Nous invitons nos lectrices et nos lecteurs à considérer
la question de l’éducation sous l’angle
des enseignements du Christ. Depuis deux mille ans, les
principes chrétiens constituent toujours un fondement
solide à toute bonne éducation. Même
si dans les textes de loi et les manuels scolaires, la référence
directe à la Bible est tue, cette référence
silencieuse existe, et les lois républicaines, de
même que les systèmes éducatifs en sont
plus ou moins le reflet.
Lorsqu’elles sont bien comprises, les valeurs morales
traditionnelles chrétiennes ne contredisent pas celles
de la morale civique républicaine. Dieu n’est
pas contre le monde, sinon Il n’aurait pas donné
Son Fils pour sauver ce monde (Jean 3 : 16). Dieu n’est
pas, non plus, contre les législateurs et les chefs
d’Etat (Romains 13).
Le premier ministre de la France a raison quand il affirme
que “C’est toute notre civilisation qui porte
les marques du religieux, spécialement du christianisme”
(La Croix, mardi 20 novembre 2001, page 4). Puisqu’il
en est ainsi, ne devrions-nous pas en tenir compte davantage
? Ce qui fut valable et bon pour la société
dans les siècles passés ne pourrait-il pas
l’être encore pour l’avenir ? A fortiori,
si nous émondons les religions chrétiennes,
pour les enter solidement sur le cep qui les a fait naître
(Jean 15 : 1-12).
Education : en détresse ?
Les débats sur l’éducation ont été
parsemés d’affrontements. Non seulement dans
notre pays, mais dans toutes les nations du monde. La cause
nous en est donnée par le positionnement opposé
des idéologies religieuses, laïques ou athées.
Ces mouvements inéluctables sont souvent invisibles
et imprévisibles. Ils déplacent des millions
de consciences et les font bouger comme des masses puissantes
et cachées comparables à ces plaques tectoniques
qui provoquent les grandes irruptions volcaniques, les tremblements
de terre, et la dérive des continents.
La société peut déraper sur plusieurs
décennies, mais les hommes n’en prennent conscience
que lorsque leur existence est mise à mal, que leur
petit monde commence à s’écrouler sous
leurs pieds, et que chacun ne retrouve plus ses repères
d’antan.
La terre est actuellement soumise à de telles forces.
Ces forces ont toujours existé, mais à notre
époque, elles se manifestent sous d’autres
formes, se masquent sous d’autres noms, usent de grands
moyens, et causent des dégâts nouveaux, tant
par leur ampleur, que par leur soudaineté.
L’humanité n’en finit pas de pleurer
et d’espérer. Son cœur balance entre la
terreur et l’espoir. L’éducation aurait-elle
quelque chose à voir avec cette tragédie humaine
?
A ce sujet, les paroles du sociologue Edgar Morin nous
laissent perplexes. Il n’y a pas d’autre mot
pour traduire l’état de notre conscience devant
une telle ignorance avouée. “Perplexes”
c’est l’épithète qu’il utilise
lui-même pour décrire la place de l’homme
dans l’univers, et dans l’univers des savoirs
qui ne donnent jamais la réponse aux questions posées
par l’homme. Il écrit qu’un savant nommé
Whitehead “avait remarqué, du point de vue
des idées précisément, que la science
est beaucoup plus changeante que la théologie”
(Edgar Morin, Pour Sortir du XXe siècle, page 75).
A la page sept de ce même ouvrage, après avoir
posé trois questions fondamentales, “Qui sommes-nous
? D’où venons-nous ? Où allons-nous
?”, l’auteur déclare avec une honnêteté
exemplaire : “Mais nous sommes devenus irrémédiablement
perplexes et désorientés sur notre situation
dans le monde”.
Ces questions existentielles ne peuvent être dissociées
de la réalité quotidienne. Sur la terre, des
milliards d’hommes, de femmes et d’enfants vivent
dans le malheur depuis des siècles et des siècles.
L’anarchie, la révolte, la douleur, la haine,
la boucherie et la bêtise existent à notre
porte. En ces temps difficiles, la vision fait terriblement
défaut. Tout semble basculer vers le bas.
Pourquoi la planète n’arrive-t-elle pas à
renaître ? Pourquoi tant de grands cerveaux et si
peu de grandes solutions aux problèmes “insolubles”
de notre temps ? D’une guerre à l’autre,
la vraie paix n’existe pas (Esaïe 59 : 8).
Après tous ces millénaires d’Histoire,
l’humanité en est-elle encore à vouloir
résoudre des problèmes vieux de 6 000 ans
? Avons-nous, en cours de route, raté quelque chose
? Avons-nous perdu la boussole ? L’humanité
en a assez d’essayer ! L’air devient de plus
en plus mortifère. Les causes de malheur ne peuvent-elles
pas être remplacées par des causes de bonheur
?
Nous avons un urgent besoin de penseurs, de méditatifs
et d’éclaireurs qui ne puisent pas seulement
à leurs propres fonds, mais qui s’ouvrent à
la révélation venue d’ailleurs.
La formule existe !
“Mon peuple est détruit parce qu’il
lui manque la connaissance” (Osée 4 : 6) dit
Dieu. Quand Dieu parle de connaissance, de quelle connaissance
s’agit-il ? De la connaissance révélée
par Lui, ou de celle découverte par les hommes ?
Cette dernière a augmenté à un rythme
inimaginable depuis la révolution industrielle, et
cette accumulation de connaissances peut faire peur. L’ordinateur
étale quotidiennement une partie de la masse totale
des savoirs de l’humanité, et nous savons que
cette somme de connaissances et de sciences peut nous conduire,
soit au sommet d’une vie meilleure, soit aux portes
de l’anéantissement total. Cette connaissance
n’est pas celle dont parle Dieu.
Car il semble que ce déluge de connaissances techniques
n’arrive pas à réaliser ses objectifs
premiers : améliorer le sort de tous les êtres
humains. C’est une sorte de défaite de la science
face au présent et face au futur. Les fruits attendus
ne correspondent pas à la promesse des fleurs que
l’on nous avait laissé entrevoir. Les fleurs
étaient lumineuses d’espoir, alors que les
fruits se révèlent de plus en plus noirs,
rabougris, amers, et mortels. L’Histoire l’atteste.
Pourquoi ?
La Bible, dans le Nouveau Testament, révèle
qu’il existe une connaissance que les hommes coupés
de Dieu ne peuvent découvrir seuls : “…
afin qu’ils soient unis dans l’amour, et qu’ils
soient enrichis d’une pleine intelligence pour connaître
le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère
dans lequel sont cachés tous les trésors de
la sagesse et de la connaissance” (Colossiens 2 :
2-3).
Voilà la connaissance dont parle Dieu et que les
hommes ont rejetée.
La Science en panne
Déjà, le témoignage d’un éminent
sociologue mandaté par l’Unesco pour réfléchir
sur l’avenir du savoir mondial nous laisse atterrés
face à la Science comme source de solutions pour
l’avenir : “La science triomphe et, en même
temps, elle est en crise. Ce n’est plus la Science-Vérité
absolue, la Science-Solution, la Science-Phare, la Science-Guide
de la fin du siècle dernier. C’est la Science-problème”
(Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle).
Si les savants ne sont plus crédibles et, qu’en
plus, certains des leurs attestent de cette non-crédibilité
dont on les taxe, il y a lieu de s’interroger sérieusement.
Si les solutions scientifiques font elles-mêmes partie
de la crise et du gâchis planétaire, qui pourra
donc nous sauver ? D’autres approches doivent être
proposées. Toutes doivent être prises en compte.
Aucune ne doit être exclue. L’approche divine
incluse !
Après avoir essayé tous les autres dieux,
il nous faudra, sans doute aucun, revenir au vrai Dieu.
Non pas à celui des religions institutionnalisées,
mais au Dieu fait chair en la personne de Jésus de
Nazareth qui s’est Lui-même proclamé
Roi du monde à venir (Hébreux 2 : 5-12).
Se pourrait-il que la connaissance dont l’Homme
dispose soit tronquée ? Se pourrait-il que son éducation
soit déficiente ? Se pourrait-il qu’elle soit
incomplète et que de ce fait elle devienne cancérigène,
et que, si on lui fournissait le complément manquant,
elle pourrait devenir un outil de bonheur et non de malheur
comme nous le constatons trop bien, hélas ! depuis
les origines du monde, et comme en témoigne la catastrophe
humaine ?
N’a-t-on pas le droit de s’interroger honnêtement
en se demandant si l’homme ne se serait pas volontairement
coupé d’une partie du savoir ? Plus spécifiquement
de ce savoir révélé par Dieu dans les
Ecritures. Pourquoi la Bible est-elle tant décriée,
alors qu’elle contient tellement de principes sages,
applicables et porteurs de bonheur ? Pourquoi l’homme
préfère-t-il se servir de son intelligence
pour nier l’existence de Celui qui la lui donne ?
En travaillant avec son Dieu, en utilisant Sa sagesse, l’homme
pénétrerait dans l’intelligence divine
et supérieure et pourrait ainsi trouver des solutions,
que seul, il ne trouvera jamais.
Le monde ne devrait-il pas repenser toutes les philosophies
et tous les systèmes d’éducation ? Depuis
longtemps, et tout récemment, d’imminents chercheurs
et penseurs ont tiré la sonnette d’alarme.
Qui y porte attention ? Qui s’en soucie ?
Déjà, il y a soixante-quinze ans, un ouvrage
fut publié sous le titre La Crise du Monde moderne.
L’auteur, René Guénon, y faisait l’inventaire
de la civilisation occidentale en la comparant à
la civilisation orientale ; il constatait que l’Orient,
déjà, s’occidentalisait, et que, parce
qu’il s’occidentalisait, il devait se préparer
à subir, petit à petit, la crise que vivait
l’Occident. Crise de l’être et crise du
bien-être ; tourmente dans laquelle l’avoir
devient plus important que l’être. (La Crise
du Monde Moderne, Gallimard, 1927).
Le penseur se posait la même question que celle
que nous nous posons aujourd’hui : “Le monde
moderne ira-t-il jusqu’au bas de cette pente fatale,
ou bien, comme il est arrivé à la décadence
du monde gréco-latin, un nouveau redressement se
produira- t-il, cette fois encore, avant qu’il n’ait
atteint le fond de l’abîme où il est
entraîné ?” (page 38).
Les possessions matérielles et le succès
financier sont des valeurs qui en sont venues à gruger
la fibre morale des valeurs orientales et occidentales ancestrales.
L’Orient orientalise l’Occident par le biais
de ses cultes. Il commence à l’affecter dans
ses populations, tandis que l’esprit occidental mercantiliste
imbibe les cultures du monde entier de matérialisme,
d'individualisme et de relativisme moral.
Prisonnier d’un tel phénomène mondial,
chaque individu poursuit ses intérêts égoïstes
au détriment de ceux des autres, et ce, en toute
bonne conscience. Une telle échelle de valeurs permet
à chacun de croire que ses valeurs sont aussi bonnes
que n’importe quelles autres valeurs que se donne
tel autre individu ; un tel système ne peut pas résoudre
les problèmes de l’homme sur la terre. Il existe
des valeurs universelles, bonnes pour tous, et d’autres
valeurs qui ne peuvent prétendre à l’universalité,
et qui sont à rejeter, parce que mauvaises.
Pour celui qui ne croit pas en Dieu, l’argent, la
force, la vaine gloire, le pouvoir, l’orgueil et l’arrogance
deviennent souvent les maîtres de son âme.
Témoignage d’une tragique éloquence
que celui de Michel Camdessus, ancien président du
Fond Monétaire International, qui résume l’état
du monde actuel, dans une interview accordée au Figaro
Magazine du 29 septembre 2001. Commentant les événements
du 11 septembre dernier il déclare : “Le nouveau
siècle vient de vivre son premier acte majeur de
barbarie. C’est terrible, mais il aura fallu ce drame
pour que le monde prenne conscience de son insouciance et
de sa stupéfiante incapacité à prévoir”.
Analysant les causes des attentats contre le World Trade
Center, il poursuit ainsi : “Le refus de reconnaître
le fait religieux dans nos sociétés, crée
les conditions […] de cet affrontement” entre
les individus et, partant, entre la civilisation orientale
et la civilisation occidentale, entre blocs ethniques qui
se méconnaissent et se haïssent d’une
ferveur toute religieuse, et presque mystique, pourrait-on
dire.
Une éducation mondiale : l’utopie annoncée
Quand les Ecritures annoncent sans ambages que le monde
à venir sera le monde d’un même Esprit,
d’un même Roi, d’un même Royaume,
elles annoncent l’avènement d’une éducation
universelle comme Dieu la conçoit pour l’humanité
qu’Il a créée.
Les versets suivants prennent tout leur sens lorsqu’on
les analyse à la lumière de l’Histoire
: “Les peuples travaillent pour le feu, les nations
se fatiguent en vain. Car la terre sera remplie de la connaissance
de la gloire de l’Eternel, comme le fond de la mer
par les eaux qui le couvrent” (Habakuk 2 : 14 ; Esaïe
11 : 9 ; 40 : 5).
A notre époque troublée, quiconque parle
d’éducation doit prendre la précaution
d’enfiler les gants blancs de la sagesse, et lourds
du velours de la bonne tolérance. Il importe de délimiter
son propos pour ne pas déclencher les hostilités,
et lancer ainsi autant de brûlots par-dessus les barricades
idéologiques, religieuses ou philosophiques, au nom
de thèses antagonistes, de principes républicains,
ou chrétiens, ou musulmans, ou juifs, ou laïcs,
ou anarchiques, ou quoi d’autre encore !
C’est pourquoi, définissons les termes tout
de suite, afin de bien nous comprendre : d’un côté
nous avons l’éducation qui a pour but d’éduquer,
d’apprendre à vivre et à bien vivre
avec soi-même et avec les autres ; elle est porteuse
des valeurs du cœur et de l’esprit ; elle englobe
la morale ; elle procure la paix sociale planétaire.
Elle devrait apprendre aux hommes à vivre heureux
parce qu’elle leur apprend le but de l’existence.
De l’autre côté, nous avons l’instruction
qui, elle, a pour but d’instruire, de transmettre
des connaissances objectives et neutres au plan de l’idéologie
et de la conscience. Instruction, connaissance, savoir qui
peuvent être mis au service du bien comme du mal.
L’homme qui apprend à piloter un avion peut
utiliser sa connaissance, soit pour détruire le bien
d’autrui et tuer des innocents, soit pour transporter
des passagers qui ont payé leurs billets afin d’arriver
à destination pour accomplir ce qu’ils ont
à accomplir dans la société.
Ainsi, par l’éducation et l’instruction,
idéalement, chaque homme, chaque femme, chaque enfant
devraient avoir un jour, et la tête bien faite, et
la tête bien remplie, et, en même temps, se
trouver bien dans cette tête bien pensante, tout en
respectant le fait que les autres humains peuvent avoir
une tête différente, meublée de cultures
et de croyances différentes. L’éducation
véritable permet de vivre en paix avec tous les hommes.
Disons-le clairement : l’éducation véritable
inclut la dimension religieuse manifestement présente
dans toute culture.
L’éducation d’un individu ne se résume
pas aux bagages académiques que lui donne l’Education
Nationale. Loin s’en faut ! Non pas que l’Education
Nationale de la République soit pauvre, mais plutôt
parce qu’elle n’est que républicaine.
C’est l’objet et le rôle qu’elle
s’est donnés. Qui peut la blâmer ? Les
valeurs républicaines, parce qu’elles n’englobent
qu’une partie des valeurs universelles, ne représentent
pas toutes les valeurs planétaires. Sinon, les valeurs
républicaines seraient universelles.
L’une des grandes valeurs conservée par la
République est cette liberté individuelle
qui permet, en droit, à chaque citoyen de se donner
une éducation selon sa conscience. Le tout dans le
cadre de la législation en vigueur et dans le respect
de l’ordre public et du respect de l’autre.
Disons aussi que le respect mutuel doit exister de part
et d’autre. Cette voie n’est pas à sens
unique. Ce qu’il faut dire c’est que ceux qui
croient en Dieu ont la liberté de s’exprimer,
et que ceux qui ne croient pas en Dieu ont le devoir de
respecter ceux qui croient. De même, le croyant a
le devoir de respecter l’incroyant. Il doit l’aimer,
sans essayer de l’embrigader contre son gré,
par quelque moyen que ce soit ; le tout en accord avec la
liberté des autres, et en se soumettant aux lois
régissant l’ordre public. Finalement, les fruits
des uns et des autres démontreront si telle ou telle
croyance est validée par les œuvres qu’elle
aura produites.
Une personne éduquée est une personne qui
a appris à respecter celle qui ne pense pas comme
elle. A cet égard, il reste à accomplir un
travail inquantifiable à l’échelle planétaire.
Il faut le dire et le redire, c’est l’aide humanitaire
prioritaire. Les humains en ont besoin autant qu’ils
ont besoin d’eau et de pain.
Les origines : les premiers principes éducatifs
Selon la Genèse, le premier pédagogue de
l’humanité fut Dieu en personne. Son système
d’éducation s’adressait au premier couple,
lequel devait donner naissance à toutes les familles
de la terre et leur transmettre les principes divins. Deux
principes furent donnés aux parents fondateurs de
l’humanité : le premier demandait que les hommes
aiment Dieu de tout leur cœur ; le second, que les
hommes s’aiment entre eux ; qu’ils fassent aux
autres ce qu’ils veulent que les autres fassent pour
eux.
Le second pédagogue fut le Diable. Sa méthode
fut d’enseigner à Eve le contraire de ce que
Dieu avait enseigné. Déjà deux idéologies
commencèrent à coexister dans la famille humaine.
Immédiatement, deux courants de pensée s’enracinèrent
dans le cœur des habitants de la terre : Abel devint
juste devant Dieu, alors que Caïn devint le hors-la-loi
(I Jean 3 :12). Comment ? Pourquoi l’un et pas l’autre
?
Depuis ce temps, sur la terre, l’éducation
(la bonne) qui était la chasse gardée de Dieu,
est devenue la proie convoitée par Son adversaire,
prince de ce monde qui l’a déformée
à son image. Contrôler l’éducation,
c’est contrôler la civilisation. Quelques hommes
seront toujours avides de faire main basse sur les esprits
pour s’approprier l’avenir, et dominer sur l’univers.
En cela, ils seront toujours aidés par quelques esprits
maléfiques (Ephésiens 6 : 12).
Une tolérance intolérable
Le post-modernisme est caractérisé par la
tolérance érigée en valeur absolue.
Cette tolérance proclamée comme valeur civique
est la compagne ou la nouvelle identité du relativisme,
vieil ennemi de l’absolu.
Cette forme de tolérance qui accepte le mal ou
la bêtise sous le masque du bien n’est pas la
vraie tolérance. Cette tolérance qu’on
veut nous présenter comme la vertu civique par excellence,
comme le principe démocratique suprême qui
servirait de lien potentiel à la cohésion
sociale, n’est rien d’autre qu’une forme
déguisée d’hypocrisie.
L’enseignement et la pratique de la bonne tolérance
doivent aller de pair avec l’enseignement et la pratique
du bien, du juste, du bon et de l’équitable.
Cette bonne tolérance nous fait accepter ce qui,
tout en étant différent, est, en même
temps, bon et juste pour tous. Les générations
montantes ont besoin de cette assise pour assumer leur propre
rôle dans une société mondialisée
et multiculturelle.
La liberté de penser à Dieu
La liberté républicaine ne nous permet-elle
pas d’avoir foi dans des valeurs qui contribuent à
rendre la République plus forte et plus heureuse
? En quoi la foi en un Dieu affaiblirait-elle une nation
? En quoi les principes qui demandent d’aimer Dieu
de tout son cœur et son prochain comme soi-même
appauvriraient-ils une nation ?
La règle d’or qui nous exhorte à faire
pour autrui ce que nous voulons qu’autrui fasse pour
nous n’est-elle pas, si elle est mise en pratique,
la garantie d’une solidarité et d’une
cohésion sociale exemplaire ? Tout citoyen donnerait
son assentiment à de telles valeurs, puisqu’elles
lui procureraient la paix et la sécurité tant
recherchées en nos temps modernes.
Dieu est une valeur. La Raison aussi. Mais la Raison provient
de Dieu, et non Dieu de la Raison. Il est important de remettre
la Raison à l’endroit et de lui dire où
est sa place et quel est son rôle.
En adorant uniquement la Raison, en se prosternant uniquement
devant l’Homme, et en rendant uniquement un culte
à l’Etat-Roi, obtenons-nous de meilleurs fruits
qu’en adorant le Dieu de l’univers ? Dieu accepte
la Raison, et l’Homme, et l’Etat. Mais la Raison,
l’Homme et l’Etat acceptent-ils Dieu ? Où
est donc la difficulté ? Il ne devrait pas y en avoir.
Accepter de se soumettre aux lois de Dieu, nous empêche-t-il
de nous soumettre aux lois de la République, ou de
respecter et d’honorer les responsables élus
démocratiquement ? Non ! Au contraire ! Ces principes
renforcent l’interaction positive entre les gouvernants
et les gouvernés, entre les mandants et les mandatés,
dans un esprit d’amour et de respect mutuel.
Le paradoxe
La génération actuelle a autant besoin de
l’Evangile que notre propre génération
en avait besoin en son temps. Plusieurs d’entre nous
sont nés pendant les heures sombres de la Seconde
Guerre mondiale. Bébés, nous n’avions
pas conscience des événements tragiques qui
se déroulaient sur la terre. Après cette terrible
guerre que nous avions subie en tant qu’enfants, nous
avons découvert, en tant qu’adolescents et
personnes adultes, qu’elle avait mobilisé des
forces nationales hostiles et différentes qui partageaient
la même foi chrétienne. Quel choc ! Quel paradoxe
! Tous combattirent, supposément, sous la bannière
de Dieu. Sous la bannière d’un Dieu divisé
en deux camps. Situation théologiquement insoutenable
(!), mais politiquement possible et concevable, puisqu’elle
s’est produite, hélas !
La conséquence morale ne tarda pas à se
manifester. Plusieurs millions de survivants commencèrent
à douter de Dieu. Les écrivains existentialistes
en firent une philosophie de l’absurde. Le christianisme
n’était plus la solution capable d’assurer
le bonheur de l’humanité. Les populations occidentales
européennes acceptèrent petit à petit
l’idée terrible que Dieu était mort,
ou indifférent, puisqu’Il avait laissé
faire un tel massacre, le second en vingt-cinq ans. On chercha
dès lors des solutions nouvelles.
Hélas ! Il nous faut constater que le vingt-et-unième
siècle est mal parti. D’autres atrocités
surgissent. Atrocités qui ont pour cause première
la haine et l’égoïsme, l’orgueil
et l’amertume, la convoitise et la jalousie, l’intolérance
et l’injustice, le mensonge et la folie. Le Christ
nous met en garde contre notre propre cœur dans Marc
7 versets 21 à 23 : “Car c’est du dedans,
c’est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises
pensées, les adultères, les débauches,
les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés,
la fraude, le dérèglement, le regard envieux,
la calomnie, l’orgueil, la folie”.
Questions sans réponses
Pourquoi Dieu a-t-Il choisi d’agir ainsi, c’est-à-dire
de mettre en place une bonne éducation divine qui
n’a duré que le temps d’un jardin d’Eden
? Pourquoi a-t-Il décidé, dans Sa perfection
(ne l’oublions pas), de permettre qu’au départ
Son éducation planétaire soit non seulement
sapée et dévoyée de son objet, mais
qu’elle devienne, par voie de conséquence,
un malheur sans nom pour des milliards d’hommes qui
ont été forcés d’être mis
au monde à cause du commandement originel “Croissez,
et multipliez-vous” ? Tout simplement parce que le
second pédagogue a déclaré que le premier
Pédagogue était menteur. Le Vrai et le Faux.
Il faut savoir distinguer.
Ainsi, l’homme se trouve confronté à
deux vérités ; l’une qui vient de Dieu,
la vraie, et l’autre qui vient du Diable, la fausse.
N’ayant reçu, au départ, qu’une
vérité, celle de Dieu, l’homme se questionne
et se demande si la deuxième vérité
n’est pas la vraie. Il devrait savoir que la seconde
“vérité” est mensonge, et faire
un choix dans l’absolu.
L’enseignement de cette notion morale du vrai et
du faux, distinguant le vrai Dieu du faux dieu, n’existe
pas toujours dans notre système d’éducation
moderne.
L’avenir
Le tableau semble très sombre. Oui, il l’est
en effet. Mais l’est-il au point de nous faire tomber
dans le pessimisme et le découragement ? Non ! Le
redressement du monde ne peut se faire que par une éducation
appropriée et que par le rejet des valeurs qui l’ont
rendu tordu et qui risquent, à terme, de le perdre.
Si dans un premier temps, l’éducation parentale
travaillait sérieusement à dire le vrai et
le droit, un début de changement s’opérerait
dans le cœur de l’humanité. Si les hommes
se disaient les uns aux autres : “Personne ne me ment
parce que personne ne ment”, le monde entier s’en
trouverait mieux. La confiance reviendrait. Le doute, le
soupçon, la méfiance disparaîtraient.
Edgar Morin stigmatise lui-même le mensonge dans son
ouvrage Pour sortir du XXe siècle (Fernand Nathan,
1981).
En dépit de tous les systèmes d’éducation
que se donnent les hommes, Dieu a mis la pensée de
l’éternité dans le cœur des humains,
et pour cette raison, la jeunesse actuelle cherche et cherchera
aussi la main de Dieu. Sans Le nommer par Son nom, ces jeunes
sont en attente d’un appel. Jusqu’à la
toute dernière génération, Dieu travaillera
sans relâche avec l’Homme ; qu’il soit
jeune ou vieux, Dieu désire qu’il parvienne
au salut et au Royaume des cieux (Actes 17 : 22-31).
L’apôtre Pierre nous lance une exhortation
; dans II Pierre 1 verset 15, il nous exhorte à nous
souvenir de certaines choses. Parmi “ces choses”
il y a ce qui suit : “A cause de cela même,
faites tous vos efforts pour joindre à votre foi
la vertu, à la vertu la connaissance, à la
connaissance la maîtrise de soi, à la maîtrise
de soi la patience, à la patience la piété,
à la piété l’amitié fraternelle,
à l’amitié fraternelle l’amour.
Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance,
elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles
pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.
Mais celui en qui ces choses ne sont point est aveugle,
il ne voit pas de loin, et il a mis en oubli la purification
de ses anciens péchés. C’est pourquoi,
frères, appliquez-vous d’autant plus à
affermir votre vocation et votre élection ; car,
en faisant cela, vous ne broncherez jamais. C’est
ainsi, en effet, que l’entrée dans le royaume
éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ
vous sera largement accordée” (II Pierre 1
: 5-11).
Nous sommes désireux de voir loin. Nous voulons
discerner les temps et les époques. Nous voyons et
discernons de manière imparfaite, mais malgré
notre faiblesse, notre cœur ne se trouble point ; il
souffre à la vue de toute la souffrance que les hommes
infligent aux hommes de la terre, mais d’une souffrance
atténuée par l’espérance de jours
meilleurs.
Le présent nous conduira-t-il à l’extinction
de toutes les civilisations ? La question mérite
réflexion. Mais l’espoir est non seulement
permis mais obligatoire ; notre survie en dépend.
S’il se trouve quelque consolation au milieu de cette
tourmente qui martyrise tant d’innocents, cette consolation
ne peut se trouver que dans la Parole de Dieu. Ailleurs,
on n’y trouve que la certitude des à peu près.
Le choc des civilisations orientales, occidentales et
autres n’ébranlera pas le fondement qu’est
le Christ, le Roc (Matthieu 16 : 18), et ce Roc est pour
nous un havre de paix au milieu de la tempête qui
fait rage sur la terre (Matthieu 7 : 24-27 ).
Puissions-nous le dire afin de partager cette paix avec
tous les hommes !