Tout chrétien, pauvre ou prospère, a à
cœur de mener une vie agréable à Dieu.
Il désire s’acquitter au mieux de ses responsabilités
face à son prochain plus démuni que lui. De
ce fait, les Ecritures abordant ce sujet l’intéressent
au plus haut point.
Le point de vue biblique sur la prospérité
Notre société matérialiste, par le
mode de vie qu’elle prône, peut séduire
le chrétien alors qu’elle ne glorifie pas toujours
Dieu. Bon nombre de chrétiens ont malheureusement
adopté, parfois inconsciemment, ses valeurs matérialistes
superficielles.
Il est évident que les croyants sont assaillis de
clichés contraires à ce qu’enseigne
la Bible. A tel point que certains d’entre eux prêchent
un évangile de “santé et de prospérité”,
tandis que d’autres, plus radicaux, condamnent la
richesse sous toutes ses formes. Ces deux catégories
de personnes ont tort.
La Bible enseigne-t-elle que la prospérité
est nuisible au chrétien ? La condamne-t-elle ? Jésus
et les prophètes de l’Ancien Testament ont
prêché contre le matérialisme. Certains
en déduisent qu’ils ne peuvent pas jouir de
la prospérité et des richesses tout en faisant
la volonté de Dieu. Nos sociétés occidentales
modernes peuvent toutes être considérées
comme très prospères comparativement aux sociétés
orientales de l’ère apostolique. Que faut-il
en penser ? Qu’est-ce que la prospérité,
qu’est-ce que la pauvreté ?
Premièrement, la Bible ne condamne pas la prospérité.
Dans Genèse 13 verset 2, par exemple, nous lisons
qu’Abraham était très fortuné.
Job 42 verset 10 nous indique aussi que Dieu avait béni
Job en lui octroyant de grands biens matériels. Dans
Deutéronome, Proverbes et l’Ecclésiaste,
la prospérité est décrite comme l’évidence
d’une bénédiction de Dieu (Deutéronome
8 : 18 ; Proverbes 22 : 2 ; Ecclésiaste 5 : 18).
Les livres des Proverbes, de Jérémie, de I
Timothée et de Jacques enseignent tous que le croyant
ne devrait pas placer sa confiance dans la prospérité,
mais en Dieu (Proverbes 11 : 4-28 ; Jérémie
9 : 23 ; I Timothée 6 : 17 ; Jacques 1 : 11 ; 5 :
2).
En second lieu, lorsque les gens riches de la Bible sont
condamnés par Dieu, ils le sont à cause des
moyens par lesquels ils se sont enrichis ; les richesses
elles-mêmes n’y sont pour rien. Le prophète
Amos dénonçait la richesse obtenue par la
fraude (Amos 4 : 1 ; 5 : 11). Quant à Michée,
il dénonçait les balances faussées
et les mesures frauduleuses avec lesquelles Israël
lésait le pauvre (Michée 6 : 11). Aucun de
ces trois prophètes n’a condamné la
prospérité ; ils ont seulement dénoncé
les moyens corrompus par lesquels la richesse était
parfois acquise.
Troisièmement, les chrétiens doivent être
prévenus des effets nuisibles de la prospérité
dans leurs vies. Dans Proverbes 30 versets 8 et 9 et Osée
13 verset 6, nous lisons que la richesse peut nous faire
oublier Dieu. Les chrétiens fortunés risquent
de cesser de mettre leur confiance en Dieu se croyant capables
de répondre eux-mêmes à leurs propres
besoins. Aux chapitres 2 et 5, l’Ecclésiaste
mentionne que les riches ne peuvent pas vraiment profiter
de leurs richesses. Proverbes 28 verset 11 et Jérémie
9 verset 23 nous mettent en garde contre la fierté
et l’arrogance que la richesse pourrait engendrer
en nous.
En résumé, les Ecritures ne condamnent pas
les riches. Cependant, si Dieu nous bénit en nous
rendant prospères, elles nous avertissent des effets
pervers que les richesses peuvent provoquer dans notre vie.
L’approche biblique face à la pauvreté
La Bible mentionne quatre grandes catégories de
causes à l’origine de la pauvreté.
La première est l’oppression et la fraude.
Certains proverbes nous enseignent que beaucoup de gens
étaient tombés dans la pauvreté à
cause de l’oppression qu’ils subissaient de
leurs pairs ou des autorités (Proverbes 14 : 31 ;
22 : 7 ; 28 : 15). Souvent, les gouvernements ont promulgué
des lois qui se sont révélées, au fil
du temps, injustes.
La deuxième est le malheur, la persécution
ou le jugement. Dans Job, nous apprenons que Dieu a permis
à Satan d’éprouver Job en causant son
malheur (Job 1 : 12-19). Les Psaumes (109 : 16) Esaïe
(47 : 9) et les Lamentations (5 : 3) nous révèlent
les malheurs que Dieu a fait subir à un peuple désobéissant.
Quand Israël s’est détourné des
lois de Dieu, l’Eternel a permis aux nations étrangères
de l’emmener en captivité, conséquence
de sa désobéissance.
La troisième cause est la paresse, la négligence
ou les excès du boire et du manger. Les Proverbes
nous montrent que certaines personnes sont pauvres à
cause de leur apathie et de leurs mauvaises habitudes de
vie (Proverbes 10 : 4 ; 13 : 4 ; 19 : 15 ; 20 : 13 ; 23
: 21).
Enfin, la dernière cause de la pauvreté est
une combinaison des trois premières ; c’est
une sorte de pauvreté dans laquelle on naît
et demeure. Le livre des Proverbes au chapitre 10 verset
15 dit : “La ruine des misérables, c’est
leur pauvreté”. Cette chronicité de
la pauvreté engendre la pauvreté et le cycle
ne se brise pas facilement.
La pauvreté et les gouvernements
Bien que l’on ne puisse pas faire endosser aux gouvernements
l’entière responsabilité de pourvoir
aux besoins des pauvres, ceux-ci doivent reconnaître
ce qui est dit dans Lévitique concernant la défense
des pauvres en particulier, et de l’oppression des
peuples en général. Les dirigeants ne doivent
pas se soustraire à la responsabilité que
Dieu leur a donnée de protéger les pauvres
contre l’injustice.
Les autorités doivent d’abord établir
des lois et des statuts qui proscrivent et répriment
l’injustice. Ces lois doivent s’accompagner
de sanctions importantes visant à décourager
toute exploitation des pauvres. L’action gouvernementale
s’étend au domaine de l’infortune. Beaucoup
de gens peuvent devenir pauvres sans que ce soit de leur
faute. Dans ce cas, le gouvernement devrait pouvoir leur
allouer des indemnités appropriées. Malheureusement,
les programmes sociaux ne sont pas toujours des plus généreux.
Nos sociétés ont besoin d’un système
social qui mette l’accent sur le travail et l’initiative
plutôt que d’encourager la dépendance
et la paresse. Si les citoyens ont de véritables
besoins, l’Etat doit les aider ; mais s’ils
sont paresseux et qu’ils n’ont aucune éthique
du travail, ils devraient changer. Souvent, les systèmes
sociaux perpétuent la pauvreté en ne distinguant
pas les gens qui ont de réels besoins de ceux qui
profitent du système “Etat-Providence”
par pure fainéantise.
L’Eglise et la pauvreté
Dans l’Ancien Testament, la séparation entre
l’Eglise et l’Etat n’existait pas comme
aujourd’hui. Cette précision faite, il y avait
à cette époque deux manières d’aider
les pauvres. La première découlait des lois
décrites dans Lévitique 19 versets 9 et 10
et Deutéronome 24 versets 19 à 22. A la récolte,
les fermiers ne moissonnaient pas certains coins de leurs
champs pour le bénéfice des pauvres qui pouvaient
ainsi se servir librement.
Le deuxième moyen utilisé pour aider le pauvre
était la dîme. Dans Lévitique 27 verset
30, la dîme fournissait des fonds à l’Eglise
et aux pauvres. Les fonds étaient distribués
à ceux qui étaient vraiment dans le besoin.
Le Nouveau Testament montre que l’Eglise avait aussi
pour rôle de pourvoir aux besoins du pauvre. Dans
I Corinthiens 16, Paul parle d’une collecte des églises
qui était envoyée aux croyants de Jérusalem.
Plusieurs avertissements appellent les chrétiens
dans les Ecritures à partager leurs ressources avec
les autres, par compassion (II Corinthiens 9 : 7 ; I Timothée
5 : 9-10 ; 6 : 18 ; Jacques 1 : 27).
Ces passages semblent indiquer que les gouvernements et
les églises devraient être impliqués
conjointement à aider les pauvres. Idéalement,
les églises devraient être à l’avant-garde
de cet effort. Cependant, les constitutions des Etats ne
le leur permettent pas toujours. Les gouvernements peuvent
apporter des solutions pour lutter contre l’exploitation
et l’oppression en allant au-delà des lois
et en établissant divers programmes d’aides
sociales. Plusieurs pays le font au moyen de diverses associations
caritatives.
Souvenons-nous que la pauvreté est tout autant un
problème spirituel qu’économique ou
social. C’est dans le domaine spirituel que les églises
peuvent être les plus efficaces. Elles sont souvent
mieux équipées que l’Etat pour répondre
aux besoins spirituels et psychologiques engendrés
par la pauvreté.
Briser le cycle de la pauvreté
Un individu qui grandit dans un monde très défavorisé
est destiné à une vie de précarité,
à moins que des circonstances favorables ne se produisent.
Comme indiqué plus haut, plusieurs causes peuvent
condamner un individu à la pauvreté perpétuelle.
La conversion spirituelle peut être l’une de
ces circonstances favorables. Un contact heureux avec les
Saintes Ecritures permet souvent à une personne pauvre
de découvrir des solutions pratiques à son
problème. Par exemple, dans Proverbes 6 verset 6,
un principe nous est donné : “Va vers la fourmi,
paresseux, considère ses voies et deviens sage”.
Il y a matière à réflexion. Ce principe
est rappelé par Paul : “Si quelqu’un
ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus”
(II Thessaloniciens 3 : 10). Les chrétiens devraient
avertir, gentiment mais fermement, ceux dont la pauvreté
est le résultat de médiocres habitudes de
travail, afin de les encourager à s’assumer.
Le mode de vie du chrétien
Les Ecritures montrent que les serviteurs de Dieu ont vécu
selon des niveaux de vie différents. Par exemple,
Daniel a servi comme secrétaire d’Etat dans
l’empire babylonien et bénéficiait d’un
niveau de vie très aisé. Ezéchiel lui,
vivait à l’extérieur de la ville, l’indication
d’un niveau de vie de classe moyenne. Quant à
Jérémie, il a certainement connu un niveau
de vie de classe inférieure. Quel prophète
a le mieux honoré Dieu par son mode de vie ? La réponse
est évidente. Chacun a honoré Dieu là
où il se trouvait, soit dans la prospérité,
soit dans la pauvreté. Ce fut le cas de l’apôtre
Paul qui avait appris à vivre dans “l’abondance
et dans la disette” (Philippiens 4 : 12).
Laissons-nous guider par les principes bibliques. D’abord,
reconnaissons que Dieu est le Créateur de tout ce
que nous possédons et utilisons. Que nous soyons
riches ou pauvres, admettons Sa présence dans notre
vie. Cherchons “premièrement le royaume et
la justice de Dieu” (Matthieu 6 : 33). Les chrétiens
doivent être avertis contre les effets d’une
mauvaise utilisation de la richesse. Leur vie spirituelle
pourrait en souffrir. Il n’y a rien de mauvais à
posséder des biens. Le problème surgit quand
les biens nous possèdent.
Si Dieu vous bénit en vous accordant des richesses,
saisissez les occasions de les partager. Appliquons-nous,
comme le roi David, à garder les bonnes priorités,
telles qu’il les exprime dans Proverbes 30 versets
8 et 9.