La mort de la mort :
la résurrection
Donat Picard
 

Le principe de dualité existe partout dans l'univers. Nous y sommes confrontés, de la vie à la mort. Lumière et ténèbres. Beauté et laideur. Froid et chaleur. L'infiniment petit, indissociable de l'infiniment grand. La faiblesse, attachée inexorablement à la force. La droite et la gauche. Le long et le court. Le nouveau et l'ancien. Le simple et son double. Partout, que des paires de contraires ! Ainsi, nous voyons autour de nous une surabondance de la vie, et en même temps nous constatons une surabondance de la mort.

Mort des dieux antiques. Mort des civilisations. Mort des espèces animales. Mort-nés. Mort par génocide. Mort par suicide. Mort politique. Mort des idées.

Cimetières terrestres. Cimetières marins. Cimetières célestes. . . Fosses communes. Fours crématoires. Cendres de vivants conservées dans des urnes ou semées aux quatre coins de la planète. Ventres maternels devenus les tombeaux d'enfants non désirés. Poussière d'hommes, de femmes et d'enfants. Autant en emporte le vent de la mort. Son souffle n'épargne personne ! Partout, que la mort ! Faut-il s'en alarmer ? Doit-on s'en révolter ? Cela ne sert à rien. La mort est le passage obligé. Nul n'y échappera.

Quelle est la cause de la mort ? D'où vient-elle ? Pourquoi les hommes doivent-ils mourir ? La mort doit-elle être mise au nombre des créations divines ? L'homme s'interroge, mais la mort ne répond pas aux questions qu'on lui pose !

Dans la nature végétale et animale, nous constatons que la mort est absolument nécessaire à la vie. Les lois de la physique et de la chimie nous en donnent des exemples révélateurs. Si Antoine Laurent de Lavoisier (exécuté par Robespierre, en 1794, sous La seconde Terreur) a découvert la loi de la "non perte", prouvant que les éléments d'une masse se conservent et se transforment, que rien ne se perd, et que rien ne se crée, nous comprenons comment telle antilope africaine cessera un jour d'être vivante pour devenir partie intégrante des cellules du lion qui en aura fait son repas ; le lion lui-même cessera un jour de vivre et sa carcasse servira de pâture aux chacals et aux vautours, et ces derniers qui ont mangé, seront mangés à leur tour, et ainsi de suite.

Les animaux des champs et des mers sont soumis à la loi darwinienne du plus fort. Le chat croque la souris. L'araignée mange la mouche. Le plus fort survit en dévorant le plus faible, et la mort des uns permet la vie des autres.

Sur le plan végétal, nous constatons aussi que la mort de la graine est nécessaire pour que naisse et vive la nouvelle plante. L'humus, qui n'est qu'une masse de végétaux décomposés par les microbes vivants, nourrit les jeunes pousses qui puisent dans ces végétaux morts tous les éléments nutritifs à leur propre existence. Ce cycle de la vie et de la mort semble inexorablement perpétuel et soumet le monde végétal à son diktat implacable. La vie passe par la mort pour donner la vie.

Sur le plan humain, il en est ainsi : l'immortalité des hommes jaillit de la corruption du tombeau, et cette corruption physique du corps humain leur permet d'accéder à la vie éternelle.

Les masques de la mort

Chateaubriand, dans "Les Mémoires d'outre-tombe", nous interpelle quand il nous dit que nous déformons la réalité de la mort, et que nous ne voulons pas reconnaître sa véritable identité. Nous ne reconnaissons pas la mort "parce que", dit-il, "elle se présente à nous masquée et que son masque nous épouvante".

Tâche ardue que de démasquer la mort ! Pourtant, il faut le faire ; du moins, tenter de le faire, afin de découvrir son vrai visage, et de mieux l'accepter quand elle frappera un jour à notre porte. Puisque personne n'échappe à la mort, aussi bien nous y préparer, et tenter de percer, un tant soit peu, ce grand mystère.

Au-delà des questions philosophiques et théologiques, il y a la dure réalité, le monde de la culture pluri-ethnique de la mort. Sans décrire les multiples facettes culturelles de la mort, nous pouvons affirmer que chaque peuple imagine la mort à sa manière, selon sa culture et ses croyances. Chacun parle de la mort à sa façon, crée sa propre science et son propre culte mortuaire. Quels que soient le nombre et la variété des pratiques, un fait demeure : les hommes restent perplexes et inquiets face à la mort. Pour le plus grand nombre d'entre eux, le mystère demeure même indécodable.

A l'heure où vous lirez ces lignes, des millions de personnes seront, soit mortes, soit toujours vivantes. Il suffit d'attendre quelques heures, quelques jours, ou quelques années, et toutes seront mortes. C'est inévitable ! C'est la seule issue par laquelle les hommes cessent leur course folle, et "descendent de la planète". Dans cent ans, sauf quelques rares exceptions, la population actuelle du globe dormira sous la terre des cimetières ; une autre génération aura pris sa place, et ainsi de suite, jusqu'à la fin des temps. "Il y a un temps pour naître et un temps pour mourir" (L'Ecclésiaste 3 : 2).

L'entre-deux-mondes

La mort n'est pas un sujet qui attire les foules ; elle n'agrémente pas les conversations au coin du feu ; à moins d'appartenir au cercle des croque-morts, et encore ! Sans pour autant vouloir éviter le sujet de la mort, en général, les gens préfèrent parler de la vie. C'est pourquoi lorsqu'ils parlent de la mort, les hommes aiment contempler la vision lumineuse d'une autre vie qui serait le prolongement "en mieux" de cette présente vie physique éphémère, dont la mort ne serait qu'une étape. Ainsi, la mort est perçue par beaucoup comme une fenêtre sur l'infini ; une sorte de porte battante à sens unique, permettant le passage de cette vie à une autre vie, vie qui serait plus longue, plus prospère et plus heureuse. La mort ne serait qu'un instant nécessaire, une sorte de passage à vide que l'on pourrait nommer "l'entre-deux-mondes", un lien nécessaire entre une première étape, une préparation à la seconde, qui elle, serait la vraie vie.

La mort, briseuse de rêves, demeure invaincue sur la terre, pour le moment. Aucune arme fabriquée de main d'homme, ni aucune pensée de l'esprit humain n'a pu vaincre la mort. Face à elle, l'homme, par lui-même, ne peut que garder le silence, tant il ignore tout de ce mystère qu'il porte en lui comme une interrogation, une énigme sans réponse. Seule une révélation venue d'ailleurs peut enlever le voile qui empêche la créature humaine de saisir le sens profond de cette mortalité qui tue les hommes et met, une fois pour toutes, un terme à leur vie temporelle. Une telle révélation ne peut venir que du Maître de la vie.

L'origine de la mort :traçabilité évidente

La mort est entrée dans le monde par la grande porte. Dans le ciel, Lucifer fit d'abord la guerre au Dieu suprême, et l'archange devint Satan, le Diable (Ezéchiel 28 : 14 ; Luc 10 : 18 ; Apocalypse 12 : 3-4). Il incita Eve à douter de la parole de Dieu (Genèse 3). Elle prit le fruit défendu, au risque de mourir. Elle joua la parole du Démon contre la parole de Dieu, et le risque lui fut fatal : elle mourut, mais seulement après avoir mis au monde des fils et des filles (Genèse 5 : 1-5).

Dieu n'avait-Il pas dit expressément : "Tu mangeras librement de tout arbre du jardin ; mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car, au jour où tu en mangeras, tu mourras certainement" (Genèse 2 : 16-17) ? En lisant ces versets, nous avons l'impression que Eve allait mourir aussitôt qu'elle eût mangé du fruit de l'arbre défendu. La Bible nous apprend qu'il n'en fut pas ainsi, et qu'elle ne fut pas la première à mourir de son péché. Adam, non plus, ne mourut pas tout de suite. Non, étrangement, le premier à subir la mort fut leur fils Abel ; Abel, que Dieu considérait comme juste, fut assassiné par son frère Caïn qui fut marqué au front. Le premier meurtrier de la terre fut ainsi "protégé" le reste de sa vie, par décret divin, sans être tout de suite puni de mort pour son crime.

L'apôtre Jean nous explique la cause du premier meurtre sur la terre. "Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres" (I Jean 2 : 11), et il précise le motif qui incita Caïn à donner la mort à son frère : "Caïn était du méchant [le Diable] et tua son frère. Et pour quelle raison le tua-t-il ? Parce que ses oeuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes" (I Jean 3 : 12).

L'apôtre Jean développe son énoncé ainsi : "Ne vous étonnez pas frères si le monde vous hait. Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ; celui qui n'aime pas son frère demeure dans la mort" (verset 14), et il conclut en disant "qu'aucun meurtrier n'a la vie éternelle demeurant en lui" (verset 15).

L'apôtre Paul explique que la mort est la conséquence du péché, et que c'est par le péché que la mort est entrée dans le monde. Paul nous donne ainsi la traçabilité de la mort, et de ce fait, il nous fournit également la traçabilité de la vie. Nous trouvons ici encore le principe de dualité qui existe aussi sur le plan spirituel. Ce principe constitue une valeur absolue, et pose le fondement de toute saine morale.

Sortir victorieux de la mort

Autant la mort abonde, autant la vie surabonde. Dieu a prévu que des millions de spermatozoïdes soient éjectés pour qu'un seul accomplisse sa mission procréatrice. Les millions d'autres mourront, mais après avoir été bien vivants. Il en est ainsi des poissons dont les millions d'œufs se "perdent" faute d'être fécondés. Un seul grain de blé peut, si le temps et les circonstances lui sont favorables, donner naissance, dans le temps, à des milliards d'épis qui pourraient recouvrir des pays entiers.

Jésus a dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jean 12 : 24). Le Christ est mort pour que plusieurs aient la vie. Sa mort constitue la condition essentielle pour que les hommes reçoivent la vie éternelle.

Le Christ a aussi déclaré que quiconque [tout être humain] voit le Fils et croit en Lui peut accéder à la vie éternelle ; c'est la volonté du Père (Jean 6 : 40), car Jésus a également déclaré : "Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour" (Jean 6 : 54 ; Luc 22 : 19-20).

Ces paroles du Christ sont certaines. Il est possible de sortir victorieux de cette vie physique vendue au péché (Romains 7 : 14-25). Quelle que soit la vie que nous ayons menée sur cette terre, avec son cortège de bêtises, d'erreurs, de maux, de faiblesses, de péchés, nous pouvons aller à Dieu, et Lui confesser humblement ce que nous sommes : des incapables ! Des incapables de passer à cette autre vie, sans avoir recours à la "méthode" divine qui consiste à croire en Jésus-Christ qui nous a réconciliés avec Dieu, afin que nous soyons justifiés par la grâce. Ayant cette connaissance, nous pouvons comprendre ce que nous dit l'apôtre Paul quand il déclare : "Car lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice. Quels fruits portiez-vous alors ? Des fruits dont vous rougissez aujourd'hui. Car la fin de ces choses, c'est la mort. Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle. Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus-Christ, notre Seigneur" (Romains 6 : 20-23).

Les croyants sont des "morts-vivants", puisqu'ils sont morts au péché, mais qu'en même temps, ils portent en eux la vie éternelle. A cause du péché, nous étions voués à la mort, tout en continuant à vivre dans un corps physique destiné à la corruption. Mais, nous sommes vivants à cause de la semence de vie éternelle que nous portons en nous par la foi en Christ, et par Son Esprit qui habite en nous, comme l'affirme l'apôtre Paul : "Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en [nous], celui qui a ressuscité Christ d'entre les morts rendra aussi la vie à vos corps mortels par Son Esprit qui habite en [nous]" (Romains 8 : 11).

Du trépas à la vie éternelle

C'est cet Esprit de Dieu dans l'homme mortel qui assure le passage d'une vie limitée dans le temps à une autre vie qui sera sans fin. C'est par cet Esprit qui habite son corps physique, que l'homme peut recevoir miraculeusement un corps spirituel, glorieux et immortel (I Corinthiens 15 : 35-50). L'homme croyant, bien que mortel, peut revêtir l'immortalité en terrassant la mort par la foi en Christ qui a Lui-même vaincu la mort (I Corinthiens 15 : 20-24).

Plusieurs autres passages bibliques prouvent que les humains sont appelés à une vie autre que celle qu'ils vivent sur la terre. La Bible en fait l'irréfutable et la grandiose démonstration, et les versets suivants l'attestent : Jean 5 : 29 ; 6 : 40 ; 11 : 23 ; Romains 8 : 11 ; I Corinthiens 6 : 14 ; 15 : 35 ; II Corinthiens 1 : 9 ; 4 : 14 ; I Thessaloniciens 4 : 16 ; Job 14 : 12-15 ; Job 19 : 25-27 ; Daniel 12 : 2, 13 ; Ezéchiel 37 : 12 ; Osée 13 : 14 ; Psaumes 16 : 9-10 ; 17 : 15 ; 49 : 15 ; Apocalypse 20 : 5-6 ; I Pierre 1 : 3 ; 3 : 21.

Des aveugles dans la nuit

La Bible nous apprend que le Fils de Dieu est venu dans la chair afin d'apporter la lumière aux hommes ; mais ces derniers ne l'ont pas reçue (Jean 1 : 1-11). Ils continuent d'avancer comme des aveugles dans la nuit des temps. L'apôtre Paul nous avertit que le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence des hommes (II Corinthiens 4 : 4).

Le Christ nous prévient aussi que les hommes demeurent aveugles sur les grandes questions de la vie parce qu'ils croient y comprendre quelque chose par le moyen de leur propre science et de leur seule sagesse (Matthieu 15 : 14).

L'ultime destinée de l'homme sur la terre est peu connue des hommes de notre temps. Dieu déclare que plusieurs conducteurs spirituels ne sont que des aveugles qui conduisent des aveugles parce qu'ils ont rejeté Dieu pour se creuser des citernes intellectuelles crevassées qui ne retiennent pas l'eau de la Vérité. Cet aveuglement spirituel les empêche de conduire les populations de la terre aux sources mêmes de la Vérité éternelle qu'est Jésus-Christ (Matthieu 24 ; Jérémie 2 : 13 ; Jean 14 : 6 ; Jean 7 : 36-38).

Les hommes modernes ont choisi de vivre de pain seulement. Chaque parole qui sort de la bouche de Dieu ne les met pas en appétit. Au contraire ! (Matthieu 4 : 2). Ayant rejeté le Pain de Vie, le Christ, ils demeurent toujours affamés, alors qu'ils vivent au milieu de l'abondance de pains de toute nature (Jean 6 : 35). Seul le Pain de Vie pourrait les rassasier. Seule la paix du Christ pourrait calmer leurs angoisses.

La promesse divine

La mort est une compagne qui marche à nos côtés, prête à nous saisir à tout moment. Seul Dieu ne se laisse pas surprendre par la mort. Lui seul offre et donne la vie éternelle. Celui ou celle qui cherche, trouve. On ouvre à celui ou à celle qui frappe à la porte, et la porte des demeures éternelles est toujours à portée de main.

Les chrétiens ont déjà répondu à l'appel. Ils sont membres du corps du Christ (I Corinthiens 12 : 12-27). Et ceux qui cherchent Dieu aujourd'hui Le trouveront en deçà de la mort, et seront en Sa présence, même au-delà de la mort. Quand la mort frappera à leur porte, et qu'alors ils sonneront, avec foi, au portail du Royaume de Dieu, Dieu les accueillera les bras grand ouverts. Sa promesse est certaine : "Je bâtirai mon église, et les portes de la mort ne prévaudront point contre elle" (Matthieu 16 : 18).

L'Eglise ne pourra jamais être détruite en ce monde. Non seulement, elle vivra en ce monde, sans toutefois en faire partie, mais de surcroît, l'Eglise franchira le cap de la mort par la foi en Christ et en Sa résurrection.

Les chrétiens entreront dans le monde à venir (Hébreux 2 : 5) parce que le Christ leur a déjà ouvert la voie, car il est écrit : "Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, il y a également participé lui-même [Christ], afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude" (Hébreux 2 : 14-16).

Cette promesse s'adresse à tous les hommes de bonne volonté. Quiconque croit dans cette promesse divine ne craint point la mort. Il a compris qu'elle ouvre l'entrée du Royaume éternel où nous est réservée une place déjà préparée par le Christ.

Il y aura une place pour chacun, peu importe le nombre d'êtres humains qui auront vécu sur la terre. Notre Seigneur nous rassure quand Il déclare : "Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi" (Jean 14 : 1-3).

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