La résurrection des corps :
son importance
Joseph Tkach
 

Lorsque le Christ reviendra, la trompette sonnera, et les morts en Christ ressusciteront (I Thessaloniciens 4 : 16). Les chrétiens qui seront vivants ressusciteront également et tous iront à la rencontre de Christ dans les airs (verset 17).

Les chrétiens se posent beaucoup de questions sur cet événement à venir et je n'ai pas l'intention d'en dresser ici la liste. Je ne parlerai que de la nature du corps ressuscité.

Lorsque le Christ reviendra, les morts seront ressuscités. Certains d'entre nous se demandent : "Avec quel corps reviendront-ils ? Leurs atomes seront-ils ré-assemblés ? Y aura-t-il des hommes et des femmes ? Est-ce que nous nous reconnaîtrons les uns les autres ? Serons-nous jeunes ou âgés ?"

Il est compréhensible que nous nous posions ces questions. Mais il est aussi compréhensible que nous ne puissions pas comprendre à quoi ressemblera la vie éternelle, tout comme un fœtus ne peut comprendre à quoi ressemble la vie d'un adulte, ou un aveugle comprendre les couleurs.

Il est possible que la glorification soit comme l'entrée dans une nouvelle dimension, inconnue jusqu'alors. Les mots nous manquent pour décrire cette dimension, car notre vocabulaire est basé sur notre vécu.

Tout comme nous ne pouvons pas décrire l'arôme du café, il nous est difficile de décrire notre vie future. Les Ecritures ne nous donnent pas de description détaillée de ce que sera la vie dans nos corps glorifiés. Elles nous disent seulement que nous serons avec Dieu pour toujours, et que nous, qui avons confiance en Christ, trouverons cette vie fort agréable. Nous entrerons dans la félicité de notre Seigneur, et nous aurons en Sa présence des joies éternelles. Nous ne nous ennuierons pas, car nous aurons toujours de nouvelles connaissances à assimiler concernant la bonté infinie de Dieu.

Les Ecritures nous apprennent aussi que lorsque le Christ reviendra, nous serons comme Lui (I Jean 3 : 2). Paul nous dit que nos corps seront changés au son de la dernière trompette (I Corinthiens 15 : 51-52). Et nous voilà ramenés à la question de savoir à quoi ressembleront nos corps.

Il y a deux façons d'étudier la question. La première est de se demander quelle sorte de corps avait Jésus après Sa résurrection, et la seconde est de voir ce que Paul écrit à propos des corps lorsqu'il parle de la résurrection. Il y a peu d'information sur ces deux aspects, mais nous pouvons voir leurs convergences.

Jésus ressuscité

Après Sa résurrection, Jésus pouvait être reconnu. Une intervention spéciale fut nécessaire pour empêcher deux disciples de Le reconnaître (Luc 24 : 16). Jésus était de chair et d'os, et Son corps portait quelques marques de la crucifixion (verset 39). On pouvait Le toucher, et Il pouvait manger de la nourriture physique. Il pouvait également apparaître miraculeusement au milieu d'une pièce fermée, ou s'élever dans le ciel (Jean 20 : 19-20 ; Actes 1 : 9).

Est-ce ainsi qu'est Jésus maintenant ? Y-a-t-il quelque part, à une extrémité de l'espace, un corps composé de chair et d'os ? Jésus est-Il actuellement invisible ? Son corps brille-t-Il dans toute Sa gloire ? Est-Il un Agneau immolé, un agneau à sept cornes et sept yeux (Apocalypse 5 : 6) ? A quoi correspondent vraiment toutes ces descriptions ?

Notons cependant deux faits fondamentaux : premièrement, le matin de la résurrection, le tombeau était vide et le corps de Jésus n'y était plus. Deuxièmement, Jésus ressuscité, avait un corps, même si ce corps était doté de caractéristiques extraordinaires. La façon la plus simple de relier ces deux faits est de conclure que le corps de Jésus fut ressuscité, et transformé. Tout en étant très différent, le nouveau Jésus ressuscité avait cependant gardé une continuité physique avec ce qu'Il était avant Sa crucifixion. Je ne crois pas que Jésus devait continuer à rester visible à nos yeux. Lorsqu'Il apparaissait, Son corps reflétait la lumière. Lorsqu'Il disparaissait, ce n'était plus le cas. Pourtant dans les deux états, Jésus avait un corps.

Le Christ vit dans l'éternité, et Il n'a pas à se conformer au monde fini dans lequel nous les humains nous évoluons. Et pour cette raison, je ne crois pas que Jésus doive se conformer aux dimensions physiques auxquelles nous sommes soumis.

Nos questions d'ordre purement matériel sont basées sur des critères qui ne s'appliquent probablement pas à Jésus-Christ.

Notre propre résurrection

L'apôtre Paul nous dit que nous serons changés, métamorphosés (I Corinthiens 15 : 51). Notre corps sera alors impérissable, immortel, glorieux et spirituel (versets 42-44 ; 53). Mais pourtant, ce sera un corps qui aura une quelconque continuité, ou relation, avec l'ancien corps physique.

Paul compare ce changement à la croissance d'une graine (verset 37). Un chêne ne ressemble pas encore à un chêne tant qu'il est encore un gland, mais il a un lien physique avec le gland. Un papillon ne ressemble pas à une chenille, mais il y a une continuité physique entre les deux. Notre métamorphose nécessitera un changement encore plus spectaculaire. Nous ne pouvons pas dire à quoi elle ressemblera, pas plus que nous ne pouvons dire si une graine, que nous ne connaissons pas, donnera une fleur ou un arbre.

Le point à souligner est la continuité dans le changement. Ce n'est pas comme si l'ancien corps était complètement abandonné, ou totalement retenu. Nous n'avons pas à nous préoccuper du ré-assemblage des atomes qui constituaient notre corps physique. Mais, quand l'apôtre Paul parle de la résurrection des corps, il imagine trouver des tombes vides, sans ossements aucun.

Je ne sais pas comment se réalise le processus, mais je crois que ce mystère implique des réalités qui me dépassent. Faute de connaissance, j'accepte ce que Paul a été inspiré d'écrire : le corps ressuscitera doté de nouvelles propriétés.

Certains d'entre nous se demandent ce qu'est un corps spirituel. N'y a-t-il pas contradiction dans les termes ? Non ! Paul parle d'un corps qui est différent de celui que nous connaissons, mais il ne parle pas d'un corps "fait" d'esprit. Au verset 44, lorsqu'il affirme que nos corps actuels sont des corps "naturels", Paul utilise le terme grec psychikos qui est l'adjectif issu du nom psyche ou "âme". Il ne parle pas d'un corps fait d'âme, mais d'un corps caractérisé, en quelque sorte par l'âme.

De la même façon, lorsqu'il dit que le corps deviendra spirituel, il utilise le mot pneumatikos, l'adjectif tiré de pneuma ou "esprit". Paul ne parle pas d'un corps fait d'esprit pas plus qu'il ne parlait d'un corps fait d'âme. Mais ce corps sera caractérisé par l'esprit, comme serait une personne spirituelle (Galates 6 : 1), avec la capacité de comprendre les choses spirituelles. Nous ne comprendrons pas à quoi ressemble ce corps tant qu'il ne nous aura pas été donné.

Pourquoi se préoccuper du corps ?

Pourquoi Dieu attache-t-Il de l'importance à nos corps ? N'aurait-il pas été beaucoup plus simple, pour Lui, de prendre nos esprits pour les faire vivre avec le Seigneur sans se soucier d'une quelconque résurrection ? Le corps physique n'est pas une chose mauvaise dont il nous faudrait à tout prix nous départir. Jésus avait un corps physique, et il n'y avait rien de mal à cela.

En fait, Jésus s'est incarné dans le but ultime de racheter toute chose (Colossiens 1 : 19-20). Dieu n'abandonne pas le monde physique, Il le sauve. Paul, dans Romains 8 verset 21, déclare que la création sera libérée de l'esclavage, lorsque nous serons transformés en êtres glorieux. Ce salut implique la "rédemption de nos corps" (verset 23).

Oui, nos corps seront rachetés, et non pas abandonnés. Nos corps ressusciteront immortels et impérissables, libérés de la corruption. Le Christ a rendu possible une telle bénédiction, comme Il l'a démontré par Sa propre résurrection, avec un corps qui a vaincu les limites de l'espace et du temps.

Le fait que le monde physique sera racheté et que nos corps seront ressuscités, signifie que nous devons apprécier le monde physique dans lequel Dieu nous a placés. Nous devons prendre soin de la création et de nos corps. Nous devons nous soucier de l'environnement et de notre santé. Nous devons nous intéresser à la biologie et aux sciences physiques. Nous ne devons pas abandonner le monde dans lequel nous vivons, mais nous devons chercher à l'améliorer. De la même manière, nous ne devons pas délaisser la société où nous vivons, mais tenter de l'améliorer en travaillant à promouvoir la justice.

Le fait que nos corps puissent être ressuscités et rachetés accentue notre désir d'être impliqués positivement dans le monde actuel. Nous ne devons pas fuir la réalité, mais nous devons nous impliquer, en laissant le Christ vivre en nous jusqu'à ce que nous ressuscitions avec Lui dans la gloire, jusqu'à ce que nous Le voyions tel qu'Il est, et que nous prenions part à Sa joie éternelle.

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