Meilleurs chrétiens, meilleurs parents
Dominique Alcindor
 

Découragés et parfois culpabilisés, les parents constatent, impuissants, que leurs enfants grandissent et s’affirment, sans nécessairement suivre le chemin qu’ils avaient souhaité pour eux.

Nous pouvons imaginer le guide pratique du parfait parent. Mais attention, celui-ci n’existe pas ! Un guide, une méthode idéale pour élever des enfants épanouis et bien portants.

L’impondérable : le libre arbitre

L’éducation consiste à équiper l’enfant pour qu’il exerce correctement le libre arbitre que Dieu a placé en lui.

Ce libre arbitre justement n’est-il pas le nœud du problème ? Les choses seraient tellement plus faciles, si les parents pouvaient “programmer” d’avance le comportement de leurs enfants. Mais voilà, un enfant pense, raisonne et décide par lui-même.

Paradoxalement, c’est ce même libre arbitre qui rend intéressant et même surprenant le rôle de parent. Si la faculté de penser n’existait pas, l’éducation ne serait alors qu’un simple exercice de dressage. La fonction d’éducateur doit nécessairement prendre en compte la dimension spirituelle du libre arbitre chez l’enfant.

Père idéal et enfants rebelles

Adam et Eve ont bénéficié de la présence d’un père parfait, d’une éducation parfaite dispensée de la plus parfaite des manières. Dieu était le Père idéal. C’est acquis ! Toutefois, cela n’a pas empêché nos premiers parents de prendre la plus mauvaise des décisions. Ils ont désobéi à leur Père (Genèse 2 : 16-17).

Dans la Genèse, nous apprenons qu’aussi bien intentionnés que puissent être des parents, qu’aussi sérieuse et appliquée que puisse être l’éducation dispensée, un enfant en grandissant sera amené à faire des choix bons ou mauvais.

Quand un enfant tourne mal, cela ne veut pas nécessairement dire que ses parents ont fait preuve de laxisme ou qu’ils ont été négligents. Dans la tâche difficile d’éduquer des enfants, il existera toujours des paramètres inconnus et d’autres sur lesquels nous avons très peu d’influence et moins encore de contrôle. A partir d’un certain moment de sa vie, le jeune use de sa liberté et prend ses propres décisions. Ce moment est un facteur inconnu, et non des moindres. Ce qu’un parent sème de bon dans la vie de son enfant (aide, encadrement, assistance, patience ou sacrifices), en récoltera-t-il toujours les bons fruits ? “Les pères ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées” (Jérémie 31 : 29). Dieu dit très clairement que la responsabilité morale repose sur chaque individu. Le fils ne souffre pas à cause des bêtises de son père et vice versa (Ezéchiel 18 : 1-18).

La question est plus complexe. S’il n’existe pas de guide idéal, la Bible, en revanche, donne de nombreux principes d’éducation (les Proverbes, par exemple). Elle ne garantit pas pour autant un résultat toujours positif.

Un mot d’encouragement

En devenant de meilleurs chrétiens, nous pouvons espérer devenir aussi de meilleurs parents. L’attention, la patience, la persévérance, la fermeté, la maîtrise de soi, le courage, la tendresse, toutes ces qualités si nécessaires pour assumer pleinement son rôle de parent sont avant tout des vertus chrétiennes.

Le chrétien ne possède pas ces qualités comme par enchantement ; elles sont le fruit d’un processus lent et caché dans la vie de parent. Plus le chrétien grandira dans la grâce et se laissera guider par le Saint-Esprit, plus il concevra son rôle de parent avec acuité, et plus il sera en mesure de mieux le remplir.

Alors que l’enfant grandit, le parent grandit aussi en tant que parent. La sanctification de ce dernier se répercute positivement dans chaque aspect de sa vie de citoyen, d’employé ou de patron, d’époux, et aussi de parent. C’est pourquoi il n’existe pas de méthode parfaite ou idéale pour qui veut bien assumer son rôle parental. Certes, les grandes lignes sont là. La plupart d’entre elles nous ont été transmises par nos parents, alors que d’autres ont été acquises par le biais de notre expérience personnelle et chrétienne.

Avec la patience que Jésus vous enseigne par les circonstances de la vie, même par le biais de vos enfants, vous apprenez à votre tour à exprimer de la patience envers eux. Avec la miséricorde que Dieu vous témoigne, vous apprenez à votre tour à témoigner de la miséricorde. Avec la sagesse que l’Esprit-Saint vous permet d’acquérir, vous apprenez à vous comporter avec sagesse envers vos enfants qui à leur tour apprennent à se comporter avec sagesse envers vous et les autres.

Contrat à durée déterminée

Le chrétien a accepté que sa vie appartienne à Dieu. Son libre arbitre lui a permis de prendre une telle décision. Le chrétien respectant le libre arbitre de son enfant ne cherche pas à contrôler la vie de son enfant. Tout en s’efforçant de s’acquitter de sa responsabilité de père ou de mère, le parent converti comprend qu’en fin de compte Dieu est le véritable Père de tous, y compris de sa propre progéniture. Dans une vie, le temps consacré à éduquer un enfant est limité. En revanche, les bénéfices retirés de l’expérience parentale sont permanents. Dieu demande aux parents de prendre soin de leurs enfants, pendant quelques brèves années, jusqu’à ce qu’ils deviennent moralement autonomes. Les parents sont en quelque sorte sous contrat à durée déterminée. A ce titre, ils passent alors le relais au Père de tous, sachant qu’ils ont fait de leur mieux avec les outils dont ils disposaient, pour un temps.

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