" Où tu iras, j'irai, où tu demeureras,
je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu
sera mon Dieu ; où tu mourras, je mourrai, et j'y
serai enterrée " (Ruth 1 : 18). C'est ainsi
que Ruth scella à tout jamais son destin à
celui de sa belle-mère, Naomi. A travers ces propos,
la Moabite exprimait sincèrement son profond attachement
à la mère de son défunt mari. Naomi
était devenue veuve et privée de ses fils.
De son côté, Ruth était en droit de
rester dans son pays au lieu de suivre sa belle-mère
dans un territoire où elle serait une étrangère.
Mais pour Ruth, la décision était prise :
elle suivrait Naomi jusqu'au bout, quoiqu'il advienne. N'est-ce
pas un formidable exemple d'amitié ? Ruth considérait
sa relation avec sa belle-mère si importante qu'elle
a renoncé à sa propre patrie. L'amour dans
l'amitié requiert parfois des sacrifices. Certes,
peut-être pas du même ordre que celui exprimé
par Ruth, mais ce sont néanmoins des décisions
et des choix pris par amour qui nourrissent la relation
d'amitié.
Les Ecritures contiennent peu d'exemples de ce genre et
soulignent ainsi la rareté de cette denrée
qu'est la véritable amitié. Jésus nous
donne l'exemple. Avec Lazare, tout d'abord, dans le récit
consigné dans Jean 11. Jésus a qualifié
Lazare "d'ami " (verset 11). Souvenez-vous, Lazare
avait succombé à sa maladie et Jésus
s'était rendu sur le lieu de sa sépulture
quelques jours après son décès. Au
verset 35 - le verset le plus court des Ecritures - il est
rapporté que Jésus pleura. C'est peut-être
le seul endroit dans la Bible où il est écrit
que Jésus exprima Ses sentiments de cette façon.
La foule étant témoin de la scène,
en conclua, à juste titre, que Jésus l'aimait
beaucoup (verset 36). Au cours de Ses déplacements,
Jésus s'arrêtait fréquemment chez Lazare
qui avait deux sœurs, Marthe et Marie. Comment cette
relation était-elle née entre les deux hommes
? La Bible ne nous le dit pas. Cependant, nous voyons dans
ce passage que Lazare occupait dans le cœur de Jésus
une place toute particulière. L'amitié peut-elle
être démunie de sentiments, privée d'occasions
de les exprimer ? Jésus, Dieu dans la chair, nous
laisse ici un merveilleux exemple.
Outre Lazare, Jésus entretenait aussi une relation
amicale avec Jean. A plusieurs reprises, Jean est mentionné
comme le " disciple que Jésus aimait "
(Jean 20 : 2 ; 21 : 7). Par humilité, Jean ne cite
pas son propre nom dans l'évangile dont il est l'auteur.
Cependant, les commentaires sont unanimes pour reconnaître
que c'est bien de lui dont il est question. Deux faits marquants
caractérisent leur relation. C'est à Jean
que Jésus révèle le nom de celui qui
allait Le trahir (Jean 21 : 20). C'est aussi à Jean
que Jésus confie la garde de Sa mère, alors
qu'Il va mourir sur la croix (Jean 19 : 26). Le principe
est appliqué : pas d'amitié sans confiance.
Jésus, en remettant Sa mère aux bons soins
de Jean, lui a fait entièrement confiance. Dans toute
relation véritable d'amitié se manifeste une
grande part de confiance ; c'est la condition sine qua non.
Troisième et dernier exemple du Seigneur : celui
de Son amitié entre Lui et nous. Dans Jean 15 : 15,
Jésus nous appelle " amis " car Il nous
a fait connaître le Père. Il est écrit
qu'Il ne nous appelle plus " serviteurs " - ou
étrangers - mais amis, car Il s'est livré
à la mort pour nous, et, en retour, nous avons accepté
Son sacrifice comme prix de notre rédemption. Au
verset précédent, Jésus nous dit que
nous sommes Ses amis si nous Le suivons. Jésus a
pratiqué ce qu'Il nous a légué à
travers Ses enseignements. En l'occurrence, qu'il n'y a
pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis
(Jean 15 : 13). Nous sommes les amis de Dieu, et Jésus
est notre ami. Entretenons cette relation d'amitié
en développant une relation étroite avec Lui,
en Lui donnant notre vie comme sacrifice vivant. Cette relation
d'amitié est un privilège, une denrée
rare !