Sommes-nous joyeux ?
Joseph Tkach
 

Un Anglais, un Français et un Russe discutaient ensemble du bonheur. “Le bonheur”, dit l'Anglais, “c'est de rentrer chez soi, après une journée éreintante et de trouver ses pantoufles au coin du feu”. “Vous les Anglais, vous n'êtes pas très romantiques !”, dit en plaisantant le Français. “Le bonheur, c'est de manger dans un grand restaurant avec une jolie femme”. “Vous avez tous les deux tort”, dit le Russe. “Le vrai bonheur, c'est lorsque vous êtes bien couché dans votre lit et, qu'à 4 heures du matin, vous entendez frapper violemment à votre porte et que la police vous dise : ‘Ivan Ivanovitch, vous êtes en état d'arrestation !’, et que vous pouvez répondre avec satisfaction et soulagement : ‘Désolé, Ivan Ivanovitch habite l'appartement d'à côté’.”

Le bonheur est relatif, n'est-ce pas ? Avez-vous déjà été heureux d'avoir fait une bonne affaire, et triste ensuite en apprenant que quelqu'un d'autre a profité d'une meilleure aubaine que vous ? Le chrétien possède quelque chose de beaucoup plus profond qu'un bonheur de circonstance.

Le bonheur prend ses racines dans les événements et les expériences que nous vivons. Lorsqu'il nous arrive de bonnes choses, nous nous sentons heureux. Et inversement, lorsque nous traversons une mauvaise passe, nous sommes malheureux. Mais Dieu nous donne quelque chose qui surpasse tous ces sentiments momentanés qui ne sont que le résultat de circonstances changeantes.

L'épuisement et les larmes prennent tout leur sens lorsque nous sommes conscients que nous vivons au milieu d'un monde pécheur et déchiré. Parce que nous en sommes tellement conscients, nous risquons même d'en devenir découragés voire même déprimés. Même le journal télévisé peut nous affecter négativement.

Mais Dieu nous donne quelque chose qui surpasse toutes les circonstances négatives, qu'elles affectent directement notre vie ou notre entourage. Dieu souhaite que nous soyons attentifs à ce qu'Il enseigne afin que nous apprenions qu'Il est un Dieu de joie. Le Christ s'est chargé de nos douleurs, non pas pour que nous soyons continuellement chagrinés, ni pour que nous continuions à vivre dans la douleur. Le Christ a pris sur Lui nos peines afin de les transformer en joie ! Tous les éléments déprimants, susceptibles de saper notre joie ont été engloutis et neutralisés dans Sa mort et par Sa résurrection, afin que notre joie soit complète.

Oui, Dieu nous donne Sa joie ! La joie est profonde et toujours présente, contrairement au bonheur qui dépend des aléas et des circonstances. La joie nous rend optimistes même dans les pires moments, et ce, en dépit des difficultés et des crises. Notre espoir et notre confiance dans le Dieu de fidélité sont des sources de joie, et c'est ce qui nous donne la force et la paix du cœur dans les bons moments comme dans les mauvais.

Lorsque nous possédons la joie du Christ, nous pouvons substituer à notre apparence triste, un visage souriant et serein.
Helmut Thielicke, un théologien allemand, victime du régime de terreur hitlérien, était habité par la pensée constante de permettre à la joie du Christ de s'exprimer dans le cœur du peuple allemand, lorsqu'il écrivit : “Ne devrions-nous pas voir ces rides de rire au coin des yeux, comme autant de marques de foi, comme le sont celles reflétant l'attention et le sérieux ? Baptise-t-on seulement dans la sincérité ? Le rire est-il païen ? Nous avons déjà permis à trop de bonnes choses de se perdre dans l'Eglise, et nous avons jeté nos perles aux pourceaux. Une Eglise se trouve dans une mauvaise situation lorsqu'elle bannit le rire du pupitre et l'abandonne au cabaret, aux boîtes de nuit et aux conteurs de blagues.”

Parfois l'avenir nous semble obscur et incertain. Aujourd'hui, nous vivons sous les menaces de la guerre et du terrorisme ; les menaces contre l'environnement, les maladies telles que la pneumonie atypique, le sida ou le cancer. Les sécheresses, les inondations, les tremblements de terre et les tornades sont autant de raisons légitimes de craindre et de s'alarmer. En plus de ces événements et ces catastrophes qui affectent la planète tout entière, nous devons tous faire face à nos propres tragédies et à nos épreuves familiales et personnelles.

Dieu veut que nous sachions que nos souffrances ne sont pas vaines. Il veut que nous connaissions Sa joie, même dans les moments les plus difficiles. Lorsque les chrétiens souffrent, ils le font en union avec le Christ.

Dans ce monde déchu, il y aura toujours des problèmes et des épreuves, mais notre joie demeure complète parce que notre Seigneur et Sauveur est là, tout près. Il les traverse fidèlement avec nous !

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