Le bonheur est-il une réalité ou seulement
un concept dont on parle sans vraiment y croire ? Si le
bonheur n'est pas toujours réel, le malheur lui,
par contre, est bien réel ; on peut même le
voir, le toucher, le sentir et l'entendre. Il n'est pas
besoin d'artistes pour nous le dépeindre. Le bonheur,
comme le paradis, il faut l'imaginer, semble-t-il.
A chacun son bonheur
Pour les uns, le bonheur c'est l'argent ; mais ceux qui
en possèdent n'ont pas l'air si heureux ! Pour celui
qui est en prison, le bonheur, c'est d'en sortir ! Pour
celui qui est malade, le bonheur, c'est d'être guéri
! Mais les gens guéris, sont-ils joyeux et pleins
de reconnaissance ? Pour celui qui est handicapé,
si on lui demandait quel est son vœu le plus cher,
il répondrait : “Marcher !” Pour d'autres,
le bonheur c'est de trouver une femme, ou un mari. Les gens
mariés sont-ils tous rayonnants de bonheur ? Il y
a encore ceux qui cherchent le bonheur dans la religion.
Sont-ils des exemples de bonheur ? Et que penser du non-voyant,
du malentendant, du muet, des infirmes, de ceux qui apparemment
n'ont rien pour plaire ? Le bonheur pour eux serait d'être
comme tout le monde !
Pour d'autres encore, le bonheur serait de se venger, de
voir leurs ennemis condamnés ! Pour le condamné
à mort, le bonheur serait seulement d'être
gracié !
Profiter de la vie semble être le désir de
millions de personnes, mais l'homme, insatiable, veut toujours
plus, et ça le rend malheureux ! Son “bonheur”
de posséder fait son malheur ! Plus il possède
de choses, plus il découvre ce qui lui manque ! Et
il risque de devenir un être tourmenté toute
sa vie.
Pour beaucoup, le bonheur semble lié uniquement
aux cinq sens : voir ou entendre de belles choses, goûter
ce qu'il y a de meilleur, sentir les parfums les plus agréables,
et toucher ce qu'il y a de plus doux.
Y a-t-il un bonheur du corps, un bonheur de l'âme
et un bonheur de l'esprit ? Il est sûr que le fait
d'être bien dans sa peau, d'être en paix dans
son corps, dans son âme et dans son esprit, d'être
également bien avec les autres et être en paix
avec Dieu, c'est magnifique ! Seulement, il y a toujours
quelqu'un quelque part qui souffre, qui meurt, qui est malade
ou en prison. Il est donc impossible d'être totalement
heureux si l'on pense un tant soit peu aux malheurs des
autres.
Le bonheur, dans son sens absolu, n'est pas de ce monde.
Il n'y a pas de paradis humain, sinon, il n'y aurait ni
murs autour des maisons, ni vigiles autour des bâtiments
publics, ni ambulances, ni pompiers. Croyant un instant
goûter au bonheur, on est vite ramené à
la réalité. Si le bonheur était de
ce monde, il n'y aurait ni guerres, ni veuves, ni orphelins,
ni maisons funéraires.
Le bonheur à venir
Notre bonheur aujourd'hui inclut l'espérance du
jour de Dieu. Aussi sûr qu'il y a des jours mauvais,
il y aura des jours meilleurs où la justice éternelle
se manifestera (Daniel 9 : 4). S'il y a un bonheur aujourd'hui,
c'est d'être vainqueur sur le péché,
car c'est le péché qui rend malheureux ! “Celui
qui est assis sur le trône dressera sa tente sur eux,
ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil
ni aucune chaleur ne les frapperont. Car l'Agneau qui est
au milieu du trône les paîtra, et les conduira
aux sources de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs
yeux.” (Apocalypse 7 : 15-17). Si le bonheur aujourd'hui
est de travailler et de donner, le bonheur est aussi de
croire à un bonheur qui n'est pas de ce monde ; il
consiste à croire en Dieu, à croire aux Ecritures
qui nous promettent un monde à venir où Dieu
sera avec les hommes.
“J'entendis du trône une voix forte qui disait
: Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera
avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même
sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et
la mort ne sera plus ; il n'y aura plus ni deuil, ni cri,
ni douleur, car les premières choses ont disparu”
(Apocalypse 21 : 3-4).
S'il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir,
ce bonheur là n'est-il pas dans le cœur ? N'est-il
pas dans la foi en un Dieu unique ? N'est-il pas dans l'espérance
que donne l'Evangile ? Et n'est-il pas la pratique de la
vie chrétienne ? “Si vous savez ces choses,
vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez”
(Jean 13 : 17).