Les dieux face à Dieu
1ère partie : Mythologie / Révélation divine
Donat Picard
 

En gravissant la colline de l'Acropole, tout visiteur a le sentiment de remonter l'échelle du temps. Il peut contempler Athènes du sommet de la colline, et se laisser imprégner du poids de la civilisation grecque, et de sa mythologie légendaire. Il prend la mesure du changement, et comprend, qu'en des temps anciens, le face à face eut lieu, entre Dieu et les faux dieux.

Il y a moins de 2 000 ans, christianisme et paganisme se rencontrèrent, les superstitions païennes furent inexorablement anéanties par la lumière de l'Evangile. Les dieux grecs n'ont pas su résister au temps, et Périclès, le grand bâtisseur, a lamentablement labouré la mer. Car, que reste-t-il de toute cette grandeur ? Qu'un site archéologique pour touristes ! Qu'une page d'histoire habilement sculptée dans le marbre froid des idoles délaissées !

Le touriste chrétien, en posant le pied sur la dalle rocailleuse de l'aréopage, ne peut s'empêcher de penser à l'apôtre Paul, et partager la victoire de Dieu. Les dieux de l'Olympe, de Delphe et de Corinthe ne pouvaient pas résister à la toute-puissance du Dieu Suprême. " Je suis le seul Dieu. Hors moi, il n'y a pas de Dieu " dit-il par la bouche du prophète Esaïe (Esaïe 44 : 6).

Mythologie : le partage des faits

Le monde se partage en deux grandes catégories d'individus ; ceux qui ne croient pas en Dieu ou aux dieux, et ceux qui y croient. Dans cette dernière catégorie, on trouve deux autres groupes ; ceux qui croient dans le Dieu de la Bible, et les autres qui croient dans les faux dieux. Puis il reste une catégorie de personnes qui adhère au panthéisme en croyant que Dieu est presque l'univers et que l'univers est presque Dieu ; l'un ne pouvant pas exister sans l'autre. Ainsi, la moindre partie de l'univers est également une partie de Dieu.

Or le Dieu de la Bible et du Coran déclare que les faux dieux n'existent pas. Donc pour les chrétiens et les Juifs, l'affaire est classée. Il n'y a qu'un seul et unique Dieu. Par là nous comprenons que les faux dieux n'existent qu'au sens symbolique ; qu'ils sont de simples créatures imaginaires d'une démarche intellectuelle faussée.

L'apôtre Paul déclare : " Nous savons qu'il n'y a pas d'idole dans le monde, et qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Car s'il est des êtres qui sont appelés dieux, soit dans le ciel, soit sur la terre, comme il existe réellement plusieurs dieux et plusieurs seigneurs, néanmoins, pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. Mais cette connaissance n'est pas chez tous " (I Corinthiens 8 : 4-7).

Dans sa lettre aux Romains, Paul déclare qu'il est insensé de confondre ou de remplacer le Créateur par Ses créatures, et de leur rendre un culte d'adoration (Romains 1 : 18-23).

Depuis toujours, les sociétés humaines ont fourni la preuve que l'homme est un être religieux, et qu'une part de surnaturel habite en lui. L'homme a besoin de croire en une force qui le dépasse, et qui le transcende. Il a soif d'éternité, de cette éternité qu'il aspire à connaître, sans être lui-même éternel (L'Ecclésiaste 3 : 11). Ainsi, au temps du Christ, la Grèce antique rendait un culte à d'innombrables dieux ayant, chacun, des pouvoirs surhumains, tout en possédant des attributs typiquement humains.

De tout temps, et en tout lieu, l'homme s'est créé une pléthore de dieux. Est-ce bien toujours le cas aujourd'hui ? Comme notre monde occidental a puisé une bonne part de sa culture aux sources de l'antiquité grecque et romaine, les dieux grecs et romains nous sont plus familiers que les dieux des autres grandes civilisations africaine, asiatique, orientale, océanienne ou américaine. Parce que nous avons refusé les cultes idolâtres de la Grèce et de la Rome antiques, nous pourrions être portés à croire que le monde actuel, devenu très moderne, est parvenu à se libérer de toute mythologie. Pourtant, loin s'en faut ! Avec ses milliards d'habitants, la planète compte plus d'idolâtres que d'adorateurs du vrai Dieu.

Le dieu de ce monde

Le vrai Dieu a communiqué avec les hommes. Il leur a parlé. Adam et Eve avant la Chute, Abraham, Moïse, les prophètes et les apôtres étaient les amis de Dieu (Exode 33 : 11 ; Luc 5 : 34 ; Jean 15 : 14-15). Les faux dieux n'ont jamais fait pareille démarche auprès des hommes, ni entretenu de relations amicales avec eux. Leur silence est d'une éloquence mortifiante ! Ce sont les hommes qui, après avoir créé leurs dieux, ont décidé de monologuer avec eux. Par Sa Parole, la Bible, Dieu nous apprend que parmi tous les dieux de la terre, il en existe un qui n'est pas fait de mains d'homme. Ce dieu est un être spirituel, invisible, puissant et rusé. Ce dieu s'oppose au vrai Dieu et aime se prendre pour Dieu lui-même. N'ayant pu conquérir le trône de l'Eternel, ni usurper Son autorité, il s'affaire à imiter Dieu. Son nom est Lucifer, devenu Satan, le Diable. C'est le Prince de la puissance des ténèbres. Il est le premier faux dieu de l'univers. Contrairement aux faux dieux que les hommes se sont inventés, cet archange devenu maléfique est bien réel ; il agit, il séduit les humains. Il influence le cours de l'Histoire.

Satan a été présent dans la vie du premier homme et de la première femme, Adam et Eve (Genèse 3) ; il a même demandé au Christ de se prosterner et de l'adorer ; en échange il Lui a offert tous les royaumes de la terre (Matthieu 4 : 1-13). Ce dieu a été, et sera présent dans la vie des hommes, jusqu'à ce que la plénitude du Royaume de Dieu soit établie sur la terre (Apocalypse 12 ; 20 : 1-10).

Dieu fait une distinction entre les Siens et le reste des hommes. Dans la première épître de Jean, nous lisons une révélation surprenante : " Nous savons que nous sommes de Dieu et que le monde entier est sous la puissance du malin " (I Jean 5 : 19). Paul dans son message aux Corinthiens parle " du dieu de ce siècle " (II Corinthiens 4 : 4). Ailleurs, l'apôtre parle de Satan et de ses fidèles qui se déguisent en anges de lumière pour proposer une contrefaçon de Dieu et de Sa Vérité aux habitants de ce siècle (II Corinthiens 11 : 13-15). Dans sa lettre aux Ephésiens, chapitre deux, verset deux, Paul dépeint Satan, le Diable, comme " le prince de la puissance de l'air, l'esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion ".

Qui sont ces fils de la rébellion ? Existe-t-il aujourd'hui une définition du mot " païen " qui puisse traduire une réalité moderne, réalité moderne qui corresponde aux caractéristiques liées à l'ancienne définition ? En un mot, quel est le pendant moderne du mot biblique " païen " ? Comment se comporte-t-il aujourd'hui, s'il existe ? Vit-il comme vivait le païen aux temps de Paul qui fut envoyé pour prêcher l'Evangile aux Gentils (Actes 18 : 6 ; Galates 1 : 16 ; I Timothée 2 : 7) ?

Faut-il faire semblant de croire que le paganisme n'existe pas pour ne pas offenser ceux qui le pratiquent, ou pour se " positionner " pour mieux les évangéliser ? Faut-il être " églisement " correct ? Faut-il dire, avec la foule, " toutes les religions se valent. Tous les dieux se valent. Ce qui compte c'est d'être religieux " ?

Quelle est la définition que Dieu, dans Sa parole, donne du comportement païen ?

Païens anciens et Païens modernes

Qu'est-ce, au juste, qu'un païen aux yeux de Dieu ? Quelques passages bibliques nous éclairent sur la question :

Dans Matthieu 6 : 31-34, le Christ explique comment le païen, à l'opposé du chrétien, organise les priorités dans sa vie. Jésus parle du boire, du manger, du vêtement, et Il ajoute " Car ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. . . Cherchez [vous, les chrétiens] premièrement le Royaume et la justice de Dieu ".

Le Christ a prophétisé en présence des douze qu'Il devait être livré aux païens. Il a été, en effet, livré aux autorités romaines (Luc 18 : 32). Nous voyons donc, qu'au temps du Christ, les Romains étaient des païens.

L'apôtre Paul écrit également que le Christ est folie pour les païens (I Corinthiens 1 : 23).

Dans I Thessaloniciens 4 : 5, Paul compare le comportement du chrétien avec celui du païen, en ces termes " Vous savez, en effet, quels préceptes nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus. Ce que Dieu veut c'est votre sanctification ; c'est que vous vous absteniez de la débauche ; c'est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l'honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu ; c'est que personne n'use envers son frère de fraude et de cupidité dans les affaires. . . Celui donc qui rejette ces préceptes ne rejette pas un homme, mais Dieu, qui vous a aussi donné Son Saint-Esprit ". Ailleurs, dans le livre des Actes des Apôtres, Dieu, par la bouche de l'apôtre Jacques, donne quelques directives destinées aux païens. Que sont-elles ? " C'est pourquoi je suis d'avis qu'on ne crée pas de difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu, mais qu'on leur écrive de s'abstenir des souillures des idoles, de la débauche, des animaux étouffés et du sang " (Actes 15 : 19-20).

Ainsi, par ces passages bibliques, nous voyons que, outre le fait de n'être pas Juif, un païen est quelqu'un : a) qui ne connaît pas le vrai Dieu, b) qui a des idoles, c) qui pratique la débauche, d) qui cherche d'abord les choses matérielles, e) qui mange les viandes d'animaux étouffés, f) qui pratique la fraude en affaires et g) qui est cupide. Cette définition biblique " selon la lettre " n'est pas exhaustive, car, selon l'Esprit, et au sens le plus large, un païen est celui qui ne connaît pas les voies, ni les pensées de Dieu.

En l'an 2 000, sur notre terre, existent-ils des habitants à qui cette définition biblique s'appliquerait, et qui pourraient recevoir l'Evangile comme une connaissance pouvant les libérer de leur superstitieuses mythologies ? Reste-t-il des nations vers lesquelles Christ nous envoie ?

Qu'adviendrait-il des peuples qui cesseraient de pratiquer le shintoïsme ? Que deviendraient le dieu Izagani et son épouse Izanami qui, de leur union, ont engendré les îles de l'archipel nippon ? Que deviendraient les trois enfants d'Izagani, la déesse du Soleil Amaterasu, le dieu de l'Orage Susanowo et le dieu de la Lune Tsuki-yomi ?

Si la Parole de Dieu pénétrait au plus profond de la mythologie hindoue, et si le vrai Dieu remplaçait, et Brahma (le créateur), et Shiva (le destructeur) et Vishnu (le protecteur), la vie en Inde ne serait-elle pas sens dessus dessous ? Que faire alors des quelques 3 306 dieux hindous ? Le brahman " suprême ", lui-même éliminé, que resterait-il du panthéisme hindou ?

Que penser un instant d'une Chine qui accepterait la Parole de Dieu et renoncerait à la parole du petit livre rouge ? Des experts ont dit que la Chine dormait. " Quand la Chine s'éveillera " est le titre d'un ouvrage interrogeant l'avenir, mais qui n'aborde pas le futur réveil chinois, sous l'angle d'une conversion au christianisme. Le Yin féminin et le Yang masculin, issus de l'oeuf cosmique d'où surgit Pan Gu le démiurge, constituent encore une des fibre bien vivante du bouddhisme chinois autour duquel s'entremêlent confucianisme et taoïsme. Qu'arriverait-il à la Chine, si ces fausses croyances disparaissaient totalement devant la lumière de l'Evangile ?

L'Océanie est aussi une terre d'évangélisation puisqu'elle abrite une foule de faux dieux. Que dire de l'Afrique profonde et des Amériques ? En plusieurs lieux de la planète, le culte des ancêtres y est encore pratiqué. Les tricksters (esprits malins et rusés) font encore peur. L'animisme demeure vivant dans les forêts les plus reculées comme dans les villes de béton et de verre les plus sophistiquées.

Nous constatons, malheureusement, que ceux qui, comme Socrate (philosophe grec, 470-399 av. J.-C.), voudraient aujourd'hui mettre en doute la réalité et l'immortalité des dieux en critiquant le fondement des grandes mythologies contemporaines, seraient, dans certains pays, contraints, à leur tour, de boire la ciguë. Les Champs Elysées de nos Cronos modernes (Cronos : faux dieu grec régnant sur le séjour paradisiaque appelé Champs Elysées où les âmes bonnes participent, après leur mort, à des festins ininterrompus, et où la musique, la littérature et le sport sont les nourritures de leur félicité) sont aussi l'espoir des grandes nations dites super civilisées ; civilisées, oui, mais toujours assoiffées et affamées ; toujours haletantes dans leur quête perpétuelle de paradis artificiels, de musique et de sport.

N'avons-nous pas les dieux du stade, les dieux de la table, les dieux du palais, les dieux du palais Brongniart, les dieux de la scène, les dieux de la jouvence, les dieux de la beauté, les dieux de la vieillesse, les dieux de la mode, les dieux de la nature, les déesses du plaisir, les déesses du désir, les dieux du corps, les dieux de la guérison et du gaspillage ? Les dieux du pouvoir, de la gloire et de la guerre sont bien vivants dans le coeur des hommes de notre siècle. Et le dieu télécyclope, malgré tous les services qu'il nous rend, n'est-il pas le grand dévoreur de temps de notre époque ? Et le film X, ce dieu pellicule qui génère plus quatre milliards de dollars par an, n'est-il pas adoré, par ceux et celles qui ont les moyens financiers d'en faire un dieu de poche qu'on insère, tête première, dans la fente d'un magnétoscope pornographe ou pédophile ? Les nations dites développées n'ont-elles pas leurs dieux qu'elles fréquentent, consultent et utilisent comme autant de pythies ? N'avons-nous pas, parmi nous, les cartomanciennes, les nécromanciennes, les tireuses au thé, les diseuses de bonne aventure, les marabouts ? Plusieurs dirigeants ne vont-ils pas consulter les devins professionnels avant de prendre une décision importante ? Mammon n'a t-il pas de multiple prénoms à consonance matérialiste ? Combien ne jurent-ils pas par sa force ?

Ce sont-là des dieux symboliques, des idoles sociales, professionnelles, sentimentales dont les hommes modernes sont devenus les esclaves, faute de connaître le vrai Dieu. Il n'est donc pas étonnant que l'on écrive sur la troisième mort de Dieu. Deux morts ne suffisent pas à le faire mourir, tellement le vrai Dieu est toujours bien vivant !

Au temps de la captivité des enfants d'Israël en terre païenne chaldéenne, le prophète Jérémie décrivit les habitants de Babylone en ces termes : " Car c'est un pays d'idoles ; ils sont fous de leurs idoles " (Jérémie 50 : 38). Aujourd'hui le même constat peut être fait envers les nations de la terre. Les émeutes provoquées par les critiques faites par l'apôtre Paul contre Artémis, la Diane des Ephésiens (Actes 19 : 23-32) ne sont rien en comparaison des émeutes provoquées par les fidèles supporters des idoles du stade ou de la scène.

Lueur d'espoir

La Toile (le Web d'Internet) et les autres technologies post-modernes permettront-elles d'illuminer les esprits et d'apporter une connaissance du vrai Dieu à l'échelle planétaire ? Que faire devant une telle idolâtrie " innocente " ? Comment amener les hommes au Christ ? Que fait Dieu face aux dieux ? Comment parviendrons-nous à faire comprendre à des populations modernes que ce qu'elles adorent n'existe que dans leur imagination ? Comment amener des populations entières à renoncer à leurs croyances traditionnelles ?

Comment faire pour accomplir un tel travail ? Que peut faire un chrétien pour que les faux dieux soient remplacés par Dieu ? Prêcher le christianisme à toutes ces nations qui sont devenues des puissances économiques, politiques et militaires constitue le plus grand chantier du troisième millénaire. Car la Parole de Dieu proclame que " Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la principale de l'angle. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés " (Actes 2 : 21 ; 4 : 11-12).

Selon la Bible, nulle chair ne peut être sauvée autrement que par la connaissance de Jésus-Christ. Mais dans quel cadre juridique et politique, une telle connaissance peut-elle être transmise ? Comment Dieu s'y prendra-t-Il ?

VOIR la 2ème partie : L'homme, face à face avec Dieu

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