"J'ai tenu le coup pendant les funérailles",
affirma Marc, 43 ans, dont l'épouse venait de mourir
après un combat courageux contre le cancer. Il ajouta
: "Cependant, quand les obsèques furent terminées,
j'entrai dans une phase de déstabilisation confuse,
tout en me demandant 'Que puis-je faire, à partir
de maintenant ?' Même présentement, certains
jours, la peine est absolument insupportable ; je doute
que je puisse m'en sortir". Marc fait face à
un dilemme qui est propre à tous ceux qui ont perdu
un être cher. Voici treize moyens d'alléger
la douleur du deuil :
1. Choisissez de guérir
Dès le départ, prenez la décision
de guérir. Décidez que, non seulement, vous
allez vous remettre de cette perte, mais qu'elle vous permettra
d'en sortir grandi. Choisissez de devenir meilleur, et non
de devenir amer.
2. Trouvez des gens attentionnés
La Bible reconnaît le pouvoir de l'amitié.
"Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent davantage
de leur travail. Car s'ils tombent, l'un relève son
compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et
qui tombe, sans avoir un second pour le relever" (Ecclésiaste
4 : 9-10). Essayez d'établir un réseau de
soutien personnel regroupant des parents, des amis, des
voisins, des collègues et des inconnus. Un tel réseau
peut vous apporter du réconfort et vous aider à
vous reconstruire. Soyez assez noble pour accepter l'aide
des autres. Ne soyez pas stoïque. Ne prétendez
pas que tout va bien. Ne marchez pas seul. Ne craignez pas
de "charger" de votre peine les épaules
d'un ami. En fait, les amis acceptent très volontiers
d'être l'oreille qui écoute, ou de vous rendre
un petit service parce que de tels gestes leur donnent le
sentiment d'être vraiment utiles.
3. Donnez-vous du temps
Chacun réagit différemment devant la mort.
C'est difficile d'établir la durée "normale"
d'un deuil. Attendez-vous à ce que la période
de réajustement soit plus longue que vous ne le pensez.
Selon le Dr. Phyllis Silverman, spécialiste sur le
sujet : "En tout et partout, il faut compter deux ans
avant que vous ne puissiez de nouveau croire en l'avenir
et faire la paix avec le passé. Mais j'ai connu des
personnes qui retournent à la normalité en
moins d'un an, ou même au bout de six mois".
4. Reprenez votre routine quotidienne
Bien que la chose paraisse difficile, reprenez vos activités
habituelles le plus rapidement possible. Retournez au travail,
maintenez votre participation dans les activités
sociales ou religieuses, et demeurez actif. Votre implication
personnelle constitue un lien important qui peut réduire
le risque de vous retirer ou de vous isoler.
5. Comptez sur le secours quotidien de Dieu
Parce que le deuil est une expérience solitaire
qui isole, certains pensent que Dieu les a abandonnés.
Ne soyez pas séduit par ce faux raisonnement. Remémorez-vous
les nombreux passages bibliques qui parlent de Dieu qui
nous secourt et nous guérit. Ces passages incluent
les suivants : "L'Eternel redresse ceux qui sont courbés"
(Psaumes 146 : 8). "Car l'Eternel étend ses
regards sur toute la terre pour soutenir ceux dont le cœur
est tout entier à lui" (II Chroniques 16 : 9).
6. Gardez contact avec votre médecin
Votre médecin peut vous aider à gérer
les effets secondaires du deuil, tels que l'insomnie et
les déséquilibres alimentaires. Il est prouvé
que le deuil rend une personne plus vulnérable aux
maladies. Consultez votre médecin.
7. Ne vous attendez pas à des miracles soudains
Le rabbin Earl Grollman, auteur de plusieurs ouvrages sur
le deuil, déclare : "Allouez au deuil suffisamment
de temps pour qu'il fasse son oeuvre. Le processus n'est
jamais le même pour tous. Ne vous comparez pas aux
autres qui sont dans la même situation que vous. Guérissez
à votre rythme et selon vos propres circonstances.
Soyez vous-même. Vous n'avez pas à prétendre
être endeuillé au delà du temps qui
vous est nécessaire. Pas plus que vous n'avez à
feindre la normalisation avant que tout ne soit redevenu
normal".
8. Ne craignez pas vos émotions
La perte d'une personne que nous aimons génère
des émotions intenses : colère, culpabilité,
regret, découragement, panique, solitude, vulnérabilité
et plusieurs autres encore. N'ayez pas peur de ces émotions,
car elles ne sont pas "anormales". En vérité,
elles ne sont que le lot naturel accompagnant le deuil,
et ces émotions sont vécues par la grande
majorité de ceux qui perdent un être cher.
Avec le temps, ces émotions s'atténueront.
9. Oubliez le "normal" pour un temps
La mort bouleverse la vie des membres de la famille endeuillée.
Les funérailles et les obsèques doivent être
préparées, les réponses aux condoléances
doivent être envoyées, on doit s'occuper de
tout l'aspect légal et administratif ainsi que des
assurances. Attendez-vous à ce que la vie familiale
ne soit plus la même. Oubliez "l'habituel",
pour un temps, mais attendez-vous à ce que les choses
reviennent, progressivement, "à la normale".
10. Evitez certaines personnes, s'il le faut
Certaines personnes ne comprennent tout simplement pas
ce qu'est le deuil. Alors que personne ne veut être
inamical au point de fuir les gens, il existe des personnes
qui ne feront que vous frustrer dans votre processus de
guérison. Restez à l'écart de ces personnes
qui ne vous écoutent pas, mais qui désirent
diriger votre vie. Evitez ceux qui vous jugent dans votre
façon de vivre votre deuil, ainsi que ceux qui vous
sermonnent, qui vous irritent et qui vous font sentir moins
que rien. Tenez-vous à distance de ceux et celles
qui vous tiennent les clichés suivants : "Tu
surmonteras l'épreuve" ; "C'est pour ton
bien" ; "Tu es fort, tu trouveras le moyen de
faire face à tout cela" ; "Sois heureux
que ce soit fini".
11. Soyez tolérant envers vos limites physiques
et émotionnelles
"Vos sentiments de perte et de tristesse vous laisseront
probablement fatigué", affirme le Dr. Alan Wolfelt,
auteur de plusieurs livres sur le deuil. "Votre capacité
à penser clairement et à prendre des décisions
peut être momentanément affectée. Votre
énergie peut diminuer et naturellement vous ralentir
dans votre action. Respectez ce que votre esprit et votre
corps vous disent." Assurez-vous de bien manger, et
de bien vous reposer. Si possible, allégez votre
agenda. Prendre soin de soi-même ne veut pas dire
que l'on se prend en pitié, "...cela veut dire
que vous utilisez vos moyens de survie", ajoute le
Dr. Wolfelt.
12. Retardez toute décision importante
A moins que ce ne soit absolument nécessaire, ne
déménagez pas, ne quittez pas votre emploi,
ne faites pas de nouveaux investissements, ne vendez pas
tout ou partie de votre patrimoine. Attendez au moins six
mois (un an, de préférence). Vous aurez alors
une meilleure idée de ce qu'il faut faire.
13. Sachez quand obtenir de l'aide
Les éditeurs de La Lettre de la Clinique de Santé
Mayo notent que 10 à 20 pour cent des veufs et des
veuves démontrent des signes de dépression
nécessitant des soins professionnels. Votre famille,
votre médecin, votre curé ou votre pasteur
ainsi que le personnel de l'assistance sociale peuvent vous
référer à des spécialistes compétents.