La couverture de la présente édition représente
"Les nymphéas blancs" de Claude Monet.
Ce chef-d'œuvre est exposé au musée Pouchkine
à Moscou. Sa valeur actuelle est estimée à
plus de 20 millions d'euros, soit plus d'un milliard de
francs.
Les fleurs, le feuillage et le pont font toute la beauté
de cette toile. Le ciel est invisible, le soleil absent.
Seul le pont, tel un trait de lumière, laisse supposer
deux mondes qui seraient reliés mystérieusement
par ce fil lumineux jeté comme un arc-en-ciel au-dessus
des nymphéas blancs. Que de symboles évocateurs
d'une réalité invisible à l'œil
nu, mais si présente dans toute la création
! Monet n'a peint que ce qu'il a vu ou imaginé. Mais
cette réalité est venue de quelque part.
La vie sur terre est ce pont qui nous conduit vers une
autre vie. Le trait de lumière symbolise cette rampe
sur laquelle glisse notre main, alors que nous recherchons
le Bonheur. Nous nous y agrippons fermement. Nous avançons
confiants, avec au cœur, un bon pressentiment, une
intime conviction que le Bonheur est tout près, à
la sortie du pont, à la fin de cette vie sur terre.
Nous savons que le trait de lumière ne peut pas nous
tromper.
Cependant, bien des hommes préfèrent demeurer
dans leur monde, sur leur rive, sans regarder le pont, ni
sa rambarde lumineuse ; plusieurs s'interrogent. Ils se
demandent honnêtement s'il n'y a pas une réponse
à toutes les grandes questions de l'existence. D'où
vient la vie et tout ce qui existe ? Où cette vie
nous conduit-elle ?
Refusant de croire en Dieu, beaucoup décident de
prendre leur bonheur tout de suite, de peur qu'un plus grand
Bonheur n'existe pas. “Un tien vaut mieux que deux,
tu l'auras”, se disent-ils. Craignant qu'on les dupe,
et assurés d'avoir la bonne méthode pour être
heureux, ils profitent pleinement de la vie présente,
du moins le pensent-ils, se rendant volontairement oublieux
de Dieu qu'ils ne voient pas, afin de mieux accaparer les
richesses et jouir des plaisirs de ce monde qu'ils voient
et qu'ils peuvent toucher de leurs mains.
On ne franchit ce type de passerelle qu'une fois dans sa
vie. Cette vie présente ne peut que conduire à
une autre vie qui, elle, sera éternelle. Le vrai
Bonheur est un nymphéa qui ne périra pas ;
son créateur est le Peintre de l'univers et le Créateur
de l'Homme.
Le prix de ce Bonheur vaut ô ! combien plus que les
20 millions d'euros du tableau de Monet, si beau soit-il
! J'espère que les articles de ce numéro 22
de La Vie Chrétienne, vous feront partager l’espérance
du véritable Bonheur.