Les Cieux
Joseph Tkach
 

Les chrétiens montent-ils au ciel à leur mort ? Paul déclare qu'à sa mort il sera avec le Seigneur (II Cor. 5 : 8 ; Philippiens 1 : 23). Puisque le Seigneur est dans les cieux, Paul doit y être, lui aussi. Certaines personnes pensent qu'il se trouve en présence de Dieu. D'autres estiment qu'il est inconscient. De toute façon, il est dans les cieux avec le Christ.

Quel est cet endroit que l'on appelle le ciel ? Est-ce vraiment un lieu ? Salomon reconnut que les cieux ne pouvaient contenir Dieu, et pourtant, paradoxalement, c'est là que se trouve sa demeure (I Rois 8 : 27-30). Bien que Dieu soit omniprésent, Il n'est pas présent partout de la même manière. Par exemple, Il habite d'une certaine manière dans le croyant, ce qui n'est pas le cas pour l'incroyant. Nous “entrons” dans Sa présence en devenant plus conscients de celle-ci.

Les Ecritures montrent que Dieu, bien qu'Il soit partout, a choisi de demeurer tout particulièrement dans les cieux, ou peut-être devrions-nous dire que les humains ont utilisé le terme “ciel” pour faire référence au sanctuaire divin. Les êtres humains savaient que Dieu ne demeurait pas sur terre, ni dans les abysses. Ils ne pouvaient pas non plus voir Dieu dans le ciel, mais ils ont utilisé ce terme pour parler du lieu où Il se trouvait.

Beaucoup de personnes avaient une idée plutôt simpliste de l'endroit où Dieu demeure, tandis que d'autres en avaient une idée plus sophistiquée. Malgré les incompréhensions et les limites du vocabulaire humain, Dieu a inspiré les auteurs de la Bible d'employer le mot en hébreu et en grec traduit en français par “les cieux” pour désigner la demeure divine. Parfois l'emploi du terme “les cieux” est simplement une façon de se référer à Dieu Lui-même. Quelquefois, il se réfère à Sa gloire ou à Sa puissance ou bien à Sa sainteté. Il est plus grand que les cieux mais le ciel désigne la plénitude de sa présence.

Les limites du langage

Puisque Dieu est esprit, les termes qui suggèrent la distance et l'espace, bien sûr, ne peuvent être utilisés que de manière métaphorique. Les cieux ne se trouvent ni en haut ni en bas, ni à l'est ni à l'ouest. Ils ne peuvent être repérés sur une carte des galaxies en trois dimensions. Ainsi, lorsque les gens s'interrogent, avec inquiétude, à propos d'un endroit dans les cieux où “iraient” les chrétiens lorsqu'ils meurent, ils doivent se démener avec un vocabulaire inadéquat pour cerner le sujet.
Nos mots ne suffisent pas à traduire exactement les réalités spirituelles. Prenez par exemple le trio de l'amour, de la joie et de la paix. L'amour de Christ surpasse toute connaissance (Ephésiens 3 : 19). Dieu nous remplit d'une joie inexprimable (I Pierre 1 : 8). Et Sa paix surpasse toute intelligence (Philippiens 4 : 7). Les mots nous manquent lorsqu'il s'agit de parler de ces réalités spirituelles. S'il nous est impossible de parler intégralement de l'amour, de la joie et de la paix, à plus forte raison, serons-nous limités lorsqu'il s'agira de parler de la présence de Dieu.

Un jour, le philosophe grec Platon imagina une parabole qui illustre nos limites : dans une caverne se trouvait un groupe de personnes qui y étaient enfermées toute leur vie. Leur seul contact avec le monde extérieur se faisait par l'intermédiaire d'ombres projetées contre les murs de la caverne. Elles n'avaient qu'une perception monochrome, bi-dimensionnelle de la réalité. Supposez un instant qu'un des habitants de la caverne fut assez courageux pour s'aventurer hors de celle-ci et pour découvrir le monde de la couleur, de la texture, de l'odeur, de la profondeur et de la densité. Comment cet explorateur pourrait-il expliquer ces concepts à des personnes qui n'ont eu aucune expérience de ces choses ? Il lui serait impossible de décrire l'arôme du café, le concept du spectre chromatique de la lumière, ou la chaleur du soleil. Aux yeux des hommes de la caverne, le soleil tiendrait de la pure fiction. Le phénomène des marées serait au-delà de leur entendement.

De la même façon, nous vivons dans un monde limité. Nous ne voyons qu'une fraction de la réalité. Même si nous savons qu'il existe un monde spirituel, il est au-delà de notre portée ou de notre investigation. Ceux qui quittent ce monde pour explorer l'au-delà n’en reviennent jamais. Seul Jésus a franchi le fossé.

Il n'existe que peu de personnes qui ont vu les splendeurs de Dieu. “…ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a pas entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu nous les a révélées par l'Esprit” (I Corinthiens 2 : 9-10). Il nous convient d'admettre nos lacunes quand il s'agit de parler de notre avenir éternel auprès de Dieu.

La réalité spirituelle

Les cieux relèvent du domaine du spirituel. Lorsque Paul déclare que Dieu “nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes” (Ephésiens 1 : 3), il ne parle pas d'un lieu, ni du futur. Il parle d'une réalité spirituelle, de bénédictions spirituelles ici et maintenant (même verset). Lorsqu'il déclare que nous sommes assis dans les lieux célestes en Jésus-Christ (Ephésiens 2 : 6), il ne parle pas d'un lieu. Il parle de réalités spirituelles : notre vie et notre existence sont maintenant avec Christ.

Avec Christ, nous sommes capables d'accéder au ciel bien avant notre mort. “Au moyen du sang de Jésus, nous avons une libre entrée dans le sanctuaire” (Hébreux 10 : 19). Nous entrons dans Sa présence, non à l'aide d'un moyen de transport physique, mais, au plus profond de notre être, de notre cœur et de notre âme. C'est un mouvement non pas du corps, mais de l'esprit. C'est un changement d'attitude et non d'altitude.
Nous sommes citoyens des cieux (Philippiens 3 : 20). Nous appartenons vraiment au monde spirituel. Dieu nous appelle vers les cieux, vers Sa réalité (verset 14). Puisque c'est le lieu auquel nous appartenons, nous avons besoin de nous appuyer sur des réalités célestes. C'est notre futur, et c'est notre vocation même aujourd'hui. Nous partageons une vocation céleste (Hébreux 3 : 1) ; nous avons goûté au don céleste (Hébreux 6 : 4). Nous nous sommes déjà approchés de la Jérusalem céleste (Hébreux 12 : 22). Voici des réalités spirituelles.

Un avenir merveilleux

Mais le meilleur est encore à venir. Bien que nous ayons goûté les bienfaits de Dieu, nous languissons d'en avoir davantage. Bien que nous n'ayons eu qu'un aperçu de la bonté de Dieu, nous voulons la voir plus clairement et plus abondamment. Nous voulons être rassasiés de Son amour et de Sa gloire. Tout comme Abraham, nous attendons notre patrie céleste (Hébreux 11 : 16).

Nous aspirons à être avec Dieu, pour qu'Il satisfasse nos désirs les plus profonds. Et dans 10.000 ans, nous commencerons à peine à découvrir Sa sagesse et Sa compassion infinies. Nous avons une éternité de joie devant nous. “Tu me feras connaître le sentier de la vie ; il y a d'abondantes joies devant ta face, des délices éternelles à ta droite” (Psaumes 16 : 11). Les mots ne peuvent décrire le bien que cela procure. C'est une réjouissance sans fin, une sainte paix et la justice de Dieu (II Pierre 3 : 13).

Notre héritage nous est réservé dans les cieux (I Pierre 1 : 4). Il y a des récompenses spirituelles qui nous attendent. Il y a une " demeure " éternelle qui nous est préparée dans les cieux (II Corinthiens 5 : 1 ; Jean 14 : 2-3). Là-haut, nous serons chez nous, et c'est pour cela que le mot “ciel” est employé pour parler du destin éternel de tous les enfants rachetés de Dieu. Etre dans les cieux, c'est demeurer en Christ dans la présence de Dieu. Peu importe là où cela se trouve, c'est le ciel et nous y serons.

“Aussi nous gémissons, désirant revêtir notre domicile céleste” (II Corinthiens 5 : 2). Nous sommes las des douleurs, des chagrins et des souffrances de ce monde. Nous “soupirons en nous-mêmes en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps” (Romains 8 : 23). Néanmoins, nous attendons avec patience (verset 25), sachant que très bientôt, il n'y aura plus ni mort, ni deuil, ni pleurs, ni douleur (Apocalypse 21 : 3-4 ; 22 : 1-5).

Lors de la résurrection, nous aurons un corps spirituel (I Corinthiens 15 : 44). Nous serons, en quelque sorte, comme Christ lors de Sa résurrection (I Jean 3 : 2). Ce corps sera céleste, dans tous les sens du terme. “De même que nous avons porté l'image de l'homme terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste” (I Corinthiens 15 : 49). Nous serons le peuple “céleste” (verset 48).

Nous recevrons les récompenses célestes et elles nous appartiendront pour toujours. Dès lors que nous commencerons à comprendre que la gloire n'est pas importante, le lieu exact où nous nous trouvons n'est pas vraiment important. L'important est que nous serons pour toujours avec le Seigneur (I Thessalonissiens 4 : 17). Et ce qui est encore plus important, c'est que c'est par le Seigneur, et seulement par le Seigneur, que nous pouvons y accéder. C'est uniquement par la grâce que nous pouvons entrer dans le royaume des cieux.

Mais remercions-Le de ce qu'Il nous a donné la victoire. Avec Christ, notre futur est sûr : “Le Seigneur me délivrera de toute œuvre mauvaise et il me sauvera pour me faire entrer dans son royaume céleste. A lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen” (II Timothée 4 : 18).

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