L'AMOUR : de la Genèse à l'Internet
Donat Picard
 

Les poètes ont chanté l'amour depuis la nuit des temps, mais qui peut dire d'où vient l'amour ? L'amour a-t-il pris naissance dans le jardin d'Eden ? Quelle est son origine ? Quelle est sa définition ? Quel est son usage, et son but ultime?

L'Amour Métamorphosé

En cette fin d'époque dans laquelle toute une jeunesse vit l'érotisation des valeurs sentimentales et romantiques, l'amour devient une expérience strictement personnelle. Cette vertu, autrefois considérée comme cardinale, est tellement malmenée, que plusieurs en perdent leur vertu. Les choix amoureux d'une génération ultra moderne et super branchée font éclater la signification profonde de l'amour. Brusquement ou nonchalamment, l'amour part à la recherche de lui-même ; il part à la dérive, bercé par les courants de la société ; il navigue sans but, entre rive gauche et rive droite, parfois heureux, parfois déçu d’être "emporté à tout vent de doctrines". (Ou de se laisser emporter à tout vent de doctrines.)

Une partie de la jeunesse découvre de plus en plus tôt l'amour sensuel. Ecrits, films, télévision, cybernétique audiovisuelle. Cet amour moderne qui consiste souvent à faire l'amour plus qu'à aimer, chasse de ses terres l'amour véritable. Il remplace les vœux solennels traditionnels par des engagements éphémères qui n'engagent aucun des partenaires. On parle de plus en plus de partenaires, il faut le préciser, et de moins en moins de conjoints. De compagnons, et non d'époux. On ne parle plus d'une vie, mais plutôt d'une nuit. C'est l'époque des séductions, des sensations et des relations. Fréquentations, déclarations, demandes en mariage, terminées ! Fini aussi le temps des conseils parentaux. Le père ne marie plus sa fille, et le fils ne se marie plus ; et il hésite à demander la main de sa bien-aimée. Il y a des exceptions, évidemment, mais elles ne font pas la règle.

Si les mots ont un sens, ils traduisent bien la métamorphose d'une société qui se cherche. On cherche l'allégresse dans la jouissance épidermique, par consentement ou autrement, saisissant les cinq sens de l'autre pour satisfaire ses propres sens : il faut que l'autre soit beau à l’œil "pour moi", doux à entendre "pour moi", bon à sentir "pour moi", excitant à toucher "pour moi", savoureux à goûter "pour moi". Est-ce là, la voie qui mène au bonheur ? Les consciences sont torturées. Souvent on ne sait plus faire les bons choix. On se dit qu'il vaut mieux saisir l'instant présent ; "un tien vaut mieux que deux tu l'auras" ; pour nombre de jeunes, demain est si loin et si dangereux, que plusieurs craignent de "rester sur le carreau" ou "dans la vitrine" ; à l'heure de l'instantané, les aînés, dépassés, acquiescent aux paroles du chansonnier : "Laissons-les, laissons-les s'aimer . . . devant la menace qui gronde". Désenchantés, d'aucuns attendent la bombe, la dernière ! Dommage ! alors qu'il y a de l'espoir. Les repères universels divins demeurent, même s'ils sont momentanément brouillés. Pour l'instant, les hommes modernes se creusent des citernes qui ne retiennent pas l'eau comme le dit le prophète (Jérémie 2 : 13), mais la source d'eau vive est toujours à la portée de la main.

L'Ordre des Choses

La Bible nous dit que l'amour est éternel. Pourquoi une telle assurance dans la déclaration ? Parce que Dieu, par définition, est Amour. Ce fait répond à la question de l'origine de l'amour. L'amour n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin. L'apôtre Paul dit bel et bien que "l'amour ne périt jamais" (I Corinthiens 13 : 8). En effet car, Dieu ne peut pas périr, et Son amour dans les être humains ne pourra jamais être détruit. Quel espoir et quel encouragement pour nous tous qui cherchons à aimer et à être aimés !

L'apôtre Jean nous donne la définition de l'amour, quand il déclare que "Dieu est amour" (I Jean 4 : 16). Ainsi, puisque Dieu est éternel, l'amour est éternel. Dans le livre de l'Exode, Dieu donne une définition de Lui-même en affirmant à Moïse devant le buisson ardent, "Je suis celui qui suis" (Exode 3 : 14). Dieu, "Je Suis" est Amour ; "Je Suis l'Eternel Amour". La nature de Dieu étant trinitaire, l'Amour est Père, l'Amour est Fils, l'Amour est Esprit, et le Père est Amour, le Fils est Amour, l'Esprit est Amour. Si l'Esprit est Amour, il est dans Sa nature de produire le fruit de l'Amour comme nous le lisons dans Galates 5 : 22.

Selon la Genèse, le premier homme fut tiré de la terre (Genèse 1 : 26-27 ; 2 : 7 ; 2 : 21-23 ; I Timothée 2 : 13). Il fut créé masculin. Aurait-il pu être créé féminin ? Il faut poser la question au créateur. Dans toute famille il y a un premier-né, et il en fut ainsi de la première cellule de la grande famille humaine. Et comme dans toute famille humaine, il y a, en général, un second-né, notre mère Eve fut la deuxième à voir le jour ; non pas directement à partir de la terre, mais à partir de la chair d'Adam qui s'exclama en la voyant : "Voici, cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair !". Après avoir nommé tous les animaux, Adam se rendit compte que parmi eux tous, il n'y avait pas de compagne pour lui. Mais en voyant la femme tirée d'un de ses os (une côte), et en constatant que la chair qui recouvrait les os de la femme était semblable à la sienne et non comme celle des animaux, Adam reconnut que la femme qui lui avait été donnée était de race humaine comme lui-même était de race humaine, et non de race animale "Toute chair n'est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons" (I Corinthiens 15 : 39). Le texte original rend bien l'émotion qu'Adam éprouva en apercevant Eve. Le "Voici, cette fois. . . !" du premier homme en voyant un humain de sexe opposé laisse penser que plusieurs fois auparavant Adam avait cherché une compagne de son espèce en nommant les animaux des champs. Dieu vint à son secours, "Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui" (Genèse 2 : 18).

Ainsi donc, ces deux humains, après s'être reconnus comme étant différents des animaux qui les entouraient, devinrent un, par l'union physique que Dieu a prévue à l'origine de l'humanité. Il y a eu mariage entre Adam, le premier homme, et "la chair de sa chair", Eve, qui devinrent unis, dans une même chair, parce que de sexes complémentaires. Complémentaires de par leur nature sexuelle distincte, pour que par une telle union, le plan de Dieu puisse se réaliser : l'être humain, masculin et féminin, peut ainsi devenir pro-créateur [ce qui signifie "créateur avec" ; du latin procreare, créer avec ; donc, créateurs avec Dieu qui leur a donné les moyens physiques, sexuels, physiologiques et biologiques pour devenir ainsi des créateurs d'hommes à leur tour]. Sans un Créateur, il ne pourrait y avoir de procréateur, car, par définition, le procréateur ne peut créer seul. Il ne peut créer qu'avec l'aide d'un créateur existant déjà. D'où la déclaration de Dieu, "Faisons l'homme à notre image, à notre ressemblance".

La première grossesse de la première femme de la terre fut certainement une expérience exaltante ; la naissance attendue du premier enfant suscita, à coup sûr, chez nos premiers parents, une espérance mêlée d'allégresse et d'appréhension car Dieu avait expliqué à Eve qu'elle enfanterait dans la douleur (Genèse 3 : 16). Mais, soulignons que l'auteur du livre de la Genèse, Moïse, a pris soin de bien noter les paroles prononcées par Eve lors de son premier accouchement : "J'ai acquis, [dit-elle], un homme, avec l'aide du Seigneur" (Genèse 4 : 1). Que voulut-elle dire au juste ? Elle déclara d'emblée, que c'est bien avec l'aide de Dieu qu'elle put "acquérir" un homme. Voilà qu'elle réalise qu'un homme "petit format", bébé, fait à l'image réduite de son mari Adam, est là, devant elle ! Ce fut un choc pour cette mère que de voir, sans trop comprendre, que de son sein, un homme était sorti vivant. Quel miracle ! Avec Dieu, elle pouvait créer des hommes. Si Dieu avait créé un homme à partir de la terre, elle réalisa, qu'elle, à son tour, pouvait procréer à l'aide d'un homme, son mari. Ainsi, Dieu était le père d'Adam, et Adam était le père de Caïn. De son côté, Adam réalisa à son tour que sans Eve, il n'aurait pas pu créer un fils. Eve procréa à l'aide du Seigneur, mais grâce à Adam. Et vice et versa, Adam put procréer, mais avec l'aide de son épouse.

Le Mariage

Nous voyons que l'un des buts du mariage est de procréer. Chez les humains la multiplication des enfants se fait de manière humaine, c'est-à-dire, qu'ils se reproduisent selon leur espèce, et leur espèce possède des attributs qui lui sont propres.

Les humains ont une intelligence supérieure, une raison et un cœur. Les hommes sont capables de raisonner, d'aimer, de haïr, de rire et de pleurer. Ainsi la procréation chez l'homme doit se produire avec la raison et le cœur ; l'union de deux chairs ne suffit pas. Sinon, où serait la différence entre les bêtes des champs et les hommes ? L'anatomie même du corps humain fut conçue de manière telle, qu'elle permet toutes les expressions d'amour mutuel.

Ainsi donc, parce que les humains sont ce qu'ils sont, et sont modelés comme ils le sont, nous découvrons qu'un autre but du mariage consiste à exprimer mutuellement l'amour et l'affection entre les époux.

L'amour est un sujet traité abondamment dans la Bible. L'Ancien Testament recèle de drames familiaux si mémorables que des millions de personnes en parlent encore aujourd'hui. Au départ, l'histoire d'amour du premier couple fut désastreuse. Les deux conjoints furent chassés de leur demeure, loin de la face de Dieu, et leur premier enfant assassina froidement son propre frère. Nous voyons Abraham placer Sara, son épouse, dans les bras de Pharaon (Genèse 12) ; une fois n'a pas suffit, l'expérience se répéta avec le roi Abimélec (chap. 20). Isaac fait avec Rébecca ce que son père avait fait avec Sara (chap. 26). Nous voyons aussi les filles de Lot l'enivrer afin d'avoir une progéniture. Moïse renvoie son épouse Séphora chez son père (Exode 18), sans parler d'une foule d'autres exemples plus ou moins édifiants.

Parmi cette pléiade d'amours, nous avons Ruth et Boaz (Ruth 1 à 4) qui nous donnèrent le Christ par la postérité d'Obed et de David. Au milieu des épisodes mouvementés de la vie des enfants d'Israël, nous trouvons le poème du Cantique des Cantiques qui nous apporte une brise douce et fraîche. Les déclarations d'amour de la fiancée et du fiancé devraient embaumer d'un parfum de tendresse le visage de tous les amoureux du monde : "Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l'amour est fort comme la mort, ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de l'Eternel" (Cantique des Cantiques 8 : 6). "Je suis à mon bien-aimé et ses désirs se portent vers moi. Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne pousse, si la fleur pousse, si les grenadiers fleurissent. Là je te donnerai mon amour" (7 : 11-13).

L'apôtre Paul et l'Amour

Certains prêtent des sentiments misogynes à l'homme de Dieu, mais les écrits de Paul prouvent le contraire. Citons un exemple : Paul, dans sa lettre aux Romains, prend soin de saluer une douzaine de femmes dont il loue les vertus et le courage (Romains 16). Paul aurait-il pu louer autant ces femmes, et avoir en même temps de la haine pour elles ? En vivant selon ses enseignements, le bonheur est accessible pour chacun. Il dit, "Maris, que chacun aime sa femme comme Christ a aimé l'Eglise, et s'est livré lui-même pour elle . . .C'est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais personne n'a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Eglise, parce que nous sommes membres de son corps" (Ephésiens 5 : 25, 28-30).

Dans sa première lettre aux Corinthiens, et ce, bien avant l'avènement du cybersexe, l'apôtre parle de sexualité et enjoint le chrétien de s'éloigner de la prostitution en déclarant : "Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Prendrais-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d'une prostituée ? Loin de là ! Ne savez-vous pas que celui qui s'attache à la prostituée est un seul corps avec elle ? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul esprit" (I Corinthiens 6 : 15-17).

Après avoir dit qu'il pense qu'il est bon pour l'homme de ne point toucher de femme [si quelqu'un a reçu un don pour le faire (7 : 7), ou à cause des temps difficiles (7 : 26-29) , ou pour d'autres raisons connues de Paul], le serviteur de Dieu ajoute, "Toutefois, pour éviter la débauche, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari" (7 : 2-3).

Paul veut protéger ainsi le chrétien contre la débauche et sauvegarder l'intégrité du mariage en défendant la monogamie. Parlant toujours de relations sexuelles dans le couple marié, Paul précise, "Ce n'est pas la femme qui dispose de son corps, c'est son mari. De même, ce n'est pas le mari qui dispose de son corps, c'est sa femme. Ne vous privez point l'un de l'autre . . ." (7 : 4-5).

Ne pas se priver l'un de l'autre est une mesure de prévention contre la débauche et la prostitution. Mais c'est avant tout un moyen certain d'entretenir l'amour et l'affection. Certains couples, pour diverses raisons, se voient forcer de se priver de rapports intimes. Ces problèmes sont autant de causes entraînant parfois l'espacement des rapprochements conjugaux ; les conjoints ne devraient pas les utiliser comme des prétextes pour s'éloigner l'un de l'autre, mais plutôt comme des occasions pour démontrer de la sagesse, de la compassion et de la tendresse envers l'autre.

Enfin l'apôtre Paul loue toujours le mariage et le hisse au pinacle des expériences humaines en révélant que le mariage est le symbole de l'union de Christ avec Son Eglise. Si grand est le symbolisme du mariage que Paul le qualifie de mystère, "Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l'Eglise. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari" (Ephésiens 5 : 32-33). Comment l'amour dans le couple doit-il s'exprimer dans toute sa profondeur ? Nous laissons Paul nous le dire avec précision et éloquence : "L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est point envieux ; l'amour ne se vante point, il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte. L'amour ne périt jamais" (I Corinthiens 13 : 4-8).

L'humanité, chassée du jardin d'Eden, vit toujours sous une malédiction qui ne peut être effacée que par le sang du Christ. L'amour véritable ne peut être vécu que par un retour à Dieu ; que par un retour dans le "paradis terrestre" symbolisé par le repos en Christ, par l'accès à la vraie liberté en Jésus-Christ qui invite tous les hommes de la terre, grands et petits, à participer aux noces de l'Agneau par un mariage éternel (Apocalypse 19 : 6-8).

© Tous droits réservés – 1978-2008 - Eglise Universelle de Dieu