Le Christ décida volontairement de mourir. C'est
ce qu'Il déclara, selon l'évangile de Jean
: "Le Père m'aime, parce que je donne ma
vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais
je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner,
et j'ai le pouvoir de la reprendre : tel est l'ordre que
j'ai reçu de mon Père" (Jean 10 :
17-18).
Dans le contexte de la mort, ce passage biblique demande
une explication. Nous vivons dans une société
qui produit des masses alarmantes de misère, de culpabilité,
de non-sens et de désespoir. Chaque jour, dans le
monde, des centaines, voire des milliers de personnes décident
de se donner volontairement la mort, et de prendre leur
propre vie, pour ne plus avoir à porter sur leurs
épaules le mythique rocher de Sysiphe. Est-ce que
le Christ aurait commis une faute en décidant de
donner volontairement Sa vie ? Le Messie s'est-Il suicidé
? Non ! Le déclarer serait blasphématoire.
Le premier point à souligner est qu'aucun suicidé
n'a reçu l'ordre de Dieu d'abréger ses jours.
Dieu condamne le suicide individuel et collectif. Le second
point qu'il faut mentionner, c'est qu'au sein de sa désespérance,
aucun suicidé au monde ne s'est donné la mort
afin que les autres puissent vivre. Donc où est la
différence entre la mort voulue du Christ et la mort
décidée d'un suicidé ? La différence
réside dans la motivation de l'Un et de l'autre.
Et parce que la motivation était différente,
l'acte posé par le Christ fut totalement différent
de l'acte suicidaire habituel, si tragique et si affligeant,
soit-il. Aucune de ces personnes suicidées n'a pu
reprendre sa vie après s'être donnée
la mort. Seul le Christ est revenu à la vie ; tous
les autres sont restés morts. Le Christ a pu reprendre
Sa vie, et Il a pu ainsi donner la vie éternelle
aux hommes.
Seul un Dieu fait chair pouvait accomplir une telle mission
dans de telles conditions. Jésus a donné Sa
vie comme on donne un présent d'une valeur inestimable.
Le Fils de Dieu pouvait donner Sa vie, mais sans se l'enlever
Lui-même. Jésus pouvait décider, et
accepter volontairement qu'on Le mette à mort à
une heure précise de Son existence terrestre, et
en même temps, savoir qu'Il reviendrait ensuite à
la vie. Il s'est laissé enlever la vie. Lui-même
a décidé de l'heure où Ses ennemis
mettraient la main sur Lui, comme il est écrit dans
Luc 22 verset 53.
Le salut des hommes n'a jamais été suspendu
au fil d'un acte suicidaire, ni laissé au hasard
du temps et des circonstances. Les Ecritures démontrent
avec un réalisme sans pareil le contraste qui existe
entre Judas qui s'est enlevé la vie par remords,
et le Messie qui a donné Sa vie par amour, pour que
les morts puissent revenir un jour à la vie. Quels
destins différents !
Voilà pourquoi le suicide n'est pas une option pour
un chrétien. Dieu a donné à chaque
homme une vie à vivre sur terre : chacun doit la
vivre jusqu'au bout, avec la certitude que ce Dieu qui lui
a donné la vie, lui donnera aussi la force de la
vivre courageusement, quelles que soient les circonstances,
heureuses ou éprouvantes. Ainsi donc, le christianisme
ne permet aucune incitation au suicide.