Dieu se sert d'hommes pour accomplir Son œuvre. La Bible
l'atteste. On peut penser que voir Dieu est un suprême
bonheur : la révélation divine dans toute
sa splendeur, enfin perçue par des humains !
Deux hommes exceptionnels se sont fortement appuyés
sur Dieu : le roi Salomon et l'apôtre Paul. Analysons
leur vie et leur vision du bonheur.
Tous deux possédaient la foi à déplacer
les montagnes (I Corinthiens 13 : 2). Ils ont cependant
vécu très différemment. Le roi Salomon
a accumulé les richesses, a obtenu tout ce qu'il
désirait, et a vécu dans l'aisance et le raffinement,
comblé par le “matérialisme” de
l'époque. L'apôtre Paul a servi également
Dieu mais d'une autre manière, plus dépouillée,
moins ostentatoire et plus humble.
Tous deux ont connu des heures de gloire (n'ont-ils pas
vu Dieu ?), des moments de bonheur, mais ils ont aussi ressenti
des angoisses, ballottés qu'ils étaient par
les vents mauvais, en proie aux doutes les plus tenaces,
et connaissant des malheurs certains. Tout cela, en dépit
de leur foi ; tous deux, enracinés dans leur conviction
profonde que Dieu existe, qu'ils L'ont “vu”
à l'œuvre, et qu'ils L'ont servi avec fidélité.
Même si les vicissitudes de la vie ont fait que les
tourments n'aient pas été les mêmes
pour chacun d'eux.
Leur façon de vivre, leur mode de pensée
sont des exemples à méditer. Le chrétien
peut apprécier le bonheur d'une vie terrestre malgré
ses peines, ses tracas et ses souffrances. La conduite à
tenir pour y arriver se situe quelque part entre les visions
et les actes du roi Salomon et de l'apôtre Paul.
Les ressemblances
Le roi Salomon et l'apôtre Paul sont deux hommes
choisis et appelés par Dieu à un moment précis
de leur vie. L'un comme l'autre a eu à entreprendre
un travail colossal en servant l'œuvre de Dieu. On
peut dire que ces deux hommes sont des bâtisseurs.
Béni par Dieu en souvenir de David, Salomon (Xe
siècle avant Jésus-Christ) transforme la ville
embryonnaire de son père en une capitale royale grâce
au développement du commerce international et à
la centralisation administrative qu'il a mise en place.
Il mène une politique de grands travaux à
l'échelle de la nation. Et surtout, Salomon construit
le temple pour Yahvé le Dieu d'Israël. David
ayant versé trop de sang de son vivant, c'est au
roi Salomon qu'échoit l'honneur de bâtir une
maison pour Dieu. Et comme le mentionne I Chroniques 22,
versets 6 à 10 : “Il construira une maison
pour mon nom, il sera mon fils et je serai son père
et j'affermirai son trône royal en Israël à
jamais”.
Durant sa vie, Dieu se révèle deux fois à
Salomon. Une première fois, à Gabaon, Il lui
apparaît en songe pendant la nuit et lui demande ce
qu'il désire ; qu'il demande et il l'obtiendra (I
Rois 3 : 5). Le roi opte pour la sagesse, ce qui plaît
à l'Eternel qui lui accorde en plus, des richesses
et la gloire (verset 13).
La seconde fois, c'est à l'issue de la construction
du temple. L'Eternel exauce la prière de Salomon,
et Il sanctifie la maison que le roi a bâtie pour
y mettre à jamais Son nom (II Chroniques 7 : 1 ;
7 : 11). Dieu choisit ce lieu comme la maison où
l'on devra Lui offrir des sacrifices. Et Il ajoute que si
Salomon marche en Sa présence comme a marché
David, et s'il suit Ses lois et Ses ordonnances, alors,
Il affermira son trône comme Il l'a promis à
David. Son avenir est donc conditionné par une recommandation
qui a toute son importance. Salomon peut se sentir fort,
fier et heureux d'avoir “vu” Dieu durant sa
vie. Cela l'aidera par la suite. Par ses œuvres, ce roi
plein de sagesse, fidèle serviteur de l'Eternel,
contribue à faire connaître Dieu aux peuples
de la terre (I Rois 10 : 24).
Dieu lui accordait tout ce qu'un homme peut désirer.
Le roi lui-même dira que tout ce que ses yeux avaient
désiré, il ne les en a point privés
(L'Ecclésiaste 2 : 10). Salomon chercha le bonheur
par l'accumulation (femmes, maisons, troupeaux, terrains,
or, argent, serviteurs et servantes). L'abondance régnait
également lors des banquets (I Rois 4 : 22).
Mille ans plus tard, l'apôtre Paul est choisi par
Dieu pour une mission bien précise. Son zèle
au début, en tant que Saul, le conduit à persécuter
les chrétiens jusqu'à sa rencontre avec Jésus-Christ
sur la route de Damas. Aveuglé, il entend une voix
lui dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu
?” Il ne sait pas encore qu'il est un instrument que
Dieu a choisi pour porter Son nom devant les nations, devant
les rois et devant les fils d'Israël (Actes 9 : 15).
Après sa guérison, Paul prêche que Jésus
est le Fils de Dieu. Dieu l'utilise pour faire de nombreux
miracles. Il est l'un des piliers du christianisme. Sa foi
en Jésus-Christ est inébranlable. Et il a
de quoi s'enorgueillir (même s'il ne le fait pas).
N'a-t-il pas été ravi jusqu'au troisième
ciel ? N'a-t-il pas vu le paradis ? N'a-t-il pas entendu
des paroles merveilleuses qu'il n'est pas permis à
un homme d'exprimer (II Corinthiens 12 : 2-4) ? N'a-t-il
pas vu le Seigneur en vision ? La nuit lorsqu'il se trouve
à Corinthe, Dieu ne lui adresse-t-il pas ces paroles
: “Ne crains point mais parle, ne te tais point car
Je suis avec toi” (Actes 18 : 9) ? Que peut ressentir
un homme simple, même possédant le Saint-Esprit,
au vu d'une telle expérience ? Il ne peut éprouver
que du bonheur, de la félicité, de la joie
et la conviction profonde des choses à venir.
Salomon et l'apôtre Paul ont servi fidèlement
Dieu. Tous deux ont agi en fonction de leur tempérament,
de leur foi, de leur fougue, de leur passion, de leurs désirs
et de leur degré d'obéissance. Et surtout,
tout deux ont “vu” Dieu, expérience inoubliable
qui marque une vie à tout jamais.
Les divergences
Salomon et Paul n'ont pas agi pareillement dans tous les
domaines. Si le roi d'Israël fait bombance quotidiennement
(I Rois 4 : 22), l'apôtre Paul, lui, n'hésite
pas à déclarer qu'il a appris à être
content dans l'état où il se trouve. Il sait
vivre dans l'humiliation et dans l'abondance. En tout et
partout, il a appris à être rassasié
et à avoir faim.
Cette notion du “peu ou du beaucoup” est capitale
dans la recherche du bonheur. Ce que Dieu nous donne, il
peut également nous le retirer. Il faut donc savoir
apprécier, à leur pleine valeur, les moments
d'abondance que Dieu nous permet de vivre.
Salomon voulait tout vivre. Il ne s'est point privé
de ce que ses yeux désiraient. Paul au contraire,
refuse de s’asservir aux futilités. “Tout
m'est permis”, dit-il, “mais tout n'est pas
utile”, (I Corinthiens 6 : 12 ; 6 : 19). Salomon va
finir prisonnier de ses désirs alors que Paul se
déclare prisonnier de l'Evangile (Philémon
9-13). Salomon eut un grand nombre de femmes (sept cents
légitimes et trois cents concubines) et aima beaucoup
de femmes étrangères appartenant aux nations
dont l'Eternel avait dit aux enfants d'Israël : “Vous
n'irez point chez elles, elles tourneraient certainement
vos cœurs du côté de leurs dieux.”
C'est ce qui se produisit. A l'époque de sa vieillesse,
le roi inclina son cœur vers d'autres dieux. Il renia
le premier commandement “Tu n'auras pas d'autres dieux
devant ma face”. Ce qui irrita l'Eternel (I Rois 11
: 9).
A l'inverse, l'apôtre Paul célèbre
un seul Dieu. Il revendique d'ailleurs son choix du célibat
afin de se consacrer pleinement au ministère du Christ.
Dans I Corinthiens 7, verset 1, il n'hésite pas à
affirmer, qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher
de femme. Mais il ajoute : “Je voudrais que tous les
hommes soient comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don
particulier. L'un, d'une manière, l'autre d'une autre”.
Paul se situe aux antipodes de la vision du roi Salomon.
L'apôtre veut avant tout se rapprocher de Dieu autant
qu'il est possible afin de Le servir totalement. Toutefois,
afin d'éviter la débauche, il conseille que
chacun ait sa femme et chaque femme son mari.
La consécration au service de Dieu passe par le
renouvellement de l'intelligence comme l'atteste Paul dans
Romains 12, verset 2. Salomon, malgré sa sagesse
et son intelligence, se conforme à son siècle
et ce faisant, il perd de vue (il ne discerne plus) ce qu'est
la volonté de Dieu : “ce qui est bon, agréable
et parfait”. Dans Job 20, verset 22, nous apprenons
que la force de l'impie est courte de toute façon
et que malgré l'abondance il sera dans la détresse.
Salomon, perdu dans les joies terrestres de son siècle,
perd tout contact avec Dieu en s'éloignant du principe
cité dans Proverbes 30, verset 8 : “Ne me donne
ni pauvreté, ni richesse de peur que dans l'abondance
je ne te renie et ne dise qui est l'Eternel ?” Salomon
paye le prix fort pour ses erreurs : l'amertume, le désabusement,
la solitude (loin de Dieu). “Tout n'est que vanité
et vanité”, dit-il. Pour qui a-t-il travaillé
en somme puisqu'il ne profitera pas de ses nombreuses richesses
? Paul lui répond plus tard que le labeur dans le
Seigneur n'est pas vain (I Corinthiens 15 : 58).
Salomon régnait dans un monde matériel. Paul,
lui, évoque un monde spirituel qui renvoie toujours
au Christ. Salomon, qui se soucie de son royaume terrestre
est désabusé à la fin de sa vie. Paul,
quant à lui, accepte sa souffrance et est pressé
de rejoindre le Christ (Romains 8 : 18). Dans I Jean 2,
verset 15, nous lisons : “N'aimez point le monde”.
Hébreux 13, verset 5 nous conseille de nous contenter
de ce que l'on a. Méfions-nous des chimères
et ne bâtissons pas en vain. Car il est vrai que finalement
tout est vanité dans ce bas monde.
Entre Salomon et Paul, l'être humain et surtout le
chrétien, doit pouvoir se situer en adoptant quelques
principes.
Entre joie et souffrance
Avec la télévision et l'internet, il est
facile aujourd'hui de parcourir des milliers de kilomètres,
de se retrouver à l'autre bout du monde, et voir
ce qui s'y passe ; en toute tranquillité, bien à
l'abri. Mais peut-on vivre vraiment heureux quand on vit
entouré de gens misérables, dans le besoin,
en-dessous du strict nécessaire ? Peut-on rester
insensible devant tant de détresse ? Les maladies
(nombreuses encore), le chômage, la précarité,
les guerres, toutes les misères du monde sont des
rappels incessants.
La vie des gens (tout comme l'amour) est un mystère.
On ne voit d'eux que quelques minutes d'une vie qui s'est
étirée sur des années. Le malheur est
bien souvent à nos portes. Il suffit de baisser les
yeux.
Alors, le bonheur, le bien-être ? Dieu dit que nous
aurons toujours des pauvres avec nous (Matthieu 26 : 11).
Quant aux infirmes, ils ne manquaient pas au temps du Christ
(Matthieu 15 : 30). Notre regard sur eux et sur leur vie,
du moins ce que l'on peut en imaginer, ne change t-il pas
notre vision du monde ?
Comparés à tous ces gens qui semblent malheureux
et qui vivent dans la précarité, nous devrions
nous sentir pleinement heureux, aimer Dieu, nous rapprocher
de Lui et Le remercier pour Ses bénédictions.
Mais qu'est-ce qu'une vie ? Qu'est-ce que notre vie ? Et
qu'est-ce que le bonheur ? Dès que nous naissons,
nous savons que la mort se dresse au bout du chemin, si
ce n'est en cours de route. Et tout au long de notre vie,
ce constat va nous marquer et influer sur notre moral et
sur notre comportement. Et comment s'habituer à la
mort alors qu'elle nous rebute ? Ce n'est pas parce que
nous croyons en Dieu que notre vie ne sera pas semée
d'embûches ou troublée par quelque épreuve
difficile. Peut-on échapper à cette vie stressante,
oppressante, qui nous défie, qui nous heurte, qui
nous blesse et qui nous malmène ? Certes non ! Nous
subissons de plein fouet, ses attaques et ses tentations.
De nos jours, le véritable bonheur, serait probablement
d'être dégagé des problèmes et
soucis en tout genre : de santé, de famille, d'argent
; pour être ainsi pleinement libre d'esprit.
Nous vivons tellement pressés par le temps qu'il
nous est pratiquement impossible de prendre le temps pour
penser à notre bonheur et à notre bien être.
On vit poussé par les aléas et les vicissitudes
de la vie. Alors les sempiternelles questions surgissent.
Pourquoi est-ce arrivé à moi, mon Dieu ? N'y
avait-il pas d'autres solutions ? Thoreau (penseur et écrivain
américain 1817-1862) a dit : “Pour bien des
gens, la vie est une lente désespérance.”
Une telle désespérance n'est certainement
pas le lot des chrétiens.
On voudrait souvent que Dieu intervienne dans nos vies
et dans le monde afin de régler une bonne fois, toutes
ces injustices. Mais Dieu garde le silence. Et Son silence
nous interpelle car nous savons qu'Il est là, qu'Il
nous aime, mais qu'Il a choisi de ne pas intervenir à
cette heure précise.
La démarche du chrétien
La notion du bonheur chrétien est liée à
Dieu. Dieu est amour. Les Ecritures l'attestent. Il a donné
Son Fils pour nous sauver.
Dieu nous donne quelques bons conseils pour traverser cette
vie. Ses préceptes sont précieux. Ne nous
inquiétons pas trop à propos de l'avenir car
Jésus a dit : “A chaque jour suffit sa peine.”
Notre être intérieur est un jardin qu'il faut
cultiver. Avant de refaire la façade (sourire, rayonnement,
apparence saine), il faut faire renaître l'intérieur
afin que les bons sentiments puissent éclore et s'exprimer
en toute sérénité. Essayons de bannir
l'inquiétude, l'angoisse et la culpabilité
afin que disparaisse le vieil homme qui nous embarrasse
et qui entrave l'épanouissement du nouvel être
(Romains 6 : 6). Revêtons l'habit de l'homme nouveau
(Ephésiens 4 : 24 ; Colossiens 3 : 9). Essayons de
maîtriser les mots clefs de notre nouvelle existence
: harmonie, équilibre, assurance (en Christ), joie
de vivre. C'est un travail de tous les jours. Prenons le
temps de bien réfléchir. Sortons du tourbillon
et remercions Dieu pour notre existence et pour le fait
suprême de Le connaître. Car connaître
Dieu est un vrai bonheur. Dieu nous aime, c'est non seulement
notre laissez-passer, mais c'est aussi notre sauf-conduit.
Entre les vies du roi Salomon et de l'apôtre Paul,
retrouvons les bons sentiments qui animent et président
à la destinée d'une belle vie ; l'amour, l'amitié,
la générosité, la joie, le rire, l'humour,
la patience, la bonté, la sollicitude, le pardon,
la simplicité, la bonne humeur en font partie. Apprécions
les petits bonheurs que peut nous offrir l'existence.
L'apôtre Jean nous exhorte à rechercher l'intelligence
véritable (I Jean 5 : 20) qui peut nous permettre
de mieux déceler les pièges de l'existence
ou de l'adversaire. Puisque Dieu est divinement bon, pensons
à Lui dans des dispositions paisibles plutôt
que dans la crainte, la culpabilité ou l'amertume.
La paix d'esprit en Christ nous est offerte (Actes 10 :
36). Et puisque la vie est ainsi, ne lui en demandons pas
trop. Au contraire, sachons nous contenter du “peu
ou du beaucoup” qu'elle nous offre.
Puisque nous sommes des vapeurs (Jacques 4 : 14), évitons
les dangers qui menacent le voyage de notre humble existence
: ambition démesurée, gloriole, colère,
orgueil, vanité, pouvoir. Apprécions les choses
simples de la vie.
Adressons-nous à Dieu. Confions-Lui nos problèmes
de toutes sortes. Lui seul connaît la réponse.
Gardons l'assurance qu'Il ne nous abandonnera pas (Hébreux
13 : 5 ; Matthieu 28 : 20).
Nous savons que le vrai bonheur n'est pas de ce monde.
Aussi rappelons-nous réciproquement, par des actes
d'amour, que nous sommes heureux de travailler ensemble
à l'édification de l'œuvre de Dieu. Le reste
suivra.