Les valeurs chrétiennes seront-elles transmises
à la future génération ?
La foi ne fait pas partie du patrimoine héréditaire,
et il est évident que nul enfant ne naît chrétien.
Si l’enfant n’est pas chrétien à
sa naissance, comment, alors, le devient-il ? Toutes les
églises chrétiennes se posent cette question.
Un grand nombre de jeunes ne veulent plus adhérer
aux valeurs religieuses de leurs parents, ni s’afficher
sous une étiquette religieuse particulière,
et en même temps, ils n’ont rien qui puisse
combler leur vide existentiel.
Ainsi, ils deviennent des SDF de la foi, acceptant telles
valeurs et rejetant telles autres au gré de leurs
expériences, de leurs rencontres, de leur sensibilité
et de leur amour du moment.
Aucun aimant ne les attire en particulier, et en même
temps, tous les aimants deviennent des options. Pourquoi
choisir tout de suite, et définitivement ? Vivre
pour vivre tout ce qu’il y a à vivre sur cette
terre semble être l’idéal purement terrestre
de millions de jeunes. Sorte de nourriture terrestre pour
personne en carence de valeurs célestes, faute d’encadrement
familial, et d’encouragement spirituel. Ils se retrouvent
face à un monde lui-même en détresse,
partagés entre le ciel dans lequel on ne croit pas,
et la terre sur laquelle on ne se retrouve pas.
Un nouveau mot est apparu récemment, le terme “jeunisme”.
Il s’agit d’une définition vague de la
culture de la jeunesse ; étiquette que la jeunesse
ne s’est pas elle-même donnée. La définition
est galvaudée, emportée à tout vent
de doctrine. La société, avec tous ses moyens
de propagande et de communication poly-formes, crée
le besoin artificiel d’être jeune et de le demeurer
toujours. Les jeunes ne pensent pas à vieillir, et
pour eux, la vieillesse n’est même pas envisageable.
C’est trop loin. De leur côté, plusieurs
“aînés” tentent, non seulement
de ne pas vieillir, mais de rester jeunes ou même
de le devenir.
Il s’en suit bien souvent, que ce ne sont plus les
aînés qui transmettent leurs valeurs aux jeunes,
mais les jeunes qui transmettent leur mode de vie aux plus
âgés. Les parents deviennent à leur
tour des SDF de la foi. Comme le christianisme est une valeur
transmissible par les aînés qui l’ont
eux-mêmes reçue de leurs parents, on voit mal
comment les jeunes pourraient s’identifier aux valeurs
de leurs parents quand ces derniers sont prêts à
oublier leurs propres valeurs pour accepter celles de leurs
fils et de leurs filles.
Le passage du témoin, comme dans une course de relais,
ne se fait plus. De moins en moins de parents transmettent
le témoin, et de plus en plus de jeunes se façonnent
des témoins d’un genre nouveau qu’ils
préfèrent garder pour eux-mêmes. Sans
aucun désir de le passer aux générations
présentes. C’est la conséquence d’une
philosophie qui se vit sans complexe par une bonne partie
de la jeunesse, et qui relativise tout.
L’éclatement de la famille traditionnelle
formée d’un père, d’une mère
et d’enfants a provoqué l’éclatement
des consciences et a amené un tel faisceau de croyances
et de non-croyances que la religion traditionnelle apparaît
comme une immense maison déconstruite brutalement
; maison dont les habitants sont devenus sans contours spirituels
précis, puis éparpillés par les forces
déformantes du relativisme. La mondialisation qui
semble se déployer et croître dans un terreau
matérialiste que l’on arrose très peu
de la rosée des préceptes divins n’est
pas faite pour arranger les choses.
La foi ne se transmet plus d’office. Par la force
des choses, elle devient plutôt une proposition de
croyance ; une valeur parmi d’autres possiblement
acceptable par la jeunesse. Autrefois, les églises
imposaient leur foi ; aujourd’hui, elles proposent,
et souvent elles “disposent”, c’est-à-dire
qu’elles disparaissent.
Toute une génération de jeunes risque de
grandir et de mourir sans avoir entendu parler du Christ
ni de l’Evangile. La moisson est jeune et abondante,
les ouvriers peu nombreux (Luc 10 : 2).