Le sacrifice parfait pour le pardon
Etude de la Lettre aux Hébreux chapître 9
Michael Morrison
 

Selon le livre des Hébreux, Jésus-Christ est le médiateur d'une meilleure alliance. Son sacerdoce et Son ministère sont supérieurs à ceux des sacrificateurs lévitiques (Hébreux 8 : 6). Le chapitre 9 de cet Epître décrit de façon plus détaillée le ministère sacerdotal supérieur de notre Seigneur. L'auteur décrit le rituel de l'Ancienne Alliance : "La première alliance avait donc des ordonnances relatives au culte, et un sanctuaire terrestre" (verset 1).

L'auteur ne parle pas des alliances conclues avec Noé ou Abraham, bien que celles-ci précédèrent l'alliance dont il est question ici. Il s'agit bien de l'alliance du Mont-Sinaï, parce que cette alliance devait être remplacée par la nouvelle alliance en Jésus. L'alliance du Mont-Sinaï comportait des lois régissant la manière dont le peuple pouvait s'approcher de Dieu.

Le tabernacle

"Un tabernacle fut construit. Dans la partie antérieure, appelée le lieu saint, étaient le chandelier, la table et les pains de proposition" (verset 2 ; Exode 25 : 23-40). L'auteur y décrit le tabernacle et non le temple, parce que le tabernacle, son aménagement et ses rites étaient connus de tous.

"Derrière le second voile se trouvait la partie du tabernacle appelée le saint des saints, renfermant l'encensoir d'or pour les parfums, et l'arche de l'alliance entièrement recouverte d'or" (versets 3-4 ; Exode 25 : 10-22 ; 30 : 1-6).

"Il y avait dans l'arche un vase d'or contenant la manne, la verge d'Aaron, qui avait fleuri, et les tables de l'alliance. Au-dessus de l'arche étaient les chérubins de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce n'est pas le moment de parler en détail là-dessus" (versets 4-5 ; Exode 16 : 33-34 ; 25 : 18 ; Nombres 17 : 10 ; Deut. 10 : 1 -5).

Les limites des rites

"Or, ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps dans la première partie du tabernacle ; et dans la seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par an, non sans y porter du sang qu'il offre pour lui-même et pour les péchés du peuple" (versets 6-7). Le souverain sacrificateur entrait dans le saint des saints uniquement le jour des Expiations. Mais avant d'y entrer, il sacrifiait un taureau pour ses péchés, et ensuite, il sacrifiait un bouc pour ceux du peuple (Lévitique 16 : 1-17).

Quelle est donc la signification spirituelle de ce symbolisme ? "Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin du lieu très saint n'était pas encore ouvert, tant que le premier tabernacle subsistait" (verset 8). Selon le symbole du tabernacle, Dieu était tout près, mais Il demeurait inaccessible. Le symbolisme laissait entendre qu'il existait bien un moyen de s'approcher de Dieu, cependant, ce moyen n'avait pas encore été dévoilé.

"C'est un symbole pour le temps présent ; il signifie que les dons et sacrifices présentés ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience celui qui rend ce culte" (verset 9). En dépit des sacrifices, le peuple était incapable de s'approcher du trône de Dieu, ni même d'entrer en Sa présence. Les rituels ne pouvaient aucunement accomplir l'oeuvre dont ils étaient le symbole.

"Ils étaient avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu'à une époque de réformation" (verset 10). Les rituels étaient des actes externes. Ils ne pouvaient aucunement changer ni le coeur, ni la conscience du peuple. Ils ne restèrent en vigueur que jusqu'à la venue de Christ (Actes 13 : 38-39).

L'auteur n'énumère pas ici toutes les ordonnances devenues caduques. Il ne choisit de mentionner que les rituels lévitiques, alors que sa pensée laisse sous-entendre qu'il y a beaucoup plus. Les rituels externes, comme la circoncision, sont devenus obsolètes. Les prescriptions relatives au culte ne sont plus en vigueur. Enfin, l'alliance dans son ensemble est devenue caduque (Actes 15 ; Galates 5 : 2-4).

L'oeuvre de Christ dans les cieux

Contrastant les tâches imposées par les rituels de l'ancienne alliance, l'épître expose la supériorité du ministère de Jésus-Christ : "Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur des biens à venir ; il a traversé le tabernacle plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main d'homme, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création" (verset 11). Selon l'auteur, nous commençons déjà à recevoir de meilleures bénédictions. En fait, nous avons déjà le pardon et l'accès direct à Dieu parce que Jésus a traversé le lieu saint céleste.

Jésus-Christ a accédé à la réalité céleste, et non à son imitation terrestre. Il y est parvenu par un meilleur sacrifice : "il est entré une fois pour toutes dans le lieu très saint, non avec le sang des boucs et des veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption éternelle" (verset 12).

En mourant pour nous, le Fils de Dieu nous a rachetés une fois pour toutes. Son sacrifice était parfait, sans tache, présenté dans le lieu saint céleste, entièrement efficace. Il n'était pas nécessaire de le répéter. Voilà qui contraste vivement avec les rituels lévitiques qu'il fallait répéter sans cesse, sans pour autant que le peuple puisse être réconcilié avec Dieu.

"Si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d'une vache répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair..." (verset 13 ; Nombres 19 : 1-22). Ici, l'auteur se réfère aux cendres d'une vache. Comme pour les autres rites, celui-ci cachait d'obscurs symboles qui demeuraient sans effet sur la conscience du peuple.

Evidemment, il n'y a aucune comparaison entre le Christ et un animal. Nous devrions donc nous attendre à ce que Son sacrifice accomplisse une meilleure purification des péchés. "...Combien plus le sang de Christ, qui, par l'Esprit éternel, s'est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant !" (verset 14).

De plein gré, Jésus a offert un sacrifice parfait qui purifie notre coeur par la foi en Lui. Ce sacrifice nous permet de rendre un culte à Dieu. Nous sommes maintenant en mesure de faire ce que le souverain sacrificateur ne pouvait que symboliser : nous approcher de Dieu avec une entière assurance. Nous avons été lavés et purifiés par le sang du Christ. Tous nos péchés sont effacés. Si une vache consommée par le feu pouvait, par un rituel, purifier un Israélite, nous pouvons avoir l'assurance que le sacrifice de Jésus suffit amplement pour nous purifier.

Puisque Christ nous apporte un pardon complet, Il "...est le médiateur d'une nouvelle alliance" (verset 15). Il nous offre une relation avec Dieu fondée sur une nouvelle base, non pas l'ancienne, mais la nouvelle alliance. Ainsi, "...ceux qui ont été appelés reçoivent l'héritage éternel qui leur a été promis" (verset 15).

L'auteur nous rappelle que ce but a été atteint parce que la mort de Jésus était "...intervenue pour le rachat des transgressions commises sous la première alliance..." En vertu de la première alliance, de nombreuses ordonnances charnelles définissaient le péché. Christ nous en a affranchis. Il pardonne tout péché et nous affranchit des rituels si importants sous l'ancienne alliance.

Une alliance promulguée par le sang

La nouvelle alliance ne pouvait être conclue qu'au moyen d'un meilleur sacrifice, supérieur aux sacrifices d'animaux. L'auteur utilise une illustration tirée des coutumes légales de l'époque. Il prend un testament comme exemple, parce que le mot grec employé pour désigner "alliance" peut également signifier "testament". C'était un contrat qui n'entrait en vigueur qu'à la mort de la personne (versets 16-17).

L'alliance du Mont-Sinaï impliquait la mort d'animaux (versets 18-20 ; Exode 24 : 5-8). Les rituels de la loi de Moïse exigeaient le sang pour la purification (versets 21-22). Evidemment, le sang ne nettoie rien sur le plan physique. Les Israélites avaient besoin d'une purification spirituelle, de l'élimination du péché, de la culpabilité et de toutes les imperfections qui les séparaient de Dieu. Le pardon leur était nécessaire.

Le sang ne peut changer les réalités spirituelles, tout comme les sacrifices d'animaux ne peuvent éliminer le péché (Hébreux 10 : 4). Néanmoins, l'ancienne alliance prescrivait des sacrifices d'animaux pour obtenir le pardon (Hébreux 9 : 22). Tout comme le tabernacle symbolisait la réalité céleste, les sacrifices d'animaux symbolisaient une mort efficace pour effacer le péché.

Le tabernacle terrestre devait être purifié selon les rites par des sacrifices d'animaux. Mais le lieu saint céleste exigeait un sacrifice supérieur (verset 23). L'obstacle spirituel entre Dieu et les hommes requérait un sacrifice spirituel offert par une personne ayant une conscience parfaite et immaculée. Jésus n'est pas entré dans un sanctuaire physique et symbolique (verset 24). Il n'a pas accompli Son oeuvre au moyen de rituels. Il s'est attaqué au véritable problème spirituel, et Il a accompli Son oeuvre dans les lieux célestes. Il s'agissait d'un meilleur lieu et d'un meilleur sacrifice.

Les êtres humains sont à la fois charnels et spirituels ; l'oeuvre du Christ sur terre était à la fois physique et spirituelle. Jésus était entièrement homme, mortel, afin de pouvoir racheter les hommes. Mais la rédemption devait être aussi de nature spirituelle : une conscience immaculée, une vie offerte de plein gré à la place d'autrui ; Il devait être digne d'entrer au ciel pour intercéder en faveur des êtres humains. Il s'était offert à la fois sur les plans physique et spirituel.

Jésus-Christ était à la fois Dieu et homme, et comparaît aujourd'hui en tant que Dieu, et intercède pour nous auprès du Père (verset 24). Il est à la fois Dieu et homme et se tient sur la brèche entre Dieu et les hommes. Son oeuvre est pleinement efficace, et le demeurera pour l'éternité. Une seule fois a suffi, ce qui n'était pas le cas des oeuvres des sacrificateurs lévitiques ; ceux-ci devaient répéter sans cesse le même rituel (verset 25). Ainsi, le Saint-Esprit montrait que leur oeuvre n'était pas efficace. La véritable purification ne pouvait s'obtenir que par un meilleur sacrifice, un meilleur sacrificateur, une meilleure alliance.

Le sacrifice décisif

Jésus n'est pas monté au ciel pour exécuter des rituels interminables. Il n'imite pas l'ancienne alliance parce que cette dernière ne prévoyait que des substituts temporaires (verset 25). Jésus n'a pas à souffrir éternellement pour nous sauver du péché (verset 26). Il s'est donné une fois, et cela suffit.

"...Il a paru une seule fois..." Quand ? "...à la fin des siècles..." Pourquoi ? "...Pour effacer le péché par son sacrifice" (verset 26). Il y a 1 950 ans, les croyants vivaient déjà "à la fin des siècles", "dans ces derniers temps" (Hébreux 1 : 2). Le monde spirituel était radicalement différent. Le sacrifice de tous les temps avait été accompli.

Mais ce n'est pas la fin de l'histoire : "Et comme il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement, de même Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d'hommes, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l'attendent pour leur salut" (versets 27-28). Chaque personne meurt pour ses péchés. Mais Jésus est mort pour les péchés d'autrui. Chaque personne sera jugée pour ses péchés, mais Jésus sera le Juge. Sa mort a effacé le péché de quiconque croit en Lui. Quand Jésus reviendra, Il ne retiendra pas contre eux leurs péchés. À la place, Il apportera plutôt le salut éternel à quiconque croit en Lui.

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