Le chrétien ressent le besoin de se retrouver seul avec Dieu. Le Psaume 23 écrit par le roi David nous permet de réfléchir à cette relation personnelle et intime que l'homme désire avoir avec son Dieu.
Ce Psaume est l'un des passages préférés des Ecritures pour bon nombre de croyants. Il commence en introduisant une idée simple et réconfortante à la fois : «Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien». Peut-il y avoir meilleur réconfort que de savoir que notre vie et notre sécurité, tant physique que spirituelle, ne dépendent pas de ce que nous sommes, mais bien de ce que Dieu est ?
Dieu est vraiment notre Berger, mais non pas parce que nous L'avons choisi. Il est notre Berger parce qu'Il nous a choisis («Pour nous, nous l'aimons, parce qu'Il nous a aimés le premier» I Jean 4 : 19 ; «Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis…» Jean 15 : 16). En d'autres termes, cela signifie que nous n'avons pas à compter sur nos propres capacités ou sur nos compétences en tant que brebis pour nous assurer de l'amour de notre Berger. Ce que nous avons à faire consiste tout simplement à nous reposer sur Lui, sachant que Son amour est parfait et que Lui-même est parfait.
Bien en sécurité dans l'amour de Jésus, nous pouvons trouver le repos en Lui, que ce soit au milieu de la course effrénée de nos taches quotidiennes, ou à la fin d'une journée harassante alors que nous pouvons enfin nous détendre. Hélas ! Nous savons trop bien que le quotidien a le don de nous éloigner de Dieu, en créant dans notre esprit l'illusion dangereuse que nous sommes nos propres maîtres, les seigneurs de notre destinée.
C'est dans de tels moments que nous avons le plus besoin de faire une pause pour nous retrouver seuls en présence du grand Berger, et de prendre quelques minutes pour réfléchir à notre véritable condition d'homme.
Parfois, il nous est nécessaire de nous retirer dans un endroit isolé, loin de toute distraction, pour demander à Dieu Sa paix et Son aide afin de saisir la réalité véritable et invisible : Son amour indéfectible et Sa main agissante au sein d'une vie qui se déroule malheureusement trop souvent dans la confusion et la détresse.
Seule la solitude en compagnie du Dieu de notre vie nous permet de voir au-delà de l'illusion et des distractions de ce monde ; une telle solitude est comme une brise douce et légère qui dissipe le brouillard de l'auto-complaisance. Cet isolement nous permet d'avoir un contact direct avec Dieu, et partant, nous donne la sécurité dans la bergerie divine, ainsi qu'une véritable confiance en une vie vécue sous le regard de Dieu.
A cause de Son nom
«Il me fait reposer dans de verts pâturages,il me dirige près des eaux paisibles. Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.»
Trop souvent, nous recherchons les verts pâturages et les eaux paisibles pour nous-mêmes. Nous essayons de trouver le calme et la tranquillité d'esprit, et nous prenons la décision de marcher dans les sentiers de la justice. Mais dans notre quête, et en dépit de tous nos efforts, nous oublions trop souvent que c'est Dieu qui nous fait reposer dans de verts pâturages et que c'est Lui qui nous conduit auprès des eaux paisibles. Nous oublions que c'est Dieu qui restaure notre âme et qui nous conduit Lui-même dans les sentiers de la justice.
Toutes ces bénédictions ne peuvent pas être obtenues par la force de notre propre volonté, ni par nos capacités. Si jamais nous arrivons par nous-mêmes à les obtenir, celles-ci ne comblent pas vraiment nos besoins. Dureraient-elles, qu'elles ne pourraient pas nous satisfaire à long terme. Car tous ces bienfaits ne se trouvent que par la grâce de Dieu lorsque nous Le laissons nous conduire vers Ses trésors.
Toutes ces bonnes choses sont des dons que Dieu nous donne. Elles ne sont en rien le salaire de nos œuvres, car à partir du moment où nous les recherchons nous-mêmes et pour nous-mêmes, elles s'évaporent.
Seul Dieu connaît les sentiers qui y mènent, et Lui Seul peut nous y conduire à la condition que nous Le suivions et que nous nous souvenions constamment que sans Lui nous sommes perdus. Ainsi, c'est notre foi en Lui qui nous permet de recevoir ce dont on a le plus besoin : «Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire» (Jean 15 : 5).
Lorsque nous sommes seuls avec Dieu, cet état de solitude nous est favorable car il nous rappelle que nous sommes impuissants, par nous-mêmes, à vivre la véritable vie. Dieu nous rappelle que c'est d'abord en nous donnant nous-mêmes à Lui qu'Il peut ensuite satisfaire ce profond besoin d'être dans Son repos.
Dans la vallée de l'ombre de la mort
«Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent.»
Grâce à la force que Dieu nous communique, en temps de paix et de lumière, nous puisons la force de marcher au milieu de la détresse et des ténèbres. Plutôt que de nous plaindre au milieu des épreuves (Jacques 1 : 2-3), nous avons été préparés par la grâce de Dieu à y percevoir Sa miséricorde et Sa bonté. Son amour nous permet d'avoir part aux souffrances de notre Sauveur Jésus-Christ.
Nous pouvons traverser avec confiance les périodes sombres de notre vie grâce à la force que nous avons acquise lors des jours plus ensoleillés, sachant que cette force ne vient pas de nous, mais bien de Dieu. Les temps difficiles nous rapprochent de Lui afin d'être restaurés auprès de Ses eaux tranquilles et de pouvoir nous reposer dans de verts pâturages.
En pareilles circonstances, la force de saines habitudes devient évidente. Si nous n'avons pas développer l'habitude de nous rapprocher de Dieu dans les petites choses de la vie, comment pouvons-nous nous espérer nous rapprocher de Lui dans les grandes ?
De même si nous n'avons pas acquis l'habitude de nous maîtriser ou de nous faire violence dans nos petits désirs personnels, comment pouvons-nous espérer demeurer fermes face à une puissante tentation ? Enfin, si nous n'acceptons jamais de nous soumettre de plein gré à qui que ce soit ou à n'importe quelle circonstance, comment pourrons-nous nous soumettre à la volonté de Dieu ?
Dans les temps difficiles, nous avons un grand besoin de solitude, non pour notre propre repos, mais pour accéder au repos de Dieu. Dans ces temps d'épreuve, Dieu nous touche, Il renouvelle notre courage, Il restaure notre vision et illumine notre avenir en Lui. Il nous voit victorieux. Dieu calme nos angoisses et nous donne la paix et la force pour affronter le pire. Il nous amène à dire «non pas ma volonté mais la tienne».
Ayant donc déjà goûté aux bonnes choses de Dieu, nous pouvons nous appuyer sur ces paroles réconfortantes de la pièce musicale Les Misérables, «Même la nuit la plus sombre prendra fin, et l'aurore apparaîtra».
Le repos en Dieu
«Tu dresses devant moi une table, en face de mes adversaires ; tu oins d'huile ma tête, et ma coupe déborde.»
Dans les moments de solitude, auprès de la divine Providence, celle-ci nous comble d'une joie et d'une paix qui surpassent les peurs, les doutes, les frustrations de la vie. Dieu nous aide à réorganiser nos priorités en nous donnant la bonne perspective face à la vie. Il éveille nos sens spirituels dans la mesure où, compte tenu de notre petitesse, nous puissions nous laisser toucher afin d'entrevoir ainsi la merveilleuse réalité de la vie dans le monde à venir, c'est-à-dire la vie éternelle. Comprendre cette dimension ne nous épargne pas de subir les conditions difficiles dans lesquelles nous sommes souvent placés ici-bas, mais cette nouvelle dimension nous empêche de nous laisser dominer par les aléas de la vie.
Lorsque nous nous efforçons de tout accomplir par nos propres forces, sans l'aide de Jésus, nos efforts ne produisent pas toujours de bons fruits. Ce n'est qu'en Dieu, que nous trouvons le soutien, la force et la bénédiction. Même notre réputation (celle qui compte) dépend de Dieu (I Corinthiens 4 : 4).
Tout le crédit que nous pourrions recevoir pour nos bonnes œuvres et pour nos succès, Lui revient.
Retour à la maison
«Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront tous les jours de ma vie, et j'habiterai dans la maison de l'Eternel jusqu'à la fin de mes jours.»
C'est en partageant avec Dieu des moments de solitude que nous pouvons établir une relation de qualité exceptionnelle. C'est un peu comme si nous revenions à la maison familiale. C'est un avant-goût de la vraie réalité, de la vraie vie qu'Il nous donne en Jésus-Christ. C'est comme entrevoir le grand banquet auquel nous sommes conviés, c'est comme participer à une sorte d'avant-première. C'est comme le fumet d'un bon repas de famille, un entremets qui nous met en appétit et qui nous fait désirer avec joie et émerveillement l'événement à venir.
Notre vie n'est rien sans Dieu et elle est tout avec Lui. La miséricorde et la bonté que nous témoignons sont de Dieu, et ces deux vertus nous accompagnent parce que Dieu nous aime, et non parce que nous avons quelque chose à Lui offrir. Nous pouvons nous reposer en Dieu, parce que c'est ce qu'Il attend de nous, et qu'Il nous en rend capables. Il nous confronte à la vérité. Il confirme que nos objectifs ont un sens et une valeur parce qu'ils sont conformes à Son dessein. De plus, Il nous assure que ce dessein se réalisera en dépit du fait que nous ne pouvons pas toujours nous en rendre compte, les limites de la chair nous en empêchant.
Au sein de la solitude, nous pouvons nous donner entièrement à Dieu et à Sa volonté. Notre but, c'est-à-dire le but que le Saint-Esprit a pour nous, consiste à nous rendre conformes à l'image du Christ, et l'Esprit-Saint nous donne la foi que nous pouvons nous en remettre à Sa puissance afin que se réalise Son grand dessein.
Dans notre solitude avec Dieu, nous faisons partie intégrante de ce processus de transformation spirituelle. Ainsi donc, par cette communion intime avec Dieu, Il nous assure que nous Lui appartenons et qu'un jour, nous habiterons dans Sa demeure à tout jamais.