La mise à l'épreuve
Joseph Tkach
 

Le Christ n’est pas venu pour nous donner une vie sans problème. Je voudrais faire quelques commentaires sur les épreuves et leur rapport avec des enseignements tels que « demandez-le et revendiquez-le » connus aussi comme « la parole de la foi ».

Beaucoup de chrétiens ont reçu un enseignement qui leur garantirait une façon d’échapper aux épreuves. Ils se réfèrent aux promesses d’intervention divine pour tous ceux qui ont foi en Son Fils.
Non seulement Dieu promet de nous aider dans nos épreuves, mais Il nous prédit aussi des épreuves. Le Christ n’est pas venu nous apporter une vie sans problème. Au contraire, Il nous a avertis que nous aurions des conflits à l’intérieur même de nos familles à cause de Lui (Matthieu 10 : 34-36), que nous aurions des épreuves et que nous serions persécutés (Jean 16 : 33).

Nous entrons dans le royaume par beaucoup de tribulations (Actes 14 : 22) et chaque chrétien sera persécuté (2 Timothée 3 : 12). Il est normal, dès lors, que des épreuves nous affectent (1 Pierre 4 : 12).

Pourtant, les Ecritures disent aussi qui si nous demandons quelque chose au nom de Jésus, Il le fera pour nous (Jean 14 : 12-14). « Alors c’est parfait », penseront beaucoup de chrétiens, « nous pouvons demander une vie sans problème et si nous avons assez de foi Jésus fera en sorte que nous n’ayons pas de problème ».

Jean 14 :12-14 déclare que nous pouvons avoir tout ce que nous demandons mais, parce qu’une telle promesse a été faite, pouvons-nous exiger d’obtenir ce que nous voulons ? Non ! L’explication de passages comme celui-ci se retrouve ailleurs, dans d’autres versets des Ecritures.

Il faut comprendre ceci : des chrétiens ont prié avec foi et ferveur pour que Pat Robertson devienne Président des Etats-Unis. D’autres ont prié au nom de Jésus pour Georges Bush et d’autres pour Bill Clinton.

Dieu ne répond pas aux prières qui vont à l’encontre de Sa volonté souveraine. Il a des raisons que nous ne pouvons percevoir (1 Jean 5 : 14). Nous ne connaissons pas Sa volonté et il est bien possible que nous croyions à quelque chose qui ne soit pas vrai.

Notre foi ne garantit pas que nos prières soient exaucées, car notre foi peut être mal fondée. Je n’ai encore jamais entendu parler d’une montagne se jetant dans l’océan.

Certains chrétiens croient que Dieu évincera Bill Clinton de la présidence d’autres croient que non. Certains prient pour un résultat, d’autres pour un autre, mais les deux ne peuvent être obtenus.

Nous pouvons demander un million de dollars à Dieu - beaucoup de chrétiens l’ont déjà fait - mais sans résultat. Persuadés que Dieu leur accorderait l’argent, beaucoup ont acheté des biens « avec la foi ». Nous pouvons avoir une confiance totale en Jésus-Christ - la confiance qu’il nous sauve - sans croire qu’Il est une sorte de bon génie qui accomplit tous les vœux faits en Son nom simplement parce que nous utilisons la bonne formule et que nous « croyons ».

La foi et la guérison

Beaucoup de chrétiens ont cru fermement que Dieu guérirait un être cher. Ils ont prié avec foi. Certains ont cru en avoir la confirmation par d’autres croyants ou d’autres miracles. C’est pourquoi ils ont été sincèrement surpris et même abasourdis quand l’être cher est mort. Ce qu’ils croyaient avec tant de certitude ne s’est pas réalisé. Leur foi ne pouvait guérir la personne ; seul Dieu le pouvait, et leurs prières, l’amour et leur foi ne furent d’aucun secours dans cette situation particulière. Quand de telles déceptions surviennent, une nouvelle épreuve fait son apparition. Si la foi dans la guérison était une erreur, qu’en est-il de la foi en Christ ? Est-ce aussi une erreur ? C’est l’un des dangers de l’enseignement de la « parole de foi » ; elle lie la foi en notre Sauveur à la foi en des prédictions particulièrement précises. Est-ce que Jésus a promis de guérir toutes les maladies ? Il n’a pas guéri Epaphrodite, du moins pas aussi vite que tous auraient voulu qu’Il le fasse (Philippiens 2 : 27). Même au début de Son ministère terrestre, Jésus n’a pas guéri tout le monde (Jean 5 : 3-9). Jésus n’a-t-Il pas souffert pour nous, payant le prix pour tous nos péchés ? Cela veut-il dire que nous n’ayons plus aucune raison de souffrir ?

Certains l’affirment, mais il nous faut analyser ce raisonnement à la lumière d’un autre fait : Jésus est mort pour nous.

Est-ce que cela veut dire que nous ne devrions jamais mourir ? Selon ce raisonnement (la parole de foi), la punition pour le péché ayant déjà été payée, alors, nous n’aurons pas besoin de mourir. Nous avons déjà la vie éternelle (Jean 5 : 24 ; 11 : 26). Mais le fait est que tous les chrétiens meurent. Il y a erreur dans ce raisonnement. Nous ne goûtons pas à tout ce que Jésus a accompli pour nous. Le jour viendra où nous serons ressuscités et immortels. Le jour viendra où nous n’aurons plus de douleurs. Le jour viendra où nous récolterons tous les bénéfices de la Rédemption de Jésus, mais ce jour n’est pas encore arrivé. Nous partageons, aujourd’hui, les souffrances de Jésus (1 Pierre 2 : 20-21).

Jésus nous a promis la persécution et non la délivrance de la douleur et du chagrin. Quand Paul a été battu, lapidé et emprisonné, il a ressenti de la douleur bien que Jésus ait payé pour tous les péchés. Paul avait une grande foi, mais il a enduré de grandes souffrances (2 Corinthiens 1 : 5 ; Philippiens 3 :10 ; 4 : 12).
Même si Jésus a expié tous les péchés, les chrétiens souffrent malgré leur foi -et bien souvent à cause de leur foi. Nous souffrons de persécutions et nous souffrons incidemment de vivre dans ce monde où le péché est encore chose courante. Le péché blesse des gens innocents et très souvent nous sommes les innocents blessés. Fréquemment, cela peut mener à une mort précoce, ou à une mort lente et douloureuse. Nous pouvons subir des souffrances (brûlures, privations) résultant d’accidents ou de maladies. Notre santé est affectée par le froid, la fumée d’un incendie, ou par des produits chimiques dans notre alimentation. Nous pouvons également être les victimes d’attaques d’animaux sauvages, petits ou grands, ou même de micro-organismes. Dieu n’a pas garanti que tout son peuple serait protégé de tous les problèmes possibles. Est-ce toujours la volonté de Dieu de guérir les gens qui ont foi en Christ ? A en croire la Bible, oui et non. Etienne et Jacques ont été tués. Les premiers chrétiens sont morts, tôt ou tard de quelque chose. Cependant, combien de fois Dieu les avait-Il tirés d’un mauvais pas avant qu’ils ne meurent ? Bien souvent, peut-être.

Vous êtes-vous souvent posé des questions sur ces pasteurs qui disent guérir toutes les infirmités alors qu’eux-mêmes portent des lunettes? Les promesses bibliques ne s’appliqueraient-elles qu’à certaines maladies et pas à d’autres ?

Les Ecritures souvent citées pour étayer une promesse universelle de guérison ne font pas de différence entre les problèmes oculaires, l’âge, les accidents ou quoi que ce soit d’autre. Les Ecritures et l’expérience nous enseignent que ces versets n’ont pas valeur de garantie universelle. Oui certes, certains ont été guéris et bien souvent de façon spectaculaire. Ce sont des exemples de faveur, de grâce et de miséricorde spéciales. Nous ne devrions pas prendre ces exemples de grâce exceptionnelle et en faire une promesse universelle. Et surtout, nous ne devrions pas laisser entendre que les gens qui ne sont pas guéris n’ont pas la foi. Bien souvent leur foi est amplement prouvée par leurs souffrances ; ils restent joyeux et confiants que Dieu fera ce qu’Il y a de mieux pour eux. Qu’ils vivent ou qu’ils meurent, qu’ils aient la prospérité ou la pauvreté, ils ont confiance en Dieu. Il n’y a rien de mal dans leur foi. Ce qu’il y a de mal, c’est cet enseignement qui sous-entend qu’ils n’aient pas tout fait pour être exaucés. Or ce qu’ils ont fait, ils l’ont fait avec conviction.

L’utilité des épreuves

Comme Dieu nous a promis des épreuves et nous a promis de nous aider dans nos épreuves, à quoi servent-elles ? Pourquoi permet-Il le mal ? Nous ne savons pas vraiment pourquoi, mais nous savons que Dieu permet le mal et que Jésus Lui-même était prêt à l’endurer et qu’Il l’endure encore patiemment. Les Ecritures nous parlent des bienfaits des épreuves : « Nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve et cette victoire l’espérance » (Romains 5 : 3-4). De plus Hébreux 12 : 11 affirme « qu’il est vrai que tout châtiment semble d’abord un sujet de tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour ceux qui ont été ainsi exercés un fruit paisible de justice ». Quant à l’apôtre Pierre, il confirme ce qui précède « Quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves, afin que l’épreuve de votre foi plus précieuse que l’or périssable ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra » (I Pierre 1 : 6-7).

Dieu a t’Il promis de nous protéger contre les épreuves ?

En bref, nous apprenons des choses par la souffrance que nous ne pouvons apprendre par l’étude. La souffrance pétrit notre caractère d’une façon telle que les mots ne peuvent la décrire complètement. Même Jésus a tiré une leçon de Ses souffrances et nous sommes aussi appelés à porter notre croix et à souffrir avec Lui.

« Or si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui » (Romains 8 : 17).

Les épreuves ne sont pas agréables, mais nous sommes réconfortés par le fait que Dieu soit à l’œuvre dans nos vies et qu’Il tire du bon de toute chose.

En toute connaissance de cause et en toute compassion Il travaille dans nos vies pour Son but glorieux. Nous ne comprenons pas toujours quelles leçons précises nous devons apprendre d’une épreuve particulière, mais nous devons toujours avoir confiance en Dieu.

En fait, bien souvent une mise à l’épreuve de notre foi est exactement cela : une épreuve pour notre foi. Dans les épreuves, nous devons nous fier à Dieu malgré les circonstances physiques. En se fiant à Dieu, notre foi et notre relation avec Lui grandissent.

Une foi peu éprouvée peut être faible. N’importe qui peut persévérer quand tout va bien. Une foi éprouvée est plus forte et le lien entre nous et Dieu se resserre.

Dieu veut établir une relation personnelle avec Ses enfants, une relation caractérisée par la foi, la confiance et l’amour. Ce lien de la foi peut être renforcé par nos épreuves. Celles-ci nous apprennent à avoir confiance en Dieu pour tous nos besoins. Que notre épreuve soit liée à la santé, à l’argent, au relationnel ou à un problème dans l’Eglise, nous devons nous tourner vers Christ.

Mes amis, je vous remercie encore une fois pour votre zèle, votre travail, votre patience et votre foi. Continuez à prier pour chacun d’entre vous et pour nous afin que l’œuvre de Dieu s’accomplisse plus pleinement dans nos vies et dans l’Eglise.

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