Que signifie le Psaume 8 ?
A-t-il un rapport avec l'avenir de l'Humanité ?
Dans ce Psaume 8, le roi David s'émerveille à la vue du ciel étoilé. En même temps, il s'interroge sur la place de l'homme dans la création et sur la destinée qui lui est réservée. Le magnifique spectacle de la voûte céleste force toute son admiration envers Dieu : “Eternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre”. David saisit la grandeur de Dieu, il la contemple dans toute sa beauté.
Pour David, la splendeur des cieux parle plus fort que les mots. Ailleurs, il écrit “Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l'étendue manifeste l'œuvre de ses mains…. Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles”. (Psaumes 19 : 2, 4). David se laisse interpeller par le paradoxe de la grandeur de l'homme et de son pouvoir sur la terre, d'une part, et la brièveté de son existence, d'autre part. “Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ?” Des siècles auparavant, un autre prophète, Job, se posa les mêmes questions : “Il [l'homme] fuit et disparaît comme une ombre. Et c'est sur lui que tu as l'œil ouvert !” (Job 14 : 2-3) ou encore “Qu'est-ce que l'homme, pour que tu en fasses tant de cas, pour que tu daignes prendre garde à lui ?” (Job 7 : 17).
Job, tout comme David, pensait qu'il y avait plus dans la condition de l'homme que ce qu'on y voit généralement. Dans la suite du psaume, après le verset 8, David énumère brièvement les grâces que Dieu a accordées aux êtres humains.
Certes, “l'homme est de peu inférieur à Dieu”, écrit David. L'être humain est capable d'actes de génie et de création. Il est aussi couronné de gloire et de magnificence dans le sens qu'il représente effectivement l'aspect le plus perfectionné de la création. L'homme domine aussi sur la terre car il a appris à la dompter selon ses limites. Mais qu'est-ce qui vaut à l'homme autant d'attention de la part de Dieu ?
Pour mieux comprendre, il nous faut nous reporter à un passage dans l'épître aux Hébreux qui est la reprise du Psaume 8. L'auteur, cette fois, lui attache une signification encore plus importante. Il ne parle plus des hommes en général, mais d'un homme en particulier, Jésus-Christ. L'auteur de cette épître démontre la supériorité de Christ sur tout ce qui existe. Notez : “Mais celui qui a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges, Jésus, nous le voyons couronné de gloire…” (Hébreux 2 : 9). L'auteur reprend textuellement les paroles de David, à une différence près qu'il a échangé le mot “Dieu” par le mot “anges”, au verset 7. La gloire et l'honneur attribués à l'homme dans le psaume, de par sa supériorité sur le monde des animaux et sur la nature, sont attribués maintenant à Jésus-Christ, en vertu de Sa résurrection et de Son ascension par lesquelles Il a été élevé à la perfection.
Tel est le sens du contexte de ce passage dans Hébreux. Jésus-Christ en s'incarnant a été rendu semblable aux hommes, sans toutefois jamais pécher. C'est à cet aspect du ministère de Jésus-Christ que la phrase de Psaume interprétée par l'auteur des Hébreux fait référence : “Tu l'as abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges” (Hébreux 2 : 7). Dans le cas de Jésus-Christ, ce “peu de temps” correspond à la durée de Son ministère sur terre, une trentaine d'années environ. Dans le cas de l'homme, ce “peu de temps” représente la durée normale d'une vie sur terre ou la durée de la civilisation humaine depuis sa création jusqu'à nos jours. Quelle que soit la période de temps représentée, il s'agira toujours “d'un peu de temps”, en comparaison de l'éternité.
Avec ce passage dans Hébreux 2, l'auteur interprète les propos de David et nous en révèle la portée prophétique qui trouve son accomplissement en Jésus-Christ. Le verset 5 introduisant cette section se présente ainsi : “En effet, ce n'est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir dont nous parlons”. Autrement dit, l'auteur parle ici d'un “monde à venir” qui n'est pas destiné aux anges. A qui donc alors ? A Jésus-Christ et à tout ceux qui auront cru en Lui.
Donc à la question initiale de David : “Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui ?”, le premier chapitre du livre des Hébreux nous donne une grande partie de la réponse : l'homme est effectivement peu de choses, mais par l'œuvre rédemptrice de Jésus-Christ, il revêt aux yeux de Dieu une importance capitale. L'homme est appelé à hériter du monde et à régner avec Jésus-Christ pour l'éternité (Apocalypse 5 : 10).