Dieu ou l’argent ? “Pourquoi poser la question
? C’est l’évidence même !”
diront certains, “Dieu d’abord ! L’argent
ensuite !” Pas si sûr pour bon nombre de personnes
qui se prétendent chrétiennes.
Le but de cet article est de vous aider à mieux
connaître l’idée que Dieu se fait de
l’argent. De vous permettre de découvrir les
rapports qui devraient exister entre Dieu, l’homme
et l’argent.
L’argent comme moyen divin
Dieu est l’Editeur de la Bible. A ce titre, Il a
choisi de parler d’argent, et d’en parler beaucoup
! Pourquoi ? Dans le contexte biblique, les mots tels que
“Mammon”, “dîmes”, “aumônes”,
“offrandes”, “collectes”, “banquiers”,
“intérêts”, “prospérité”,
“générosité”, “pauvreté”
et “avarice” révèlent la pensée
de Dieu. Pour Dieu, ces termes ont une implication spirituelle
et morale dont le croyant doit tenir compte, s’il
veut Lui être agréable.
Car, à première vue, il semble que le sujet,
si important soit-il, ne méritait pas que Dieu lui
consacrât autant de versets. Probablement que de nos
jours, plusieurs maisons d’édition refuseraient
de publier intégralement les paroles du Christ au
sujet de l’argent. “Shocking !” diraient
les uns. “Scandaleux !” diraient les autres.
“Trop capitaliste !” s’insurgeraient les
marxistes qui maudissent l’argent mais qui souvent
s’en accommodent tout à leur aise, selon les
tournants de l’Histoire.
Pourtant, il ne faut pas s’étonner si Dieu
consacre à cette question, on ne peut plus terre
à terre, deux fois plus de versets qu’à
la foi et à la prière réunies. Jésus
parle beaucoup plus d’argent qu’Il ne parle
du ciel ou de l’enfer. Etonnant ! C’est que,
à n’en pas douter, les finances intéressent
Dieu. Epargne, intérêts, capitalisation, investissements
et usure L’intéressent, au point même
qu’Il en fait dépendre, en partie, la vie éternelle.
Doublement étonnant ! Nous voyons que Dieu parle
d’argent. Même beaucoup ! Pourquoi ? Parce que
ce qu’Il cherche à savoir d’abord, ce
n’est pas tant l’argent que le regard que l’homme
porte sur Son argent et sur Son or, car toutes choses Lui
appartiennent. “L’argent et l’or m’appartiennent”
(Aggée 2 : 8).
Ce que Dieu veut savoir avant tout, c’est si l’homme
choisira entre le vrai Dieu et Mammon. Pour Dieu, la manière
dont l’homme considère la richesse et les façons
dont il l’accumule et en dispose sont d’une
importance capitale. Il ne faut donc pas s’étonner
si quinze pour cent des paroles de Jésus ont trait
à la richesse, sous une forme ou sous une autre.
Pour le chrétien, souvent, le problème se
pose ainsi : “Dois-je me priver des possessions matérielles
pour faire la volonté de Dieu sur terre ou, puis-je
user et jouir des richesses de ce monde pendant la durée
d’une vie mortelle, tout en servant Dieu, et en utilisant
de manière légitime des biens terrestres ?
Puis-je servir Dieu en utilisant l’argent ?”.
Voilà la question.
L’autre question qui cherche réponse est la
suivante : “Si oui, comment faire ?” Dieu qui
a créé toutes choses a aussi créé
l’argent. Le Christ a eu besoin d’argent au
cours de Son ministère terrestre (Luc 8 : 3). L’argent
Lui fut donc utile. Plus encore, à la fin de Sa vie
sur terre, le Fils de Dieu fut vendu pour une certaine somme
d’argent par Judas, et le Christ, en qui et pour qui
l’argent et tout l’univers furent créés
(Colossiens 1 : 15-17) s’est vu évalué
à la dérisoire somme de trente pièces
d’argent (“shekels”, du verbe “shakal”
signifiant “peser”), soit le prix d’un
esclave à l’époque (Exode 21 : 32);
soit l’équivalent de quelques euros. Cette
somme peut être comparée au montant que le
patriarche Abraham versa à Ephron (400 pièces
d’argent) pour un terrain à Macpéla,
afin qu’il pût y inhumer Sara, son épouse.
Cette transaction entre ces deux hommes se chiffrerait aujourd’hui
à environ 300 euros.
Le marché conclu entre Judas et les sacrificateurs
démontre que l’argent a bel et bien contribué
aux événements de la passion qui conduisirent
au salut du monde. Les chefs versèrent à Judas
le prix qu’aurait valu un “faux Messie”
parce qu’ils ignoraient Sa valeur réelle, celle
d’un vrai. Jésus était le vrai Dieu
venu dans la chair des hommes et ceux-ci ne L’ont
pas reconnu. Et par conséquent, ils ne reconnurent
point Sa valeur. Aux yeux de ceux qui méconnaissent
Dieu aujourd’hui, il en est toujours ainsi. Rien n’a
véritablement changé.
Dieu et l’argent ont une vie commune pourrait-on
dire. Etant spirituel, Dieu n’a aucun besoin d’argent
personnellement. Il met l’argent à la disposition
des hommes. Ainsi, Il leur fait du bien ; en revanche, en
agissant de cette façon, Il permet à leurs
cœurs de se révéler pour les placer face
à leurs motivations secrètes. Difficile de
prétendre aimer Dieu si l’on place l’argent
au premier rang de ses amours. Evidemment, Dieu connaît
les cœurs sans avoir à recourir à une
quelconque tactique “humaine” ; mais les hommes
eux, ont besoin qu’on les confronte au miroir de leur
propre conscience.
Choisir entre deux amours
Le Christ nous surprend. C’est normal, Ses pensées
ne sont pas toujours identiques aux nôtres. Dans Son
enseignement, Il donne très peu de marge aux chrétiens.
Dans Matthieu 6 verset 24, Il déclare : “Nul
ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra
l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera
à l’un, et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon”. Il est ici
question d’amour. Il est question de faire un choix
entre deux valeurs, l’une céleste, divine et
éternelle, et l’autre, terrestre, humaine et
passagère. Soit l’homme aime Dieu, soit il
aime Mammon (mot araméen signifiant et personnifiant
les richesses de ce monde dont l’homme se fait l’esclave).
Il y a un choix à faire. Notons que dans ce passage,
le Christ ne condamne pas la richesse matérielle.
Il exhorte les hommes à ne pas servir l’argent
et à ne pas se faire les esclaves des biens physiques.
Se servir de l’argent et servir l’argent comme
on sert un dieu, sont deux choses tout à fait différentes.
Se pourrait-il que Jésus nous demande ici de mettre
l’argent au service de Dieu et d’en faire l’esclave
de Dieu ?
L’apôtre Paul précise au jeune évangéliste
Timothée que “l’amour de l’argent
est une racine de tous les maux” (I Timothée
6 : 10) ; Paul met ici l’accent sur l’amour
de l’argent et l’attachement à l’argent,
et non sur l’argent en tant qu’argent qui ne
devrait être qu’une commodité de la vie
courante. La richesse en elle-même est moralement
neutre ; ni bonne ni mauvaise, puisqu’elle n’a
aucune conscience, ni aucune liberté de choix. L’argent
n’est pas une vertu, ni une entité morale.
Chose physique, l’argent de lui-même ne peut
faire ni le bien, ni le mal. En revanche, les hommes, qui
eux ont une conscience, peuvent utiliser l’argent
à des fins honorables ou à des fins perfides.
Ainsi, il revient à l’homme de donner à
l’argent ses lettres de noblesse en l’utilisant
à de nobles causes. Il faut de la vertu pour utiliser
l’argent comme il se doit, c’est-à-dire
demeurer droit en toutes circonstances où l’argent
devient un enjeu. L’expérience nous enseigne
qu’entre la vente et l’achat, il y a place pour
l’envie, l’orgueil, le mensonge et la tromperie.
L’amour de l’argent provoque dans le cœur
de l’homme un désir immodéré
de toujours accumuler fiévreusement des biens et
de s’enrichir sous peine d’être perdant
à la fin de cette course effrénée contre
le temps. “Le temps”, dit-on, “c’est
de l’argent !” Pour l’avare et le cupide,
le temps ne sert qu’à faire de l’argent,
et perdre son temps, c’est perdre de l’argent.
Ils oublient le rappel biblique que : “…nous
n’avons rien apporté dans le monde, et il est
évident que nous n’en pouvons rien emporter
; si donc nous avons la nourriture et le vêtement,
cela nous suffira. Mais ceux qui veulent s’enrichir
tombent dans la tentation, dans le piège, et dans
beaucoup de désirs insensés et pernicieux
qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition”
(I Timothée 6 : 7-9).
Argent et responsabilité
L’argent est une puissance qui donne des pouvoirs
à celui qui le possède. Posséder une
telle puissance exige de la maîtrise de soi, afin
d’en faire usage selon la volonté de Dieu.
Cela ne veut pas dire pour autant que tous les riches possèdent
cette vertu. D’autres qualités moins louables
permettent aux hommes dans ce monde de demeurer riches jusqu’à
leur mort. N’était-ce pas l’un des problèmes
que les psalmistes David et Asaph eurent à résoudre
en leur conscience lorsqu’ils découvrirent
que les méchants prospéraient tout en transgressant
les lois de Dieu (Psaumes 37 et 73) ? Tous deux comprirent
qu’en faisant le choix de ne pas se laisser maîtriser
par l’amour de l’argent, l’homme demeure
libre pour mieux servir Dieu et son prochain.
Dans l’évangile selon Luc, Jésus nous
donne un double exemple qui illustre différentes
attitudes humaines face à l’argent. Dans le
premier cas, nous voyons Jésus louer une pauvre veuve
qui prend de son nécessaire et qui l’offre
pour l’entretien du temple. Jésus agrée
la décision prise par la vieille dame. Surprenant
! Aujourd’hui, face à une telle situation,
plusieurs suggèreraient plutôt à la
très pauvre et très généreuse
donatrice de s’abstenir de donner ; si elle se laissait
guider par la sagesse de ce siècle, elle ne donnerait
rien du tout. Certains même, peut-être, la féliciteraient
de ne rien donner, et de surcroît loueraient sa prudence
et son intelligence.
Pourquoi ces attitudes modernes s’opposent-elles
à la vision du Christ ? Manque de foi ? Moralité
matérialiste ? Peur de l’insécurité
? Qu’importe ! “Le point”, dirait-on,
“c’est que l’exemple de cette veuve ne
colle plus à la réalité d’aujourd’hui”.
Conclusion : “ne suivons surtout pas son exemple”.
“Conclusion fausse !” dirait le Christ. Car,
même si les temps et les circonstances peuvent changer,
il n’empêche que le principe de générosité
demeure. La générosité du cœur
trouve toujours un moyen, si petit soit-il, de prendre une
partie de ce qui nous appartient pour le donner aux autres.
Dieu ne dit-Il pas dans les Ecritures : “Honore l’Eternel
avec tes biens, et avec les prémices de tout ton
revenu : Alors tes greniers seront remplis d’abondance,
et tes cuves regorgeront de moût” (Proverbes
3 : 9-10) ?
Le second exemple que Luc, auteur du livre des Actes des
Apôtres, nous présente, concerne un couple
marié qui possédait des biens et qui avait
décidé d’un commun accord d’en
faire don à l’Eglise, mais en en gardant une
partie pour eux, tout en laissant croire qu’ils avaient
tout donné. Leur cœur s’est révélé
fourbe lorsque Pierre, par l’Esprit-Saint, les confronta
à leur conscience et à leurs dires. Ananias
et Saphira avaient retenu une partie du bien qu’ils
avaient prétendu donner en entier à l’Eglise.
Nous connaissons la suite de cette tragique histoire (Actes
5 : 1-11). La leçon qu’il nous faut retenir
consiste à prendre conscience que la générosité
chez certaines personnes n’est que partielle, et parfois
empreinte d’hypocrisie, tant l’emprise de l’argent
est puissante et habile à manipuler le cœur
des hommes, fussent-ils chrétiens.
Loi de Moïse, loi du Christ
Les sacrificateurs et les Lévites de l’Ancienne
Alliance percevaient la dîme sur le peuple d’Israël
(NDLR : voir notre étude biblique
sur le sujet). La tribu de Lévi fut choisie pour
faire le service dans le temple et pour cette raison elle
ne possédait pas de richesses immobilières
dans le pays de Canaan. Cette tribu vivait grâce aux
dîmes et aux offrandes que lui versaient les autres
tribus composant la nation d’Israël. Ce système
fiscal était propre à la nation d’Israël,
et jamais dans toute l’histoire des hommes un tel
système ne fut établi dans d’autres
nations. Un ancien chef d’Etat n’a pas craint
un jour de déclarer publiquement que le système
de la dîme (dix pour cent de ses revenus nets) était
sans doute le plus équitable de tous les systèmes
fiscaux qui puissent exister. En effet, à l’époque
de Moïse, un tel système permettait de rendre
à Dieu le culte qui Lui revenait, de subvenir aux
besoins des plus pauvres, et de pourvoir aux nécessités
ministérielles. Culte et Sécurité Sociale
assurés ! Un seul et même taux d’imposition
pour tous !
Lorsque la famille Rockefeller adopta sa devise “Gagner
le plus d’argent possible afin d’en donner le
plus possible”, elle était en harmonie avec
la pensée de Dieu qui désire que les plus
fortunés donnent davantage et que les pauvres donnent
proportionnellement moins. Ceci selon la mesure de chacun
à produire une richesse ou un avoir économique.
Celui qui a reçu davantage doit donner davantage,
car le Christ a bien dit : “On demandera peu à
celui qui a reçu peu, mais on demandera beaucoup
à celui qui a reçu beaucoup” (Luc 12
: 48). Beaucoup de riches appliquent cet enseignement. Mais
pour les pauvres, le riche ne donnera jamais assez. Et pour
le riche trop de pauvres en demanderont toujours trop !
Dans la parabole des talents, le Christ compare le comportement
ou le “rendement” des ouvriers selon les talents
qu’ils ont reçus (Matthieu 25 : 14-27). A celui
qui n’a reçu qu’un talent et qui l’a
caché dans la terre, le Christ dit qu’il aurait
mieux fait de placer ce talent à la banque afin qu’il
rapporte un peu d’intérêts. Dans cette
déclaration, nous voyons également que le
Christ place la priorité sur le travail de l’ouvrier
plutôt que sur le travail de l’argent uniquement.
Avis aux spéculateurs qui appauvrissent les autres
pour s’enrichir à leurs dépends !
La pauvreté toujours
Le Christ a dit que nous aurions toujours les pauvres avec
nous (Matthieu 26 : 11). L’Etat-Providence doit se
donner les moyens de subvenir aux besoins des démunis,
des malades, des handicapés, des infirmes, des accidentés,
des personnes âgées et des chômeurs.
En même temps, l’Etat doit tenter d’adopter
des politiques d’emploi qui favorisent l’utilisation
et l’épanouissement des talents que Dieu a
donnés à chacun pour le bien commun de la
nation. Il faut tenir compte des progrès de nos sociétés
qui ont évolué depuis les temps apostoliques.
L’homme n’a pas été créé
que pour manger, boire, dormir et faire des enfants. L’homme
n’a pas été créé que pour
regarder la télévision à longueur de
journée. L’homme a été créé
pour travailler, pour être productif dans toutes les
sphères d’activités de la vie, et le
travail fait partie de la vie, de la dignité et du
bonheur de l’homme. Le travail c’est de l’argent.
Il suffit de travailler pour en avoir. Un humble poète
canadien, Félix Leclerc, a dit très justement
dans l’une de ses compositions que la meilleure façon
de tuer un homme consistait à le payer à ne
rien faire. Il en découle que le premier service
que l’Etat devrait rendre à ses citoyens est
de leur offrir l’opportunité de travailler.
Le problème est très complexe et nous savons
bien qu’il mérite réflexion et concertation
entre tous les acteurs sociaux.
L’homme en bonne santé ayant des compétences,
ou voulant en acquérir, et qui veut travailler, devrait
pouvoir travailler. L’homme qui, par paresse, ne veut
pas travailler, alors qu’on lui offre du travail méritant
un salaire équitable, devrait subir les conséquences
de son choix. Il existe des absolus incontournables auxquels
tout homme doit se soumettre. C’est la loi de la nature
et c’est aussi la loi de Dieu.
Dieu exhorte l’homme à travailler quand Il
donne cet ordre aux fainéants : “Va vers la
fourmi, paresseux ; considère ses voies, et deviens
sage. Elle n’a ni chef, ni inspecteur, ni maître
; elle prépare en été sa nourriture,
elle amasse pendant la moisson de quoi manger. Paresseux,
jusqu’à quand seras-tu couché ?”
(Proverbes 6 : 6 - 9). Le travail est une valeur absolue
de l’économie des peuples. Son administration,
en revanche, ne peut être que relative, tant les conditions
permettant le plein emploi sont difficiles à réunir.
L’argent, moyen de réponse
“[...] L’argent répond à tout”
(Ecclésiaste 10 : 19). En faisant une telle déclaration,
le sage monarque d’Israël parlait de sa propre
expérience, tel un homme accaparé par les
choses d’en bas, et qui avait partiellement perdu
la sagesse d’en haut. Si l’argent répond
à tous les besoins, il ne peut répondre qu’à
tous les besoins temporels et encore ! Il faut expliquer
et préciser cette déclaration et y mettre
des restrictions. Par exemple, l’argent ne répond
pas aux besoins physiques d’un corps voué à
la mort. Il permet de se faire soigner, soit ; il permet
de recevoir des soins en attendant la mort, mort que l’argent
ne pourra jamais soudoyer. L’argent permet aussi de
se prémunir contre les risques de la maladie (héritée
ou provoquée) au moyen d’assurances-prévoyance
de toutes sortes, de plans de Sécurité Sociale
et de complémentaires-santé qui remboursent
même “quand vous n’êtes pas malade”,
comme dit la publicité. Mais reconnaissons que l’argent
n’a jamais guéri qui que ce soit. Donc, à
cet égard, l’argent ne répond certainement
pas à tout.
Réfléchissons et posons-nous quelques autres
questions. Existe-t-il une assurance à prix fort
qui pourrait nous prémunir contre les déboires
de la vie, les peines d’amour, les échecs au
Bac ? L’argent peut-il nous protéger contre
les calomnies, les découragements, les angoisses,
les peurs et la naissance d’un enfant infirme ? L’or,
l’argent, les rubis et les émeraudes peuvent-ils
empêcher un homme d’être maudit sans cause
(Psaumes 38 : 20) ? Et l’argent peut-il empêcher
qu’il en meurt ? Les richesses, si grandes soient-elles,
peuvent-elles acheter ce bien si précieux qu’est
l’amour véritable ? La confiance, l’affection,
la tendresse, la bonté et la joie s’achètent-elles
en signant un chèque ou en présentant une
carte bancaire, bleue, or ou platine ? La réponse
coule de source.
Les riches vivent souvent avec la hantise que leurs proches,
parents, amis ou associés ne les trompent et ne les
dépouillent. Les riches reçoivent-ils toujours
l’affection et la tendresse qu’ils souhaitent
recevoir de leur entourage ? Les grands patrons reçoivent-ils
la gratitude de leur personnel pour l’emploi et le
salaire qu’il perçoit ? Les employés
reçoivent-ils la gratitude des patrons pour le travail
fourni et la fidélité à l’entreprise
? Pas toujours.
La gratitude n’a rien à voir avec l’argent.
Les pauvres sans argent peuvent exprimer sincèrement
leur reconnaissance, et les riches avec leur argent peuvent
très bien ne pas exprimer la moindre gratitude. Ce
n’est pas une affaire de sous. Il s’agit ici
d’une dimension du cœur et de l’esprit
qui transcende le monde matériel. La gratitude traduit
une dimension divine dans l’être humain. Il
s’agit d’une dimension spirituelle qui doit
être enseignée afin de procurer plus de bonheur
dans le cœur de nos sociétés glacées
par l’indifférence de l’ingratitude ;
laquelle n’est rien d’autre qu’une longue
et permanente insulte envers Dieu et les hommes qu’Il
a créés pour qu’ils s’aident mutuellement.
N’a-t-Il pas dit : “[...] aimez-vous ardemment
les uns les autres” (I Pierre 1 : 22) ?
L’argent répond à beaucoup de besoins
matériels, mais il ne répond pas à
tout. En revanche, il faut admettre que l’argent peut
être source d’expressions de joie, de bonté
et de reconnaissance. Dans ces cas-là, l’argent
trouve un écho dans le cœur de Dieu et dans
le cœur de celui qui possède des valeurs du
cœur indépendantes des possessions matérielles.
Et si celui qui donne une partie de ses biens possède
en plus les biens spirituels, il saura utiliser son argent
pour faire croître l’état de son âme
en donnant à Dieu et aux autres une partie de ce
qu’il a reçu.
Dans les Actes des Apôtres, Pierre et Jean rencontrent
un miséreux, infirme depuis sa naissance. Que lui
disent-ils ? “Nous avons les moyens financiers de
t’aider. Voici 10 mille pièces d’argent.
Allez va et refais ta vie !” Non ! Pierre lui dit
plutôt : “Je n’ai ni or, ni argent, mais
ce que j’ai, je te le donne ; au nom de Jésus
de Nazareth, lève-toi et marche !” (Actes 3
: 6). Pierre lui donna ce dont l’homme avait vraiment
besoin : l’amour, la foi et la guérison.
L’argent ne répond pas à tout, mais
le Christ, si ! Nous avons tout en Lui : la vie présente,
le mouvement et l’être (Actes 17 : 28), le pardon
de nos péchés (Ephésiens 1 : 7), la
promesse de la résurrection (I Corinthiens 15), le
don gratuit du Saint-Esprit (Actes 2) que Simon le Magicien
voulut acquérir à prix d’argent (Actes
8), le Royaume de Dieu (Apocalypse 5), toute la science
(Colossiens 2), la guérison (Jacques 5), le repos
(Matthieu 11), l’amour, la joie, la paix, la patience,
la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la
maîtrise de soi (Galates 5).
Notre but était de vous amener à choisir
entre Dieu et l’argent et de vous expliquer comment
appliquer le bon choix. Ce choix devrait être plus
facile à faire maintenant. Le point de vue de Dieu
sur la question est maintenant beaucoup plus clair, espérons-le.
Il faut choisir Dieu. Il faut utiliser l’argent que
Dieu nous permet de posséder pour Lui rendre un culte.
Il faut utiliser son argent personnel pour répondre
aux besoins des siens (I Timothée 5 : 8), aux besoins
des veuves et des orphelins (Jacques 1 : 27), aux besoins
des nécessiteux (Romains 15 : 26) et aux besoins
de l’Eglise (Malachie 3 : 10 ; I Corinthiens 9 : 11).
C’est une voie de bonheur (Actes 20 : 35).
Il n’y a que deux amours sur terre : l’amour
de Dieu et l’amour de soi. L’amour de soi passe
par l’amour de l’argent, tandis que l’amour
de Dieu ne passe jamais par aucun autre amour, sauf par
l’amour de celles et de ceux qui nous entourent. Que
l’amour de Dieu vous emporte et vous conduise aux
portes des demeures éternelles.
Que Dieu soit votre Dieu ! Que Mammon soit Son serviteur
!