Questions & Réponses
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Quand Dieu dit dans Genèse 2 : 18, «Il n'est pas bon que l'homme soit seul», que veut-Il nous faire comprendre ?

A première vue, par cette déclaration, Dieu semble exprimer un oubli ou un regret : une idée qui ne Lui serait venue à l'esprit qu'après coup ; comme s'Il était rentré en conseil avec Lui-même, et qu'après réflexion, Il se serait rendu compte que la création d'Adam était inachevée. Pourtant auparavant, Dieu avait bien créé les animaux. La plupart d'entre eux venaient par paires, chaque animal avec sa compagne, selon son espèce. Adam s'en était bien rendu compte. Mais pour lui, rien de tel. Adam était seul ! Et Il fallait donc que Dieu y remédiât.

Evidemment, nous ne pouvons pas prêter à Dieu de tels sentiments. Dieu savait très bien, dès le départ, ce qu'Il avait à faire, et que la femme faisait partie de Son dessein. Si Dieu prononce tout haut ces mots, ce n'est pas pour exprimer un regret mais plutôt pour nous faire comprendre le sens de ce qu'Il va faire ensuite. Par cette déclaration, Dieu prononce une sentence solennelle contre la solitude. Elle était à bannir du jardin d'Eden, car néfaste pour l'homme, elle constituait une menace. En contraste avec tout ce que Dieu vit jusque là dans Sa création et qu'Il déclara être bon («Il vit que c'était bon !» Genèse 1 : 25), la solitude d'Adam représentait une sorte de mal. Pourtant, Dieu était bien là dans le jardin avec Adam et Sa présence garantissait à l'homme une compagnie de choix. Dans l'absolu, Adam n'était pas seul. Mais il semblerait que Dieu n'en tienne pas compte en affirmant ce qu'Il dit sur la solitude de l'homme. Dieu anticipait-Il ainsi la désobéissance d'Adam provoquant sa solitude spirituelle ?

En disant ensuite : «Je lui ferai une aide semblable à lui», la solution immédiate que Dieu apporte à Adam, prend chair en Eve. Le terme «aide» n'est pas propre à Eve. Dans les Psaumes, notamment, David dit de Dieu qu'Il est son aide, son bouclier et son secours. C'est le même mot original hébreu qui est utilisé dans les deux cas. Par conséquent, une «aide» ne devrait pas toujours sous-entendre un lien de subordination. En créant Eve, semblable, égale mais différente d'Adam, Dieu souligne l'aspect sexué de l'humanité. L'homme et la femme devaient se compléter, soit dans un contexte conjugal comme ce fut le cas pour Adam et Eve, soit dans un cadre social.

Eve est donc «un bouclier», «un rocher», «un secours» pour l'homme. Le sens de ce mot «aide» a une portée prophétique et spirituelle. En effet, par sa capacité à donner la vie, Eve, par sa postérité, allait donner naissance au Sauveur des hommes. Y a-t-il un secours plus grand que le salut en Christ ? Jésus sauva l'homme de l'ultime solitude dans laquelle il fut jeté par la faute d'Adam. Car la pire des solitudes est bien celle d'être coupé de Dieu. Lorsque Dieu déclare qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul, Il énonce un oracle et une espérance. Le Messie viendrait en participant à la chair et au sang, devenant ainsi semblable à Adam. Et Il aiderait l'homme en le sortant de sa solitude spirituelle, en le réconciliant au Père.

Un troisième aspect de cette déclaration concerne la dimension relationnelle de l'homme. Dieu a créé l'homme comme un être social et relationnel. L'homme socialement seul est livré à lui-même, et cela constitue un danger. L'Ecclésiaste (chapitre 4 verset 9) souligne l'intérêt d'être accompagné : «deux valent mieux qu'un», écrit-il, lorsque l'un tombe l'autre peut le secourir. Un autre aspect que l'auteur souligne est le fait que l'homme seul ne travaille que pour lui-même (versets précédents). Et lorsqu'il périt, ses richesses s'évanouissent avec lui. Mais l'homme qui vit en société trouve toujours des occasions de s'intéresser à autrui. Si quelqu'un n'a pas de prochain, comment peut-il l'aimer ?

Cette déclaration de la Genèse évoque donc le caractère spécial de l'homme, dans ses aspects conjugal, spirituel et social. C'est une bénédiction de Dieu.

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