Les poètes ont chanté l'amour depuis la nuit
des temps, mais qui peut dire d'où vient l'amour
? L'amour a-t-il pris naissance dans le jardin d'Eden ?
Quelle est son origine ? Quelle est sa définition
? Quel est son usage, et son but ultime?
L'Amour Métamorphosé
En cette fin d'époque dans laquelle toute une jeunesse
vit l'érotisation des valeurs sentimentales et romantiques,
l'amour devient une expérience strictement personnelle.
Cette vertu, autrefois considérée comme cardinale,
est tellement malmenée, que plusieurs en perdent
leur vertu. Les choix amoureux d'une génération
ultra moderne et super branchée font éclater
la signification profonde de l'amour. Brusquement ou nonchalamment,
l'amour part à la recherche de lui-même ; il
part à la dérive, bercé par les courants
de la société ; il navigue sans but, entre
rive gauche et rive droite, parfois heureux, parfois déçu
d’être "emporté à tout vent
de doctrines". (Ou de se laisser emporter à
tout vent de doctrines.)
Une partie de la jeunesse découvre de plus en plus
tôt l'amour sensuel. Ecrits, films, télévision,
cybernétique audiovisuelle. Cet amour moderne qui
consiste souvent à faire l'amour plus qu'à
aimer, chasse de ses terres l'amour véritable. Il
remplace les vœux solennels traditionnels par des engagements
éphémères qui n'engagent aucun des
partenaires. On parle de plus en plus de partenaires, il
faut le préciser, et de moins en moins de conjoints.
De compagnons, et non d'époux. On ne parle plus d'une
vie, mais plutôt d'une nuit. C'est l'époque
des séductions, des sensations et des relations.
Fréquentations, déclarations, demandes en
mariage, terminées ! Fini aussi le temps des conseils
parentaux. Le père ne marie plus sa fille, et le
fils ne se marie plus ; et il hésite à demander
la main de sa bien-aimée. Il y a des exceptions,
évidemment, mais elles ne font pas la règle.
Si les mots ont un sens, ils traduisent bien la métamorphose
d'une société qui se cherche. On cherche l'allégresse
dans la jouissance épidermique, par consentement
ou autrement, saisissant les cinq sens de l'autre pour satisfaire
ses propres sens : il faut que l'autre soit beau à
l’œil "pour moi", doux à entendre
"pour moi", bon à sentir "pour moi",
excitant à toucher "pour moi", savoureux
à goûter "pour moi". Est-ce là,
la voie qui mène au bonheur ? Les consciences sont
torturées. Souvent on ne sait plus faire les bons
choix. On se dit qu'il vaut mieux saisir l'instant présent
; "un tien vaut mieux que deux tu l'auras" ; pour
nombre de jeunes, demain est si loin et si dangereux, que
plusieurs craignent de "rester sur le carreau"
ou "dans la vitrine" ; à l'heure de l'instantané,
les aînés, dépassés, acquiescent
aux paroles du chansonnier : "Laissons-les, laissons-les
s'aimer . . . devant la menace qui gronde". Désenchantés,
d'aucuns attendent la bombe, la dernière ! Dommage
! alors qu'il y a de l'espoir. Les repères universels
divins demeurent, même s'ils sont momentanément
brouillés. Pour l'instant, les hommes modernes se
creusent des citernes qui ne retiennent pas l'eau comme
le dit le prophète (Jérémie 2 : 13),
mais la source d'eau vive est toujours à la portée
de la main.
L'Ordre des Choses
La Bible nous dit que l'amour est éternel. Pourquoi
une telle assurance dans la déclaration ? Parce que
Dieu, par définition, est Amour. Ce fait répond
à la question de l'origine de l'amour. L'amour n'a
pas eu de commencement et n'aura pas de fin. L'apôtre
Paul dit bel et bien que "l'amour ne périt jamais"
(I Corinthiens 13 : 8). En effet car, Dieu ne peut pas périr,
et Son amour dans les être humains ne pourra jamais
être détruit. Quel espoir et quel encouragement
pour nous tous qui cherchons à aimer et à
être aimés !
L'apôtre Jean nous donne la définition de
l'amour, quand il déclare que "Dieu est amour"
(I Jean 4 : 16). Ainsi, puisque Dieu est éternel,
l'amour est éternel. Dans le livre de l'Exode, Dieu
donne une définition de Lui-même en affirmant
à Moïse devant le buisson ardent, "Je suis
celui qui suis" (Exode 3 : 14). Dieu, "Je Suis"
est Amour ; "Je Suis l'Eternel Amour". La nature
de Dieu étant trinitaire, l'Amour est Père,
l'Amour est Fils, l'Amour est Esprit, et le Père
est Amour, le Fils est Amour, l'Esprit est Amour. Si l'Esprit
est Amour, il est dans Sa nature de produire le fruit de
l'Amour comme nous le lisons dans Galates 5 : 22.
Selon la Genèse, le premier homme fut tiré
de la terre (Genèse 1 : 26-27 ; 2 : 7 ; 2 : 21-23
; I Timothée 2 : 13). Il fut créé masculin.
Aurait-il pu être créé féminin
? Il faut poser la question au créateur. Dans toute
famille il y a un premier-né, et il en fut ainsi
de la première cellule de la grande famille humaine.
Et comme dans toute famille humaine, il y a, en général,
un second-né, notre mère Eve fut la deuxième
à voir le jour ; non pas directement à partir
de la terre, mais à partir de la chair d'Adam qui
s'exclama en la voyant : "Voici, cette fois celle qui
est os de mes os et chair de ma chair !". Après
avoir nommé tous les animaux, Adam se rendit compte
que parmi eux tous, il n'y avait pas de compagne pour lui.
Mais en voyant la femme tirée d'un de ses os (une
côte), et en constatant que la chair qui recouvrait
les os de la femme était semblable à la sienne
et non comme celle des animaux, Adam reconnut que la femme
qui lui avait été donnée était
de race humaine comme lui-même était de race
humaine, et non de race animale "Toute chair n'est
pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes,
autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux,
autre celle des poissons" (I Corinthiens 15 : 39).
Le texte original rend bien l'émotion qu'Adam éprouva
en apercevant Eve. Le "Voici, cette fois. . . !"
du premier homme en voyant un humain de sexe opposé
laisse penser que plusieurs fois auparavant Adam avait cherché
une compagne de son espèce en nommant les animaux
des champs. Dieu vint à son secours, "Il n'est
pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable
à lui" (Genèse 2 : 18).
Ainsi donc, ces deux humains, après s'être
reconnus comme étant différents des animaux
qui les entouraient, devinrent un, par l'union physique
que Dieu a prévue à l'origine de l'humanité.
Il y a eu mariage entre Adam, le premier homme, et "la
chair de sa chair", Eve, qui devinrent unis, dans une
même chair, parce que de sexes complémentaires.
Complémentaires de par leur nature sexuelle distincte,
pour que par une telle union, le plan de Dieu puisse se
réaliser : l'être humain, masculin et féminin,
peut ainsi devenir pro-créateur [ce qui signifie
"créateur avec" ; du latin procreare, créer
avec ; donc, créateurs avec Dieu qui leur a donné
les moyens physiques, sexuels, physiologiques et biologiques
pour devenir ainsi des créateurs d'hommes à
leur tour]. Sans un Créateur, il ne pourrait y avoir
de procréateur, car, par définition, le procréateur
ne peut créer seul. Il ne peut créer qu'avec
l'aide d'un créateur existant déjà.
D'où la déclaration de Dieu, "Faisons
l'homme à notre image, à notre ressemblance".
La première grossesse de la première femme
de la terre fut certainement une expérience exaltante
; la naissance attendue du premier enfant suscita, à
coup sûr, chez nos premiers parents, une espérance
mêlée d'allégresse et d'appréhension
car Dieu avait expliqué à Eve qu'elle enfanterait
dans la douleur (Genèse 3 : 16). Mais, soulignons
que l'auteur du livre de la Genèse, Moïse, a
pris soin de bien noter les paroles prononcées par
Eve lors de son premier accouchement : "J'ai acquis,
[dit-elle], un homme, avec l'aide du Seigneur" (Genèse
4 : 1). Que voulut-elle dire au juste ? Elle déclara
d'emblée, que c'est bien avec l'aide de Dieu qu'elle
put "acquérir" un homme. Voilà qu'elle
réalise qu'un homme "petit format", bébé,
fait à l'image réduite de son mari Adam, est
là, devant elle ! Ce fut un choc pour cette mère
que de voir, sans trop comprendre, que de son sein, un homme
était sorti vivant. Quel miracle ! Avec Dieu, elle
pouvait créer des hommes. Si Dieu avait créé
un homme à partir de la terre, elle réalisa,
qu'elle, à son tour, pouvait procréer à
l'aide d'un homme, son mari. Ainsi, Dieu était le
père d'Adam, et Adam était le père
de Caïn. De son côté, Adam réalisa
à son tour que sans Eve, il n'aurait pas pu créer
un fils. Eve procréa à l'aide du Seigneur,
mais grâce à Adam. Et vice et versa, Adam put
procréer, mais avec l'aide de son épouse.
Le Mariage
Nous voyons que l'un des buts du mariage est de procréer.
Chez les humains la multiplication des enfants se fait de
manière humaine, c'est-à-dire, qu'ils se reproduisent
selon leur espèce, et leur espèce possède
des attributs qui lui sont propres.
Les humains ont une intelligence supérieure, une
raison et un cœur. Les hommes sont capables de raisonner,
d'aimer, de haïr, de rire et de pleurer. Ainsi la procréation
chez l'homme doit se produire avec la raison et le cœur
; l'union de deux chairs ne suffit pas. Sinon, où
serait la différence entre les bêtes des champs
et les hommes ? L'anatomie même du corps humain fut
conçue de manière telle, qu'elle permet toutes
les expressions d'amour mutuel.
Ainsi donc, parce que les humains sont ce qu'ils sont,
et sont modelés comme ils le sont, nous découvrons
qu'un autre but du mariage consiste à exprimer mutuellement
l'amour et l'affection entre les époux.
L'amour est un sujet traité abondamment dans la
Bible. L'Ancien Testament recèle de drames familiaux
si mémorables que des millions de personnes en parlent
encore aujourd'hui. Au départ, l'histoire d'amour
du premier couple fut désastreuse. Les deux conjoints
furent chassés de leur demeure, loin de la face de
Dieu, et leur premier enfant assassina froidement son propre
frère. Nous voyons Abraham placer Sara, son épouse,
dans les bras de Pharaon (Genèse 12) ; une fois n'a
pas suffit, l'expérience se répéta
avec le roi Abimélec (chap. 20). Isaac fait avec
Rébecca ce que son père avait fait avec Sara
(chap. 26). Nous voyons aussi les filles de Lot l'enivrer
afin d'avoir une progéniture. Moïse renvoie
son épouse Séphora chez son père (Exode
18), sans parler d'une foule d'autres exemples plus ou moins
édifiants.
Parmi cette pléiade d'amours, nous avons Ruth et
Boaz (Ruth 1 à 4) qui nous donnèrent le Christ
par la postérité d'Obed et de David. Au milieu
des épisodes mouvementés de la vie des enfants
d'Israël, nous trouvons le poème du Cantique
des Cantiques qui nous apporte une brise douce et fraîche.
Les déclarations d'amour de la fiancée et
du fiancé devraient embaumer d'un parfum de tendresse
le visage de tous les amoureux du monde : "Mets-moi
comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton
bras ; car l'amour est fort comme la mort, ses ardeurs sont
des ardeurs de feu, une flamme de l'Eternel" (Cantique
des Cantiques 8 : 6). "Je suis à mon bien-aimé
et ses désirs se portent vers moi. Dès le
matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne pousse,
si la fleur pousse, si les grenadiers fleurissent. Là
je te donnerai mon amour" (7 : 11-13).
L'apôtre Paul et l'Amour
Certains prêtent des sentiments misogynes à
l'homme de Dieu, mais les écrits de Paul prouvent
le contraire. Citons un exemple : Paul, dans sa lettre aux
Romains, prend soin de saluer une douzaine de femmes dont
il loue les vertus et le courage (Romains 16). Paul aurait-il
pu louer autant ces femmes, et avoir en même temps
de la haine pour elles ? En vivant selon ses enseignements,
le bonheur est accessible pour chacun. Il dit, "Maris,
que chacun aime sa femme comme Christ a aimé l'Eglise,
et s'est livré lui-même pour elle . . .C'est
ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps.
Celui qui aime sa femme s'aime lui-même. Car jamais
personne n'a haï sa propre chair, mais il la nourrit
et en prend soin, comme Christ le fait pour l'Eglise, parce
que nous sommes membres de son corps" (Ephésiens
5 : 25, 28-30).
Dans sa première lettre aux Corinthiens, et ce,
bien avant l'avènement du cybersexe, l'apôtre
parle de sexualité et enjoint le chrétien
de s'éloigner de la prostitution en déclarant
: "Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres
de Christ ? Prendrais-je donc les membres de Christ, pour
en faire les membres d'une prostituée ? Loin de là
! Ne savez-vous pas que celui qui s'attache à la
prostituée est un seul corps avec elle ? Car, est-il
dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui
s'attache au Seigneur est avec lui un seul esprit"
(I Corinthiens 6 : 15-17).
Après avoir dit qu'il pense qu'il est bon pour l'homme
de ne point toucher de femme [si quelqu'un a reçu
un don pour le faire (7 : 7), ou à cause des temps
difficiles (7 : 26-29) , ou pour d'autres raisons connues
de Paul], le serviteur de Dieu ajoute, "Toutefois,
pour éviter la débauche, que chacun ait sa
femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende
à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse
de même envers son mari" (7 : 2-3).
Paul veut protéger ainsi le chrétien contre
la débauche et sauvegarder l'intégrité
du mariage en défendant la monogamie. Parlant toujours
de relations sexuelles dans le couple marié, Paul
précise, "Ce n'est pas la femme qui dispose
de son corps, c'est son mari. De même, ce n'est pas
le mari qui dispose de son corps, c'est sa femme. Ne vous
privez point l'un de l'autre . . ." (7 : 4-5).
Ne pas se priver l'un de l'autre est une mesure de prévention
contre la débauche et la prostitution. Mais c'est
avant tout un moyen certain d'entretenir l'amour et l'affection.
Certains couples, pour diverses raisons, se voient forcer
de se priver de rapports intimes. Ces problèmes sont
autant de causes entraînant parfois l'espacement des
rapprochements conjugaux ; les conjoints ne devraient pas
les utiliser comme des prétextes pour s'éloigner
l'un de l'autre, mais plutôt comme des occasions pour
démontrer de la sagesse, de la compassion et de la
tendresse envers l'autre.
Enfin l'apôtre Paul loue toujours le mariage et le
hisse au pinacle des expériences humaines en révélant
que le mariage est le symbole de l'union de Christ avec
Son Eglise. Si grand est le symbolisme du mariage que Paul
le qualifie de mystère, "Ce mystère est
grand ; je dis cela par rapport à Christ et à
l'Eglise. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme
lui-même, et que la femme respecte son mari"
(Ephésiens 5 : 32-33). Comment l'amour dans le couple
doit-il s'exprimer dans toute sa profondeur ? Nous laissons
Paul nous le dire avec précision et éloquence
: "L'amour est patient, il est plein de bonté
; l'amour n'est point envieux ; l'amour ne se vante point,
il ne s'enfle point d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête,
il ne cherche point son intérêt, il ne s'irrite
point, il ne soupçonne point le mal, il ne se réjouit
point de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité
; il excuse tout, il croit tout, il espère tout,
il supporte. L'amour ne périt jamais" (I Corinthiens
13 : 4-8).
L'humanité, chassée du jardin d'Eden, vit
toujours sous une malédiction qui ne peut être
effacée que par le sang du Christ. L'amour véritable
ne peut être vécu que par un retour à
Dieu ; que par un retour dans le "paradis terrestre"
symbolisé par le repos en Christ, par l'accès
à la vraie liberté en Jésus-Christ
qui invite tous les hommes de la terre, grands et petits,
à participer aux noces de l'Agneau par un mariage
éternel (Apocalypse 19 : 6-8).