Découragés et parfois culpabilisés,
les parents constatent, impuissants, que leurs enfants grandissent
et s’affirment, sans nécessairement suivre
le chemin qu’ils avaient souhaité pour eux.
Nous pouvons imaginer le guide pratique du parfait parent.
Mais attention, celui-ci n’existe pas ! Un guide,
une méthode idéale pour élever des
enfants épanouis et bien portants.
L’impondérable : le libre arbitre
L’éducation consiste à équiper
l’enfant pour qu’il exerce correctement le libre
arbitre que Dieu a placé en lui.
Ce libre arbitre justement n’est-il pas le nœud
du problème ? Les choses seraient tellement plus
faciles, si les parents pouvaient “programmer”
d’avance le comportement de leurs enfants. Mais voilà,
un enfant pense, raisonne et décide par lui-même.
Paradoxalement, c’est ce même libre arbitre
qui rend intéressant et même surprenant le
rôle de parent. Si la faculté de penser n’existait
pas, l’éducation ne serait alors qu’un
simple exercice de dressage. La fonction d’éducateur
doit nécessairement prendre en compte la dimension
spirituelle du libre arbitre chez l’enfant.
Père idéal et enfants rebelles
Adam et Eve ont bénéficié de la présence
d’un père parfait, d’une éducation
parfaite dispensée de la plus parfaite des manières.
Dieu était le Père idéal. C’est
acquis ! Toutefois, cela n’a pas empêché
nos premiers parents de prendre la plus mauvaise des décisions.
Ils ont désobéi à leur Père
(Genèse 2 : 16-17).
Dans la Genèse, nous apprenons qu’aussi bien
intentionnés que puissent être des parents,
qu’aussi sérieuse et appliquée que puisse
être l’éducation dispensée, un
enfant en grandissant sera amené à faire des
choix bons ou mauvais.
Quand un enfant tourne mal, cela ne veut pas nécessairement
dire que ses parents ont fait preuve de laxisme ou qu’ils
ont été négligents. Dans la tâche
difficile d’éduquer des enfants, il existera
toujours des paramètres inconnus et d’autres
sur lesquels nous avons très peu d’influence
et moins encore de contrôle. A partir d’un certain
moment de sa vie, le jeune use de sa liberté et prend
ses propres décisions. Ce moment est un facteur inconnu,
et non des moindres. Ce qu’un parent sème de
bon dans la vie de son enfant (aide, encadrement, assistance,
patience ou sacrifices), en récoltera-t-il toujours
les bons fruits ? “Les pères ont mangé
des raisins verts et les dents des enfants en ont été
agacées” (Jérémie 31 : 29). Dieu
dit très clairement que la responsabilité
morale repose sur chaque individu. Le fils ne souffre pas
à cause des bêtises de son père et vice
versa (Ezéchiel 18 : 1-18).
La question est plus complexe. S’il n’existe
pas de guide idéal, la Bible, en revanche, donne
de nombreux principes d’éducation (les Proverbes,
par exemple). Elle ne garantit pas pour autant un résultat
toujours positif.
Un mot d’encouragement
En devenant de meilleurs chrétiens, nous pouvons
espérer devenir aussi de meilleurs parents. L’attention,
la patience, la persévérance, la fermeté,
la maîtrise de soi, le courage, la tendresse, toutes
ces qualités si nécessaires pour assumer pleinement
son rôle de parent sont avant tout des vertus chrétiennes.
Le chrétien ne possède pas ces qualités
comme par enchantement ; elles sont le fruit d’un
processus lent et caché dans la vie de parent. Plus
le chrétien grandira dans la grâce et se laissera
guider par le Saint-Esprit, plus il concevra son rôle
de parent avec acuité, et plus il sera en mesure
de mieux le remplir.
Alors que l’enfant grandit, le parent grandit aussi
en tant que parent. La sanctification de ce dernier se répercute
positivement dans chaque aspect de sa vie de citoyen, d’employé
ou de patron, d’époux, et aussi de parent.
C’est pourquoi il n’existe pas de méthode
parfaite ou idéale pour qui veut bien assumer son
rôle parental. Certes, les grandes lignes sont là.
La plupart d’entre elles nous ont été
transmises par nos parents, alors que d’autres ont
été acquises par le biais de notre expérience
personnelle et chrétienne.
Avec la patience que Jésus vous enseigne par les
circonstances de la vie, même par le biais de vos
enfants, vous apprenez à votre tour à exprimer
de la patience envers eux. Avec la miséricorde que
Dieu vous témoigne, vous apprenez à votre
tour à témoigner de la miséricorde.
Avec la sagesse que l’Esprit-Saint vous permet d’acquérir,
vous apprenez à vous comporter avec sagesse envers
vos enfants qui à leur tour apprennent à se
comporter avec sagesse envers vous et les autres.
Contrat à durée déterminée
Le chrétien a accepté que sa vie appartienne
à Dieu. Son libre arbitre lui a permis de prendre
une telle décision. Le chrétien respectant
le libre arbitre de son enfant ne cherche pas à contrôler
la vie de son enfant. Tout en s’efforçant de
s’acquitter de sa responsabilité de père
ou de mère, le parent converti comprend qu’en
fin de compte Dieu est le véritable Père de
tous, y compris de sa propre progéniture. Dans une
vie, le temps consacré à éduquer un
enfant est limité. En revanche, les bénéfices
retirés de l’expérience parentale sont
permanents. Dieu demande aux parents de prendre soin de
leurs enfants, pendant quelques brèves années,
jusqu’à ce qu’ils deviennent moralement
autonomes. Les parents sont en quelque sorte sous contrat
à durée déterminée. A ce titre,
ils passent alors le relais au Père de tous, sachant
qu’ils ont fait de leur mieux avec les outils dont
ils disposaient, pour un temps.