Le deuil : Comment mieux le vivre ?
Victor Parachin
 

"J'ai tenu le coup pendant les funérailles", affirma Marc, 43 ans, dont l'épouse venait de mourir après un combat courageux contre le cancer. Il ajouta : "Cependant, quand les obsèques furent terminées, j'entrai dans une phase de déstabilisation confuse, tout en me demandant 'Que puis-je faire, à partir de maintenant ?' Même présentement, certains jours, la peine est absolument insupportable ; je doute que je puisse m'en sortir". Marc fait face à un dilemme qui est propre à tous ceux qui ont perdu un être cher. Voici treize moyens d'alléger la douleur du deuil :

1. Choisissez de guérir

Dès le départ, prenez la décision de guérir. Décidez que, non seulement, vous allez vous remettre de cette perte, mais qu'elle vous permettra d'en sortir grandi. Choisissez de devenir meilleur, et non de devenir amer.

2. Trouvez des gens attentionnés

La Bible reconnaît le pouvoir de l'amitié. "Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent davantage de leur travail. Car s'ils tombent, l'un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever" (Ecclésiaste 4 : 9-10). Essayez d'établir un réseau de soutien personnel regroupant des parents, des amis, des voisins, des collègues et des inconnus. Un tel réseau peut vous apporter du réconfort et vous aider à vous reconstruire. Soyez assez noble pour accepter l'aide des autres. Ne soyez pas stoïque. Ne prétendez pas que tout va bien. Ne marchez pas seul. Ne craignez pas de "charger" de votre peine les épaules d'un ami. En fait, les amis acceptent très volontiers d'être l'oreille qui écoute, ou de vous rendre un petit service parce que de tels gestes leur donnent le sentiment d'être vraiment utiles.

3. Donnez-vous du temps

Chacun réagit différemment devant la mort. C'est difficile d'établir la durée "normale" d'un deuil. Attendez-vous à ce que la période de réajustement soit plus longue que vous ne le pensez. Selon le Dr. Phyllis Silverman, spécialiste sur le sujet : "En tout et partout, il faut compter deux ans avant que vous ne puissiez de nouveau croire en l'avenir et faire la paix avec le passé. Mais j'ai connu des personnes qui retournent à la normalité en moins d'un an, ou même au bout de six mois".

4. Reprenez votre routine quotidienne

Bien que la chose paraisse difficile, reprenez vos activités habituelles le plus rapidement possible. Retournez au travail, maintenez votre participation dans les activités sociales ou religieuses, et demeurez actif. Votre implication personnelle constitue un lien important qui peut réduire le risque de vous retirer ou de vous isoler.

5. Comptez sur le secours quotidien de Dieu

Parce que le deuil est une expérience solitaire qui isole, certains pensent que Dieu les a abandonnés. Ne soyez pas séduit par ce faux raisonnement. Remémorez-vous les nombreux passages bibliques qui parlent de Dieu qui nous secourt et nous guérit. Ces passages incluent les suivants : "L'Eternel redresse ceux qui sont courbés" (Psaumes 146 : 8). "Car l'Eternel étend ses regards sur toute la terre pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui" (II Chroniques 16 : 9).

6. Gardez contact avec votre médecin

Votre médecin peut vous aider à gérer les effets secondaires du deuil, tels que l'insomnie et les déséquilibres alimentaires. Il est prouvé que le deuil rend une personne plus vulnérable aux maladies. Consultez votre médecin.

7. Ne vous attendez pas à des miracles soudains

Le rabbin Earl Grollman, auteur de plusieurs ouvrages sur le deuil, déclare : "Allouez au deuil suffisamment de temps pour qu'il fasse son oeuvre. Le processus n'est jamais le même pour tous. Ne vous comparez pas aux autres qui sont dans la même situation que vous. Guérissez à votre rythme et selon vos propres circonstances. Soyez vous-même. Vous n'avez pas à prétendre être endeuillé au delà du temps qui vous est nécessaire. Pas plus que vous n'avez à feindre la normalisation avant que tout ne soit redevenu normal".

8. Ne craignez pas vos émotions

La perte d'une personne que nous aimons génère des émotions intenses : colère, culpabilité, regret, découragement, panique, solitude, vulnérabilité et plusieurs autres encore. N'ayez pas peur de ces émotions, car elles ne sont pas "anormales". En vérité, elles ne sont que le lot naturel accompagnant le deuil, et ces émotions sont vécues par la grande majorité de ceux qui perdent un être cher. Avec le temps, ces émotions s'atténueront.

9. Oubliez le "normal" pour un temps

La mort bouleverse la vie des membres de la famille endeuillée. Les funérailles et les obsèques doivent être préparées, les réponses aux condoléances doivent être envoyées, on doit s'occuper de tout l'aspect légal et administratif ainsi que des assurances. Attendez-vous à ce que la vie familiale ne soit plus la même. Oubliez "l'habituel", pour un temps, mais attendez-vous à ce que les choses reviennent, progressivement, "à la normale".

10. Evitez certaines personnes, s'il le faut

Certaines personnes ne comprennent tout simplement pas ce qu'est le deuil. Alors que personne ne veut être inamical au point de fuir les gens, il existe des personnes qui ne feront que vous frustrer dans votre processus de guérison. Restez à l'écart de ces personnes qui ne vous écoutent pas, mais qui désirent diriger votre vie. Evitez ceux qui vous jugent dans votre façon de vivre votre deuil, ainsi que ceux qui vous sermonnent, qui vous irritent et qui vous font sentir moins que rien. Tenez-vous à distance de ceux et celles qui vous tiennent les clichés suivants : "Tu surmonteras l'épreuve" ; "C'est pour ton bien" ; "Tu es fort, tu trouveras le moyen de faire face à tout cela" ; "Sois heureux que ce soit fini".

11. Soyez tolérant envers vos limites physiques et émotionnelles

"Vos sentiments de perte et de tristesse vous laisseront probablement fatigué", affirme le Dr. Alan Wolfelt, auteur de plusieurs livres sur le deuil. "Votre capacité à penser clairement et à prendre des décisions peut être momentanément affectée. Votre énergie peut diminuer et naturellement vous ralentir dans votre action. Respectez ce que votre esprit et votre corps vous disent." Assurez-vous de bien manger, et de bien vous reposer. Si possible, allégez votre agenda. Prendre soin de soi-même ne veut pas dire que l'on se prend en pitié, "...cela veut dire que vous utilisez vos moyens de survie", ajoute le Dr. Wolfelt.

12. Retardez toute décision importante

A moins que ce ne soit absolument nécessaire, ne déménagez pas, ne quittez pas votre emploi, ne faites pas de nouveaux investissements, ne vendez pas tout ou partie de votre patrimoine. Attendez au moins six mois (un an, de préférence). Vous aurez alors une meilleure idée de ce qu'il faut faire.

13. Sachez quand obtenir de l'aide

Les éditeurs de La Lettre de la Clinique de Santé Mayo notent que 10 à 20 pour cent des veufs et des veuves démontrent des signes de dépression nécessitant des soins professionnels. Votre famille, votre médecin, votre curé ou votre pasteur ainsi que le personnel de l'assistance sociale peuvent vous référer à des spécialistes compétents.

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