Foi "parentalement" modifiée
Donat Picard
 

Les valeurs chrétiennes seront-elles transmises à la future génération ?

La foi ne fait pas partie du patrimoine héréditaire, et il est évident que nul enfant ne naît chrétien. Si l’enfant n’est pas chrétien à sa naissance, comment, alors, le devient-il ? Toutes les églises chrétiennes se posent cette question.

Un grand nombre de jeunes ne veulent plus adhérer aux valeurs religieuses de leurs parents, ni s’afficher sous une étiquette religieuse particulière, et en même temps, ils n’ont rien qui puisse combler leur vide existentiel.

Ainsi, ils deviennent des SDF de la foi, acceptant telles valeurs et rejetant telles autres au gré de leurs expériences, de leurs rencontres, de leur sensibilité et de leur amour du moment.

Aucun aimant ne les attire en particulier, et en même temps, tous les aimants deviennent des options. Pourquoi choisir tout de suite, et définitivement ? Vivre pour vivre tout ce qu’il y a à vivre sur cette terre semble être l’idéal purement terrestre de millions de jeunes. Sorte de nourriture terrestre pour personne en carence de valeurs célestes, faute d’encadrement familial, et d’encouragement spirituel. Ils se retrouvent face à un monde lui-même en détresse, partagés entre le ciel dans lequel on ne croit pas, et la terre sur laquelle on ne se retrouve pas.

Un nouveau mot est apparu récemment, le terme “jeunisme”. Il s’agit d’une définition vague de la culture de la jeunesse ; étiquette que la jeunesse ne s’est pas elle-même donnée. La définition est galvaudée, emportée à tout vent de doctrine. La société, avec tous ses moyens de propagande et de communication poly-formes, crée le besoin artificiel d’être jeune et de le demeurer toujours. Les jeunes ne pensent pas à vieillir, et pour eux, la vieillesse n’est même pas envisageable. C’est trop loin. De leur côté, plusieurs “aînés” tentent, non seulement de ne pas vieillir, mais de rester jeunes ou même de le devenir.

Il s’en suit bien souvent, que ce ne sont plus les aînés qui transmettent leurs valeurs aux jeunes, mais les jeunes qui transmettent leur mode de vie aux plus âgés. Les parents deviennent à leur tour des SDF de la foi. Comme le christianisme est une valeur transmissible par les aînés qui l’ont eux-mêmes reçue de leurs parents, on voit mal comment les jeunes pourraient s’identifier aux valeurs de leurs parents quand ces derniers sont prêts à oublier leurs propres valeurs pour accepter celles de leurs fils et de leurs filles.

Le passage du témoin, comme dans une course de relais, ne se fait plus. De moins en moins de parents transmettent le témoin, et de plus en plus de jeunes se façonnent des témoins d’un genre nouveau qu’ils préfèrent garder pour eux-mêmes. Sans aucun désir de le passer aux générations présentes. C’est la conséquence d’une philosophie qui se vit sans complexe par une bonne partie de la jeunesse, et qui relativise tout.

L’éclatement de la famille traditionnelle formée d’un père, d’une mère et d’enfants a provoqué l’éclatement des consciences et a amené un tel faisceau de croyances et de non-croyances que la religion traditionnelle apparaît comme une immense maison déconstruite brutalement ; maison dont les habitants sont devenus sans contours spirituels précis, puis éparpillés par les forces déformantes du relativisme. La mondialisation qui semble se déployer et croître dans un terreau matérialiste que l’on arrose très peu de la rosée des préceptes divins n’est pas faite pour arranger les choses.

La foi ne se transmet plus d’office. Par la force des choses, elle devient plutôt une proposition de croyance ; une valeur parmi d’autres possiblement acceptable par la jeunesse. Autrefois, les églises imposaient leur foi ; aujourd’hui, elles proposent, et souvent elles “disposent”, c’est-à-dire qu’elles disparaissent.

Toute une génération de jeunes risque de grandir et de mourir sans avoir entendu parler du Christ ni de l’Evangile. La moisson est jeune et abondante, les ouvriers peu nombreux (Luc 10 : 2).

© Tous droits réservés – 1978-2008 - Eglise Universelle de Dieu