car la grâce nous est toujours aussi nécessaire. En toute chose, notre communion doit être fondée sur la grâce.
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