Le principe de dualité existe partout dans l'univers.
Nous y sommes confrontés, de la vie à la mort.
Lumière et ténèbres. Beauté
et laideur. Froid et chaleur. L'infiniment petit, indissociable
de l'infiniment grand. La faiblesse, attachée inexorablement
à la force. La droite et la gauche. Le long et le
court. Le nouveau et l'ancien. Le simple et son double.
Partout, que des paires de contraires ! Ainsi, nous voyons
autour de nous une surabondance de la vie, et en même
temps nous constatons une surabondance de la mort.
Mort des dieux antiques. Mort des civilisations. Mort des
espèces animales. Mort-nés. Mort par génocide.
Mort par suicide. Mort politique. Mort des idées.
Cimetières terrestres. Cimetières marins.
Cimetières célestes. . . Fosses communes.
Fours crématoires. Cendres de vivants conservées
dans des urnes ou semées aux quatre coins de la planète.
Ventres maternels devenus les tombeaux d'enfants non désirés.
Poussière d'hommes, de femmes et d'enfants. Autant
en emporte le vent de la mort. Son souffle n'épargne
personne ! Partout, que la mort ! Faut-il s'en alarmer ?
Doit-on s'en révolter ? Cela ne sert à rien.
La mort est le passage obligé. Nul n'y échappera.
Quelle est la cause de la mort ? D'où vient-elle
? Pourquoi les hommes doivent-ils mourir ? La mort doit-elle
être mise au nombre des créations divines ?
L'homme s'interroge, mais la mort ne répond pas aux
questions qu'on lui pose !
Dans la nature végétale et animale, nous
constatons que la mort est absolument nécessaire
à la vie. Les lois de la physique et de la chimie
nous en donnent des exemples révélateurs.
Si Antoine Laurent de Lavoisier (exécuté par
Robespierre, en 1794, sous La seconde Terreur) a découvert
la loi de la "non perte", prouvant que les éléments
d'une masse se conservent et se transforment, que rien ne
se perd, et que rien ne se crée, nous comprenons
comment telle antilope africaine cessera un jour d'être
vivante pour devenir partie intégrante des cellules
du lion qui en aura fait son repas ; le lion lui-même
cessera un jour de vivre et sa carcasse servira de pâture
aux chacals et aux vautours, et ces derniers qui ont mangé,
seront mangés à leur tour, et ainsi de suite.
Les animaux des champs et des mers sont soumis à
la loi darwinienne du plus fort. Le chat croque la souris.
L'araignée mange la mouche. Le plus fort survit en
dévorant le plus faible, et la mort des uns permet
la vie des autres.
Sur le plan végétal, nous constatons aussi
que la mort de la graine est nécessaire pour que
naisse et vive la nouvelle plante. L'humus, qui n'est qu'une
masse de végétaux décomposés
par les microbes vivants, nourrit les jeunes pousses qui
puisent dans ces végétaux morts tous les éléments
nutritifs à leur propre existence. Ce cycle de la
vie et de la mort semble inexorablement perpétuel
et soumet le monde végétal à son diktat
implacable. La vie passe par la mort pour donner la vie.
Sur le plan humain, il en est ainsi : l'immortalité
des hommes jaillit de la corruption du tombeau, et cette
corruption physique du corps humain leur permet d'accéder
à la vie éternelle.
Les masques de la mort
Chateaubriand, dans "Les Mémoires d'outre-tombe",
nous interpelle quand il nous dit que nous déformons
la réalité de la mort, et que nous ne voulons
pas reconnaître sa véritable identité.
Nous ne reconnaissons pas la mort "parce que",
dit-il, "elle se présente à nous masquée
et que son masque nous épouvante".
Tâche ardue que de démasquer la mort ! Pourtant,
il faut le faire ; du moins, tenter de le faire, afin de
découvrir son vrai visage, et de mieux l'accepter
quand elle frappera un jour à notre porte. Puisque
personne n'échappe à la mort, aussi bien nous
y préparer, et tenter de percer, un tant soit peu,
ce grand mystère.
Au-delà des questions philosophiques et théologiques,
il y a la dure réalité, le monde de la culture
pluri-ethnique de la mort. Sans décrire les multiples
facettes culturelles de la mort, nous pouvons affirmer que
chaque peuple imagine la mort à sa manière,
selon sa culture et ses croyances. Chacun parle de la mort
à sa façon, crée sa propre science
et son propre culte mortuaire. Quels que soient le nombre
et la variété des pratiques, un fait demeure
: les hommes restent perplexes et inquiets face à
la mort. Pour le plus grand nombre d'entre eux, le mystère
demeure même indécodable.
A l'heure où vous lirez ces lignes, des millions
de personnes seront, soit mortes, soit toujours vivantes.
Il suffit d'attendre quelques heures, quelques jours, ou
quelques années, et toutes seront mortes. C'est inévitable
! C'est la seule issue par laquelle les hommes cessent leur
course folle, et "descendent de la planète".
Dans cent ans, sauf quelques rares exceptions, la population
actuelle du globe dormira sous la terre des cimetières
; une autre génération aura pris sa place,
et ainsi de suite, jusqu'à la fin des temps. "Il
y a un temps pour naître et un temps pour mourir"
(L'Ecclésiaste 3 : 2).
L'entre-deux-mondes
La mort n'est pas un sujet qui attire les foules ; elle
n'agrémente pas les conversations au coin du feu
; à moins d'appartenir au cercle des croque-morts,
et encore ! Sans pour autant vouloir éviter le sujet
de la mort, en général, les gens préfèrent
parler de la vie. C'est pourquoi lorsqu'ils parlent de la
mort, les hommes aiment contempler la vision lumineuse d'une
autre vie qui serait le prolongement "en mieux"
de cette présente vie physique éphémère,
dont la mort ne serait qu'une étape. Ainsi, la mort
est perçue par beaucoup comme une fenêtre sur
l'infini ; une sorte de porte battante à sens unique,
permettant le passage de cette vie à une autre vie,
vie qui serait plus longue, plus prospère et plus
heureuse. La mort ne serait qu'un instant nécessaire,
une sorte de passage à vide que l'on pourrait nommer
"l'entre-deux-mondes", un lien nécessaire
entre une première étape, une préparation
à la seconde, qui elle, serait la vraie vie.
La mort, briseuse de rêves, demeure invaincue sur
la terre, pour le moment. Aucune arme fabriquée de
main d'homme, ni aucune pensée de l'esprit humain
n'a pu vaincre la mort. Face à elle, l'homme, par
lui-même, ne peut que garder le silence, tant il ignore
tout de ce mystère qu'il porte en lui comme une interrogation,
une énigme sans réponse. Seule une révélation
venue d'ailleurs peut enlever le voile qui empêche
la créature humaine de saisir le sens profond de
cette mortalité qui tue les hommes et met, une fois
pour toutes, un terme à leur vie temporelle. Une
telle révélation ne peut venir que du Maître
de la vie.
L'origine de la mort :traçabilité évidente
La mort est entrée dans le monde par la grande porte.
Dans le ciel, Lucifer fit d'abord la guerre au Dieu suprême,
et l'archange devint Satan, le Diable (Ezéchiel 28
: 14 ; Luc 10 : 18 ; Apocalypse 12 : 3-4). Il incita Eve
à douter de la parole de Dieu (Genèse 3).
Elle prit le fruit défendu, au risque de mourir.
Elle joua la parole du Démon contre la parole de
Dieu, et le risque lui fut fatal : elle mourut, mais seulement
après avoir mis au monde des fils et des filles (Genèse
5 : 1-5).
Dieu n'avait-Il pas dit expressément : "Tu
mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l'arbre
de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas
; car, au jour où tu en mangeras, tu mourras certainement"
(Genèse 2 : 16-17) ? En lisant ces versets, nous
avons l'impression que Eve allait mourir aussitôt
qu'elle eût mangé du fruit de l'arbre défendu.
La Bible nous apprend qu'il n'en fut pas ainsi, et qu'elle
ne fut pas la première à mourir de son péché.
Adam, non plus, ne mourut pas tout de suite. Non, étrangement,
le premier à subir la mort fut leur fils Abel ; Abel,
que Dieu considérait comme juste, fut assassiné
par son frère Caïn qui fut marqué au
front. Le premier meurtrier de la terre fut ainsi "protégé"
le reste de sa vie, par décret divin, sans être
tout de suite puni de mort pour son crime.
L'apôtre Jean nous explique la cause du premier meurtre
sur la terre. "Mais celui qui hait son frère
est dans les ténèbres" (I Jean 2 : 11),
et il précise le motif qui incita Caïn à
donner la mort à son frère : "Caïn
était du méchant [le Diable] et tua son frère.
Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses oeuvres
étaient mauvaises et que celles de son frère
étaient justes" (I Jean 3 : 12).
L'apôtre Jean développe son énoncé
ainsi : "Ne vous étonnez pas frères si
le monde vous hait. Nous, nous savons que nous sommes passés
de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères
; celui qui n'aime pas son frère demeure dans la
mort" (verset 14), et il conclut en disant "qu'aucun
meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui"
(verset 15).
L'apôtre Paul explique que la mort est la conséquence
du péché, et que c'est par le péché
que la mort est entrée dans le monde. Paul nous donne
ainsi la traçabilité de la mort, et de ce
fait, il nous fournit également la traçabilité
de la vie. Nous trouvons ici encore le principe de dualité
qui existe aussi sur le plan spirituel. Ce principe constitue
une valeur absolue, et pose le fondement de toute saine
morale.
Sortir victorieux de la mort
Autant la mort abonde, autant la vie surabonde. Dieu a
prévu que des millions de spermatozoïdes soient
éjectés pour qu'un seul accomplisse sa mission
procréatrice. Les millions d'autres mourront, mais
après avoir été bien vivants. Il en
est ainsi des poissons dont les millions d'œufs se
"perdent" faute d'être fécondés.
Un seul grain de blé peut, si le temps et les circonstances
lui sont favorables, donner naissance, dans le temps, à
des milliards d'épis qui pourraient recouvrir des
pays entiers.
Jésus a dit : "En vérité, en
vérité, je vous le dis, si le grain de blé
qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ;
mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jean
12 : 24). Le Christ est mort pour que plusieurs aient la
vie. Sa mort constitue la condition essentielle pour que
les hommes reçoivent la vie éternelle.
Le Christ a aussi déclaré que quiconque [tout
être humain] voit le Fils et croit en Lui peut accéder
à la vie éternelle ; c'est la volonté
du Père (Jean 6 : 40), car Jésus a également
déclaré : "Celui qui mange ma chair et
boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai
au dernier jour" (Jean 6 : 54 ; Luc 22 : 19-20).
Ces paroles du Christ sont certaines. Il est possible de
sortir victorieux de cette vie physique vendue au péché
(Romains 7 : 14-25). Quelle que soit la vie que nous ayons
menée sur cette terre, avec son cortège de
bêtises, d'erreurs, de maux, de faiblesses, de péchés,
nous pouvons aller à Dieu, et Lui confesser humblement
ce que nous sommes : des incapables ! Des incapables de
passer à cette autre vie, sans avoir recours à
la "méthode" divine qui consiste à
croire en Jésus-Christ qui nous a réconciliés
avec Dieu, afin que nous soyons justifiés par la
grâce. Ayant cette connaissance, nous pouvons comprendre
ce que nous dit l'apôtre Paul quand il déclare
: "Car lorsque vous étiez esclaves du péché,
vous étiez libres à l'égard de la justice.
Quels fruits portiez-vous alors ? Des fruits dont vous rougissez
aujourd'hui. Car la fin de ces choses, c'est la mort. Mais
maintenant, étant affranchis du péché
et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté
et pour fin la vie éternelle. Car le salaire du péché,
c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie
éternelle en Jésus-Christ, notre Seigneur"
(Romains 6 : 20-23).
Les croyants sont des "morts-vivants", puisqu'ils
sont morts au péché, mais qu'en même
temps, ils portent en eux la vie éternelle. A cause
du péché, nous étions voués
à la mort, tout en continuant à vivre dans
un corps physique destiné à la corruption.
Mais, nous sommes vivants à cause de la semence de
vie éternelle que nous portons en nous par la foi
en Christ, et par Son Esprit qui habite en nous, comme l'affirme
l'apôtre Paul : "Et si l'Esprit de celui qui
a ressuscité Jésus d'entre les morts habite
en [nous], celui qui a ressuscité Christ d'entre
les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels
par Son Esprit qui habite en [nous]" (Romains 8 : 11).
Du trépas à la vie éternelle
C'est cet Esprit de Dieu dans l'homme mortel qui assure
le passage d'une vie limitée dans le temps à
une autre vie qui sera sans fin. C'est par cet Esprit qui
habite son corps physique, que l'homme peut recevoir miraculeusement
un corps spirituel, glorieux et immortel (I Corinthiens
15 : 35-50). L'homme croyant, bien que mortel, peut revêtir
l'immortalité en terrassant la mort par la foi en
Christ qui a Lui-même vaincu la mort (I Corinthiens
15 : 20-24).
Plusieurs autres passages bibliques prouvent que les humains
sont appelés à une vie autre que celle qu'ils
vivent sur la terre. La Bible en fait l'irréfutable
et la grandiose démonstration, et les versets suivants
l'attestent : Jean 5 : 29 ; 6 : 40 ; 11 : 23 ; Romains 8
: 11 ; I Corinthiens 6 : 14 ; 15 : 35 ; II Corinthiens 1
: 9 ; 4 : 14 ; I Thessaloniciens 4 : 16 ; Job 14 : 12-15
; Job 19 : 25-27 ; Daniel 12 : 2, 13 ; Ezéchiel 37
: 12 ; Osée 13 : 14 ; Psaumes 16 : 9-10 ; 17 : 15
; 49 : 15 ; Apocalypse 20 : 5-6 ; I Pierre 1 : 3 ; 3 : 21.
Des aveugles dans la nuit
La Bible nous apprend que le Fils de Dieu est venu dans
la chair afin d'apporter la lumière aux hommes ;
mais ces derniers ne l'ont pas reçue (Jean 1 : 1-11).
Ils continuent d'avancer comme des aveugles dans la nuit
des temps. L'apôtre Paul nous avertit que le dieu
de ce siècle a aveuglé l'intelligence des
hommes (II Corinthiens 4 : 4).
Le Christ nous prévient aussi que les hommes demeurent
aveugles sur les grandes questions de la vie parce qu'ils
croient y comprendre quelque chose par le moyen de leur
propre science et de leur seule sagesse (Matthieu 15 : 14).
L'ultime destinée de l'homme sur la terre est peu
connue des hommes de notre temps. Dieu déclare que
plusieurs conducteurs spirituels ne sont que des aveugles
qui conduisent des aveugles parce qu'ils ont rejeté
Dieu pour se creuser des citernes intellectuelles crevassées
qui ne retiennent pas l'eau de la Vérité.
Cet aveuglement spirituel les empêche de conduire
les populations de la terre aux sources mêmes de la
Vérité éternelle qu'est Jésus-Christ
(Matthieu 24 ; Jérémie 2 : 13 ; Jean 14 :
6 ; Jean 7 : 36-38).
Les hommes modernes ont choisi de vivre de pain seulement.
Chaque parole qui sort de la bouche de Dieu ne les met pas
en appétit. Au contraire ! (Matthieu 4 : 2). Ayant
rejeté le Pain de Vie, le Christ, ils demeurent toujours
affamés, alors qu'ils vivent au milieu de l'abondance
de pains de toute nature (Jean 6 : 35). Seul le Pain de
Vie pourrait les rassasier. Seule la paix du Christ pourrait
calmer leurs angoisses.
La promesse divine
La mort est une compagne qui marche à nos côtés,
prête à nous saisir à tout moment. Seul
Dieu ne se laisse pas surprendre par la mort. Lui seul offre
et donne la vie éternelle. Celui ou celle qui cherche,
trouve. On ouvre à celui ou à celle qui frappe
à la porte, et la porte des demeures éternelles
est toujours à portée de main.
Les chrétiens ont déjà répondu
à l'appel. Ils sont membres du corps du Christ (I
Corinthiens 12 : 12-27). Et ceux qui cherchent Dieu aujourd'hui
Le trouveront en deçà de la mort, et seront
en Sa présence, même au-delà de la mort.
Quand la mort frappera à leur porte, et qu'alors
ils sonneront, avec foi, au portail du Royaume de Dieu,
Dieu les accueillera les bras grand ouverts. Sa promesse
est certaine : "Je bâtirai mon église,
et les portes de la mort ne prévaudront point contre
elle" (Matthieu 16 : 18).
L'Eglise ne pourra jamais être détruite en
ce monde. Non seulement, elle vivra en ce monde, sans toutefois
en faire partie, mais de surcroît, l'Eglise franchira
le cap de la mort par la foi en Christ et en Sa résurrection.
Les chrétiens entreront dans le monde à venir
(Hébreux 2 : 5) parce que le Christ leur a déjà
ouvert la voie, car il est écrit : "Ainsi donc,
puisque les enfants participent au sang et à la chair,
il y a également participé lui-même
[Christ], afin que, par la mort, il rende impuissant celui
qui avait la puissance de la mort, c'est-à-dire le
diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte
de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la
servitude" (Hébreux 2 : 14-16).
Cette promesse s'adresse à tous les hommes de bonne
volonté. Quiconque croit dans cette promesse divine
ne craint point la mort. Il a compris qu'elle ouvre l'entrée
du Royaume éternel où nous est réservée
une place déjà préparée par
le Christ.
Il y aura une place pour chacun, peu importe le nombre
d'êtres humains qui auront vécu sur la terre.
Notre Seigneur nous rassure quand Il déclare : "Que
votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et
croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison
de mon Père. Si cela n'était pas, je vous
l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et,
lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai
préparé une place, je reviendrai, et je vous
prendrai avec moi, afin que là où je suis
vous y soyez aussi" (Jean 14 : 1-3).