Nous sommes persuadés que Dieu intervient dans notre
vie. Nous en sommes convaincus. Nous pensons ardemment que
Dieu peut guérir nos maladies ou certains maux. D'ailleurs,
Dieu ne s’est-Il pas exprimé dans Jacques 5
: 14 : « La prière de la foi sauvera le
malade, et le Seigneur le relèvera » ?
Quand nous ne sommes pas exaucés cela veut-il dire
que nous ne savons pas prier correctement comme Paul l'affirme
dans Romains 8 : 26 ? Pourtant Paul a bien prié à
trois reprises notre Seigneur pour qu'Il le guérisse.
Alors cela veut-il suggérer que Paul non plus ne
savait pas prier ? Je prie pour que Dieu me guérisse.
Je ne prie pas pour de l'argent ou pour posséder
plus de biens matériels ou pour un meilleur travail.
Alors ? Dieu répond-Il à nos attentes ? L'expérience
de tout un chacun ne démontrerait-elle pas plutôt
le contraire ? Ne sommes-nous pas nombreux à consulter
le médecin (médecine générale
ou homéopathique) ?
S'Il n'agit pas, nous aurons beau jeu de dire que ce n'était
pas la volonté de Dieu. Mais alors, tous ces mots,
toutes ces promesses ? Est-ce que l'on prie mal, ne dit-on
pas les mots qu'il faut, au bon moment ? Manque-t-on de
conviction ? Dieu nous ignore-t-Il ? Préfère-t-Il
que l'on aille trouver notre médecin préféré
? Pourquoi une telle attitude de silence ? Dieu aime-t-Il
nous voir souffrir ? Aime-t-Il qu'on Le supplie ? Il sait
pourtant qu'on L'aime, sans condition aucune. Il nous a
appelés à Lui. Il nous a donné la connaissance.
Et c'est grandiose ! Mais pourquoi ferme-t-Il les yeux sur
notre prière que l'on veut et que l'on croit sincère,
puissante, convaincante ? Car nous ne comprenons pas pourquoi
Il n'intervient pas. « Ô Dieu ! Que Tes voies
sont parfois incompréhensibles », serait-on
tenté de dire. Et, sur ce point, on rejoint l'apôtre
Paul lorsqu'il dit dans Romains 11 : 33 : « Ô
profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance
de Dieu ! Que ses jugements sont impénétrables
et ses voies incompréhensibles ! » Pourtant
Jésus-Christ est venu dans un corps humain. Il sait
ce que c'est que de souffrir. Il a pu ressentir ce qu'avait
été la douleur de Job aux pires moments de
sa vie (Job 2 : 7). Alors pourquoi ?
Je suis malheureux que Dieu n'intervienne pas. Je crois
en Dieu, je pense être chrétien et je pense
faire le bien autour de moi. J'ai fait miens les principes
de I Corinthiens 13. Est-ce si dur pour Lui d’exaucer
les supplications des humains ? Dieu s'est-Il forcé
quand Il a guéri Epaphrodite, ami de Paul (Philippiens
2 : 27) ? Car il était sur le chemin de la mort et
Paul pense que c'est à cause de lui qu'Il l'a guéri,
pour ne pas ajouter à sa tristesse. Cela veut-il
dire que la mort ne signifie rien pour Dieu ? Pouvons-nous
continuer à agir puissamment pour Dieu, pouvons-nous
assurer avec force l'oeuvre de Dieu, lorsque nous sommes
malades, impotents, indigents, grabataires...? Seigneur,
pourquoi ne guéris-Tu pas Tes petits enfants ? Est-ce
trop te demander ?
Tous ces raisonnements si humains, si philosophiques, si
douloureux, ne sont surtout pas une raison pour abandonner
le Seigneur. Nous avons été appelés
à Lui, à la connaissance, au Verbe, à
la Parole, et c'est un privilège immense qui n'a
pas de prix, serait-on tenté d'avancer. Mais hélas
si, il a eu une contrepartie : la mort du Christ. Nous devons
souffrir, c'est un fait (inéluctable, incontournable).
Paul ne parle-t-il pas d'afflictions de toute sorte lorsqu'il
dit dans Actes 14 : 22 : « ... c'est par beaucoup
d'afflictions qu'il nous faut entrer dans le royaume de
Dieu ». Et il est vrai qu'il n'y a point de comparaison
entre les souffrances du temps présent et la gloire
à venir qui doit être manifestée en
nous (Romains 8 : 18). On s'en est remis à Christ,
et notre foi doit être totale, pleine et entière.
Dieu nous a choisis et non l'inverse. Les dons et l'appel
de Dieu sont irrévocables (Romains 11 : 29). Nous
Lui appartenons à tout jamais. Mais certaines questions
restent en suspens. Dieu voit ma détresse, mesure
la douleur qui m'envahit. Mais comment la ressent-Il ? Je
suis humain. Il est Divin. N'a t-Il pas décidé
de laisser l'homme aux aléas de ce corps charnel
pour qu'il pèse bien la différence entre le
physique et le spirituel ? Paul n'a t-il pas dit dans Romains
7 : 24 : « Misérable que je suis ! Qui me
délivrera de ce corps de mort ? » C'est
pourquoi, ne perdons pas courage. Si notre homme extérieur
se détruit, l'homme intérieur se renouvelle
de jour en jour. Nous ne regardons pas aux choses visibles,
mais aux invisibles. Car les choses visibles ne sont que
pour un temps, mais les invisibles sont éternelles.
(II Corinthiens 4 : 16-18).
Dieu existe. C'est indéniable. Et il est également
certain qu'Il peut nous guérir. Oui mais voilà,
le veut-Il seulement ? Quel regard pose t-Il sur nous ?
De quel genre ? Compatissant ? Miséricordieux ? Lointain
? Distant ?
On aimerait, c'est certain pouvoir établir une relation
personnelle, privilégiée, intime, amicale
avec Dieu. Mais nous nous rendons vite à l'évidence.
Rien ne vient. C'est le silence. Souvent, Dieu reste muet.
Et Son silence, pesant, lourd, obsédant, nous trouble,
nous désoriente, nous déstabilise parfois
et nous met mal à l'aise. Pouvons-nous, nous Son
peuple, établir une relation privilégiée
avec Lui ? Et toujours cette question lancinante : peut-Il
me guérir de telle ou telle maladie, me protéger
contre d'éventuels accidents, m'éviter une
mort prématurée ? Dieu, où te caches-Tu
pour sembler nous ignorer ? Avons-nous fait quelque chose
de mal, de désobligeant ?
Avons-nous commis de mauvaises actions (comme le peuple
de Moïse dans le désert) pour que Tu te détournes
de nous, de nos appels, de nos prières ? Où
sont ces signes qui nous indiqueraient indubitablement la
voie à suivre d'une façon irréversible
? Quelles leçons en tirer ? Nous dire, nous répéter
inlassablement que nous sommes mortels, que nous ne sommes
rien, que chaque jour compte et que le temps de surcroît
passe très vite.
En réalité, trop peu de gens s'interrogent
sur le temps. Quand on est jeune, on croit que l'on a toute
la vie devant soi. Hélas, combien la réalité
prouve le contraire ! Salomon s'est fortement interrogé
sur le temps pour conclure que tout n'est que vanité
et poursuite du vent. Il a désespérément
cherché Dieu dans les moments les plus pénibles
de son existence.
« Ô Dieu, pourquoi n'interviens-Tu pas plus
souvent dans ma vie ? », se demande l’homme.
Or, Dieu intervient. Nous en sommes convaincus. Mais à
Son heure, lorsque l'instant, Son instant l'exige. Moments
incompréhensibles pour nous, c'est certain. N'est-il
pas dit que Ses voies ne sont pas les nôtres ? Et
qui pourrait dire qu'il a connu la pensée du Seigneur
ou qu'il a été son conseiller (Romains 11
: 34) ? Quelquefois on a l'impression de tâtonner
dans les ténèbres, de tourner en rond, de
dériver. Nos mains ne rencontrent que le vide. Et
puis subitement, un peu de clarté perce dans la nuit.
Nous avons retrouvé notre chemin. Il nous semblait
qu'un instant nous nous étions égarés
; qu'une tempête nous avait écartés
de l'épicentre. Alors on se rappelle subitement les
propos de Romains 5 : 3-5 : « Bien plus encore,
nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant
que l'affliction produit la patience, la patience la fidélité
éprouvée et la fidélité éprouvée,
l'espérance. Or l'espérance ne rend pas confus,
parce que l'amour de Dieu a été répandu
dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été
donné ». Ô combien faut-il t'adorer
mon Dieu pour croire sans voir (Jean 20 : 29) Te ressentir
alors que Tu restes silencieux, T'apprécier, quand
nous sommes malheureux, continuer inlassablement d'agir
alors que parfois la compréhension des choses nous
échappe, se réjouir toujours au milieu du
chaos, compatir à la souffrance d’autrui quand
nous-mêmes avons besoin de compassion, essayer d'aimer
au milieu de toute cette souffrance et essayer d'aimer lorsque
l'on est trahi et tout faire pour aimer, contre vents et
marées, afin de Te ressembler, afin d'être
parfaits, comme l'est Jésus-Christ. Tel est notre
but.
Car nous n'oublierons jamais que Tu nous a appelés
à Toi, non l'inverse, que donc vases nobles à
Tes yeux, nous devons continuer, persévérer
encore, par douleurs et épreuves, à gravir
la montagne qui nous mène à Ton trône.
Job l'atteste (Job 42 : 1-6). David également. Paul
surenchérit (II Corinthiens 12 : 1-6) ; ils louent
Ton nom, Ta gloire, Ton action. Mais eux, ils T’ont
vu, ont évalué Ta grandeur et ont respecté
Ta puissance. Nous aussi, nous T'aimons d'un amour éternel,
inaltérable (Ephésiens 6 : 24). Nous, nous
sommes d'une autre époque. Le cartésianisme
depuis y a semé quelques doutes perturbant les esprits.
Mais nous ne dirons jamais : « Je doute, donc je
fuis ! » Le doute, l'incompréhension font
partie de nous-mêmes. Il faut s'en accommoder, au
mieux. Pour nous-mêmes. Pour notre foi. Dans notre
vie. Nous sommes libres, enfin ! Grâce à Christ
(Romains 5 : 6-11). Nous étions morts. Grâce
à Dieu et à Christ, nous sommes passés
du trépas à la vie. Méditons bien cela.
Dieu a donné Son fils pour nous racheter. Et si nous
souffrons dans notre chair, dans nos coeurs et dans nos
esprits, en cela, nous sommes pareils à Christ qui
est mort pour nous sur la croix. On ne peut pas tout savoir.
Et même l'apôtre Paul, Moïse ou David,
hommes élus, choisis par Dieu, dans les pires moments
ne pouvaient pas tout comprendre ; car ils n'étaient
qu'humains avec des vues humaines et la mort comme point
de mire. Le malheur côtoie facilement le bonheur.
Il peut frapper n'importe où, à n'importe
quel moment. Il n'épargne personne. Aussi, savourons
pleinement le moment présent et réjouissons
nous à chaque instant. Car ce qui est passé
ne se rattrape plus. Pour l'heure, pour le chrétien,
il n'y a qu'une bonne réponse, qu'un seul type d'action
à élire : continuer à aimer, continuer
à donner, continuer à agir et continuer à
souffrir (I Pierre 2 : 20-21). Nous aussi, nous ne pouvons
pas tout comprendre, mais nous comprenons l’essentiel
: Dieu a un dessein pour chacun d’entre nous.
Et malgré notre lot de solitude, dans la souffrance,
il importe de garder la bonne attitude. De nous aimer les
uns les autres et de communiquer très fort les uns
avec les autres. Notre amour réciproque nous aidera
à supporter les peines de toutes sortes. Dieu est
amour. Il faut que nous le soyons également en méditant
bien ce message : « Il y a plus de bonheur à
donner qu'à recevoir ». L'amour est plus
fort que tout. L'amour apaise les blessures, l'amour renforce,
l'amour consolide, l'amour encense, l'amour doit symboliser
le chrétien dans tous ses gestes, tous ses actes
et toutes ses paroles. Il y a là une dimension transcendante
qui nous échappe peut-être encore. Mais ne
perdons pas courage. Persévérons toujours
et encore. Portons les fardeaux les uns des autres (Galates
6 : 2). Oui, répétons-le : aimons-nous les
uns les autres, non pas d'une manière humaine, mais
comme le Christ nous a aimés. C'est à cela
que les autres reconnaîtront que nous sommes Ses disciples
(Jean 13 : 35). Et même parfois, s'il nous semble
que Yahweh ne nous écoute pas et qu'Il accepte la
vue d'afflictions (Habakuk 1 : 2-3), nous ne devons pas
néanmoins nous empêcher de nous réjouir
en l’Eternel, car c'est notre force (Habakuk 3 : 18-19).
Réjouissons-nous ! Chassons loin de nous la tristesse
car elle ne procure aucun avantage. Car la joie du coeur
est la vie de l'homme (Ecclésiastique 30 : 22-23).
Et l'amour est et sera toujours plus fort que la mort.