L'éducation mondiale :
cause gagnée ou perdue ?
Donat Picard
 

Nous invitons nos lectrices et nos lecteurs à considérer la question de l’éducation sous l’angle des enseignements du Christ. Depuis deux mille ans, les principes chrétiens constituent toujours un fondement solide à toute bonne éducation. Même si dans les textes de loi et les manuels scolaires, la référence directe à la Bible est tue, cette référence silencieuse existe, et les lois républicaines, de même que les systèmes éducatifs en sont plus ou moins le reflet.

Lorsqu’elles sont bien comprises, les valeurs morales traditionnelles chrétiennes ne contredisent pas celles de la morale civique républicaine. Dieu n’est pas contre le monde, sinon Il n’aurait pas donné Son Fils pour sauver ce monde (Jean 3 : 16). Dieu n’est pas, non plus, contre les législateurs et les chefs d’Etat (Romains 13).

Le premier ministre de la France a raison quand il affirme que “C’est toute notre civilisation qui porte les marques du religieux, spécialement du christianisme” (La Croix, mardi 20 novembre 2001, page 4). Puisqu’il en est ainsi, ne devrions-nous pas en tenir compte davantage ? Ce qui fut valable et bon pour la société dans les siècles passés ne pourrait-il pas l’être encore pour l’avenir ? A fortiori, si nous émondons les religions chrétiennes, pour les enter solidement sur le cep qui les a fait naître (Jean 15 : 1-12).

Education : en détresse ?

Les débats sur l’éducation ont été parsemés d’affrontements. Non seulement dans notre pays, mais dans toutes les nations du monde. La cause nous en est donnée par le positionnement opposé des idéologies religieuses, laïques ou athées.

Ces mouvements inéluctables sont souvent invisibles et imprévisibles. Ils déplacent des millions de consciences et les font bouger comme des masses puissantes et cachées comparables à ces plaques tectoniques qui provoquent les grandes irruptions volcaniques, les tremblements de terre, et la dérive des continents.

La société peut déraper sur plusieurs décennies, mais les hommes n’en prennent conscience que lorsque leur existence est mise à mal, que leur petit monde commence à s’écrouler sous leurs pieds, et que chacun ne retrouve plus ses repères d’antan.

La terre est actuellement soumise à de telles forces. Ces forces ont toujours existé, mais à notre époque, elles se manifestent sous d’autres formes, se masquent sous d’autres noms, usent de grands moyens, et causent des dégâts nouveaux, tant par leur ampleur, que par leur soudaineté.

L’humanité n’en finit pas de pleurer et d’espérer. Son cœur balance entre la terreur et l’espoir. L’éducation aurait-elle quelque chose à voir avec cette tragédie humaine ?

A ce sujet, les paroles du sociologue Edgar Morin nous laissent perplexes. Il n’y a pas d’autre mot pour traduire l’état de notre conscience devant une telle ignorance avouée. “Perplexes” c’est l’épithète qu’il utilise lui-même pour décrire la place de l’homme dans l’univers, et dans l’univers des savoirs qui ne donnent jamais la réponse aux questions posées par l’homme. Il écrit qu’un savant nommé Whitehead “avait remarqué, du point de vue des idées précisément, que la science est beaucoup plus changeante que la théologie” (Edgar Morin, Pour Sortir du XXe siècle, page 75). A la page sept de ce même ouvrage, après avoir posé trois questions fondamentales, “Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?”, l’auteur déclare avec une honnêteté exemplaire : “Mais nous sommes devenus irrémédiablement perplexes et désorientés sur notre situation dans le monde”.

Ces questions existentielles ne peuvent être dissociées de la réalité quotidienne. Sur la terre, des milliards d’hommes, de femmes et d’enfants vivent dans le malheur depuis des siècles et des siècles. L’anarchie, la révolte, la douleur, la haine, la boucherie et la bêtise existent à notre porte. En ces temps difficiles, la vision fait terriblement défaut. Tout semble basculer vers le bas.

Pourquoi la planète n’arrive-t-elle pas à renaître ? Pourquoi tant de grands cerveaux et si peu de grandes solutions aux problèmes “insolubles” de notre temps ? D’une guerre à l’autre, la vraie paix n’existe pas (Esaïe 59 : 8).

Après tous ces millénaires d’Histoire, l’humanité en est-elle encore à vouloir résoudre des problèmes vieux de 6 000 ans ? Avons-nous, en cours de route, raté quelque chose ? Avons-nous perdu la boussole ? L’humanité en a assez d’essayer ! L’air devient de plus en plus mortifère. Les causes de malheur ne peuvent-elles pas être remplacées par des causes de bonheur ?

Nous avons un urgent besoin de penseurs, de méditatifs et d’éclaireurs qui ne puisent pas seulement à leurs propres fonds, mais qui s’ouvrent à la révélation venue d’ailleurs.

La formule existe !

“Mon peuple est détruit parce qu’il lui manque la connaissance” (Osée 4 : 6) dit Dieu. Quand Dieu parle de connaissance, de quelle connaissance s’agit-il ? De la connaissance révélée par Lui, ou de celle découverte par les hommes ? Cette dernière a augmenté à un rythme inimaginable depuis la révolution industrielle, et cette accumulation de connaissances peut faire peur. L’ordinateur étale quotidiennement une partie de la masse totale des savoirs de l’humanité, et nous savons que cette somme de connaissances et de sciences peut nous conduire, soit au sommet d’une vie meilleure, soit aux portes de l’anéantissement total. Cette connaissance n’est pas celle dont parle Dieu.

Car il semble que ce déluge de connaissances techniques n’arrive pas à réaliser ses objectifs premiers : améliorer le sort de tous les êtres humains. C’est une sorte de défaite de la science face au présent et face au futur. Les fruits attendus ne correspondent pas à la promesse des fleurs que l’on nous avait laissé entrevoir. Les fleurs étaient lumineuses d’espoir, alors que les fruits se révèlent de plus en plus noirs, rabougris, amers, et mortels. L’Histoire l’atteste. Pourquoi ?

La Bible, dans le Nouveau Testament, révèle qu’il existe une connaissance que les hommes coupés de Dieu ne peuvent découvrir seuls : “… afin qu’ils soient unis dans l’amour, et qu’ils soient enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance” (Colossiens 2 : 2-3).

Voilà la connaissance dont parle Dieu et que les hommes ont rejetée.

La Science en panne

Déjà, le témoignage d’un éminent sociologue mandaté par l’Unesco pour réfléchir sur l’avenir du savoir mondial nous laisse atterrés face à la Science comme source de solutions pour l’avenir : “La science triomphe et, en même temps, elle est en crise. Ce n’est plus la Science-Vérité absolue, la Science-Solution, la Science-Phare, la Science-Guide de la fin du siècle dernier. C’est la Science-problème” (Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle).

Si les savants ne sont plus crédibles et, qu’en plus, certains des leurs attestent de cette non-crédibilité dont on les taxe, il y a lieu de s’interroger sérieusement. Si les solutions scientifiques font elles-mêmes partie de la crise et du gâchis planétaire, qui pourra donc nous sauver ? D’autres approches doivent être proposées. Toutes doivent être prises en compte. Aucune ne doit être exclue. L’approche divine incluse !

Après avoir essayé tous les autres dieux, il nous faudra, sans doute aucun, revenir au vrai Dieu. Non pas à celui des religions institutionnalisées, mais au Dieu fait chair en la personne de Jésus de Nazareth qui s’est Lui-même proclamé Roi du monde à venir (Hébreux 2 : 5-12).

Se pourrait-il que la connaissance dont l’Homme dispose soit tronquée ? Se pourrait-il que son éducation soit déficiente ? Se pourrait-il qu’elle soit incomplète et que de ce fait elle devienne cancérigène, et que, si on lui fournissait le complément manquant, elle pourrait devenir un outil de bonheur et non de malheur comme nous le constatons trop bien, hélas ! depuis les origines du monde, et comme en témoigne la catastrophe humaine ?

N’a-t-on pas le droit de s’interroger honnêtement en se demandant si l’homme ne se serait pas volontairement coupé d’une partie du savoir ? Plus spécifiquement de ce savoir révélé par Dieu dans les Ecritures. Pourquoi la Bible est-elle tant décriée, alors qu’elle contient tellement de principes sages, applicables et porteurs de bonheur ? Pourquoi l’homme préfère-t-il se servir de son intelligence pour nier l’existence de Celui qui la lui donne ? En travaillant avec son Dieu, en utilisant Sa sagesse, l’homme pénétrerait dans l’intelligence divine et supérieure et pourrait ainsi trouver des solutions, que seul, il ne trouvera jamais.

Le monde ne devrait-il pas repenser toutes les philosophies et tous les systèmes d’éducation ? Depuis longtemps, et tout récemment, d’imminents chercheurs et penseurs ont tiré la sonnette d’alarme. Qui y porte attention ? Qui s’en soucie ?

Déjà, il y a soixante-quinze ans, un ouvrage fut publié sous le titre La Crise du Monde moderne. L’auteur, René Guénon, y faisait l’inventaire de la civilisation occidentale en la comparant à la civilisation orientale ; il constatait que l’Orient, déjà, s’occidentalisait, et que, parce qu’il s’occidentalisait, il devait se préparer à subir, petit à petit, la crise que vivait l’Occident. Crise de l’être et crise du bien-être ; tourmente dans laquelle l’avoir devient plus important que l’être. (La Crise du Monde Moderne, Gallimard, 1927).

Le penseur se posait la même question que celle que nous nous posons aujourd’hui : “Le monde moderne ira-t-il jusqu’au bas de cette pente fatale, ou bien, comme il est arrivé à la décadence du monde gréco-latin, un nouveau redressement se produira- t-il, cette fois encore, avant qu’il n’ait atteint le fond de l’abîme où il est entraîné ?” (page 38).

Les possessions matérielles et le succès financier sont des valeurs qui en sont venues à gruger la fibre morale des valeurs orientales et occidentales ancestrales. L’Orient orientalise l’Occident par le biais de ses cultes. Il commence à l’affecter dans ses populations, tandis que l’esprit occidental mercantiliste imbibe les cultures du monde entier de matérialisme, d'individualisme et de relativisme moral.

Prisonnier d’un tel phénomène mondial, chaque individu poursuit ses intérêts égoïstes au détriment de ceux des autres, et ce, en toute bonne conscience. Une telle échelle de valeurs permet à chacun de croire que ses valeurs sont aussi bonnes que n’importe quelles autres valeurs que se donne tel autre individu ; un tel système ne peut pas résoudre les problèmes de l’homme sur la terre. Il existe des valeurs universelles, bonnes pour tous, et d’autres valeurs qui ne peuvent prétendre à l’universalité, et qui sont à rejeter, parce que mauvaises.

Pour celui qui ne croit pas en Dieu, l’argent, la force, la vaine gloire, le pouvoir, l’orgueil et l’arrogance deviennent souvent les maîtres de son âme.

Témoignage d’une tragique éloquence que celui de Michel Camdessus, ancien président du Fond Monétaire International, qui résume l’état du monde actuel, dans une interview accordée au Figaro Magazine du 29 septembre 2001. Commentant les événements du 11 septembre dernier il déclare : “Le nouveau siècle vient de vivre son premier acte majeur de barbarie. C’est terrible, mais il aura fallu ce drame pour que le monde prenne conscience de son insouciance et de sa stupéfiante incapacité à prévoir”. Analysant les causes des attentats contre le World Trade Center, il poursuit ainsi : “Le refus de reconnaître le fait religieux dans nos sociétés, crée les conditions […] de cet affrontement” entre les individus et, partant, entre la civilisation orientale et la civilisation occidentale, entre blocs ethniques qui se méconnaissent et se haïssent d’une ferveur toute religieuse, et presque mystique, pourrait-on dire.

Une éducation mondiale : l’utopie annoncée

Quand les Ecritures annoncent sans ambages que le monde à venir sera le monde d’un même Esprit, d’un même Roi, d’un même Royaume, elles annoncent l’avènement d’une éducation universelle comme Dieu la conçoit pour l’humanité qu’Il a créée.

Les versets suivants prennent tout leur sens lorsqu’on les analyse à la lumière de l’Histoire : “Les peuples travaillent pour le feu, les nations se fatiguent en vain. Car la terre sera remplie de la connaissance de la gloire de l’Eternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent” (Habakuk 2 : 14 ; Esaïe 11 : 9 ; 40 : 5).

A notre époque troublée, quiconque parle d’éducation doit prendre la précaution d’enfiler les gants blancs de la sagesse, et lourds du velours de la bonne tolérance. Il importe de délimiter son propos pour ne pas déclencher les hostilités, et lancer ainsi autant de brûlots par-dessus les barricades idéologiques, religieuses ou philosophiques, au nom de thèses antagonistes, de principes républicains, ou chrétiens, ou musulmans, ou juifs, ou laïcs, ou anarchiques, ou quoi d’autre encore !

C’est pourquoi, définissons les termes tout de suite, afin de bien nous comprendre : d’un côté nous avons l’éducation qui a pour but d’éduquer, d’apprendre à vivre et à bien vivre avec soi-même et avec les autres ; elle est porteuse des valeurs du cœur et de l’esprit ; elle englobe la morale ; elle procure la paix sociale planétaire. Elle devrait apprendre aux hommes à vivre heureux parce qu’elle leur apprend le but de l’existence.

De l’autre côté, nous avons l’instruction qui, elle, a pour but d’instruire, de transmettre des connaissances objectives et neutres au plan de l’idéologie et de la conscience. Instruction, connaissance, savoir qui peuvent être mis au service du bien comme du mal. L’homme qui apprend à piloter un avion peut utiliser sa connaissance, soit pour détruire le bien d’autrui et tuer des innocents, soit pour transporter des passagers qui ont payé leurs billets afin d’arriver à destination pour accomplir ce qu’ils ont à accomplir dans la société.

Ainsi, par l’éducation et l’instruction, idéalement, chaque homme, chaque femme, chaque enfant devraient avoir un jour, et la tête bien faite, et la tête bien remplie, et, en même temps, se trouver bien dans cette tête bien pensante, tout en respectant le fait que les autres humains peuvent avoir une tête différente, meublée de cultures et de croyances différentes. L’éducation véritable permet de vivre en paix avec tous les hommes. Disons-le clairement : l’éducation véritable inclut la dimension religieuse manifestement présente dans toute culture.

L’éducation d’un individu ne se résume pas aux bagages académiques que lui donne l’Education Nationale. Loin s’en faut ! Non pas que l’Education Nationale de la République soit pauvre, mais plutôt parce qu’elle n’est que républicaine. C’est l’objet et le rôle qu’elle s’est donnés. Qui peut la blâmer ? Les valeurs républicaines, parce qu’elles n’englobent qu’une partie des valeurs universelles, ne représentent pas toutes les valeurs planétaires. Sinon, les valeurs républicaines seraient universelles.

L’une des grandes valeurs conservée par la République est cette liberté individuelle qui permet, en droit, à chaque citoyen de se donner une éducation selon sa conscience. Le tout dans le cadre de la législation en vigueur et dans le respect de l’ordre public et du respect de l’autre. Disons aussi que le respect mutuel doit exister de part et d’autre. Cette voie n’est pas à sens unique. Ce qu’il faut dire c’est que ceux qui croient en Dieu ont la liberté de s’exprimer, et que ceux qui ne croient pas en Dieu ont le devoir de respecter ceux qui croient. De même, le croyant a le devoir de respecter l’incroyant. Il doit l’aimer, sans essayer de l’embrigader contre son gré, par quelque moyen que ce soit ; le tout en accord avec la liberté des autres, et en se soumettant aux lois régissant l’ordre public. Finalement, les fruits des uns et des autres démontreront si telle ou telle croyance est validée par les œuvres qu’elle aura produites.

Une personne éduquée est une personne qui a appris à respecter celle qui ne pense pas comme elle. A cet égard, il reste à accomplir un travail inquantifiable à l’échelle planétaire. Il faut le dire et le redire, c’est l’aide humanitaire prioritaire. Les humains en ont besoin autant qu’ils ont besoin d’eau et de pain.

Les origines : les premiers principes éducatifs

Selon la Genèse, le premier pédagogue de l’humanité fut Dieu en personne. Son système d’éducation s’adressait au premier couple, lequel devait donner naissance à toutes les familles de la terre et leur transmettre les principes divins. Deux principes furent donnés aux parents fondateurs de l’humanité : le premier demandait que les hommes aiment Dieu de tout leur cœur ; le second, que les hommes s’aiment entre eux ; qu’ils fassent aux autres ce qu’ils veulent que les autres fassent pour eux.

Le second pédagogue fut le Diable. Sa méthode fut d’enseigner à Eve le contraire de ce que Dieu avait enseigné. Déjà deux idéologies commencèrent à coexister dans la famille humaine. Immédiatement, deux courants de pensée s’enracinèrent dans le cœur des habitants de la terre : Abel devint juste devant Dieu, alors que Caïn devint le hors-la-loi (I Jean 3 :12). Comment ? Pourquoi l’un et pas l’autre ?

Depuis ce temps, sur la terre, l’éducation (la bonne) qui était la chasse gardée de Dieu, est devenue la proie convoitée par Son adversaire, prince de ce monde qui l’a déformée à son image. Contrôler l’éducation, c’est contrôler la civilisation. Quelques hommes seront toujours avides de faire main basse sur les esprits pour s’approprier l’avenir, et dominer sur l’univers. En cela, ils seront toujours aidés par quelques esprits maléfiques (Ephésiens 6 : 12).

Une tolérance intolérable

Le post-modernisme est caractérisé par la tolérance érigée en valeur absolue. Cette tolérance proclamée comme valeur civique est la compagne ou la nouvelle identité du relativisme, vieil ennemi de l’absolu.

Cette forme de tolérance qui accepte le mal ou la bêtise sous le masque du bien n’est pas la vraie tolérance. Cette tolérance qu’on veut nous présenter comme la vertu civique par excellence, comme le principe démocratique suprême qui servirait de lien potentiel à la cohésion sociale, n’est rien d’autre qu’une forme déguisée d’hypocrisie.

L’enseignement et la pratique de la bonne tolérance doivent aller de pair avec l’enseignement et la pratique du bien, du juste, du bon et de l’équitable. Cette bonne tolérance nous fait accepter ce qui, tout en étant différent, est, en même temps, bon et juste pour tous. Les générations montantes ont besoin de cette assise pour assumer leur propre rôle dans une société mondialisée et multiculturelle.

La liberté de penser à Dieu

La liberté républicaine ne nous permet-elle pas d’avoir foi dans des valeurs qui contribuent à rendre la République plus forte et plus heureuse ? En quoi la foi en un Dieu affaiblirait-elle une nation ? En quoi les principes qui demandent d’aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même appauvriraient-ils une nation ?

La règle d’or qui nous exhorte à faire pour autrui ce que nous voulons qu’autrui fasse pour nous n’est-elle pas, si elle est mise en pratique, la garantie d’une solidarité et d’une cohésion sociale exemplaire ? Tout citoyen donnerait son assentiment à de telles valeurs, puisqu’elles lui procureraient la paix et la sécurité tant recherchées en nos temps modernes.

Dieu est une valeur. La Raison aussi. Mais la Raison provient de Dieu, et non Dieu de la Raison. Il est important de remettre la Raison à l’endroit et de lui dire où est sa place et quel est son rôle.

En adorant uniquement la Raison, en se prosternant uniquement devant l’Homme, et en rendant uniquement un culte à l’Etat-Roi, obtenons-nous de meilleurs fruits qu’en adorant le Dieu de l’univers ? Dieu accepte la Raison, et l’Homme, et l’Etat. Mais la Raison, l’Homme et l’Etat acceptent-ils Dieu ? Où est donc la difficulté ? Il ne devrait pas y en avoir.

Accepter de se soumettre aux lois de Dieu, nous empêche-t-il de nous soumettre aux lois de la République, ou de respecter et d’honorer les responsables élus démocratiquement ? Non ! Au contraire ! Ces principes renforcent l’interaction positive entre les gouvernants et les gouvernés, entre les mandants et les mandatés, dans un esprit d’amour et de respect mutuel.

Le paradoxe

La génération actuelle a autant besoin de l’Evangile que notre propre génération en avait besoin en son temps. Plusieurs d’entre nous sont nés pendant les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. Bébés, nous n’avions pas conscience des événements tragiques qui se déroulaient sur la terre. Après cette terrible guerre que nous avions subie en tant qu’enfants, nous avons découvert, en tant qu’adolescents et personnes adultes, qu’elle avait mobilisé des forces nationales hostiles et différentes qui partageaient la même foi chrétienne. Quel choc ! Quel paradoxe ! Tous combattirent, supposément, sous la bannière de Dieu. Sous la bannière d’un Dieu divisé en deux camps. Situation théologiquement insoutenable (!), mais politiquement possible et concevable, puisqu’elle s’est produite, hélas !

La conséquence morale ne tarda pas à se manifester. Plusieurs millions de survivants commencèrent à douter de Dieu. Les écrivains existentialistes en firent une philosophie de l’absurde. Le christianisme n’était plus la solution capable d’assurer le bonheur de l’humanité. Les populations occidentales européennes acceptèrent petit à petit l’idée terrible que Dieu était mort, ou indifférent, puisqu’Il avait laissé faire un tel massacre, le second en vingt-cinq ans. On chercha dès lors des solutions nouvelles.

Hélas ! Il nous faut constater que le vingt-et-unième siècle est mal parti. D’autres atrocités surgissent. Atrocités qui ont pour cause première la haine et l’égoïsme, l’orgueil et l’amertume, la convoitise et la jalousie, l’intolérance et l’injustice, le mensonge et la folie. Le Christ nous met en garde contre notre propre cœur dans Marc 7 versets 21 à 23 : “Car c’est du dedans, c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les débauches, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie”.

Questions sans réponses

Pourquoi Dieu a-t-Il choisi d’agir ainsi, c’est-à-dire de mettre en place une bonne éducation divine qui n’a duré que le temps d’un jardin d’Eden ? Pourquoi a-t-Il décidé, dans Sa perfection (ne l’oublions pas), de permettre qu’au départ Son éducation planétaire soit non seulement sapée et dévoyée de son objet, mais qu’elle devienne, par voie de conséquence, un malheur sans nom pour des milliards d’hommes qui ont été forcés d’être mis au monde à cause du commandement originel “Croissez, et multipliez-vous” ? Tout simplement parce que le second pédagogue a déclaré que le premier Pédagogue était menteur. Le Vrai et le Faux. Il faut savoir distinguer.

Ainsi, l’homme se trouve confronté à deux vérités ; l’une qui vient de Dieu, la vraie, et l’autre qui vient du Diable, la fausse. N’ayant reçu, au départ, qu’une vérité, celle de Dieu, l’homme se questionne et se demande si la deuxième vérité n’est pas la vraie. Il devrait savoir que la seconde “vérité” est mensonge, et faire un choix dans l’absolu.

L’enseignement de cette notion morale du vrai et du faux, distinguant le vrai Dieu du faux dieu, n’existe pas toujours dans notre système d’éducation moderne.

L’avenir

Le tableau semble très sombre. Oui, il l’est en effet. Mais l’est-il au point de nous faire tomber dans le pessimisme et le découragement ? Non ! Le redressement du monde ne peut se faire que par une éducation appropriée et que par le rejet des valeurs qui l’ont rendu tordu et qui risquent, à terme, de le perdre. Si dans un premier temps, l’éducation parentale travaillait sérieusement à dire le vrai et le droit, un début de changement s’opérerait dans le cœur de l’humanité. Si les hommes se disaient les uns aux autres : “Personne ne me ment parce que personne ne ment”, le monde entier s’en trouverait mieux. La confiance reviendrait. Le doute, le soupçon, la méfiance disparaîtraient. Edgar Morin stigmatise lui-même le mensonge dans son ouvrage Pour sortir du XXe siècle (Fernand Nathan, 1981).

En dépit de tous les systèmes d’éducation que se donnent les hommes, Dieu a mis la pensée de l’éternité dans le cœur des humains, et pour cette raison, la jeunesse actuelle cherche et cherchera aussi la main de Dieu. Sans Le nommer par Son nom, ces jeunes sont en attente d’un appel. Jusqu’à la toute dernière génération, Dieu travaillera sans relâche avec l’Homme ; qu’il soit jeune ou vieux, Dieu désire qu’il parvienne au salut et au Royaume des cieux (Actes 17 : 22-31).

L’apôtre Pierre nous lance une exhortation ; dans II Pierre 1 verset 15, il nous exhorte à nous souvenir de certaines choses. Parmi “ces choses” il y a ce qui suit : “A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance, à la connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi la patience, à la patience la piété, à la piété l’amitié fraternelle, à l’amitié fraternelle l’amour. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle, il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification de ses anciens péchés. C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car, en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C’est ainsi, en effet, que l’entrée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ vous sera largement accordée” (II Pierre 1 : 5-11).

Nous sommes désireux de voir loin. Nous voulons discerner les temps et les époques. Nous voyons et discernons de manière imparfaite, mais malgré notre faiblesse, notre cœur ne se trouble point ; il souffre à la vue de toute la souffrance que les hommes infligent aux hommes de la terre, mais d’une souffrance atténuée par l’espérance de jours meilleurs.

Le présent nous conduira-t-il à l’extinction de toutes les civilisations ? La question mérite réflexion. Mais l’espoir est non seulement permis mais obligatoire ; notre survie en dépend. S’il se trouve quelque consolation au milieu de cette tourmente qui martyrise tant d’innocents, cette consolation ne peut se trouver que dans la Parole de Dieu. Ailleurs, on n’y trouve que la certitude des à peu près.

Le choc des civilisations orientales, occidentales et autres n’ébranlera pas le fondement qu’est le Christ, le Roc (Matthieu 16 : 18), et ce Roc est pour nous un havre de paix au milieu de la tempête qui fait rage sur la terre (Matthieu 7 : 24-27 ).

Puissions-nous le dire afin de partager cette paix avec tous les hommes !

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