L'esprit dans l'esprit :
l'impossible évolution
Donat Picard
 

Nos derniers articles sur la création et l'évolution ont suscité plusieurs réactions ; très positives pour la plupart. Les théories de Charles Darwin et consorts continuent de faire l'objet d'une remise en question. Des objections, des précisions et des clarifications sont régulièrement apportées par les chercheurs, si bien que l'on peut dire, sans se tromper, que la théorie est certainement en évolution ; au point que cette remise en question provoque une lame de fond socio-religieuse entraînant des prises de position opposées et radicales. Dieu et la foi d'un côté ; la science et l'athéisme de l'autre. Est-ce la bonne approche ?

Outre Atlantique, la vision métaphysique tient à s'immiscer dans un débat plus que centenaire, dans lequel la science semblait jusqu'ici gagnante. Dans ce questionnement quasi universel, notons que certains états américains ont pris les devants, et ont promulgué des lois qui obligent l'école publique à enseigner la théorie darwinnienne comme une simple thèse non prouvée. Pourquoi ? Parce que, selon les " créationnistes ", cette théorie, n'étant qu'une théorie testable et, partant, contestable, elle n'a pas à être privilégiée au détriment du récit biblique de la création qui, lui aussi, doit être présenté dans toute sa validité.

Tout en continuant à nous garder des guerres de chapelles scientifiques ou pseudo-scientifiques et des querelles politico-religieuses, nous poursuivons notre réflexion dans ce débat très vaste en abordant le sujet de l'évolution de l'homme sous l'angle plus spécifique de l'origine de son humanité, c'est-à-dire, ce qui fait qu'un homme est un homme, et non pas une sorte d'animal évolué. Nous verrons le rôle de Dieu, non seulement au regard des origines de l'Homme, mais aussi de son devenir.

La Recherche l'Hominisation

La science moderne a cherché à donner une définition zoologique et biologique de l'homme. Cette définition variera au fil des années, mais elle se situera toujours à partir du matériel et dans la prolongation de l'animalité. La trace fossilisée d'une possible jonction entre l'animalité et l'humanité demeure un mystère.

Le lien créatif divin originel n'est pas pris en compte. Les déclarations concernant la véracité des Ecritures sont a priori écartées. C'est malheureux, car à l'heure de l'Homo-techno sapiens, il devient urgent de faire preuve d'ouverture d'esprit, et de s'abstenir de toute vue réductionniste de l'être humain. Si l'on veut garder à l'Homme cette dignité première que lui a conférée Dieu en le créant à Son image et à Sa ressemblance (Genèse 1 : 26), si l'on veut éviter qu'un jour la science n'en vienne à changer les règles du jeu en fixant de nouveaux critères d'appréciation pour " mieux " définir ce qu'est un homme, il faudra admettre qu'il y a chez l'homme une dimension supra matérielle. Cette dimension manquante que la recherche scientifique devra intégrer dans ses disciplines est celle de la métaphysique, du spirituel, de l'angélique, du divin et du révélé. La recherche scientifique et l'étude de la Bible ne doivent plus s'affronter comme des irréductibles, mais doivent, au contraire, se donner la main d'association et tendre vers une réconciliation porteuse d'espoir et de bonheur pour les humains.

Deux scientifiques, Bernard Wood de George Washington University, et Mark Collard, du University College de Londres ont proposé de redéfinir l'homme en éliminant quatre critères qui étaient utilisés jusqu'à présent. Ceux-ci sont le langage, la motricité fine dans l'habileté manuelle, la fabrication d'outils, et enfin et non le moindre, la capacité crânienne. La paléontologie humaine, ébranlée par cette nouvelle thèse, devra réviser sa copie et publier humblement un " erratum " général tant cette nouvelle définition secoue tous les singes agrippés aux cocotiers de l'évolution. Les deux chercheurs s'interrogent sérieusement et se demandent si l'homme est toujours un représentant du genre Homo tel que les savants l'ont défini et recherché jusqu'à maintenant.

Le lien divin : dimension manquante à la science

Le philosophe allemand, Emmanuel Kant (1724-1804), a prouvé que la connaissance a ses limites et que la science ne peut pas tout révéler aux hommes. Les cinq sens ont leurs fron­tières, et par voie de conséquence, les scientifiques qui s'enferment dans une méthode excluant de leurs champs de recherche tout ce que les sens ne peu­vent saisir, ou qui excluent toute autre source de révélation, ne peuvent que produire, à court, comme à long terme, une science matérialiste qui ne pourra qu'être tronquée. Non seulement les cinq sens sont limités, mais la pensée de l'homme aussi. Dans son ouvrage la Critique de la raison pure, Kant a bien démontré que l'homme, avec son esprit limité, ne pouvait pas concevoir une autre réalité que celle qui l'en­toure. Accepter comme point de départ la finitude de l'homme, c'est se placer dans une position de recevoir ce qui ne peut être donné que par Dieu. Lui seul peut nous conduire au-delà de la connaissance empi­rique trop limitée. Dieu seul peut nous hisser jusqu'à Lui.

Laissant de côté ce qui fait le propre de l'homme (la pensée), la science moderne amputée, pourrait-on dire, de l'essentiel, ne peut qu'engen­drer la désespérance : elle réduit la grandiose destinée des hommes à celle des bêtes des champs. Il existe une autre réalité qui est d'un autre ordre et qui transcende le monde matériel. Cette autre réalité est d'en-haut et seul quelqu'un venu d'en-haut peut nous la faire connaître (Jean 3 : 31 ; 8: 23).

L'étude de l'origine de la pensée est primordiale pour comprendre les enjeux du débat évolution-création, et pour mieux voir comment la pensée qui est immatérielle, ne peut être le produit d'une évo­lution issue d'éléments purement matériels. Si l'on s'appliquait à chercher que l'homme "descend " de Dieu, et non du singe, et si l'on cessait d'occulter la version biblique de l'origine de l'homme, les sciences de l'homme ne s'en porte­raient que mieux. Les hommes trouve­raient enfin un sens à leur existence sur la terre.

Il est urgent que les têtes chercheuses du monde redonnent espoir aux habitants de la planète. Il est impératif que les savants amènent les humains à prendre conscience, non seulement des réalités physiques de l'infiniment petit et de l'in­finiment grand, mais également qu'ils incluent dans le vaste champ de la recherche scientifique interdisciplinaire, tous les éléments de complexité de la réalité spirituelle dont parlent les Ecritures.

Comme l'a si bien exprimé Edgar Morin, dans son ouvrage Pour sortir du XXe siècle, le XXe siècle fut le siècle du mensonge à grande échelle. Or, si le sociologue dit vrai, on ne peut en sortir qu'en s'extirpant du mensonge. L'humanité doit sortir du XXe siècle par la vérité, et le temps qu'il nous reste pour le faire est court. Encore faut-il avoir reçu l'amour de la vérité (II Thessaloniciens 2 : 10). Pour que, de la " défaite des faits ", surgisse le siècle de la victoire ; victoire des faits et victoire des faits révélés par la Bible.

L'Homme selon Dieu

Selon la révélation biblique, l'homme a été créé à la ressemblance de Dieu. C'est pourquoi, l'Homme doit, par nécessité, et par définition, ressembler à Dieu. C'est forcé ! La question est de savoir comment ? Dieu est un Etre spirituel. Y a-t-il en l'Homme quelque chose de spi­rituel qui ressemble à Dieu ? Comment établir la comparaison ? Dieu étant immatériel, tout ce qui peut Lui ressem­bler doit nécessairement être immatériel. Nous avons compris que seuls l'esprit, la pensée, l'intelligence sont de nature immatérielle, supra physique, métaphy­sique, pour user d'un terme philoso­phique. Pour mieux comprendre, disons que l'esprit est une " substance spiri­tuelle " qui agit grâce au support maté­riel qui la reçoit, le cerveau. L'esprit, est un contenu non-physique dans un conte­nant physique, qui lui, à son tour, est situé dans un corps composé totalement d'éléments purement matériels.

Bon nombre de savants à tendance évolutionniste traitent de l'homme comme ils traitent du singe ou d'un quelqu' autre animal. Cette vue réductionniste de l 'Homo Sapiens ne tient pas compte du fait que ce dernier est une créature unique, différente, supérieure, disposant d'une autorité et d'une suprématie sur le monde qui l'entoure, si bien que sa des­tinée n'est en rien comparable à celle des mammifères de la planète.

Parce qu'il est sapiens sapiens, sage, intelligent, pensant et rationnel, il peut être tout à la fois ; il peut être pleinement homme, et l'être spontanément. L'homme appartient au genre humain, et ce, dès son origine, pour ainsi dire. Il n'est pas du règne animal. L'homme est d'une espèce exceptionnelle par ses attributs intellectuels, spirituels et moraux. Entre les réactions végétales et l'instinct animal d'un côté, et l'intelligence humaine de l'autre, il y a un fossé incommensurable. La capacité strictement humaine qui permet à l'homme de faire des choix délibérés pose tout le problème de la liberté et du salut qui est sa destinée ultime.

Ceci nous amène à nous interroger sur certaines consé­quences de l'évolutionnisme, dont une en particulier. Si l'on accepte l'évolutionnisme comme dogme de foi, comment expliquerons-nous l'incarnation et l'humanité de Jésus-Christ ? Son humanité a-t-elle trouvé son origine dans l'union d'un singe et d'une guenon ? Si oui, les ancêtres de la vierge Marie auraient-ils été des singes ? Poser ainsi la question provoque une sorte de malaise de la foi. Le Dieu des cieux, par l'Esprit-Saint, ayant miraculeusement engendré Son Fils dans le sein d'une femme, sans l'aide d'un homme, n'aurait-II pas pu tout aussi bien créer un homme de la poussière de la terre, comme le dit Genèse 2 : 7 ? A Dieu, rien n'est impossible ! L'ovule dans le sein de Marie fut le support nécessaire à la naissance du Christ, tout comme l'argile le fut pour la naissance du premier Adam. Ainsi, nous voyons la progression dans la méthodo­logie divine pour l'homme : l'homme sort de la poussière de la terre, la femme sort de la chair de l'homme (Genèse 2 : 18-23), et le Fils de Dieu sort de la chair de la femme. Trois opérations miracu­leuses que la science ne peut expliquer. Seule la foi peut " comprendre " et appréhender ces réalités d'en haut (I Corinthiens 2: 12-15).

Il est plus facile à l'esprit d'accepter la thèse biblique que de croire (alors que nous n'avons aucune preuve) qu'un singe et une gue­non aient pu évoluer " en parallèle " ; en parfaite coordination, simultané­ment et en toute simili­tude, pour en arriver à être " au point " physiologiquement, à être en par­faite symbiose, fin prêts pour le jour " J " : se reproduire " selon les règles " et engendrer des petits que l'on aurait, dès lors, baptisés du nom de " fils d'hommes ".

Pour croire en un tel scénario, encore faudrait-il prouver l'origine évolutive des sexes mâle et femelle de ces sup­posés ancêtres de l'homme. Si toutes choses sur terre ont évolue, à quel moment précis une femme fut-elle pleinement " femme " et un homme pleinement " homme " ? A quel moment au cours de la préhistoire " l'homme-singe " a-t-il perdu 99 % de sa pelisse poilue ? Pourquoi sa compagne en aurait-elle conservé un peu moins ? Autant de questions que l'on n'ose poser par crainte de déran­ger les dérangeurs de la création. Trop craignent justement, qu'un rapproche­ment honnête entre Bible et Science ne mette fin à ce bras de fer entre deux forces qui s'affrontent ; l'une se récla­mant de Dieu, l'autre de l'homme. L'homme appartient à la race des dieux nous disent les Ecritures, et non à une race animale, si évoluée puisse-t-elle être.

L'acte moral peut-il avoir évolué ?

Le mal est une réalité de ce monde. Nul ne peut le nier. La science, et encore moins l'évolution ne peuvent en donner, ni la cause, ni le remède.

A la question du mal, la Bible nous donne et la cause et le remède. Dieu nous le révèle. Mais si, contrairement aux textes bibliques, le premier homme ne fut pas créé " d'un coup ", en tant qu'homme, à quel moment de son histoire le premier homme a-t-il commis le premier péché sur la terre ? Le mal existant, une certaine science (n'incluant pas tous les scientifiques) qui voudrait tout expliquer, ne devrait pas se dissocier de la morale ni de l'éthique.

Le plus ancien code de morale fut d'abord donne à Adam, à Noé, puis à Moïse et ensuite aux prophètes. II fut enfin transmis à une nation qui existe toujours aujourd'hui, puis aux apôtres et à l'Eglise fondée par le Christ. Aux évolutionnistes, la question pourrait être posée en ces termes : lequel de tous les singes dans l'échelle de l'évolution, a commis le premier acte qui fut cause de malheur sur la planète ? Un péché peut-il être évolutif lorsqu'il est originel et " définitif " tout à la fois ? A quel moment le mal est-il entré dans le monde et par qui ? La Bible nous le dit : " Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort s'est étendue sur tous les hommes " (Romains 5 : 12). Ceci expliquerait-il le fait anthropologique que, de tous les " animaux ", seuls les humains entretiennent le culte des morts ? Du moins, tant qu'ils n'ont pas reçu la révélation de Dieu au sujet de la résurrection des morts (I Corinthiens 15).

Que fallait-il à l'homme déchu dans le Paradis terrestre pour reconnaître qu'il était devenu pécheur ? Que lui fallait-il, outre la vie, pour savoir qu'il récolterait ce qu'il avait semé ? Le dialogue entre l'homme et Dieu, le langage commun, la structuration et l'utilisation intelligente des mots étaient indissociables de la conscientisation morale d'Adam et d'Eve. La pensée comme outil premier entre Dieu et l'Homme, permet aux deux interlocuteurs de se comprendre.

Dieu et l'homme étaient et ne sont tou­jours que les deux seuls êtres capables d'user de la parole. Pour exprimer leur pensée, il est essentiel que les deux par­ties aient une base commune. Sinon aucun échange n'est pos­sible, ni intellectuellement, ni spirituellement. Cette assise de la raison chez l'homme ne pouvait venir que de Dieu, et non du monde matériel. Ainsi, parce que nous avons la foi dans les Ecritures, nous ne pouvons pas accepter les thèses macro-évolutionnistes sans risquer de voir s'écrouler insidieusement les fondements mêmes du christianisme. Si ce monde n'a pas de sens, à quoi bon avoir la science, la philosophie et la théologie. Cette dernière, trop souvent diffa­mée par la science moderne, ne deviendrait qu'une étude insensée d'un Dieu inexistant. Tous nous n'aurions qu'à vivre la mort au quotidien, dans une sorte de désespérance amère, en attendant que le hasard daigne mettre fin à cette tragique et folle expérience ! Heureusement, la vérité est tout autre.

D'où la grande responsabilité des scien­tifiques. La question de l'origine du mal est primordiale pour le savant comme pour le théologien, comme pour la terre entière. Pourquoi ? Parce qu'une science sans Dieu et une science sans conscience offriraient une perspective horrifiante pour l'avenir de l'humanité. La bombe atomique en est un terrifiant témoignage qui reste fixé dans nos mémoires comme l'ombre des martyrs photographiée dans le béton des murs brûlants d'Hiroshima au matin du 6 août 1945.

Du matériel ne peut surgir l'immatériel

Comme le dit le panneau publicitaire, " L'essentiel, c'est de penser " ; et cette publicité de RTL nous interpelle par la question " Et Dieu dans tout ça ? " Donc, essayons de penser et de réfléchir un peu ...

Les principes de l'évolutionnisme peuvent-ils s'étendre à l'esprit humain ? Voilà le noeud de toute la question dans la supposée évolution biologique de l'homme. L'homme pensant peut-il être le résultat d'une simple évolution de la matière, qui, elle, n'a aucune propriété intellectuelle ? L'esprit humain est-il l'aboutissement nor­mal d'un amalgame de molécules s'étant données rendez-vous, par hasard, au sommet de la pyramide des êtres, et ayant réussi, à force de mutations et de perfectionnements, à devenir (pour les croyants) le partenaire de Dieu sur terre, et l'objet d'une affection toute particulière de Sa part ?

L'esprit dans l'homme était-il à l'état latent, en attente d'une manifestation ultérieure, après avoir subi une sorte d'affinement évolutif au cours des ères géologiques ? L'homme aurait-il pu avoir pour " ancêtre " quelqu'un d'autre qu'un primate issu du big bang et de la soupe bactérienne primitive ? Ou encore se pourrait-il qu'un singe ait pu évoluer jusqu'à atteindre un certain développe­ment physiologique et morphologique prédéterminé sans Dieu, et que sans Dieu, à un moment précis d'une évolu­tion programmée (par qui, par quoi ?), ce même singe ait fait soudainement le pas " absolument néces­saire " et devenir tout, sauf le singe qu'il était jusque-là ? Et ainsi, d'animal qu'il était, cet être venu de la matière (pouvait-il venir d'ailleurs ?) ait pu devenir le premier spécimen de l'espèce humaine ? Poussons la question plus avant : si cette dernière hypothèse était vraie, comment cet homme nouveau s'y est-il pris pour transmettre cet esprit à sa progéniture ? N'aurait-il pas fallu que Dieu lui donnât aussitôt une compagne de même espèce à qui II aurait aussi donné un esprit d' " homme féminin ", pour qu'ils puissent sexuellement s'unir et procréer et transmettre l'esprit ? La présence simultanée de l'homme mâle et femelle, tous deux intelligents et consentants, était une condition essentielle de la propagation et de la survie de l'espèce humaine sur terre. Puisque la pensée existe, elle a bien eu un commencement !

Nous devons admettre que le récit biblique est autrement cohérent et plausible quand il s'agit de répondre à des questions aussi fondamentales. Les singes ne dialoguent pas avec Dieu car Dieu n'est pas un singe, et II n'a pas choisi les singes pour les faire régner avec Lui dans Son Royaume. En revanche, Dieu dans Son grand amour et dans Son infinie sagesse, a voulu que les hommes deviennent frères de Son Fils (Matthieu 12 : 50 ; Romains 8 : 15-29), et que nous l'ayons pour Père spirituel.

La Vision de Dieu

Nietzsche croyait que l'homme était un singe ayant perdu l'esprit pour devenir un homme. Il était bien loin de la vérité. Comme Dieu était une invention de l'homme, pensait-il, il valait mieux le tuer. Dieu mort, le philosophe pouvait déraisonner à son aise. Que Dieu lui pardonne d'avoir tant rabaissé l'Homme et d'avoir provoqué dans son coeur tant de désespoir. La vision de Dieu est, ô combien, différente de celle de ce philosophe !

La question n'est pas de savoir si Monsieur Untel descend du singe par son grand-père ou par sa grand-mère, selon la question posée par l'évêque Wilberforce au biologiste Thomas Huxley, mais d'affirmer clairement que si certains savants considèrent, à tort, leurs semblables comme de simples animaux évolués, Dieu, en revanche, considère l'homme comme un être exceptionnellement différent de tous les animaux de la terre. Non seulement par sa physiologie, par sa morphologie et par son intellect, mais aussi par sa destinée sur la terre. A la création, nous voyons que le premier homme n'a pu trouver une compagne parmi les ani­maux des champs. Dieu lui fit une com­pagne qui lui convenait, c'est-à-dire selon son espèce. La reproduction des créatures animales s'est faite de tout temps à l'intérieur de l'espèce même des co-géniteurs. Sur le plan humain, elle se fait par la communication intel­ligente et réfléchie, doublée de la notion de plaisir, entre des partenaires de sexe opposé. Après la naissance, le petit de l'homme, contrairement au petit de la bête, a besoin d'un être humain pour l'aider à 'atteindre sa potentialité humaine, de même l'homme a besoin de Dieu pour atteindre sa potentialité spirituelle.

L'éternité est un concept supra humain, métaphysique, dont les hommes ne peu­vent se débarrasser. L'idée d'éternité est au fond de chacun de nous (Ecclésiaste 3 : 11). Sans comprendre pleinement ce concept, l'idée que nous en avons, nous permet de comprendre un autre concept, celui de l'immortalité ou de " l'éternité future ".

Si Jésus-Christ, le Fils de Dieu a choisi de devenir un Fils de l'homme, et tel fut réellement le cas, une question se pose : comment l'éternel et le mortel peuvent-ils cohabiter dans une même personne ? Et le divin devenir humain ? Comment, ensuite, l'humain peut-il contenir le divin ? Le Christ aurait-Il pu habiter une chair animale qui n'eut pas été humaine ? Qu'y a-t-il dans l'homme charnel qui permette à un Etre spirituel d'y habiter ? Et selon la Révélation, l'homme immortalisable peut être immortalisé. Mais comment ? Par le lien mental et spirituel ; et seulement par le lien invisible de l'es­prit qui l'habite. Le Christ, d'immortel et d'éternel qu'il était, est devenu mortel dans la chair humaine. Après Son incarnation, puis Sa mort, II put redevenir immortel et éternellement vivant, en revenant auprès du Père par l'Esprit duquel II fut ressuscité, sans que Son corps ne connaisse la corruption dans le séjour des morts où II demeura pendant trois jours et trois nuits.

Des scientifiques croyants ? Mais oui !

Les savants évolutionnistes ne sont pas dans une catégorie spirituelle à part, même si pour certains d'entre eux la nécessité d'un Dieu, Première Cause, et d'un Dieu Grand Horloger n'existe plus. Leurs discours ne sont pas pour autant hermétiques ; tant et si bien que les théologiens peuvent y plonger leurs regards, si différents soient-ils des leurs, et apporter des contre-arguments crédibles parce que bien fondés.

Les évolutionnistes sont appelés au salut tout comme le reste des hommes. Même si dans leurs études des origines des choses créées certains d'entre eux nient l'existence d'un Créateur, l'Evangile ne saurait être stoppé par leur athéisme scientifique. Malgré le fait que pour demeurer savant, le savant ne puisse faire autrement que de rester prisonnier de ses propres lois et de ses propres méthodes, Dieu lui a donné aussi la vie et l'intelligence comme à tous les autres hommes, et ce Dieu le conduira finale­ment, avec tous les autres humains, mais chacun en son temps, vers l'acceptation d'une réalité qu'il nie jusqu'à présent : la Révélation divine. Dieu lui donnera la foi sans laquelle nul ne peut accéder à Lui. Plusieurs scientifiques en ont déjà fait l'expérience.

A cet égard, le témoignage de l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan est éloquent d'honnêteté, comme le fut celui d'Einstein au début du siècle. Thuan déclare en s'interrogeant sur le choix que tout homme doit faire entre l'Etre Suprême et le Hasard : " Quelle attitude adopter ? Face à ce dilemme, l'homme de science, malgré toutes ses connais­sances, se trouve aussi dépourvu et démuni que son voisin. La science n 'est d'aucune utilité quand il est question de foi. Le scientifique doit mesurer ses risques et se jeter à l'eau. Il doit parier, comme Pascal. Pour ma part, je ' suis prêt à parier sur l'existence d'un être suprême ". Thuan, misant sur l'espoir du pari, conclut par ces mots : " Enfin, parier sur le hasard implique le non sens et le désespoir. Les cris de détresse de Monod et de Weinberg en sont bien des preuves. Alors, pourquoi ne pas parier plutôt sur le sens et l'espérance ? ".

Jacques Monod et Steven Weinberg, deux savants destructeurs d'espérance, l'un biologiste, l'autre physicien, sont le reflet de la pensée scientifique du XXe siècle vis-à-vis de l'uni vers et de l'existence. Alors que ces deux scientifiques déclarent tabou la tentative de créer un lien entre Dieu et la vie sur terre, entre la science et la morale, un autre savant du nom de Freeman Dyson se fait un devoir moral de NE PAS entériner les positions de ses deux confrères. Voici ce que Dyson affirme haut et fort dans son ouvrage Les Dérangeurs de l'Univers dans lequel il tente de montrer la science vue de l'intérieur : " Jacques Monod a un profond mépris pour les gens comme moi ; il nous appelle " animistes ", c'est-à-dire ceux qui croient aux esprits ".

Un autre témoignage, tout aussi éloquent, est celui du physicien français Louis Leprince-Ringuet, membre de l'Académie française. Son témoignage mérite que nous le citions in extenso et ad litteram : " L'idée de Dieu est rassurante. Dire que le monde a été créé par Dieu n'apporte rien aux scientifiques ni sur le monde ni sur Dieu. En revanche, cette proposition apporte au croyant l'assurance réconfortante qu'il existe une finalité divine. Pour un scientifique, cette formule n'est guère éclairante... Toutes les réflexions sur l'univers provoquent en moi un immense flux d'émer­veillement devant l'infinie variété, la complexité des astres. Elles provoquent aussi des interrogations sans limites ; le mot " Dieu " ne les résout pas toutes. De même définir Dieu par l'ensemble des phénomènes naturels, qui a donné naissance au panthéisme, ne me satisfait pas. Pour moi, il ne peut s'agir que d'un procédé pour apaiser les âmes simples. Ma foi de chrétien scientifique refuse cette quiétude, car celle-ci limite le champ de ma réflexion ".

Leprince-Ringuet va au bout de sa foi et affirme candidement ce qui suit, comme pour se démarquer clairement d'une approche scientifique qu'il ne peut endosser : " Toutefois, je récuse les systèmes de pensée qui nient la dimension spirituelle de l'homme. Jacques Monod disait : " Que l'homme n'ait aucune importance dans l'univers, qu'il ne pèse d'aucun poids et que même s'il a émergé, c'est par hasard, ce résultat capital de la science est aussi le plus inacceptable. Le refus, le recours à la transcendance n'exige pas une ascèse comme l'ascèse scientifique et permet d'assigner à notre humaine condition une origine supposée plus noble et plus signifiante. " Malgré tout le respect que j'éprouve pour ce grand scientifique [Monod], sa vision de la nature humaine me paraît réductrice, pessimiste ; il refusait d'accorder à l'homme une dimension supérieure à celle de sa pure matérialité et ne voyait dans la religion qu'un remède contre l'angoisse de n'être rien au milieu du Tout. C'est l'orgueil de l'homme qui lui rend insupportable l'idée de n'être que " poussière ". Nous ne sommes pour­tant pas autre chose. Si l'on fait preuve de l'humilité nécessaire pour accepter ce fait, toutes les perspectives changent et l'on retrouve sa place au sein de ce gigantesque ensemble que l'on appelle univers ".

Claude Allègre, dans son ouvrage Dieu face à la Science, corrobore les propos de ce dernier. Il dit que " C'est l'arrogance comme le dogmatisme qui affaiblissent la science et non l'humilité. "

Leprince-Ringuet ayant exposé sans ambages la cause de ce dialogue de sourds qui n'a que trop duré entre les tenants de Dieu et les tenants du Hasard, met le point d'orgue à sa conviction intime et déclare : " La des­cription de la naissance du monde dans la Genèse possède un souffle poétique extraordinaire. Ce qui frappe dans ce récit, c 'est la place dominante accordée à l'homme au sein de la Création. Tout y est conçu pour l'homme, qui arrive en grand seigneur au matin du septième jour ".

Pour notre part, c'est sur la Révélation divine que nous appuyons le fondement de notre argumentation pour démontrer que l'homme, l'esprit dans l'homme et l'Esprit de Dieu dans l'esprit de l'homme sont des réalités que l'on ne voit pas mais dont nous percevons les manifestations qui sont ainsi des preuves de l'existence de réalités spirituelles. Nous le faisons non pour " convertir " les scientifiques, bien que nous ne l'excluons pas, mais bien pour démontrer qu'il existe un monde transcendantal, et que l'esprit dans l'homme provient de ce dernier. Ces réalités ne peuvent avoir évolué depuis la nuit des temps.

Les évolutionnistes qui n'ont toujours pas trouvé l'origine de l'esprit, de la rai­son et de l'humour devraient recon­naître et admettre que tout un pan de l'homme demeure toujours inconnu. Soit l'homme fut toujours un homme, un vrai ; soit l'homme n'a jamais été un homme. Le cerveau humain constitue un véhicule trop complexe, ses parties et sa chimie sont trop bien structurées et tellement complémentaires pour qu'un homme, un vrai, répétons-le, puisse avoir un jour existé sur terre, sans que toutes ses parties ou substances n'aient eu à fonctionner toutes en même temps, et lui donner ainsi son identité propre, le différenciant à tout jamais des animaux et des bêtes.

L'homme : réceptacle de l'Esprit de Dieu

Le cerveau humain est d'une complexité telle qu'aucune machine connue ne peut l'égaler. Comparées au cerveau humain, toutes sont insignifiantes. Aucune machine n'est vivante, le cerveau, lui l'est. Sans vie il ne peut fonctionner. Avec la vie il peut fonctionner cent ans et même plus longtemps. De neurone en neurone, de synapse en synapse, il ne peut pas être amélioré ; il peut simplement être utilisé dans toute sa potentialité. Il n'entre pas dans l'objet de cet article de démontrer la complexité du cerveau humain, mais cette merveille est bien décrite par Jean-Marie Bourre dans son ouvrage La Diététique du Cerveau qui a connu un succès de librairie certain. L'auteur décrit la composition de cet organe qui n'a pas son pareil chez les primates inférieurs .Emile Godaux, neurologue, a produit un livre, Cent Milliards de Neurones, dans lequel il décrit également le fonctionnement du cerveau. Leurs exposés sous-entendent la grandeur de Dieu dans l'infiniment petit et nous permettent de ramener, en comparaison, les ordinateurs à leur juste niveau.

L'équilibre, qui existe dans cette usine multifonctionnelle d'une extrême complexité, nous démontre que ce super ordinateur comme tous les ordinateurs modernes a eu, au départ, un concepteur. Mais, contrairement aux ordinateurs qui sont devenus progressivement de plus en plus performants, le cerveau humain lui, était, dès sa conception, une " machine " d'une puissance supra animale, et d'une potentialité divine capable d'accumuler et d'utili­ser le réservoir de la connaissance devenue planétaire et exponentielle, multipliant ses capacités créatrices dans tous les domaines.

L'énergie interne qui alimente ce cer­veau est l'électricité ; mais depuis des millénaires, c'est l'oxygène, le souffle de vie transmis par Dieu qui lui sert d'énergie extérieure et transmissible de mère à enfant, de génération en généra­tion. L'homme du troisième millénaire a le même cerveau-ordinateur qu'avaient Adam, Noé, Moïse et Jésus. Chaque être humain tient son existence de ce fil d'air transmis par sa génitrice, la mère, génératrice de la vie, depuis Eve, le prototype, la mère de tous les vivants jus­qu'au six milliardième habitant de la planète.

Le propre de l'homme est la créativité. L'Homo sapiens est aussi Homo faber et Homo culturis. C'est un être qui pense et qui agit ; il fabrique ; il crée ; il construit ce qu'il a imaginé. Il élabore des ouvrages à partir de plans conçus par ses semblables. Les hommes se parlent, s'écrivent. Ils communi­quent. Créé à l'image et à la res­semblance de Dieu, l'homme, tout comme Dieu, a l'autorité sur la création ; il y règne en maître. Il décide. Le langage biblique est très parlant quand il décrit la créature humaine et qu'il la compare au Créateur. Parmi les créatures, seul l'homme se voit attribuer une res­semblance à Dieu. En Dieu tout lui appartient, car en Lui nous avons tout : la vie, le mouvement et l'être (Jean 10 : 34 et Actes 17 : 28).

Sans le souffle de Dieu, l'homme ne serait qu'un amas sans valeur " de trente milliards de milliards de milliards de particules inanimées ". Sans être alarmé par la déconvenue répétitive de la recherche des origines de la vie, le chré­tien peut être réconforté par l'humble déclaration du scientifique vietnamien Trinh Xuan Thuan : " L'origine de la vie reste l'une des plus grandes énigmes scientifiques ". Il y a un an environ, l'as-trophysicien Hubert Reeves déclara la même chose lors d'un entretien-dialogue diffusé dans le cadre d'une émission de France-Culture qui abordait ces ques­ tions fondamentales. L'humilité de cer­ tains scientifiques, espérons-le, leur per­ mettra un jour d'être élevés en gloire par la découverte d'une réalité spirituelle qui leur sera révélée au moment opportun.

Si l'existence même demeure un mys­ tère pour la science, comment explique­ rons-nous l'existence de l'esprit dans l'existence de l'homme dans l'existence de l'univers dans l'existence du néant ? Le seul espoir de solution est de consi­ dérer sérieusement et honnêtement le " Livre du Fabricant ", et de sonder avec un coeur ouvert les nouvelles connais­sances, la Parole du Dieu Créateur de toutes choses. Pour ce faire, nous allons nous reporter à la Bible et aux écrits de quelques théolo­ giens et penseurs qui ont réfléchi à l'existence de l'esprit dans l'homme, de sa pensée, de sa conscience.

Voici quelques exemples frappants qui prouvent qu'à l'origine, la pen­sée par l'esprit fut donnée d'emblée à cette créature spéciale :

" Dieu créa l'homme à Son image, à l'image de Dieu II le créa ; mâle et femelle II les créa " (Genèse 1 : 27).

Dieu leur ordonna d'être féconds, de se multiplier, de remplir la terre, de la dominer, et de soumettre bêtes, poissons et oiseaux ! Dieu donna à l'homme le contenu de la terre entière et toute sa production.

" Le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la poussière prise du sol. Il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l'homme devint un être vivant " (Genèse 2:7).

" Le Seigneur Dieu dit : " Voici que l'homme est devenu comme l'un de nous par la connaissance de ce qui est bon ou mauvais " (Genèse 3 : 22).

" Tout ce que désigna l'homme avait pour nom " être vivant " ; l'homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs " (Genèse 2 : 19-20).

Ensuite Dieu créa la femme et en la voyant l'homme s'écria : Voici cette fois l'os de mes os, la chair de ma chair " (Genèse 2 :23).

Dieu est le Créateur et le monde entier est la créature de Dieu. Le lien qui unit Dieu et le monde créé n'est pas un lien froid de " cause à effet ", mais bien un lien d'Amour. Le monde créé est en Dieu, et il inclut l'homme ; et l'homme a été créé pour être en Dieu : " C'est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être " (Actes 17 : 28). L'homme apparaît sur terre grâce à Dieu, et l'homme est fait par Dieu et pour Dieu : " car tout est de Lui et par Lui et pour Lui " (Romains 11 : 36). Dieu a tout créé. Rien n'a été fait sans Dieu. Tout subsiste par Dieu. Puisque le néant existe, il n'existe que par Dieu. Y a t il un lieu ou Dieu n'existe pas ? Non ! Omniscient, omnipotent et aussi omni présent est le Dieu Créateur. De toute éternité, II ne peut être qu'Amour, que Bonté, que Perfection. Dieu n'aurait pas pu ne pas être Créateur. Eternellement, II est Créateur et Amour ; ainsi II ne pouvait pas le deve nir à un moment précis de Sa vie. Dieu n'a pas commencé à créer et à aimer au moment de la création de toutes choses, puisque toujours et à jamais II est Créateur et Amour. C'est Sa nature, Son être même, en qui il n'y a pas l'ombre d'un changement. Si Dieu est Créateur et que le Créateur est Dieu, il était impossible qu'il n'eut pas créé. C'est ce qu'il fit et c'est ce qu'il fait. Par ces quelques affirmations, nous nous positionnons très loin des visées évolutionnistes athéistes.

En s'appuyant sur le fondement biblique et les vues des Pères de l'Eglise, sans être totalement thomiste, augustinien ou teilhardien, Serge Boulgakov, dans son ouvrage L'Epouse de l'Agneau, pose une réa­lité incontournable : " Les racines de la création du monde plongent dans l'éternité de Dieu ".

Comment l'homme est-il capable d'être le réceptacle de l'esprit ? Comment la déification relative de l'homme est-elle possible ? Créé à l'image de Dieu, l'homme doit, nécessairement, avoir en lui un " ingrédient spirituel " pour que le divin puisse s'y reconnaître. L'homme doit être perméabilisé par l'essence divine sinon sa ressem­ blance à Dieu ne serait que superche­ rie littéraire et symbolique ; or, Dieu n'a pas fait croire à l'homme qu'il était à la ressem­blance de Dieu. Dieu a vraiment fait l'homme à Sa ressemblance. La question est de savoir com­ ment Dieu s'y est pris. Dieu affirme que le chrétien est fils de Dieu ; il faut se demander alors quel lien entre Dieu et l'homme nous permet de le constater.

Si Dieu accomplit Son oeuvre sur terre en utilisant des instruments humains, il faut, pour que cette relation de Maître à instrument soit comprise, que l'homme dis­ pose d'un moyen de se recon­naître en tant qu'instrument tout en reconnaissant qu'il est l'ins­ trument de Quelqu'un. Ce moyen dont dispose l'homme lui a été donné par son Créateur, et ce moyen c'est son esprit d'homme.

L'homme, l'être le plus perfectionné de la création, devait être parfait, humainement parlant, c'est à dire complet à l'intérieur de ses limites physiques propres, pour recevoir l'es­ prit de l'homme donné par Dieu, et pour recevoir dans cet esprit d'homme l'Esprit de Dieu qui n'est autre qu'une hypostase de Dieu, un des états éter­ nels du seul vrai Dieu qui est Un. C'est ce dont parle l'apôtre Paul dans sa lettre aux Ephésiens quand il dit : "... // y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous " (Ephésiens 4 : 5-6). Dans le contexte, le terme " tous " s'adresse aux hommes uniquement. Les animaux en sont exclus (Genèse 9 : 8-17).

Le fossé des espèces

Le singe n'est pas un intermédiaire entre Dieu et l'homme. Si Dieu parle avec les hommes et si les hommes parlent entre eux, comment se fait-il que les singes ne parlent ni entre eux, ni avec les hommes et ni avec Dieu ? Dieu n'a pas choisi de dialoguer avec les singes. A ce propos, les scientifiques ont à maintes reprises échoué dans leurs mul­tiples tentatives d'établir un lien de raison ou de pensée ou d'es­prit entre les hommes et les primates (chimpanzés). Pourquoi un tel échec scienti­fique ? Parce que les hommes étant hommes, et les singes étant animaux, un fossé ne peut pas être comblé ; ce fossé, c'est celui de l'esprit. Esprit qui a été donné à l'homme et refusé au singe qui, par conséquent, est voué à demeurer singe selon la volonté de Dieu. Si nous poursuivions la logique que l'homme descend du singe, il faudrait aussi se poser la question du devenir des singes. Ceux-ci sont-ils destinés à cesser d'être singes ? Sont-ils destinés à parvenir, grâce à l'évolution, à la stature d'hommes parfaits ? La chose est absurde parce que Dieu a voulu sur la terre, et des singes et des hommes, mais chacun créé dans sa propre espèce, l'une pensante, l'autre non pensante.

La réflexion profonde de certains théolo­giens et philosophes apporte un perpé­tuel démenti aux explications purement naturalistes et matérialistes du monde créé. Serge Boulgakov, que nous avons déjà mentionné, est de leur nombre. Avec une rare illumination de la pensée, il a su fournir une explication réaliste de la pensée chez l'homme et répondre ainsi aux questions que certains évolutionnistes athées évitent d'aborder. Dans sa trilogie consacrée à l'étude de la Théantropie, son troisième tome traite de l'humanité. Il n'est nul besoin d'avoir lu les deux premiers tomes ayant trait à l'essence de Dieu pour comprendre le raisonnement de Boulgakov concernant l'esprit humain ou l'homme tout court, car n'est humain que l'être qui possède un esprit, une pensée, une conscience. L'homme étant " à part " dans la création, entre Dieu et la bête, n'étant ni Dieu ni bête, il peut donc être étudié pour lui-même, en soi. La théologie (grec theos, Dieu , et logos, science) étant la science de Dieu, il est possible pour un théologien (un scientifique de Dieu à partir de la Parole de Dieu) d'en arriver à " prouver " sa thèse à partir du fondement de la foi dans les Ecritures (Parole de Dieu) et de sa capacité à faire des raisonnements logiques en usant de ses facultés cognitives.

Le théologien russe confirme ce qu'af­firmé la Parole révélée : " Au cours du développement de la vie sur notre pla­nète, le long de la lignée phylogénétique [NDLR : développement et formation des espèces animales et végétales] l'homme, apparaît le genre animal homo sapiens, puis de là, un individu capable et digne d'être le réceptacle de l'esprit humain, de servir à son incarnation. Cela correspond aux passages où il est dit que " Dieu forma l'homme de la poussière de la terre ... Ce bel animal, préfigurant l'homme par sa forme, reçoit de Dieu l'esprit de l'homme et il en est illuminé. Par cet acte qui dépasse l'être du monde orga­nique et qui échappe par conséquent à toute observation et interprétation empi­rique, d'un animal complet naît l'homme parfait, c'est-à-dire correspondant au dessein créateur... Quant à son histoire, elle commence et elle continue en sui­vant les mêmes voies de l'évolution " que le reste du créé, avec pourtant cette différence que malgré ce processus natu­rel, le principe surnaturel de son esprit demeure propre à l'homme ? " Boulgakov poursuit ainsi : " La Révélation nous indique la naissance de toute la nature humaine, de toute l'hu­manité en une personne unique ".

Concernant l'évolution, l'auteur n'hé­site pas à déclarer qu' " // n'a jamais été démontré avec certitude (et il est impossible de le faire) que toute l'his­toire de l'humanité inscrite dans l'évo­lution, c'est-à-dire qu'elle commençât et qu'elle se déroulât du niveau infé­rieur au supérieur, et non pas l'inverse. Cette idée d'un progrès linéaire univer­sel et continu (quand même il y aurait des régressions) ne peut pas être prou­vée, faute d'une expérience globale impossible. Elle représente non pas la conclusion d'une observation objec­tive, mais d'un préjugé a priori et pure­ment doctrinal, à l'aide duquel on pèse et on déprécie le -témoignage de la Bible". Le théologien conclut : " L'origine de l'espèce [humaine] est un certain donné initial, surnaturel et primordial (ce que les évolutionnistes ne sont pas capables de comprendre). . . L'enseignement de la Révélation, le créationnisme, est ici tout à fait incom­patible avec l'évolutionnisme. Celui-ci ignore l'humanité originelle et unique, il ne connaît que des atomes indivi­duels, dont l'addi­tion donnerait l'humanité ".

La Bible ne supporte pas non plus l'idée d'un monde issu du hasard, et qui s'engouffre­rait à nouveau daris le néant après avoir vu des hommes et des créatures animales vivre sur terre le temps d'une vapeur, et sans com­prendre (en ce qui concerne l'homme) l'absurdité d'une telle existence. Dieu qui est le Créateur des choses visibles a aussi formé les choses invisibles que sont l'esprit (substance immatérielle) et le vent (force physique). Ces réalités existent, bien qu'elles appartiennent à deux mondes différents. La Bible en donne confirmation : " Ainsi parle l'Etemel, qui a étendu les deux et fondé la terre, et qui a formé l'esprit de l'homme au-dedans de lui. . ." (Zacharie 12 : 1).

" Qui donc, parmi les hommes, connaît les choses de l 'homme, si ce n'est l'es prit de l'homme qui est en lui ? " (I Corinthiens 2:11).

Jésus parlant de l'Esprit de Dieu le com­ para à la puis­ sance du vent (Jean 3 : 5-8) ; invisible mais agissante. Plus tard, le Christ parla de l'Esprit de Dieu comme d'un autre Consolateur de même nature que le Christ (Jean 14 : 16, 26) capable d'habiter dans l'esprit de l'homme (Romains 8:11, 23).

L'homme, par son esprit d'homme dont Dieu lui fit présent, et par l'Esprit-Saint peut devenir une autre création s'il marche avec Dieu. Comme la chrysalide qui n'est ni chenille ni papillon, l'homme croyant est dans l'Eglise comme dans un cocon qui lui permet de devenir pleinement ce à quoi il est des­ tiné, " Et de même que nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste " (I Corinthiens 15 : 47 ). Comme le dit l'apôtre Paul dans II Corinthiens 4 : 16 : " ...notre homme intérieur se renouvelle " .

Conclusion

"La science du XXIe siècle sera spiri­ tuelle ou ne sera pas ", affirme Thuan en paraphrasant André Malraux. Puisse cette science être augmentée, non seule­ ment de l'apport spirituel, mais que cet apport puisse aussi être fondé sur la Parole de Dieu et sur la connaissance du Christ qui en est le fondement et la plé­ nitude (Colossiens 2). Si l'évolution nisme (une croyance) constitue une sorte de thèse non scientifique servie dans un langage savant et hermétique, que penser donc, de l'évolution (une théorie) ? La paléoanthropologue française, Anne Dambricourt Malassé, fournit la réponse suivante : " Le néo-darwinisme se révèle . . . davantage comme une spéculation métaphysique athée de l'évolution ". Ses propos font des vagues. Elle déclare aussi que " ... la sagesse des religions est de reconnaître que le Logos Universel n'est pas humain. Un être humain qui prétend développe une théorie athée de l 'évolution s'autoproclame Logos Universel. C'est un aveugle. Celui qui admet un espace d'in connaissance est déjà plus proche des données objectives ".

Et ce docteur d'ajouter : " Compte tenu de l'étendue de la main-mise sur les consciences par l'athéisme darwinien, je vois dans cette période une phase très sombre de l'hominisation. Dans une logique évolutive humaine qui est celle d'une quête de sens liée à la cause pre­ mière de l'univers, tuer cette aspiration métaphysique peut être vu comme un crime, non plus contre l'humanité mais contre l'hominisation. C'est une atteinte à une dimension en l'humain, qui n'est pas humain, qui ne nous appartient pas, mais dont nous sommes les légataires universels conscients. C'est notre singularité ".

Dans son tout récent ouvrage, Homme, Société, Evolution, le docteur Michel Sakka, chirurgien et spécialiste en anthro­ pologie biologique attaché au Muséum National d'Histoire Naturelle et à l'Université Panthéon- Sorbonne, met ses lec­ teurs en garde contre certaines vues contempo­ raines alié­ nantes, bio logisantes, déshumani­ santes et dangereuses qui ne per­ çoivent pas " ... la dis tance et [les] caractères qui séparent l'hu­ main de l'animal...", et tendent à réduire l'homme au seul modèle animal. La vision de ce scientifique l'amène à dire que " Les réflexions sur l'évolution tant biologique que culturelle et sociale conduisent à dépasser le contenu des discussions sur la réalité ou les failles du darwinisme. Le sta­ tut de la philosophie, celui de la science par rapport à la religion, des individus dans la société, de la personne humaine et de sa dignité, l'avenir culturel, social, vital des femmes et des hommes sont en cause ainsi que notre conception du monde. C'est dire l'importance des enjeux ".

L'Homme moderne n'a pas à faire un choix entre la Bible et la Science, car cette dernière admet qu'il y a encore beaucoup plus à découvrir que ce qu'elle a déjà découvert. A l'aube du XXIe siècle, la science ne pourrait-elle pas se faire porteuse d'espoir en intégrant les révélations divines dans une méthode de recherche renouvelée ? Le nouveau départ ne pourrait-il pas se fonder sur ces paroles de l'apôtre Paul adressées à l'Eglise de Colosses : "... qu'ils soient unis dans l'amour, et enrichis d'une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance " (Colossiens 2 : 2-3).

Ainsi, Science et Religion, en pleine com­ munion d'esprit, et comme les mains bien coordonnées d'un même corps, seraient en mesure de nourrir tous les hommes d'une même et grandiose Vérité. Les questions "D'où venons-nous ? ", " Qui sommes-nous ? ", " Où allons-nous ? " trouveraient enfin les réponses adéquates, péremptoires et ouvriraient une fenêtre d'espérance sur le troisième millénaire et sur le monde à venir.

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