Le bonheur existe-t-il ?
Henri Baesler
 

Le bonheur est-il une réalité ou seulement un concept dont on parle sans vraiment y croire ? Si le bonheur n'est pas toujours réel, le malheur lui, par contre, est bien réel ; on peut même le voir, le toucher, le sentir et l'entendre. Il n'est pas besoin d'artistes pour nous le dépeindre. Le bonheur, comme le paradis, il faut l'imaginer, semble-t-il.

A chacun son bonheur

Pour les uns, le bonheur c'est l'argent ; mais ceux qui en possèdent n'ont pas l'air si heureux ! Pour celui qui est en prison, le bonheur, c'est d'en sortir ! Pour celui qui est malade, le bonheur, c'est d'être guéri ! Mais les gens guéris, sont-ils joyeux et pleins de reconnaissance ? Pour celui qui est handicapé, si on lui demandait quel est son vœu le plus cher, il répondrait : “Marcher !” Pour d'autres, le bonheur c'est de trouver une femme, ou un mari. Les gens mariés sont-ils tous rayonnants de bonheur ? Il y a encore ceux qui cherchent le bonheur dans la religion. Sont-ils des exemples de bonheur ? Et que penser du non-voyant, du malentendant, du muet, des infirmes, de ceux qui apparemment n'ont rien pour plaire ? Le bonheur pour eux serait d'être comme tout le monde !

Pour d'autres encore, le bonheur serait de se venger, de voir leurs ennemis condamnés ! Pour le condamné à mort, le bonheur serait seulement d'être gracié !

Profiter de la vie semble être le désir de millions de personnes, mais l'homme, insatiable, veut toujours plus, et ça le rend malheureux ! Son “bonheur” de posséder fait son malheur ! Plus il possède de choses, plus il découvre ce qui lui manque ! Et il risque de devenir un être tourmenté toute sa vie.

Pour beaucoup, le bonheur semble lié uniquement aux cinq sens : voir ou entendre de belles choses, goûter ce qu'il y a de meilleur, sentir les parfums les plus agréables, et toucher ce qu'il y a de plus doux.

Y a-t-il un bonheur du corps, un bonheur de l'âme et un bonheur de l'esprit ? Il est sûr que le fait d'être bien dans sa peau, d'être en paix dans son corps, dans son âme et dans son esprit, d'être également bien avec les autres et être en paix avec Dieu, c'est magnifique ! Seulement, il y a toujours quelqu'un quelque part qui souffre, qui meurt, qui est malade ou en prison. Il est donc impossible d'être totalement heureux si l'on pense un tant soit peu aux malheurs des autres.

Le bonheur, dans son sens absolu, n'est pas de ce monde. Il n'y a pas de paradis humain, sinon, il n'y aurait ni murs autour des maisons, ni vigiles autour des bâtiments publics, ni ambulances, ni pompiers. Croyant un instant goûter au bonheur, on est vite ramené à la réalité. Si le bonheur était de ce monde, il n'y aurait ni guerres, ni veuves, ni orphelins, ni maisons funéraires.

Le bonheur à venir

Notre bonheur aujourd'hui inclut l'espérance du jour de Dieu. Aussi sûr qu'il y a des jours mauvais, il y aura des jours meilleurs où la justice éternelle se manifestera (Daniel 9 : 4). S'il y a un bonheur aujourd'hui, c'est d'être vainqueur sur le péché, car c'est le péché qui rend malheureux ! “Celui qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux, ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ni aucune chaleur ne les frapperont. Car l'Agneau qui est au milieu du trône les paîtra, et les conduira aux sources de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.” (Apocalypse 7 : 15-17). Si le bonheur aujourd'hui est de travailler et de donner, le bonheur est aussi de croire à un bonheur qui n'est pas de ce monde ; il consiste à croire en Dieu, à croire aux Ecritures qui nous promettent un monde à venir où Dieu sera avec les hommes.

“J'entendis du trône une voix forte qui disait : Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu” (Apocalypse 21 : 3-4).

S'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir, ce bonheur là n'est-il pas dans le cœur ? N'est-il pas dans la foi en un Dieu unique ? N'est-il pas dans l'espérance que donne l'Evangile ? Et n'est-il pas la pratique de la vie chrétienne ? “Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez” (Jean 13 : 17).

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