La pauvreté et la générosité
Joseph Tkach
 

Dans sa seconde épître aux frères de Corinthe, Paul donna une excellente illustration de la façon dont ce cadeau qu’est la joie touche de façon pratique les croyants « Nous vous faisons connaître, frères, la grâce de Dieu qui s’est manifestée dans les Eglises de la Macédoine » ( II Corinthiens 8 : 1). Il est certain que Paul n’écrivait pas un simple compte-rendu de nouvelles. Au contraire, il voulait que les frères de Corinthe réagissent à la grâce de Dieu de la même façon que l’Eglise de Macédoine l’avait fait. Il voulait leur décrire une bonne façon de réagir à la générosité de Dieu.

Paul fait remarquer que les Macédoniens ont eu une « grande épreuve » et une « pauvreté profonde » - mais qu’ils ont éprouvé aussi « une joie débordante » (verset 2). Il est évident qu’ils n’étaient pas influencés par un Evangile promettant la santé et les richesses matérielles. Leur grande joie ne provenait pas d’une abondance d’argent ni de biens, mais elle jaillissait en eux en dépit du fait qu’ils ne possédaient que très peu !

Leur réaction démontre que cette joie vient « d’ailleurs » ; il s’agit de quelque chose qui va au-delà du monde et de l’humanité égoïste, quelque chose qui ne peut pas s’expliquer selon les valeurs de ce monde : « A travers la grande épreuve de leurs afflictions, leur joie débordante et leur pauvreté profonde ont produit avec abondance de riches libéralités de leur part » (verset2).

Combinez la pauvreté et la joie qui paraissent paradoxales, et qu’en est-il ? De riches libéralités ! Ces libéralités n’étaient pas des dons basés sur un pourcentage de revenus. « Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au-delà de leurs moyens » (verset 3). Ils ont donné en se sacrifiant.

Et de plus, dans leur pauvreté (verset 3-4), ils imploraient Paul parce qu’ils voulaient prendre part en donnant plus qu’il n’était raisonnable ! C’est de cette façon que la grâce de Dieu était à l’œuvre parmi les croyants macédoniens. C’était un témoignage de leur foi, sans borne en Jésus-Christ. C’était un témoignage de l’Esprit et de sa puissance d’amour pour autrui. Paul voulait que ce témoignage soit connu des Corinthiens et imité. Pour nous aussi, cela à un sens si nous laissons le Saint-Esprit agir librement en nous.

D’abord au Seigneur

Pour quelle raison les Macédoniens ont-ils fait quelque chose d’aussi « incroyable » ? Paul répond : « Et non seulement ils ont contribué comme nous l’espérions, mais ils se sont d’abord donnés eux-mêmes au Seigneur, puis à nous, par la volonté de Dieu » (verset 5). Ils le firent pour servir Dieu ; ils se sacrifièrent pour Lui en premier et avant toute chose. C’était l’œuvre de la grâce de Dieu dans leurs vies, et ils étaient heureux de le faire. Répondant au Saint-Esprit en eux, ils savaient, ils croyaient et ils agissaient comme si la vie ne se mesurait pas par l’abondance des biens matériels.

Comme nous le lisons plus loin dans ce chapitre, nous voyons que Paul voulait que les Corinthiens agissent de la même façon : « Nous avons donc engagé Tite à achever chez vous cette œuvre de bienfaisance, comme il l’avait commencée. De même que vous excellez en toutes choses, en foi, en parole, en connaissance, en zèle à tous égards, et dans votre amour pour nous, faites en sorte d’exceller aussi dans cette œuvre de bienfaisance » (verset 6-7).

Les Corinthiens se vantaient de leur richesse spirituelle. Ils avaient beaucoup à donner, mais ils ne donnaient pas ! Paul voulait qu’ils excellent en générosité parce que c’est l’expression de l’amour divin, et l’amour est ce qu’il y a de plus important.

Et cependant Paul savait que ce qu’une personne peut donner importe peu ; si l’attitude de cette personne est pleine de ressentiment et non de générosité, cela ne lui sert à rien (1 Corinthiens 13 : 3). C’est pourquoi il ne voulait pas contraindre les Corinthiens à donner s’ils devaient le faire avec ressentiment. Cependant, il voulait les aiguillonner parce que leur comportement n’était pas à la hauteur et ils avaient besoin qu’on le leur dise. « Je ne dis pas cela pour donner un ordre mais pour éprouver, par l’exemple du zèle des autres, la sincérité de votre amour » (2 corinthiens 8 : 8).

Jésus montre l’exemple

La vraie spiritualité se mesure d’après le standard de perfection de Jésus-Christ qui donna sa vie pour tous, et non selon les critères des Corinthiens. C’est pourquoi Paul présente l’attitude de Jésus-Christ comme une preuve théologique de la générosité qu’il aurait aimé trouver dans l’Eglise de Corinthe : « Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis » (verset 9).

Naturellement, les richesses auxquelles Paul fait allusion ne sont pas matérielles. Nos trésors sont infiniment plus grands que les richesses physiques : ils sont au ciel, réservés pour nous. Cependant, même aujourd’hui, nous pouvons avoir un avant-goût de ces richesses éternelles en permettant au Saint-Esprit d’œuvrer en nous. En ce moment le peuple de Dieu fait face à des épreuves et est confronté à la pauvreté, mais parce que Jésus vit en nous, nous pouvons être riches et exceller dans notre générosité. Nous pouvons aller au-delà du minimum et exceller dans notre libéralité parce que notre joie en Christ peut même surabonder aujourd’hui pour aider les autres.

La joie et la générosité

Paul continue son exhortation aux Corinthiens : « C’est un avis que je donne là-dessus, car cela vous convient, à vous qui non seulement avez commencé à agir, mais qui avez eu la volonté dès l’année dernière. Achevez donc maintenant d’agir, afin que l’accomplissement selon vos moyens réponde à l’empressement que vous avez mis à vouloir » (verset 10-11).

« La bonne volonté, quand elle existe (si l’attitude de générosité est présente) est agréable en raison de ce qu’elle peut avoir à sa disposition, et non de ce qu’elle n’a pas » (verset 12). En fait, Paul ne demandait pas aux Corinthiens de donner autant que les Macédoniens. Les Macédoniens avaient déjà donné bien plus que nécessaire ; Paul demandait aux Corinthiens de donner selon leurs moyens, le plus important étant que cette générosité soit sincère et volontaire.

Paul continue de les exhorter au chapitre 9 : « Je connais, en effet, votre bonne volonté dont je me glorifie pour vous auprès des Macédoniens, en déclarant que l’Achaïe est prête depuis l’année dernière ; et ce zèle de votre part a stimulé le plus grand nombre »(verset 2).

Paul utilise maintenant l’exemple des Macédoniens pour stimuler la générosité des Corinthiens. Il avait auparavant utilisé l’exemple des Corinthiens pour attiser celles des Macédoniens, et ce apparemment avec un succès retentissant. Les Macédoniens étaient tellement généreux que Paul réalisa que les Corinthiens pouvaient encore mieux faire. Mais, s’étant vanté en Macédoine que les Corinthiens étaient généreux, il voulait maintenant que les Corinthiens passent à l’action et il les exhortait encore une fois. Mais tout en exerçant une certaine pression, l’apôtre souhaitait avant tout qu’ils donnent volontairement : « J’envoie les frères, afin que l’éloge que nous avons fait de vous ne soit pas réduit à néant sur ce point là, et que vous soyez prêts comme je l’ai dit. Je ne voudrais pas, si les Macédoniens m’accompagnent et ne vous trouvent pas prêts, que cette assurance tourne à notre confusion, pour ne pas dire à la votre. J’ai donc jugé nécessaire d’inviter les frères à se rendre auparavant chez vous, et à s’occuper de votre libéralité déjà promise, afin qu’elle soit prête, de manière à être une libéralité, et non un acte d’avarice » (verset 3-5).

Viens ensuite un verset que nous connaissons pour l’avoir souvent entendu : « Que chacun donne comme il l’a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte ; car Dieu aime celui qui donne avec joie » (verset 7). Cette joie n’est pas de l’hilarité ou un fou rire ; cela veut dire tout simplement que parce que Christ est en nous, nous aimons partager ce que nous avons avec les autres. Cela nous fait du bien de donner. L’amour et la grâce œuvrent dans nos cœurs de façon à ce que, petit à petit, notre vie de partage se transforme en une source de joie de plus en plus grande.

La plus grande des bénédictions

Paul dans ce verset parle des bénédictions. Si nous voulons donner et donner généreusement, alors Dieu nous donnera aussi. Paul n’a pas peur de rappeler cela aux Corinthiens. Il dit : « Et Dieu peut vous combler de toutes Ses grâces, afin que possédant toujours en toutes choses de quoi satisfaire à tous vos besoins, vous ayez encore en abondance pour toute bonne œuvre » (verset 8).

Paul promet que Dieu sera généreux envers nous. Quelquefois, Dieu nous donne des biens matériels, un meilleur travail, plus d’économies, une situation avantageuse, mais ce n’est pas dont il parle ici. Il parle dans ce contexte de la grâce, non pas de la grâce du pardon, que nous avons eu par la foi en Christ, et non par les œuvres de générosité. Dans ce verset, Paul parle des autres types de grâce que Dieu peut dispenser.

Tout en s’appauvrissant matériellement davantage pour le bénéfice de leurs frères, les Eglises de Macédoine reçurent une bénédiction supplémentaire : plus de joie. Je crois que toute personne saine d’esprit, si elle est forcée de choisir, préfèrera la pauvreté dans la joie, plutôt que la richesse sans la joie. De ce fait, la joie est la plus grande des bénédictions. Certains chrétiens ont mêmes les deux, et en contrepartie, ils doivent utiliser les deux pour servir les autres.

Paul cite ensuite l’Ancien Testament : « Il a fait des largesses, il a donné aux indigents » (verset 9). De quelle largesses parle t-il ? « Sa justice subsiste à jamais ». Le don de la justice les dépasse toutes. La bénédiction d’être comptés parmi les justes aux yeux de Dieu, voilà la bénédiction qui durera éternellement. Dieu nous offre la meilleure des bénédictions possibles.

Dieu récompense un cœur généreux

« Celui qui fournit de la semence au semeur, et du pain pour sa nourriture, vous fournira et vous multipliera la semence, et il augmentera les fruits de votre justice » (verset 10). Ce dernier verset, à propos de la récolte de la justice, montre que Paul parle de façon métaphorique. Il ne nous promet pas littéralement de la semence, il dit tout simplement que Dieu récompensera les gens généreux ; Il leur en donnera plus pour qu’ils donnent plus.

Dieu en donnera plus à celui qui utilise les dons qu’Il lui a donnés pour servir. Quelquefois, Il donne en nature : du grain pour du grain, de l’argent pour de l’argent, mais pas toujours. Quelquefois, Il nous bénit d’une joie incommensurable pour nos dons volontaires. Il nous donne toujours le meilleur.

Paul disait que les Corinthiens recevraient tout ce dont ils auraient besoin. Pourquoi ? Pour « qu’ils abondent dans les bonnes œuvres ». Il dit la même chose au verset 12 : « Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâce envers Dieu ». Les bénédictions de Dieu viennent sous conditions, pourrions-nous dire.

Il nous faut les utiliser et non les cacher. Ceux qui sont riches doivent devenir riches en bonnes œuvres. « Recommande aux riches du présent siècle de ne pas être orgueilleux, et de ne pas mettre leur espérance dans les richesses incertaines, mais de la mettre en Dieu qui nous donne avec abondance toutes choses pour que nous en jouissions. Recommande-leur de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, d’avoir de la libéralité, de la générosité » (1 Timothée 6 : 17-18).

La vraie vie

Quelle est la récompense pour une attitude si inhabituelle ? Que reçoivent ceux qui ne se raccrochent pas aux richesses de façon cupide et qui sont capable de donner ? Il amassent « ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un fondement solide, afin de saisir la vie véritable » (verset 19).

Quand nous prenons des décisions financières qui sont fondées sur la confiance en Dieu, nous prenons à bras le corps la vraie vie. La foi n’est pas facile, mes amis. La nouvelle alliance n’assure pas une vie confortable ; mais c’est une vie qui en vaut la peine et dont le bénéfice par rapport à notre investissement personnel est plus de mille pour un. Cependant, cela implique dans notre courte vie ici-bas des sacrifices importants.

Et pourtant, les récompenses sont grandes pendant notre vie terrestre. Dieu dans son infinie sagesse nous bénit de la façon qui nous convient le mieux. Dans nos épreuves comme dans nos bénédictions, nous pouvons en toutes confiance remettre nos vies entre Ses mains. Nous pouvons nous en remettre à Lui et quand nous agissons ainsi, nos vies deviennent un témoignage de foi.

Dieu nous aime tellement qu’Il a envoyé Son fils unique mourir pour nous quand nous étions encore des ennemis et des pécheurs. Ne pourrions nous pas avoir plus confiance en Lui pour prendre soin de nous et de nos besoins à long terme, maintenant que nous sommes Ses enfants et Ses alliés ? Plus nous aurons confiance en Lui, moins nous ressentirons le besoin de « couvrir nos arrières ».

La récolte de louanges

Revenons à II Corinthiens chapitre 9 et remarquons ce que Paul dit aux Corinthiens à propos de leur générosité matérielle et financière : « Vous serez de la sorte enrichis à tous égards, pour toute espèces de libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces. Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu » (verset 11-12)

Paul rappelle aux Corinthiens que leur générosité comporte une dimension théologique. Les bénéficiaires rendront grâces à Dieu parce qu’ils comprendront que Dieu travaille par l’entremise des hommes. Dieu dispose le cœur de ceux qui sont riches pour qu’ils donnent. C’est de cette façon que s’accomplit Son œuvre.

« En considération de ce secours dont ils font l’expérience, ils glorifient Dieu de votre obéissance dans la profession de l’Evangile de Christ, et de la libéralité de vos dons envers eux et envers tous » (verset 13). Il convient de noter qu’il y a plusieurs points dans ce verset. Premièrement, les Corinthiens ont été capables de prouver leur valeur par leurs actions. Ils ont montré par leurs actions que leur foi était véritable. Deuxièmement, de la générosité découle non seulement des remerciements, mais aussi des louanges à Dieu. Cela facilite la dévotion. Troisièmement, il faut faire preuve d’obéissance pour accepter l’Evangile de la grâce, et cette obéissance implique aussi le partage des ressources matérielles.

Donner pour l’Evangile

Paul parlait de la générosité en corrélation avec des efforts pour soulager la famine. Je crois cependant que les mêmes principes peuvent s’appliquer aux dons pécuniaires que nous faisons dans l’Eglise pour soutenir le ministère et la prédication de l’Evangile. Nous apportons notre soutien à une œuvre importante.

Dieu récompense encore la générosité. Il promet encore des trésors au ciel et de la joie pour toujours. L’Evangile demande encore et toujours l’obéissance dans les affaires financières. Notre attitude envers l’argent reflète encore notre foi dans ce que Dieu fait maintenant et fera dans l’avenir. Les gens remercieront et loueront toujours Dieu pour les sacrifices que nous faisons aujourd’hui.

Nous recevons directement , certes de façon infime, les bénéfices de l’argent que nous donnons à l’Eglise. La majorité d’entre nous avons un lieu de culte et un pasteur qui nous aide à croître spirituellement. Je réalise pleinement que certains n’ont pas de pasteur à plein temps et de lieu de culte. A l’instar des Macédoniens qui donnèrent dans leur pauvreté, les chrétiens donnent malgré tout, parce que la grâce de Dieu œuvre en eux et engendre une volonté de donner et même de la joie à donner. Je sais qu’ils seront récompensés.

La plupart de nos contributions servent à aider les autres, à rémunérer les pasteurs pour qu’ils leur apportent l’Evangile, et leur fournissent un lieu où s’assembler. Nous payons les frais de déplacement des croyants qui créent et qui entretiennent des groupes de partage au sein desquels les nouveaux venus peuvent apprendre ce qu’est le salut.

Ces gens ne vous connaissent pas (encore), mais ils vous remercieront, ou du moins remercieront-ils Dieu et Lui rendront-ils grâce pour vos sacrifices vivants. C’est vraiment une œuvre importante. La chose cruciale que nous puissions faire dans notre vie, après avoir accepté Christ en tant que notre Sauveur et Seigneur , est de faire croître le Royaume en laissant Dieu œuvrer dans nos vies.

Laissez-moi conclure avec les paroles de Paul aux versets14 et 15 : « Ils prient pour vous, parce qu’ils vous aiment à cause de la grâce éminente que Dieu vous a faite. Grâces soient rendues à Dieu pour son don merveilleux ! »

© Tous droits réservés – 1978-2008 - Eglise Universelle de Dieu