Selon le livre des Hébreux, Jésus-Christ
est le médiateur d'une meilleure alliance. Son sacerdoce
et Son ministère sont supérieurs à
ceux des sacrificateurs lévitiques (Hébreux
8 : 6). Le chapitre 9 de cet Epître décrit
de façon plus détaillée le ministère
sacerdotal supérieur de notre Seigneur. L'auteur
décrit le rituel de l'Ancienne Alliance : "La
première alliance avait donc des ordonnances relatives
au culte, et un sanctuaire terrestre" (verset 1).
L'auteur ne parle pas des alliances conclues avec Noé
ou Abraham, bien que celles-ci précédèrent
l'alliance dont il est question ici. Il s'agit bien de l'alliance
du Mont-Sinaï, parce que cette alliance devait être
remplacée par la nouvelle alliance en Jésus.
L'alliance du Mont-Sinaï comportait des lois régissant
la manière dont le peuple pouvait s'approcher de
Dieu.
Le tabernacle
"Un tabernacle fut construit. Dans la partie antérieure,
appelée le lieu saint, étaient le chandelier,
la table et les pains de proposition" (verset 2 ; Exode
25 : 23-40). L'auteur y décrit le tabernacle et non
le temple, parce que le tabernacle, son aménagement
et ses rites étaient connus de tous.
"Derrière le second voile se trouvait la partie
du tabernacle appelée le saint des saints, renfermant
l'encensoir d'or pour les parfums, et l'arche de l'alliance
entièrement recouverte d'or" (versets 3-4 ;
Exode 25 : 10-22 ; 30 : 1-6).
"Il y avait dans l'arche un vase d'or contenant la
manne, la verge d'Aaron, qui avait fleuri, et les tables
de l'alliance. Au-dessus de l'arche étaient les chérubins
de la gloire, couvrant de leur ombre le propitiatoire. Ce
n'est pas le moment de parler en détail là-dessus"
(versets 4-5 ; Exode 16 : 33-34 ; 25 : 18 ; Nombres 17 :
10 ; Deut. 10 : 1 -5).
Les limites des rites
"Or, ces choses étant ainsi disposées,
les sacrificateurs qui font le service entrent en tout temps
dans la première partie du tabernacle ; et dans la
seconde le souverain sacrificateur seul entre une fois par
an, non sans y porter du sang qu'il offre pour lui-même
et pour les péchés du peuple" (versets
6-7). Le souverain sacrificateur entrait dans le saint des
saints uniquement le jour des Expiations. Mais avant d'y
entrer, il sacrifiait un taureau pour ses péchés,
et ensuite, il sacrifiait un bouc pour ceux du peuple (Lévitique
16 : 1-17).
Quelle est donc la signification spirituelle de ce symbolisme
? "Le Saint-Esprit montrait par là que le chemin
du lieu très saint n'était pas encore ouvert,
tant que le premier tabernacle subsistait" (verset
8). Selon le symbole du tabernacle, Dieu était tout
près, mais Il demeurait inaccessible. Le symbolisme
laissait entendre qu'il existait bien un moyen de s'approcher
de Dieu, cependant, ce moyen n'avait pas encore été
dévoilé.
"C'est un symbole pour le temps présent ; il
signifie que les dons et sacrifices présentés
ne peuvent rendre parfait sous le rapport de la conscience
celui qui rend ce culte" (verset 9). En dépit
des sacrifices, le peuple était incapable de s'approcher
du trône de Dieu, ni même d'entrer en Sa présence.
Les rituels ne pouvaient aucunement accomplir l'oeuvre dont
ils étaient le symbole.
"Ils étaient avec les aliments, les boissons
et les diverses ablutions, des ordonnances charnelles imposées
seulement jusqu'à une époque de réformation"
(verset 10). Les rituels étaient des actes externes.
Ils ne pouvaient aucunement changer ni le coeur, ni la conscience
du peuple. Ils ne restèrent en vigueur que jusqu'à
la venue de Christ (Actes 13 : 38-39).
L'auteur n'énumère pas ici toutes les ordonnances
devenues caduques. Il ne choisit de mentionner que les rituels
lévitiques, alors que sa pensée laisse sous-entendre
qu'il y a beaucoup plus. Les rituels externes, comme la
circoncision, sont devenus obsolètes. Les prescriptions
relatives au culte ne sont plus en vigueur. Enfin, l'alliance
dans son ensemble est devenue caduque (Actes 15 ; Galates
5 : 2-4).
L'oeuvre de Christ dans les cieux
Contrastant les tâches imposées par les rituels
de l'ancienne alliance, l'épître expose la
supériorité du ministère de Jésus-Christ
: "Mais Christ est venu comme souverain sacrificateur
des biens à venir ; il a traversé le tabernacle
plus grand et plus parfait, qui n'est pas construit de main
d'homme, c'est-à-dire qui n'est pas de cette création"
(verset 11). Selon l'auteur, nous commençons déjà
à recevoir de meilleures bénédictions.
En fait, nous avons déjà le pardon et l'accès
direct à Dieu parce que Jésus a traversé
le lieu saint céleste.
Jésus-Christ a accédé à la
réalité céleste, et non à son
imitation terrestre. Il y est parvenu par un meilleur sacrifice
: "il est entré une fois pour toutes dans le
lieu très saint, non avec le sang des boucs et des
veaux, mais avec son propre sang, ayant obtenu une rédemption
éternelle" (verset 12).
En mourant pour nous, le Fils de Dieu nous a rachetés
une fois pour toutes. Son sacrifice était parfait,
sans tache, présenté dans le lieu saint céleste,
entièrement efficace. Il n'était pas nécessaire
de le répéter. Voilà qui contraste
vivement avec les rituels lévitiques qu'il fallait
répéter sans cesse, sans pour autant que le
peuple puisse être réconcilié avec Dieu.
"Si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre
d'une vache répandue sur ceux qui sont souillés,
sanctifient et procurent la pureté de la chair..."
(verset 13 ; Nombres 19 : 1-22). Ici, l'auteur se réfère
aux cendres d'une vache. Comme pour les autres rites, celui-ci
cachait d'obscurs symboles qui demeuraient sans effet sur
la conscience du peuple.
Evidemment, il n'y a aucune comparaison entre le Christ
et un animal. Nous devrions donc nous attendre à
ce que Son sacrifice accomplisse une meilleure purification
des péchés. "...Combien plus le sang
de Christ, qui, par l'Esprit éternel, s'est offert
lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il
votre conscience des oeuvres mortes, afin que vous serviez
le Dieu vivant !" (verset 14).
De plein gré, Jésus a offert un sacrifice
parfait qui purifie notre coeur par la foi en Lui. Ce sacrifice
nous permet de rendre un culte à Dieu. Nous sommes
maintenant en mesure de faire ce que le souverain sacrificateur
ne pouvait que symboliser : nous approcher de Dieu avec
une entière assurance. Nous avons été
lavés et purifiés par le sang du Christ. Tous
nos péchés sont effacés. Si une vache
consommée par le feu pouvait, par un rituel, purifier
un Israélite, nous pouvons avoir l'assurance que
le sacrifice de Jésus suffit amplement pour nous
purifier.
Puisque Christ nous apporte un pardon complet, Il "...est
le médiateur d'une nouvelle alliance" (verset
15). Il nous offre une relation avec Dieu fondée
sur une nouvelle base, non pas l'ancienne, mais la nouvelle
alliance. Ainsi, "...ceux qui ont été
appelés reçoivent l'héritage éternel
qui leur a été promis" (verset 15).
L'auteur nous rappelle que ce but a été atteint
parce que la mort de Jésus était "...intervenue
pour le rachat des transgressions commises sous la première
alliance..." En vertu de la première alliance,
de nombreuses ordonnances charnelles définissaient
le péché. Christ nous en a affranchis. Il
pardonne tout péché et nous affranchit des
rituels si importants sous l'ancienne alliance.
Une alliance promulguée par le sang
La nouvelle alliance ne pouvait être conclue qu'au
moyen d'un meilleur sacrifice, supérieur aux sacrifices
d'animaux. L'auteur utilise une illustration tirée
des coutumes légales de l'époque. Il prend
un testament comme exemple, parce que le mot grec employé
pour désigner "alliance" peut également
signifier "testament". C'était un contrat
qui n'entrait en vigueur qu'à la mort de la personne
(versets 16-17).
L'alliance du Mont-Sinaï impliquait la mort d'animaux
(versets 18-20 ; Exode 24 : 5-8). Les rituels de la loi
de Moïse exigeaient le sang pour la purification (versets
21-22). Evidemment, le sang ne nettoie rien sur le plan
physique. Les Israélites avaient besoin d'une purification
spirituelle, de l'élimination du péché,
de la culpabilité et de toutes les imperfections
qui les séparaient de Dieu. Le pardon leur était
nécessaire.
Le sang ne peut changer les réalités spirituelles,
tout comme les sacrifices d'animaux ne peuvent éliminer
le péché (Hébreux 10 : 4). Néanmoins,
l'ancienne alliance prescrivait des sacrifices d'animaux
pour obtenir le pardon (Hébreux 9 : 22). Tout comme
le tabernacle symbolisait la réalité céleste,
les sacrifices d'animaux symbolisaient une mort efficace
pour effacer le péché.
Le tabernacle terrestre devait être purifié
selon les rites par des sacrifices d'animaux. Mais le lieu
saint céleste exigeait un sacrifice supérieur
(verset 23). L'obstacle spirituel entre Dieu et les hommes
requérait un sacrifice spirituel offert par une personne
ayant une conscience parfaite et immaculée. Jésus
n'est pas entré dans un sanctuaire physique et symbolique
(verset 24). Il n'a pas accompli Son oeuvre au moyen de
rituels. Il s'est attaqué au véritable problème
spirituel, et Il a accompli Son oeuvre dans les lieux célestes.
Il s'agissait d'un meilleur lieu et d'un meilleur sacrifice.
Les êtres humains sont à la fois charnels
et spirituels ; l'oeuvre du Christ sur terre était
à la fois physique et spirituelle. Jésus était
entièrement homme, mortel, afin de pouvoir racheter
les hommes. Mais la rédemption devait être
aussi de nature spirituelle : une conscience immaculée,
une vie offerte de plein gré à la place d'autrui
; Il devait être digne d'entrer au ciel pour intercéder
en faveur des êtres humains. Il s'était offert
à la fois sur les plans physique et spirituel.
Jésus-Christ était à la fois Dieu
et homme, et comparaît aujourd'hui en tant que Dieu,
et intercède pour nous auprès du Père
(verset 24). Il est à la fois Dieu et homme et se
tient sur la brèche entre Dieu et les hommes. Son
oeuvre est pleinement efficace, et le demeurera pour l'éternité.
Une seule fois a suffi, ce qui n'était pas le cas
des oeuvres des sacrificateurs lévitiques ; ceux-ci
devaient répéter sans cesse le même
rituel (verset 25). Ainsi, le Saint-Esprit montrait que
leur oeuvre n'était pas efficace. La véritable
purification ne pouvait s'obtenir que par un meilleur sacrifice,
un meilleur sacrificateur, une meilleure alliance.
Le sacrifice décisif
Jésus n'est pas monté au ciel pour exécuter
des rituels interminables. Il n'imite pas l'ancienne alliance
parce que cette dernière ne prévoyait que
des substituts temporaires (verset 25). Jésus n'a
pas à souffrir éternellement pour nous sauver
du péché (verset 26). Il s'est donné
une fois, et cela suffit.
"...Il a paru une seule fois..." Quand ? "...à
la fin des siècles..." Pourquoi ? "...Pour
effacer le péché par son sacrifice" (verset
26). Il y a 1 950 ans, les croyants vivaient déjà
"à la fin des siècles", "dans
ces derniers temps" (Hébreux 1 : 2). Le monde
spirituel était radicalement différent. Le
sacrifice de tous les temps avait été accompli.
Mais ce n'est pas la fin de l'histoire : "Et comme
il est réservé aux hommes de mourir une seule
fois, après quoi vient le jugement, de même
Christ, qui s'est offert une seule fois pour porter les
péchés de beaucoup d'hommes, apparaîtra
sans péché une seconde fois à ceux
qui l'attendent pour leur salut" (versets 27-28). Chaque
personne meurt pour ses péchés. Mais Jésus
est mort pour les péchés d'autrui. Chaque
personne sera jugée pour ses péchés,
mais Jésus sera le Juge. Sa mort a effacé
le péché de quiconque croit en Lui. Quand
Jésus reviendra, Il ne retiendra pas contre eux leurs
péchés. À la place, Il apportera plutôt
le salut éternel à quiconque croit en Lui.