Jésus-Christ et Son époque
La Rédaction
 

L'histoire de Jésus-Christ est assurément l'un des éléments les plus forts et les plus marquants de l'Europe occidentale : tant pour le message dispensé (Son ministère décrit dans les quatre évangiles), que par Sa mort et Sa résurrection. De plus, cette histoire rythmée par l'amour, ressenti, donné, voire partagé, a fait naître un formidable espoir face à la mort.

Dans Jésus-Christ et Son époque, la Rédaction propose à travers quelques éléments clefs, de fixer le cadre même de la vie de Jésus. Ceci, afin de mieux connaître la région où est né le Sauveur, et mieux appréhender les habitudes de vie qui avaient cours en Galilée à cette époque.

La Galilée

Les terres fertiles de la Galilée, la province la plus septentrionale de la Palestine, produisaient du blé et de l'orge, ainsi que des légumes, du lin pour tisser la toile, des noix, des figues, du raisin -propre à la vinification- et d'autres fruits. Les cultures procuraient à des centaines de villages de montagne un niveau de vie relativement élevé. Le bois provenait des montagnes du Nord ; et, grâce à la mer de Galilée, une véritable industrie de pêche s'était développée. Celle-ci est en fait un lac paisible de 20 km de long et de 13 de large, traversé par le Jourdain. Appelée aussi " lac de Tibériade ", regorgeant de poissons, elle était entourée, au temps de Jésus, de petits villages de pêcheurs. Le mont Thabor se situe à quelque huit kilomètres au sud-est de Nazareth. Le verset 13 du Psaume 89 relate que cette montagne, en dôme, ainsi que le Mont Hermon, est une louange à Dieu et témoigne de Sa puissance. Le Jourdain quant à lui, reliait le nord et le sud du royaume d'Hérode.

La ville de Nazareth

La ville de Nazareth remonte à quelque deux mille ans avant la naissance de Jésus-Christ. Situé à 48 km de la Méditerranée et à 24 km de la mer de Galilée, Nazareth était assez proche de la route des caravanes menant en Egypte. Le village ancien devait avoir une superficie de 2,7 ha sans compter les terres cultivées à la périphérie. De nos jours Nazareth est dominée par l'église de l'Annonciation qui passe pour être la plus grande du Proche-Orient.

La végétation: les arbres

Parmi les arbres de Palestine on trouvait le dattier, l'amandier et l'olivier. On mangeait les fruits du dattier, et ses feuilles, tressées, servaient à faire des nattes et des paniers. L'amandier fleurissait le premier et annonçait le printemps.

La vie d'un charpentier

On trouvait dans la plupart des villages, comme à Nazareth, des artisans indépendants : charpentier, forgeron, potier, teinturier, vannier, nattier, tanneur et cordonnier. Ces artisans échangeaient leurs services contre du grain, de l'huile, des légumes et autres denrées de première nécessité. L'un des métiers les plus respectés était celui de charpentier. On dit de Nazareth que c'était une ville de charpentiers, et Joseph faisait partie de cette catégorie d'artisans. Bien connaître les différents bois, en fonction de leur utilisation, construction ou ornementation, est important pour un charpentier. A Nazareth, du temps de Joseph, il y avait du sycomore, bois tendre mais résistant, de l'olivier, et peut-être du chêne. Les bois d'importation (Phénicie) comme le cèdre et le cyprès étaient chers. On ne devait pas en trouver beaucoup dans les petits villages tels que Nazareth dont toutes les familles étaient pauvres. On pense qu'un charpentier de village fabriquait essentiellement du matériel agricole (chariots, roues de bois, charrues etc...), des matériaux de construction, des meubles et des ustensiles de cuisine.

Le tissage

La Galilée était réputée pour ses champs de lin bleu et pour le robuste tissu réalisé à partir de ses fibres. Du temps de Jésus, les métiers confectionnaient des pièces de quelque 90 centimètres de large. Pour la plupart des vêtements, il fallait donc coudre deux pièces côte à côte pour obtenir la largeur nécessaire. En Galilée cependant, les métiers, souvent plus larges, permettaient de réaliser un vêtement d'une seule pièce. Dans son évangile, Jean rapporte que la tunique de Jésus " était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas" (Jean 19 : 23).

Le moule du potier

De tous les artisans ruraux, le potier était peut-être le plus indispensable. C'était le plus créatif et le plus artiste. Il y est fait de nombreuses fois référence dans les Ecritures, surtout dans l'Ancien Testament. Esaïe nous présente Dieu comme un potier " nous sommes l'argile et c'est toi qui nous a formés " (Esaïe 64 : 7) . On se servait de pots et de jarres pour la cuisine et pour faire des réserves d'eau potable, d'huiles précieuses, de semences, de grain ou de vin et même parfois pour garder des documents importants. C'est ainsi que les manuscrits de la mer Morte, série de textes bibliques et théologiques retrouvés fortuitement, ont été placés dans des jarres scellées et cachées dans des grottes, probablement au 1er siècle après J. C.

Le mariage

Pour un homme, la famille comptait plus que tout : il consacrait à son entretien la totalité de ses gains. Les mariages étaient "arrangés" par les parents. Quand un garçon atteignait dix-sept ou dix-huit ans, son père allait voir celui de la jeune fille pressentie pour convenir d'un prix (la jeune fille représentait en effet un capital). On fixait les conditions par écrit ou devant témoins. La jeune mariée revêtait une robe, souvent brodée, et se parait de bijoux. Ensuite, entourée de ses amies, elle attendait l'arrivée de l'époux. Pour que la maison soit bien éclairée, les jeunes filles tenaient à la main de petites lampes à huile en terre cuite et portaient, accroché à un doigt, un petit flacon d'huile en réserve, comme dans la parabole des vierges folles et des vierges sages (Matthieu 25 : 1-13). La famille et les amis se retrouvaient pour le mariage. Après la cérémonie, le jeune couple et les invités parcouraient les rues en une joyeuse procession accompagnée de musique. C'est à un mariage qui eut lieu à Cana, en Galilée, que Jésus accomplit Son premier miracle. Selon Jean (chap. 2 : 1-11) le vin venait à manquer. Alors Jésus, à la demande de Marie, Sa mère, changea de l'eau en vin pour les invités.

La saison des vendanges

La troisième saison de l'année, celle des vendanges, commençait au mois de Sivan (mai-juin), presque au moment où l'on finissait d'engranger le blé. Le terme " vendanges ", au sens large, s'appliquait à la culture, à la récolte et aux soins non seulement du raisin, mais aussi des olives, des figues et d'autres fruits. " Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure porte beaucoup de fruits..." (Jean 15 : 5).

La Pâque

La fête de Pessah, jour de la Pâque, était l'enchaînement de deux anciennes fêtes. On célébrait la sortie des Juifs d'Egypte, probablement vers le XIIIe siècle avant J.C. Le 15 de Nissan (vers mars-avril), les Juifs entraient dans la célébration de la Pâque, qui durait une semaine, par un seder ou fête rituelle pendant laquelle ils commémoraient la délivrance du joug égyptien. Luc relate que Marie et Joseph allaient à Jérusalem chaque année pour la Pâque (Luc 2 : 41). Les mets de la Pâque consistaient en pain azyme, agneau, herbes amères, vin et fruits. On mangeait aussi des gâteaux faits de sauterelles broyées. Au cours du repas, on récitait des passages des Ecritures. Le soir, Jésus se retrouva avec les douze apôtres dans une pièce " en haut de la maison ", chez un hôte dont on ignore l'identité. Là, ils partagèrent un repas qu'on appela la " Sainte Cène ". Matthieu, Marc et Luc indiquent qu'il s'agissait du repas traditionnel de la Pâque (Jean situe le repas la veille de la Pâque).

Le lavement des pieds

"Le Fils de l'homme n'est pas venu pour se faire servir mais il est venu pour servir et donner sa vie comme rançon pour libérer beaucoup d'hommes" (Matthieu 20 : 28). Quand, au soir de la Cène, Jésus lava les pieds de Ses disciples, Il donna à ces paroles un sens nouveau, exhortant Ses amis à se servir les uns les autres comme Il les servait. Par ce geste, Il inversait les rôles : c'était en général un serviteur qui lavait les pieds couverts de poussière d'un invité, en signe d'hospitalité. On trouvait des bassins pour le lavement des pieds dans l'entrée de toutes les maisons du Proche-Orient. En arrivant, l'hôte posait les pieds sur le marchepied central, pendant qu'un serviteur versait l'eau et les baignait.

La mort

Jésus mourut le lendemain vers la neuvième heure (trois heures de l'après-midi). " Tout est accompli " sont les mots qu'Il prononça, selon Jean, avant de rendre l'esprit. Depuis la sixième heure déjà, l'obscurité couvrait tout le pays, et lorsque Jésus mourut, la terre se mit à trembler et le rideau du Temple "se déchira en deux depuis le haut jusqu'en bas". Le centurion qui se tenait au pied de la croix ne put retenir cette réflexion rapportée par Marc : " Assurément, cet homme était le Fils de Dieu ".

Et la Résurrection

Selon Luc, lorsque les apôtres apprirent la nouvelle par les femmes, ils pensèrent que c'était une absurdité et ils n'y crurent pas. Dans les jours qui suivirent, plusieurs apparitions et visions amenèrent la communauté entière à la ferme conviction que Jésus était vivant. Jean rapporte que Thomas l'incrédule douta de la résurrection, alors Jésus l'invita à toucher les plaies de la crucifixion et lui dit : " Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru ! ". Durant cette période, Jésus raffermit la foi des apôtres et les exhorta à aller répandre Sa parole. Un jour selon Luc, Il les conduisit sur le mont des Oliviers, près de Béthanie. " Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel" (Luc 24 : 51).

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