Dieu a Son mot à dire...
Joseph Tkach
 

Par le passé, j'ai parlé du rôle de la loi dans la vie chrétienne. Je soulignais le fait que les chrétiens n'étaient plus assujettis à la loi de Moïse, et qu'aucune loi ne pouvait les sauver, y compris les lois du Nouveau Testament.

Néanmoins, le christianisme donne des normes concernant le comportement. Cela implique des changements dans notre mode de vie et exige beaucoup de notre part. Il faut vivre pour le Christ, et non pour soi-même (II Corinthiens 5 : 15). Dieu est notre priorité en toutes choses. Il a donc Son mot à dire, à propos de notre manière de vivre.

Tout ce que je vous ai commandé

En donnant Ses derniers commandements aux disciples, Jésus les exhorta à enseigner aux nouveaux convertis " à obéir à tout ce que je vous ai prescrit " (Matthieu 28 : 20). Jésus a donné des commandements ; en tant que disciples de Jésus, il nous incombe de prêcher l'obéissance à ces commandements. Nous les prêchons et nous nous y conformons, non pas comme un moyen pour obtenir le salut, non pas en tant que référence pour juger les autres, mais en tant que directives émanant du Fils de Dieu. Les chrétiens sont tenus d'obéir à la parole de Jésus, non par crainte du châtiment, mais simplement parce que leur Sauveur le leur a demandé.

L'obéissance parfaite n'est pas le but de la vie chrétienne. Celui-ci étant d'appartenir à Dieu. Nous Lui appartenons lorsque Christ habite en nous. Christ habite en nous lorsque nous avons la foi en Lui. Il nous mène à l'obéissance par le Saint-Esprit.

Comme je l'ai mentionné par le passé, Dieu nous transforme à l'image de Christ. Par la grâce de Dieu et par Sa puissance, nous devenons de plus en plus comme le Christ. Ses commandements ne touchent pas seulement le comportement, mais aussi les pensées et les motivations du cœur. Ces pensées et ces motivations exigent la puissance transformatrice du Saint-Esprit, car il est impossible d'acquérir la perfection par notre seule volonté. Une partie de notre foi comporte ainsi l'assurance que Dieu agira en nous pour nous transformer.

Le plus grand commandement, à savoir, aimer Dieu, est également la meilleure raison pour nous d'obéir aux commandements. Nous obéissons à Dieu parce que nous L'aimons, et nous L'aimons parce qu'Il a daigné nous attirer à Lui pour que nous fassions partie de Sa maisonnée. C'est Dieu qui agit en nous, pour faire Sa volonté et la faire selon Son dessein (Philippiens 2 : 13).

Quand nous ratons la cible

Que faire quand nous ratons la cible ? Nous repentir et, évidemment, demander pardon avec l'assurance que nous le recevrons. Nous ne le prenons pas à la légère ; cependant, il faut toujours l'accepter.

Que faire quand les autres ratent la cible ? Faut-il les condamner et insister pour qu'ils prouvent leur sincérité par de bonnes oeuvres ? Il semble bien que ce soit la tendance humaine ; pourtant, c'est précisément ce que Christ nous a dit de ne pas faire (Luc 17 : 3).

À quoi ressemble la vie chrétienne ? Le Nouveau Testament recèle de nombreux principes. Il n'y a aucune pénurie de règles pour vivre dans le monde, une vie qui repose sur la foi. Nous y trouvons des préceptes précisant comment les riches devraient traiter les pauvres, comment un mari devrait traiter sa femme, comment nous devrions vivre ensemble en tant que membres de l'Eglise.

Dans I Thessaloniciens 5 : 12-22, une liste de ces principes nous est donnée :
respecter les supérieurs qui vous dirigent dans le Seigneur ;
vivre en paix les uns avec les autres ;
avertir ceux qui mènent une vie déréglée ;
réconforter ceux qui sont découragés, abattus ;
soutenir les faibles ;
être patient envers tous ;
s'assurer que personne ne rende le mal pour le mal ;
rechercher le bien en toute occasion ;
être toujours dans la joie ; prier sans cesse ;
remercier Dieu en toute circonstance ;
ne pas éteindre le feu de l'Esprit ;
ne pas mépriser les prophéties ;
examiner toutes choses ;
retenir ce qui est bon ;
se garder du mal sous toutes ses formes.

Paul savait que les chrétiens de Thessalonique avaient le Saint-Esprit en eux pour les guider et les instruire. Il savait également que les Thessaloniciens avaient besoin d'exhortations fondamentales ou de rappels à propos de leur vie chrétienne. Le Saint-Esprit avait choisi de les instruire et de les guider par l'entremise de Paul. Celui-ci n'a aucunement menacé de les chasser de l'Eglise s'ils ne répondaient pas à ses attentes ; il se contentait de donner des commandements pour les diriger sur la voie de la fidélité.

Le péché entraîne des amendes

Paul avait des principes élevés. Même si l'on obtient le pardon de ses péchés, ceux-ci comportent des châtiments dans cette vie, des amendes qui, parfois, touchent le côté social. " Je voulais simplement vous dire de ne pas entretenir de relations avec celui qui, tout en se disant votre "frère", vivrait dans la débauche, ou serait avare, idolâtre, calomniateur, adonné à la boisson ou voleur. Avec des gens de cette sorte, il ne vous faut même pas prendre de repas " (I Corinthiens 5 : 11).

Paul ne voulait pas que l'Eglise devienne un refuge de pécheurs éhontés et irrévérencieux. L'Eglise est un hôpital pour se réformer. Ce n'est pas une zone de sécurité où les parasites sociaux peuvent pratiquer à volonté leurs vices. Paul exhortait les chrétiens de Corinthe à discipliner un homme qui pratiquait l'inceste et ne s'en cachait pas (I Corinthiens 5 : 1-5). Il les encourageait aussi à lui pardonner (II Corinthiens 2 : 5-8).

Le Nouveau Testament en dit long sur le péché. Il nous donne beaucoup de directives de vie à suivre. Lisons l'épître aux Galates. Dans ce manifeste d'affranchissement de la loi, Paul y consignait aussi quelques recommandations franches et directes.

Les chrétiens ne sont plus assujettis à la loi. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'ils sont dépourvus de loi. Paul exhorte les chrétiens à ne pas se faire circoncire, sinon ils seraient déchus de la grâce. Voilà un commandement majeur (Galates 5 : 2-4) ! Ne vous laissez pas réduire à l'esclavage par une loi caduque.

Paul met en garde les Galates contre les gens qui essaieraient de les détourner "de l'obéissance à la vérité" (verset 7). Il renverse les rôles contre les judaïsants qui prétendent obéir à Dieu. La vérité de Christ exige que l'on abandonne l'Ancienne Alliance. Nous désobéissons donc à Dieu si nous exigeons le respect d'un commandement aujourd'hui caduque.

Paul donne un autre sens au verset 9 : " Il suffit d'un peu de levain pour faire lever toute la pâte. " Dans ce cas-là, le levain, c'est la loi de l'Ancienne Alliance ! Une telle approche à la religion peut se propager, si l'on ne prêche pas la vérité de la grâce. Il y aura toujours des gens disposés à se tourner vers les lois comme étalon de mesure de la piété. Même des règles restrictives plaisent à de nombreuses personnes bien intentionnées (Colossiens 2 : 23).

Un appel à la liberté

Les chrétiens sont appelés à la liberté : " Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vous laisser aller aux tendances de la nature pécheresse. Au contraire, par amour, mettez-vous au service les uns des autres " (Galates 5 : 13). La liberté comporte des obligations. Autrement, celle-ci empièterait sur la liberté d'une autre personne. Nul ne devrait être libre de prêcher pour inciter à l'esclavage, ou pour s'attirer des disciples, ou encore pour marchander le peuple de Dieu. Ce genre de comportement, qui va à l'encontre du christianisme et qui crée des divisions, n'est pas permis.

Au verset 14, Paul le dit : " Car la Loi se trouve accomplie tout entière par l'obéissance à cette seule parole: Aime ton prochain comme toi-même. " Ceci résume notre responsabilité les uns envers les autres. En nous valorisant aux dépens des autres, nous adoptons une attitude auto-destructive (verset 15).

" Je vous dis donc ceci : laissez le Saint-Esprit diriger votre vie, et vous n'obéirez pas aux désirs de la nature pécheresse " (verset 16). L'Esprit nous conduira à l'amour et non à l'égocentrisme. Les pensées égoïstes sont issues de la chair, mais l'Esprit de Dieu produit en nous de meilleures pensées. " Les désirs de cette propre nature sont opposés à ceux de l'Esprit ; et l'Esprit a des désirs qui s'opposent à ceux de la nature pécheresse. Les deux sont opposés entre eux" (verset 17).

Parce qu'il y a conflit entre l'Esprit et la chair, la vie n'est pas toujours facile. " Il vous est impossible de faire le bien que vous voudriez " (verset 17, dernière partie). Parfois, nous péchons, même si nous ne le voulons pas. Quelle est donc la solution au péché qui nous sollicite si facilement ? Rétablir la loi ? Non ! " Mais si vous êtes conduits par l'Esprit, vous n'êtes plus sous le régime de la Loi " (verset 18). Nous avons une approche différente de la vie. Nous pouvons compter sur l'Esprit, et l'Esprit développera en nous un désir de marcher selon les commandements du Christ. De plus, Il nous donnera la force pour le faire. Ainsi, nous plaçons les bœufs avant la charrue.

La joie et le salut

D'abord, nous tournons le regard vers Jésus. Nous considérons Ses commandements dans le contexte de notre loyauté envers Lui, et non comme des règles auxquelles il faut nous soumettre, sinon nous serons punis. Nous ne sommes pas au pied du mont Sinaï où domine le châtiment. Nous sommes venus à la Jérusalem céleste, où la joie et le salut dominent, où le sang de Jésus personnifie le pardon (Hébreux 12 : 18-24).

Voilà une nouvelle approche du culte, une autre perspective du salut. Les ordonnances de Christ sont des commandements, mais elles ne ressemblent aucunement aux lois de l'Ancienne Alliance qui entraînaient des châtiments.

L'Esprit nous pousse à devenir de plus en plus comme Jésus-Christ. Cependant, cela ne veut pas dire qu'il nous faut observer toutes les lois de l'Ancienne Alliance que Jésus a observées Lui-même. Jésus est né sous le régime de la Loi, mais nous, nous n'y sommes pas assujettis (Galates 4 : 4 ; 5 : 18). Notre situation est tout autre. Le même Esprit nous guidera pour appliquer la loi de l'amour dans les circonstances actuelles. Nous nous conformerons à ce que Jésus nous a ordonné. Nous compterons sur le même Esprit. " Ce qui importe... c'est d'avoir la foi, une foi qui se traduit par des actes inspirés par l'amour " (verset 6).

Dans Galates 5, Paul énumère une série de péchés, dont " l'immoralité, les pratiques dégradantes et la débauche, l'adoration des idoles et la magie, les haines, les querelles, la jalousie, les accès de colère, les rivalités, les dissensions, les divisions, l'envie, l'ivrognerie, les orgies et autres choses de ce genre " (versets 19-21). Les uns relèvent du comportement, les autres de l'attitude. Peu importe. Ils sont tous égocentriques et proviennent d'un cœur pécheur.

Paul émet un avertissement sévère : " Ceux qui commettent de telles actions n'auront aucune part à l'héritage du Royaume de Dieu " (verset 21). Ce n'est pas la voie de Dieu. Nous ne voulons pas suivre cette voie. Nous ne voulons pas que l'Église soit ainsi.

Le pardon est à votre portée

Le pardon est à la portée de tous pour chacun de ces péchés (I Corinthiens 6 : 9-11). Est-ce à dire que l'Eglise devrait fermer les yeux sur le péché ? Non. L'Eglise n'est pas un sanctuaire pour dissimuler ses péchés. Elle doit être un endroit où la grâce et le pardon s'expriment envers autrui. Ce n'est pas un lieu où le péché peut foisonner sans qu'on lui oppose de résistance.

L'Eglise prêche contre ces péchés, et nous ne pouvons pas fréquenter des gens qui se disent chrétiens tout en continuant à pécher ainsi (I Corinthiens 5 : 11). Ces gens ne sont pas disposés à confesser leurs péchés, ni à chercher Dieu afin d'obtenir la grâce du pardon et la force de vaincre leur péché. A la place, ils excusent et justifient leurs péchés, et cherchent à y demeurer.

Nous ne pouvons pas considérer ces gens comme des membres en règle, de l'Eglise. Il est fort possible qu'ils appartiennent à Christ (à Lui d'en décider, et non à nous), mais nous ne pouvons pas les fréquenter. Ceci s'applique tant à une vie contraire à la morale et à l'éthique, qu'au fait de judaïser. Il ne faut pas permettre au mauvais levain de se répandre.

" Mais le fruit de l'Esprit c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, l'amabilité, la bonté, la fidélité, la douceur, la maîtrise de soi " (Galates 5 : 22-23). Voilà le fruit d'un cœur consacré à Dieu !" Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ ont crucifié la nature pécheresse avec ses passions et ses désirs " (verset 24). Grâce à l'Esprit en nous, nous croissons de manière à avoir la volonté et le pouvoir de repousser les oeuvres de la chair. Nous portons en nous les fruits de l'œuvre de Dieu.

Le message de Paul est manifeste : nous ne sommes pas assujettis à la loi. En revanche, cela ne signifie pas que nous n'obéissons à aucune loi. Nous sommes sous l'autorité de Christ. Nous sommes assujettis à Sa loi, à l'incitation du Saint-Esprit. Notre vie repose sur la foi, motivée par l'amour, caractérisée par la joie, la paix et la croissance. " Puisque l'Esprit est la source de notre vie, laissons-le aussi diriger notre conduite " (verset 25).

Mes amis, je prie pour vous. Le Saint-Esprit nous conduit sur un chemin exceptionnel. Nous ne savons pas ce qui nous attend exactement. Donc, gardez la foi, continuez à faire de bonnes oeuvres et restez en harmonie avec le Saint-Esprit !

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