La parabole de l’économe infidèle relate
l’histoire d’un serviteur que son maître
limogea après avoir appris qu’il dissipait
ses biens. L’économe, avant que la décision
ne soit effective, rencontre les débiteurs de son
maître et réduit le montant de leurs dettes
dans le but inavoué que l’un d’entre
eux l’embauche après son renvoi. Le maître
apprenant cela, loue la manière avisée avec
laquelle il a agi pour assurer son avenir.
Enfants du siècle et enfants de lumière
La première remarque que Jésus partage avec
Ses disciples concerne les enfants de ce siècle et
les enfants de lumière. Ces premiers, leur dit-il,
sont plus avisés à l’égard de
leurs semblables que ces derniers (Luc 16 : 8). Jésus
tient à exhorter les enfants de lumière, ceux
qui vivent en Lui (Jean 12 : 36 ; Ephésiens 5 : 8)
à avoir le même zèle et le même
empressement que le serviteur, non pas sur le plan matériel,
mais au niveau spirituel.
Pour assurer son avenir, le serviteur n’a pas hésité
à user d’astuce pour gagner la faveur de personnes
qui pourraient l’employer. Bien sûr, le maître
n’a pas loué son serviteur pour son stratagème.
Jésus ne fait pas ici l’apologie de la mauvaise
conduite de l’économe. Plusieurs interprétations
sont avancées pour expliquer l’apparente approbation
du maître à l’égard d’un
agissement des plus malhonnêtes. Le serviteur aurait-il
ramené le montant de la dette au juste prix initial
des produits, en renonçant au bénéfice
excessif qu’il en aurait tiré ? Une autre explication
serait qu’en agissant ainsi le serviteur aurait permis
au maître de récupérer au moins une
partie des dettes de longue date qu’il n’aurait
pas du tout recouvrer autrement.
Quelle que soit la bonne interprétation, le point
est que le maître loua le serviteur pour avoir fait
preuve d’intelligence et de clémence en pensant
à son propre avenir. Jésus nous demande de
rechercher en premier notre bien-être spirituel, le
Royaume de Dieu (Matthieu 6 : 33), de nous amasser des trésors
dans le ciel (Matthieu 6 : 20) ou de saisir la vie éternelle
(I Timothée 6 : 12), avec la même diligence
que le serviteur infidèle employa mais seulement
à des fins matérielles. Celui-ci s’inquiétait
uniquement de son avenir sur terre. Alors que nous, nous
devrions rechercher le spirituel. Notre loyauté doit
servir en premier notre recherche du Royaume des cieux plutôt
que la recherche de Mammon.
Faites-vous des amis
Jésus exhorte ensuite Ses disciples à se
faire des amis avec les richesses injustes afin qu’ils
les reçoivent dans les tabernacles éternels.
Lorsqu’elle est mal comprise, cette exhortation peut
offenser la morale chrétienne qui nous enseigne à
faire du bien sans arrière-pensées. Ce n’est
pas ce dont Il parle ici. Ces richesses “injustes”
correspondent aux biens matériels et terrestres qui
disparaîtront un jour (elles viendront à nous
manquer). Ce sont ces richesses dont Jésus parle
dans Matthieu 6 verset 20, que la teigne peut détruire
; des richesses du présent siècle, des richesses
incertaines (I Timothée 6 : 17).
L’interprétation de cette exhortation du Christ
varie selon les commentaires. Les amis dont il est question
au verset 9 de Luc 16 représentent-ils les saints
qui nous accueilleront à notre résurrection,
ou s’agit-il d’autres personnes ? Que des saints
nous accueillent dans les cieux sous-entendrait qu’ils
y soient parvenus avant nous. Or, plusieurs passages (Hébreux
11 : 40) indiquent que les saints qui nous ont précédés
n’ont pas encore obtenu la promesse de la vie éternelle
et qu’ils nous “attendent” afin de ne
pas parvenir à la perfection sans nous. Et si tel
avait été le cas, qui seraient ceux qui auraient
accueilli la génération précédente
de saints, et ainsi de suite ? De plus, nous n’avons
pas l’assurance que tous les “amis” que
l’on pourrait se faire avec les richesses injustes
sur cette terre, seront eux-mêmes sauvés.
Il semble plus probable que ces amis correspondent plutôt
à ce que les Ecritures appellent l’armée
des cieux qui sert Dieu jour et nuit (Psaumes 103 : 19-22
; 148 : 2) et dont certains anges sont détachés
au service des saints (Hébreux 1 : 14). Plusieurs
chapitres du livre de l’Apocalypse nous démontrent
leurs fonctions dans l’accomplissement de la volonté
de Dieu.
Ce sont ces anges qui se réjouissent dans les cieux
lorsqu’un seul pécheur se repent (Luc 15 :
10). Ce sont eux aussi qui vinrent auprès de Jésus
et le servirent après Sa tentation dans le désert
(Matthieu 4 : 11) ou chantèrent de joie au devant
des rois mages et des bergers (Luc 2 : 14). De ce fait,
ne constitueraient-ils pas le comité d’accueil
pour les tabernacles éternels ? Ce sont eux qui nous
recevront lorsque notre contrat (notre vie) prendra fin.
Les chrétiens sont donc exhortés à
adopter un comportement et une attitude face aux biens de
ce monde qui recueillent l’approbation des hôtes
célestes et par conséquent, celle de Dieu
Lui-même. C’est ainsi que nous faisons d’eux
nos amis. Paul recommande à Timothée d’exhorter
“les riches du présent siècle”
dans le sens, “de faire du bien, d’être
riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité,
de la générosité, et de s’amasser
ainsi pour l’avenir un trésor placé
sur un fondement solide [les tabernacles éternels]”
(I Timothée 6 : 18-19).
Jésus ne parle pas ici de gagner le Royaume par
nos œuvres. Le salut est un don gratuit. Nous avons
une responsabilité d’utiliser sagement et judicieusement
les biens dont Dieu nous permet de jouir ; de faire preuve
de générosité lorsque nous le pouvons.
Un beau jour, pour nous aussi, notre temps sur terre prendra
fin. Nous devons donc œuvrer pendant le temps que nous
vivons dans la chair de telle sorte que nous nous assurons
notre vocation céleste (Philippiens 2 : 12). Nous
devrions être fidèles à Dieu en faisant
preuve de persévérance et de diligence à
l’égard des choses spirituelles, au même
titre que les enfants de ce siècle le sont à
l’égard de leur ambition humaine et matérielle.