Le Bonheur constitue certainement l'une des toutes premières
quêtes de l'Homme moderne. Individus et gouvernements
le recherchent et cherchent à le créer. La
Science n'a pas découvert le gène de la Félicité,
et le Bonheur reste indétectable dans l'ADN de l'Humanité.
Le Bonheur existe, mais il est ailleurs. Mais où
?
Qu'est-ce que le Bonheur ? C'est un état d'esprit,
mais difficile à définir s'il en est un !
Le Bonheur se définit par autant de définitions
qu'il existe d'hommes sur la terre. Nous sommes bien dans
la pluralité des bonheurs.
Le concept de Bonheur a évolué au cours des
âges. Le Bonheur des hommes vivant au Moyen Age n'était
pas le même que celui de l'homme ayant vécu
au temps d'Abraham ; et le Bonheur tel que le conçoit
l'homme moderne n'a rien de comparable à celui des
temps révolus. Le siècle des Lumières
proposa un modèle nouveau, mais pas nécessairement
meilleur. Les philosophes du XVIIIe siècle proclamèrent
que la vie, la vie elle-même, constitue le but de
toute vie humaine. Plus besoin de consacrer cette vie au
service de Dieu ou d'un monarque de droit divin.
Ce fut le commencement de la quête humaine du Bonheur,
mais sans le secours de Dieu ou du Roi. La Société
devint le moyen par lequel les citoyens pouvaient être
heureux. La meilleure Société devait donc
être celle qui pourrait procurer le plus grand bonheur
au plus grand nombre, le plus rapidement possible. De cette
idée sont nées les grandes théories
du XXe siècle : le marxisme, le communisme, le socialisme,
le capitalisme. Toutes ont promis, et promettent toujours,
le Bonheur collectif dans un Etat-Providence où Dieu
est absent ou presque.
C'est ainsi que la notion de Bonheur céda la place
au nouveau concept de “Qualité de vie”.
Et ce nouveau concept permet de partager l'humanité
en catégories et sous-catégories dans lesquelles
on place les pays du monde selon la qualité de vie
de leurs habitants. Les habitants des pays riches devraient
être très heureux, et ceux des pays pauvres
devraient être malheureux. Ce constat est-il corroboré
de manière absolue par l'expérience personnelle
que les uns et les autres ont du bonheur ? Pas nécessairement
: il existe des riches malheureux et il existe des pauvres
heureux. Mais les statistiques démontrent qu'une
meilleure qualité de vie permet au plus grand nombre
d'être plus heureux.
Pourquoi les hommes recherchent-ils ce Grand Bonheur, le
Vrai, celui qui leur ferait comprendre et accepter que dans
cette vie le malheur existe ? Serait-ce dû, en partie,
au fait que le Paradis terrestre s'est effacé de
leur mémoire ?
Bonheur et Malheur : Origines
Dans le hall de la mairie du 15e arrondissement de Paris
se trouve une sculpture de Jean Gautherin (1840-1890) représentant
un homme tenant une femme dans ses bras. L'homme, désespéré,
le visage défait par la douleur, semble impuissant
à consoler sa bien-aimée, inconsolable et
désespérée. Sur le socle, trois mots
taillés dans la roche d'Etretat : Le Paradis Perdu.
En voyant cette œuvre, comment ne pas penser à
Adam et Eve ? Adam, inconsolable, ne pouvait être
d'aucun secours pour Eve, qui, en retour, ne pouvait pas
non plus le consoler. Tous deux ayant été
chassés du Jardin d'Eden, perdaient du même
coup le Paradis. Pour les premiers parents, la consolation
ne viendrait donc jamais ? Paradis perdu, Bonheur perdu.
L'Homme et la Femme devinrent chacun persona non grata dans
le jardin divin, ils furent chassés des lieux bénis
où pendant un temps, ils vécurent le Bonheur
(Genèse 2 et 3). Exclus, comme l'avait été
celui qui les avait séduits (Apocalypse 12), mais
à la différence que l'Homme et la Femme se
virent donner par Dieu la promesse d'un Rédempteur
(Genèse 3 : 15). Dieu leur laissa un espoir. Depuis,
l'humanité vit d'espoir.
La chute originelle mit un terme à cette relation
d'amour entre Dieu et Ses deux premiers enfants. Ce Summun
Bonum comme le nomme les théologiens, cette communion
intime de l'Homme avec son Créateur cessa brusquement
d'exister. La déchéance s'ensuivit. Très
vite, Eve découvrit une autre réalité
qui était l'envers du Bonheur ; elle pleura la mort
de son fils Abel assassiné par son frère aîné.
“Caïn s'éloigna de la face de l'Eternel...”
(Genèse 4 : 16). Eve supporta la douleur du deuil
et de la séparation. Deux fils disparus : l'un mort,
l'autre enfui au loin, errant et vagabond (Genèse
4 : 12).
Nous avons là trois éléments : l'origine
du Bonheur, sa perte temporaire, et l'espoir de le retrouver.
Mais cette tragique brisure, cette cassure affective entre
le Divin et l'Humain enferma dans le Malheur l'Humanité
toute entière. Les enfants des premiers parents furent
privés du Bonheur parental originel. Du coup, ils
perdirent tout ce que leurs parents avaient eux-mêmes
perdu, et ils subirent, sans comprendre, les tragiques conséquences
d'un geste parental auquel ils n'avaient pas participé.
Dieu en avait décidé ainsi. La sentence est
depuis sans appel !
La transmission de la vie s'accompagna d'un éloignement
spirituel d'avec Dieu. Vivre sa vie devint synonyme de vivre
sans Dieu, mais avec le Malheur comme compagnon de route.
Affirmer le contraire, c'est entretenir l'illusion que l'Homme
peut être heureux sans Dieu.
Ainsi, selon le récit biblique, Dieu se retira un
temps, puis Il décida de détruire l'Humanité
par le déluge. Le temps de tirer des flots le juste
Noé et sa famille, l'Eternel dessina aussitôt
un arc-en-ciel sous la voûte céleste (Genèse
6, 7, 8) : c'était un heureux présage de Bonheur.
Puis Il intervint avec grande détermination et mit
fin à la construction de la tour de Babel (Genèse
11). Ensuite commence l'histoire captivante d'Abraham, père
des croyants, à qui Dieu donna la promesse du Bonheur
(Genèse 12 : 3). Tous les peuples devaient être
bénis par la foi de ce patriarche choisi et aimé
de Dieu.
Tant que l'homme et la femme vivaient en compagnie de Dieu
dans leur jardin paradisiaque, ils jouissaient du Donum
Super additum (Donum super : don supérieur, don au-dessus
des autres, don en plus de tout le reste), grâce à
cette addition (additum) surnaturelle qu'était la
présence divine qui leur conférait une garantie,
une assurance de Bonheur ; mais encore, ils bénéficiaient
de tous les bons attributs de la nature humaine telle que
créée à l'origine : l'intelligence,
l'ingéniosité, la créativité,
la richesse émotionnelle, la santé physique
et mentale. Ils étaient plus que comblés !
Cette complémentarité de l'Homme par son
Dieu ayant été tragiquement interrompue, l'Homme
entreprit de la retrouver ; il ne pouvait que la rechercher
et espérer la trouver dans quelqu'un qui soit à
l'image et à la ressemblance du Dieu qu'il avait
aimé. Il ne restait en présence de l'Homme
que celle qui était issue de sa chair. L'Homme continua
à s'attacher à sa femme, et elle à
lui. Mais désormais, ils étaient seuls. Dieu
s'est absenté de leur vie. D'entier qu'il était,
le Bonheur devint partiel, du fait de la rupture divine.
Tant que l'Homme ne retrouvera pas son Dieu bien-aimé,
son bonheur demeurera à la petitesse de sa nature
humaine.
L'homme et la femme cherchent la perfection dans une relation
d'amour véritable, mais la complémentarité
de leur intelligence et de leur cœur n'est jamais parfaite.
Les deux gardent la nostalgie d'un Amour éternel,
et tous deux désirent ardemment le retrouver, tout
en ne sachant jamais sur quel visage humain il renaîtra
(Proverbes 30 : 18-19).
L'expérience humaine depuis les origines jusqu'à
nos jours démontre que l'homme (hormis celui qui
a reçu le don divin du célibat) cherche son
bonheur aux côtés de la femme, comme s'il voulait,
symboliquement, reprendre la côte que Dieu lui avait
enlevée pour la former (Genèse 2: 21-22).
De même, les regards de la femme se portent toujours
vers l'homme, comme si elle tentait de retrouver l'origine
de sa propre vie dans ce premier homme dont elle est issue.
Le bonheur de l'un et de l'autre est indissociable de ce
désir d'union pour aimer et être aimé,
et pour transmettre la vie en étant “un”
comme eux-mêmes étaient “un” avec
Dieu dans le Paradis. Quel grand mystère (Ephésiens
5 : 32) !
Femmes et hommes cherchent le bonheur en essayant de se
rapprocher les uns des autres. Cette recherche incessante
de complémentarité est-elle la seule voie
qui conduise au bonheur terrestre ? Le bonheur consiste-t-il
uniquement à partager sa vie avec une personne du
sexe opposé ? L'union des chairs, l'une masculine
et l'autre féminine, sans amour réciproque
et sans bonté, suffit-elle à créer
le bonheur et à le maintenir ? Non, bien évidemment
! Le nombre de mariages brisés, de divorces justifiés
et injustifiés, prouve que l'union seule de deux
corps n'est pas le catalyseur miracle capable d'engendrer
le bonheur. Il y a d'autres causes au bonheur. Se mettre
en ménage n'est pas le seul moyen d'être heureux.
Dans le contexte chrétien, les célibataires,
femmes et hommes, heureux, actifs, impliqués à
servir, généreux et épanouis peuvent
certainement en témoigner. Ces célibataires
ou personnes seules posent aux couples mariés malheureux
des questions qui souvent restent sans réponses.
Le bonheur n'est pas fonction uniquement des genres masculin
et féminin. En Christ, il n'y a ni homme, ni femme
(Galates 3 : 28).
Bonheur réaliste
La Bible ne dit mot sur le Bonheur du premier couple dans
le Jardin d'Eden. C'est par déduction que l'on peut
affirmer que le Bonheur y existait. Dieu étant Amour
(I Jean 4 : 8), Dieu étant parfait, on ne peut qu'en
déduire que Sa seule présence rendait Adam
et Eve heureux. Ailleurs dans les Ecritures, nous constatons
que Dieu n'est pas bavard au sujet du Bonheur de l'Homme
sur la terre. Dieu est davantage préoccupé
par le Bonheur futur, le Bonheur qui sera vécu dans
une autre vie. Au cours de Son ministère terrestre,
le Christ n'a que très peu parlé du bonheur
au sens où nous l'entendons généralement.
Il y a les béatitudes qui débutent par un
espoir de bonheur qui viendra plus tard, et qui se terminent
par une promesse de persécution qui devrait nous
rendre heureux, mais pas selon notre notion moderne du bonheur.
Si le bonheur de l'homme sur terre ne semble pas être
la première des préoccupations de Dieu, c'est
que Dieu est fidèle aux décisions qu'Il prend.
Après la chute, Dieu chassa l'Homme et la Femme du
Jardin. Cette première décision divine était
par elle-même d'une extrême gravité ;
mais en plus, ce châtiment fut assorti d'une série
de malédictions qui ne pouvaient que rendre l'Homme
et la Femme malheureux sur la terre (Genèse 3). Dieu
plaça ainsi ces deux premiers enfants dans des conditions
de bonheur relatif. Bonheur conditionné par le sol
qui devint maudit, par le labeur quotidien qui se pratiquerait
dans les sueurs de la fatigue, par les rapports entre l'Homme
et la Femme qui ne seraient plus les mêmes puisqu'un
rapport d'autorité, de domination et de besoin faisait
partie du lot des conséquences tragiques de la transgression.
Placé dans des conditions aussi adverses, l'Homme
ne pouvait que ressentir sa misère et son impuissance.
Impuissant devant le climat. Impuissant devant la souffrance.
Impuissant devant la mort. Impuissant devant la haine et
l'injustice. Abel restera mort. Dieu décida de ne
pas le ressusciter. L'attente de la résurrection
se transforma graduellement en désillusion. L'attitude
de Caïn laissait présager d'autres crimes parmi
la descendance d'Adam, et à la fin de sa longue vie,
le premier homme n'avait toujours pas vu la promesse de
Dieu se réaliser (Genèse 3 : 15).
Libre arbitre : outil de bonheur ou de malheur
Aujourd'hui, au vu et au su de tous, nous voyons que le
libre arbitre de l'homme l'amène à détruire
non seulement la terre qui a déjà été
maudite, mais à se détruire lui-même
en faisant un mauvais usage des biens et des inventions
qui sont à sa disposition par les progrès
de sa science et de sa technologie. On en est arrivé
à ne plus dire ce qui devrait être dit.
Le libre arbitre doit être utilisé dans un
monde en perpétuel changement. Il faut apprendre
à décider pour le mieux, afin d'éviter
de se placer en situation de malheur. Si nous parlons du
bonheur qui ne peut être que relatif sur cette terre,
c'est que tous ne sont pas en mesure d'user de leur libre
arbitre selon la volonté de Dieu. Savoir discerner,
tôt dans la vie, ce qui est bon pour soi et pour les
autres constitue l'un des meilleurs atouts pour être
heureux. Les autres facteurs de bonheur que sont la santé,
le milieu social, la taille, la beauté du visage,
les talents naturels ne seront des atouts que si on les
considère comme des dons que l'on n'a pas mérités.
Dieu peut donner plus à l'un qu'à l'autre
(Matthieu 25 : 14-30 ; Luc 19 : 11-27), selon Son bon plaisir
(Matthieu 20 : 1-16), mais Il s'attend à ce que chacun
utilise bien ce qu'il a reçu (Deutéronome
30 : 11-20).
Faire les bons choix
Le monde est en perpétuel changement ; il va de
progrès en progrès, changeant au gré
des modes et des inventions. Personne n'arrêtera le
progrès dans sa course.
L'homme doit donc s'adapter à cette nouvelle réalité
pour que celle-ci contribue à son bonheur. C'est
un choix que tous nous devons faire. Faire les bons choix
exige du courage ; souvent il faut décider à
contre-courant de la masse qui emprunte la mauvaise route
ou choisit de perdre son temps sur des routes secondaires
qui ne mènent nulle part.
Par exemple, il est important d'éviter les petits
bonheurs artificiels et éphémères,
tous ces paradis clinquants construits sur l'accumulation
excessive de biens matériels, sur l'ingurgitation
abusive d'alcool ou sur la consommation démesurée
et inutile de nourriture (Luc 21 : 34), ou sur la sexualité
dévoyée et sans amour. Il nous faut être
plus forts que la vague déferlante des modes que
nous vantent les plateaux et les écrans du monde
entier.
Décider de naviguer à contre-courant dans
une société qui valorise trop souvent la médiocrité,
la vaine gloriole, la peau du corps, le jean plus serré
que l'épiderme qui le porte, exige de la volonté
et de la détermination. La vraie réussite
requiert des efforts et du temps. Elle demande la pratique
des valeurs de tête et de cœur, ces attributs
qui différencient l'homme de la bête. Le succès
fait partie du bonheur, et le succès se construit
sur un fondement solide (Matthieu 7 : 24-27). Ne soyons
pas de ceux qui disent comme Voltaire : “Nous cherchons
tous le bonheur, mais sans savoir où, comme des ivrognes
qui cherchent leur maison, sachant confusément que
cela existe…”.
Si dans notre quête du Bonheur, il faut choisir d'être
grand, recherchons alors un bonheur à la grandeur
de Dieu. Etre grand consiste à reconnaître
Dieu comme Source du Bonheur. Il nous faut remonter à
contre-courant de ce monde jusqu'au Paradis duquel l'Homme
et la Femme furent chassés. Le temps du rétablissement
de toutes choses (Actes 3 : 21) est de plus en plus proche.
Tandis que le monde passe avec sa gloire, Dieu ramène,
un à un, Ses enfants vers ce Jardin où leurs
parents furent un jour parfaitement heureux.
Conseils Pratiques et Praticables
Le bonheur se découvre, se prépare, se construit,
et s'entretient.
Voici quelques conseils qui vous permettront
d'être plus heureux, si vous les mettez en pratique.
- Faites l'inventaire de vous-même, de votre personnalité,
de vos talents et de vos compétences. Essayez de
répondre honnêtement à la question :
"Qui suis-je vraiment ?"
- Prenez la mesure du monde dans lequel vous évoluez,
sans vous attarder sur le passé (Ecclésiaste
7 : 10). Ne vous y complaisez pas. Vivez le présent.
Le bonheur se conjugue au présent de l'indicatif.
- Déterminez une fois pour toutes, si possible,
ce que vous attendez de la vie, après avoir fait
une sérieuse analyse de la réalité,
de vous-même, de vos moyens.
- Fixez-vous des objectifs réalistes et atteignables,
étape par étape, afin de vivre des victoires
et non seulement des revers.
- Passez à l'action. “Tout ce que ta main
trouve à faire, fais-le avec toute ta force”
(Ecclésiaste 9 : 10). Rien ne s'accomplit sans action.
Ne remettez donc pas au lendemain.
- Maintenez-vous en bonne santé physique, mentale
et spirituelle. Maintenez votre système immunitaire
au plus haut niveau par une saine alimentation, un sommeil
réparateur, une bonne élimination, de l'exercice
physique, un regard optimiste et teinté d'humour
sur la vie, comme le recommandent tous les spécialistes
de la santé.
- Aimez ceux qui vous entourent. Faites du bien autour
de vous. Rendez service sans rien attendre en retour. Dieu
vous le rendra, car Il vous observe et Il voit tout (Matthieu
6 : 6-8 ; Ecclésiaste 12 : 15-16).
- Cultivez un esprit de générosité
envers Dieu et envers tous les hommes, car tout ce que nous
avons, nous l'avons reçu, soit de Dieu, soit des
hommes.
- Soyez persévérant et tenace, sans sombrer
dans l'entêtement obtus (Proverbes 24 : 10 ; Romains
5 : 3-4).
- Prenez la vie au sérieux car vous n'en avez qu'une.
En revanche, ne vous prenez pas trop au sérieux.
Considérez les autres comme vous étant supérieurs
(Philippiens 2 : 3-4).