Quelques amitiés bibliques
Dominique Alcindor
 

" Où tu iras, j'irai, où tu demeureras, je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; où tu mourras, je mourrai, et j'y serai enterrée " (Ruth 1 : 18). C'est ainsi que Ruth scella à tout jamais son destin à celui de sa belle-mère, Naomi. A travers ces propos, la Moabite exprimait sincèrement son profond attachement à la mère de son défunt mari. Naomi était devenue veuve et privée de ses fils. De son côté, Ruth était en droit de rester dans son pays au lieu de suivre sa belle-mère dans un territoire où elle serait une étrangère. Mais pour Ruth, la décision était prise : elle suivrait Naomi jusqu'au bout, quoiqu'il advienne. N'est-ce pas un formidable exemple d'amitié ? Ruth considérait sa relation avec sa belle-mère si importante qu'elle a renoncé à sa propre patrie. L'amour dans l'amitié requiert parfois des sacrifices. Certes, peut-être pas du même ordre que celui exprimé par Ruth, mais ce sont néanmoins des décisions et des choix pris par amour qui nourrissent la relation d'amitié.

Les Ecritures contiennent peu d'exemples de ce genre et soulignent ainsi la rareté de cette denrée qu'est la véritable amitié. Jésus nous donne l'exemple. Avec Lazare, tout d'abord, dans le récit consigné dans Jean 11. Jésus a qualifié Lazare "d'ami " (verset 11). Souvenez-vous, Lazare avait succombé à sa maladie et Jésus s'était rendu sur le lieu de sa sépulture quelques jours après son décès. Au verset 35 - le verset le plus court des Ecritures - il est rapporté que Jésus pleura. C'est peut-être le seul endroit dans la Bible où il est écrit que Jésus exprima Ses sentiments de cette façon. La foule étant témoin de la scène, en conclua, à juste titre, que Jésus l'aimait beaucoup (verset 36). Au cours de Ses déplacements, Jésus s'arrêtait fréquemment chez Lazare qui avait deux sœurs, Marthe et Marie. Comment cette relation était-elle née entre les deux hommes ? La Bible ne nous le dit pas. Cependant, nous voyons dans ce passage que Lazare occupait dans le cœur de Jésus une place toute particulière. L'amitié peut-elle être démunie de sentiments, privée d'occasions de les exprimer ? Jésus, Dieu dans la chair, nous laisse ici un merveilleux exemple.

Outre Lazare, Jésus entretenait aussi une relation amicale avec Jean. A plusieurs reprises, Jean est mentionné comme le " disciple que Jésus aimait " (Jean 20 : 2 ; 21 : 7). Par humilité, Jean ne cite pas son propre nom dans l'évangile dont il est l'auteur. Cependant, les commentaires sont unanimes pour reconnaître que c'est bien de lui dont il est question. Deux faits marquants caractérisent leur relation. C'est à Jean que Jésus révèle le nom de celui qui allait Le trahir (Jean 21 : 20). C'est aussi à Jean que Jésus confie la garde de Sa mère, alors qu'Il va mourir sur la croix (Jean 19 : 26). Le principe est appliqué : pas d'amitié sans confiance. Jésus, en remettant Sa mère aux bons soins de Jean, lui a fait entièrement confiance. Dans toute relation véritable d'amitié se manifeste une grande part de confiance ; c'est la condition sine qua non.

Troisième et dernier exemple du Seigneur : celui de Son amitié entre Lui et nous. Dans Jean 15 : 15, Jésus nous appelle " amis " car Il nous a fait connaître le Père. Il est écrit qu'Il ne nous appelle plus " serviteurs " - ou étrangers - mais amis, car Il s'est livré à la mort pour nous, et, en retour, nous avons accepté Son sacrifice comme prix de notre rédemption. Au verset précédent, Jésus nous dit que nous sommes Ses amis si nous Le suivons. Jésus a pratiqué ce qu'Il nous a légué à travers Ses enseignements. En l'occurrence, qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean 15 : 13). Nous sommes les amis de Dieu, et Jésus est notre ami. Entretenons cette relation d'amitié en développant une relation étroite avec Lui, en Lui donnant notre vie comme sacrifice vivant. Cette relation d'amitié est un privilège, une denrée rare !

© Tous droits réservés – 1978-2008 - Eglise Universelle de Dieu