Là où il y a des hommes, il y a aussi la
faiblesse, le mensonge, la tromperie, l'infidélité,
l'errance et la souffrance, l'erreur et le malheur. Les
cas de divorce et de remariage sont très complexes
et fort douloureux. Plus les attitudes de la société
face à l'engagement dans le mariage se dégradent,
plus ces cas se compliquent, plus ils sont difficiles à
résoudre.
Il n'existe aucun modèle de divorce, ni aucun divorce
modèle. Chaque divorce est toujours un cas unique.
Aucun article sur la question ne peut donc être parfait.
Cependant, il est possible de dégager quelques lignes
directrices qui permettent aux chrétiens de dénouer
certaines situations maritales, en toute bonne conscience,
lorsque les faits le justifient, sans plonger dans le gouffre
de la culpabilité, et en accord avec les Ecritures.
La Position de Dieu
Sur le sujet du divorce la position de Dieu est claire
et compatissante. Dieu hait le divorce. Il le déclare
par la bouche du prophète Malachie : "Prenez
donc garde en votre esprit, et qu'aucun ne soit infidèle
à la femme de sa jeunesse ! Car je hais la répudiation,
dit l'Eternel, le Dieu d'Israël" (Malachie 2 :
16). Mais, cette déclaration de Dieu contre la répudiation
n'est pas la seule du genre. A plusieurs autres endroits
dans la Bible, Dieu tient le même langage face à
d'autres comportements humains. Pour ne prendre qu'un exemple
précis, il est écrit dans le livre des Proverbes
qu' "Il y a six choses que hait l'Eternel, et même
sept qu'il a en horreur : les yeux hautains, la langue menteuse,
les mains qui répandent le sang innocent, le cœur
qui médite des projets iniques, les pieds qui se
hâtent de courir au mal, le faux témoin qui
dit des mensonges, et celui qui excite des querelles entre
frères" (Proverbes 6 : 16-19).
Ainsi, nous voyons que le divorce n'est pas la seule chose
que Dieu déteste, et il n'est pas rare de retrouver
dans les causes de divorces ces autres choses que Dieu a
en horreur. Cette précision est importante, afin
de ne pas passer de jugements sommaires sur les gens divorcés,
comme si le divorce était un péché
impardonnable. Etre divorcé ne constitue pas toujours
une faute. Souvent le ou la divorcé(e) ne fait que
subir la conséquence d'une faute, ou d'une série
de fautes. Si certains sont fautifs, tous les divorcés
ne le sont pas pour autant.
En revanche, il faut reconnaître qu'un divorce fait
jaser beaucoup plus que "la simple" hypocrisie
ou que "la simple" calomnie, ou que "le simple"
orgueil et "la simple" propre justice. On ne passe
pas devant un tribunal humain pour avoir été
orgueilleux ou menteur. Dans ce dernier cas, ce sera peut-être
le cas pour parjure, parce qu'un prévenu ou un témoin
aura menti à la Cour. Mais, il faut bien admettre
que plusieurs mauvaises langues de "bonnes gens"
s'en tirent sans être stigmatisées par des
arrêts de justice, comme c'est malheureusement trop
souvent le cas pour les gens divorcés.
Répudiation et Divorce : deux choses différentes.
La répudiation est à sens unique. Dans le
contexte de Malachie, Dieu s'adresse au mari à qui
il enjoint de ne pas répudier la femme de sa jeunesse.
Dans ce cas précis, l'épouse deviendrait une
victime passive. Le Christ appuie les propos du prophète
Malachie quand des chefs religieux de Son temps Lui pose
la question : "Est-il permis de répudier sa
femme pour un motif quelconque" (Matthieu 19 : 3) ?
Les Pharisiens voulaient piéger Jésus en Lui
rappelant que Moïse avait prescrit de donner à
la femme une lettre divorce et de la répudier. Le
Christ cibla aussitôt la cause de la répudiation,
et répondit, que si Moïse légiféra
de la sorte, c'était à cause de la dureté
de cœur des maris qui répudiaient leur épouse
"pour un motif quelconque". En d'autres termes,
Jésus explique que le mariage, selon Dieu, et ce
depuis le commencement, est un engagement pour la vie.
Le divorce peut être demandé par l'un ou l'autre
des conjoints. Parfois c'est l'épouse qui demande
le divorce, parfois, c'est l'époux. C'est pourquoi,
toute l'analyse de ces drames conjugaux doit prendre en
compte l'ensemble des Ecritures bibliques et leur application
au sein du christianisme, en tenant compte des lois en vigueur
dans le pays. Toutes les situations possibles ne sont pas
mentionnées dans la Bible. En revanche, toutes les
situations peuvent être analysées à
partir des principes bibliques concernant le mariage et
le comportement chrétien ou non-chrétien des
conjoints.
Panne d'Amour
Que faire quand l'imperfection humaine corrompt l'idéal
divin ?
La question est de savoir ce qu'un conjoint peut faire
lorsque la vie maritale devient impossible à vivre,
et que l'amour est en panne sèche ? Que faire dans
les cas de fraude et d'imposture ? Que faire en cas de désertion
du foyer ? Que faire dans le cas de refus de pourvoir aux
besoins du conjoint et des enfants ? Que décider
dans les cas de dégradation et de déviation
sexuelles irréversibles ? Que faire si l'un des conjoints
devient criminel ou si sa vie est une débauche continuelle
?
Jésus a parlé de ces problèmes, et
inspiré l'apôtre Paul à prononcer des
jugements qui prennent en considération les situations
auxquelles les chrétiens et les chrétiennes
sont parfois confrontés. Dieu donne des directives
qui permettent aux chrétiens de Lui obéir
à Dieu, tout en sachant que pour réussir un
mariage, il faut la coopération des deux conjoints.
Ces principes sont une sorte de lampe utile pour éclairer
les consciences afin de prendre les décisions les
plus conformes à la volonté de Dieu pour le
bonheur de chacun et de chacune.
Avant de parler de divorce, il faut toujours parler de
réconciliation. Le mariage a pour but d'unir, pour
le restant de leur vie, deux personnes, un homme et une
femme, qui s'engagent à s'aimer pour s'épanouir
réciproquement. Si des problèmes menacent
la stabilité conjugale, il faut tout mettre en oeuvre
pour que la relation soit restaurée par le repentir
et le pardon. La réconciliation est toujours l'objectif
que les conjoints doivent poursuivre.
Si la réconciliation n'est pas possible, et que
le divorce est la seule issue, il faut savoir qu'on ne peut
divorcer pour n'importe quel motif. Les Ecritures donnent
des situations où il y a matière à
divorce.
Pour éviter l'accord compliqué des adjectifs,
nous utilisons le mot "conjoint" pour désigner
à la fois, l'époux ou l'épouse, selon
les circonstances. Notons que le mot "addiction"
signifie dans le texte, "dépendance envers la
drogue, l'alcool ou toute autre substance".
Causes de Divorce
Le divorce est permis et le remariage est permis dans les
situations de "porneia", tel que le dit Jésus-Christ
dans Matthieu 19 : 9. La définition correcte du mot
porneia est cruciale. Ce mot grec est traduit par "adultère"
dans plusieurs versions bibliques, "sauf pour adultère"
ou "sauf pour porneia ". Ce mot vient du mot grec
"porne" (prostituée) et signifie une prostitution,
et dénote un avilissement moral de nature sexuelle.
Dans le contexte de Matthieu 19 : 9, il y a porneia lorsqu'il
y a un acte adultère, ou une infidélité
habituelle. Le terme Porneia, dans la clause d'exception
de Matthieu 19 : 9, est utilisé au lieu du terme
moicheia (acte d'adultère), parce que le mot porneia
sous-entend une attitude d'avilissement moral, EN PLUS de
l'acte d'infidélité. Cet avilissement moral
est décrit dans Galates 5 : 19-21, et I Corinthiens
6 : 9.
Le divorce et le remariage sont permis lorsque l'un des
conjoints croyants a pris l'habitude de se conduire comme
un non-croyant en pratiquant l'addiction (Galates 5 : 21),
l'abus physique ou moral (Galates 20-21), la désertion
ou le refus de pourvoir aux besoins de sa famille (I Timothée
5 : 8), le spiritisme (Galates 5 : 20-21 ; Apocalypse 22
: 15), la conduite criminelle (I Corinthiens 6 : 9-10),
la conduite immorale (I Corinthiens 6 : 9-10 ; Apocalypse
22 : 15).
Le comportement impie d'un croyant devenu non-croyant,
l'empêchant ainsi d'être candidat au Royaume
de Dieu, constitue un motif de divorce.
Les croyants qui se séparent pour des motifs autres
que ceux fournis par les Ecritures autorisant le divorce
doivent ou bien se réconcilier, ou bien vivre sans
se remarier (I Corinthiens 7 : 11).
Outre ces situations que l'on retrouve entre croyants,
ou entre croyants dont l'un se comporte de manière
habituelle comme un non-croyant, il y a les situations (nouvelles
à l'ère apostolique) où un mariage
se compose d'un conjoint croyant et d'un conjoint non-croyant.
L'apôtre Paul dit clairement que le croyant ne doit
pas divorcer d'un non-croyant si celui-ci "consent
à habiter avec lui" (I Corinthiens 7 : 12-13,
15).
Si une femme (ou moins souvent, un mari) est victime d'abus
sexuels ou physiques de la part du conjoint, elle (il) doit
sortir de cette situation. Un tel conjoint est, EN FAIT,
un non-croyant dont la conduite démontre qu'il ne
consent pas à habiter avec le conjoint croyant. Si
la réconciliation et la restauration du mariage sont,
de ce fait, impossibles, le divorce et le remariage sont
permis.
L'enseignement du Nouveau Testament est d'éviter
le divorce. Mais les êtres humains étant pécheurs,
cela n'est pas toujours possible. Dans certains cas, la
dureté du cœur et l'esprit charnel peuvent déformer
la relation conjugale à un point tel que le divorce
est la seule solution envisageable.
Dans tous les cas de divorce ou d'annulation, chaque conjoint,
croyant ou non-croyant, doit prendre sa décision
librement. C'est pourquoi la décision finale de divorcer,
mûrement réfléchie et bien pesée,
revient aux conjoints eux-mêmes. Personne ne devrait
porter un jugement pour ou contre, les personnes qui vivent
un divorce. Dieu est leur seul juge. Le côté
de Dieu est le troisième côté de la
médaille.
Bonheur : Calculer la Dépense
Dans une société de plus en plus "cyberbranchée",
il faut s'attendre à découvrir de nouvelles
situations d'échecs et de faillites de l'amour conjugal.
Aucun doute que le droit civil évolue pour mieux
départager les obligations et les droits des conjoints
en guerre, et mieux protéger le bien-être de
chacun des époux et des enfants. Les enseignements
bibliques seront toujours d'un grand secours, soit pour
restaurer un mariage boiteux, soit pour se tirer d'un mariage
devenu infernal. Mais comment s'assurer contre un échec
marital ?
Pour éviter le divorce, la meilleure garantie est
de construire un mariage sur le roc et non sur le sable.
Les tempêtes de la vie ne manqueront pas de s'acharner
sur la maison, mais elle pourra résister aux pires
assauts (Matthieu 7 : 24-27).
Avant de s'engager, il faut calculer la dépense
(Luc 14 : 28), et voir si l'on est en mesure de terminer
dans le bonheur ce que l'on a entrepris de construire dans
le bonheur. Dépense en amour, en abnégation,
en affection, en humilité, en temps et en argent.
Il faut aussi évaluer, non pas seulement ce que l'autre
nous apportera, mais, avant tout, ce que l'on pourra vraiment
apporter à l'autre, et accepter de mettre en commun
deux vies, deux intelligences, pour réaliser un seul
rêve, et vivre un seul amour, après avoir bien
compris qu' "il n'y a pas de plus grand amour que de
donner sa vie pour ceux qu'on aime" (Jean 15 : 13).