Le Christ n’est pas venu pour nous donner une vie
sans problème. Je voudrais faire quelques commentaires
sur les épreuves et leur rapport avec des enseignements
tels que « demandez-le et revendiquez-le » connus
aussi comme « la parole de la foi ».
Beaucoup de chrétiens ont reçu un enseignement
qui leur garantirait une façon d’échapper
aux épreuves. Ils se réfèrent aux promesses
d’intervention divine pour tous ceux qui ont foi en
Son Fils.
Non seulement Dieu promet de nous aider dans nos épreuves,
mais Il nous prédit aussi des épreuves. Le
Christ n’est pas venu nous apporter une vie sans problème.
Au contraire, Il nous a avertis que nous aurions des conflits
à l’intérieur même de nos familles
à cause de Lui (Matthieu 10 : 34-36), que nous aurions
des épreuves et que nous serions persécutés
(Jean 16 : 33).
Nous entrons dans le royaume par beaucoup de tribulations
(Actes 14 : 22) et chaque chrétien sera persécuté
(2 Timothée 3 : 12). Il est normal, dès lors,
que des épreuves nous affectent (1 Pierre 4 : 12).
Pourtant, les Ecritures disent aussi qui si nous demandons
quelque chose au nom de Jésus, Il le fera pour nous
(Jean 14 : 12-14). « Alors c’est parfait »,
penseront beaucoup de chrétiens, « nous pouvons
demander une vie sans problème et si nous avons assez
de foi Jésus fera en sorte que nous n’ayons
pas de problème ».
Jean 14 :12-14 déclare que nous pouvons avoir tout
ce que nous demandons mais, parce qu’une telle promesse
a été faite, pouvons-nous exiger d’obtenir
ce que nous voulons ? Non ! L’explication de passages
comme celui-ci se retrouve ailleurs, dans d’autres
versets des Ecritures.
Il faut comprendre ceci : des chrétiens ont prié
avec foi et ferveur pour que Pat Robertson devienne Président
des Etats-Unis. D’autres ont prié au nom de
Jésus pour Georges Bush et d’autres pour Bill
Clinton.
Dieu ne répond pas aux prières qui vont à
l’encontre de Sa volonté souveraine. Il a des
raisons que nous ne pouvons percevoir (1 Jean 5 : 14). Nous
ne connaissons pas Sa volonté et il est bien possible
que nous croyions à quelque chose qui ne soit pas
vrai.
Notre foi ne garantit pas que nos prières soient
exaucées, car notre foi peut être mal fondée.
Je n’ai encore jamais entendu parler d’une montagne
se jetant dans l’océan.
Certains chrétiens croient que Dieu évincera
Bill Clinton de la présidence d’autres croient
que non. Certains prient pour un résultat, d’autres
pour un autre, mais les deux ne peuvent être obtenus.
Nous pouvons demander un million de dollars à Dieu
- beaucoup de chrétiens l’ont déjà
fait - mais sans résultat. Persuadés que Dieu
leur accorderait l’argent, beaucoup ont acheté
des biens « avec la foi ». Nous pouvons avoir
une confiance totale en Jésus-Christ - la confiance
qu’il nous sauve - sans croire qu’Il est une
sorte de bon génie qui accomplit tous les vœux
faits en Son nom simplement parce que nous utilisons la
bonne formule et que nous « croyons ».
La foi et la guérison
Beaucoup de chrétiens ont cru fermement que Dieu
guérirait un être cher. Ils ont prié
avec foi. Certains ont cru en avoir la confirmation par
d’autres croyants ou d’autres miracles. C’est
pourquoi ils ont été sincèrement surpris
et même abasourdis quand l’être cher est
mort. Ce qu’ils croyaient avec tant de certitude ne
s’est pas réalisé. Leur foi ne pouvait
guérir la personne ; seul Dieu le pouvait, et leurs
prières, l’amour et leur foi ne furent d’aucun
secours dans cette situation particulière. Quand
de telles déceptions surviennent, une nouvelle épreuve
fait son apparition. Si la foi dans la guérison était
une erreur, qu’en est-il de la foi en Christ ? Est-ce
aussi une erreur ? C’est l’un des dangers de
l’enseignement de la « parole de foi »
; elle lie la foi en notre Sauveur à la foi en des
prédictions particulièrement précises.
Est-ce que Jésus a promis de guérir toutes
les maladies ? Il n’a pas guéri Epaphrodite,
du moins pas aussi vite que tous auraient voulu qu’Il
le fasse (Philippiens 2 : 27). Même au début
de Son ministère terrestre, Jésus n’a
pas guéri tout le monde (Jean 5 : 3-9). Jésus
n’a-t-Il pas souffert pour nous, payant le prix pour
tous nos péchés ? Cela veut-il dire que nous
n’ayons plus aucune raison de souffrir ?
Certains l’affirment, mais il nous faut analyser
ce raisonnement à la lumière d’un autre
fait : Jésus est mort pour nous.
Est-ce que cela veut dire que nous ne devrions jamais mourir
? Selon ce raisonnement (la parole de foi), la punition
pour le péché ayant déjà été
payée, alors, nous n’aurons pas besoin de mourir.
Nous avons déjà la vie éternelle (Jean
5 : 24 ; 11 : 26). Mais le fait est que tous les chrétiens
meurent. Il y a erreur dans ce raisonnement. Nous ne goûtons
pas à tout ce que Jésus a accompli pour nous.
Le jour viendra où nous serons ressuscités
et immortels. Le jour viendra où nous n’aurons
plus de douleurs. Le jour viendra où nous récolterons
tous les bénéfices de la Rédemption
de Jésus, mais ce jour n’est pas encore arrivé.
Nous partageons, aujourd’hui, les souffrances de Jésus
(1 Pierre 2 : 20-21).
Jésus nous a promis la persécution et non
la délivrance de la douleur et du chagrin. Quand
Paul a été battu, lapidé et emprisonné,
il a ressenti de la douleur bien que Jésus ait payé
pour tous les péchés. Paul avait une grande
foi, mais il a enduré de grandes souffrances (2 Corinthiens
1 : 5 ; Philippiens 3 :10 ; 4 : 12).
Même si Jésus a expié tous les péchés,
les chrétiens souffrent malgré leur foi -et
bien souvent à cause de leur foi. Nous souffrons
de persécutions et nous souffrons incidemment de
vivre dans ce monde où le péché est
encore chose courante. Le péché blesse des
gens innocents et très souvent nous sommes les innocents
blessés. Fréquemment, cela peut mener à
une mort précoce, ou à une mort lente et douloureuse.
Nous pouvons subir des souffrances (brûlures, privations)
résultant d’accidents ou de maladies. Notre
santé est affectée par le froid, la fumée
d’un incendie, ou par des produits chimiques dans
notre alimentation. Nous pouvons également être
les victimes d’attaques d’animaux sauvages,
petits ou grands, ou même de micro-organismes. Dieu
n’a pas garanti que tout son peuple serait protégé
de tous les problèmes possibles. Est-ce toujours
la volonté de Dieu de guérir les gens qui
ont foi en Christ ? A en croire la Bible, oui et non. Etienne
et Jacques ont été tués. Les premiers
chrétiens sont morts, tôt ou tard de quelque
chose. Cependant, combien de fois Dieu les avait-Il tirés
d’un mauvais pas avant qu’ils ne meurent ? Bien
souvent, peut-être.
Vous êtes-vous souvent posé des questions
sur ces pasteurs qui disent guérir toutes les infirmités
alors qu’eux-mêmes portent des lunettes? Les
promesses bibliques ne s’appliqueraient-elles qu’à
certaines maladies et pas à d’autres ?
Les Ecritures souvent citées pour étayer
une promesse universelle de guérison ne font pas
de différence entre les problèmes oculaires,
l’âge, les accidents ou quoi que ce soit d’autre.
Les Ecritures et l’expérience nous enseignent
que ces versets n’ont pas valeur de garantie universelle.
Oui certes, certains ont été guéris
et bien souvent de façon spectaculaire. Ce sont des
exemples de faveur, de grâce et de miséricorde
spéciales. Nous ne devrions pas prendre ces exemples
de grâce exceptionnelle et en faire une promesse universelle.
Et surtout, nous ne devrions pas laisser entendre que les
gens qui ne sont pas guéris n’ont pas la foi.
Bien souvent leur foi est amplement prouvée par leurs
souffrances ; ils restent joyeux et confiants que Dieu fera
ce qu’Il y a de mieux pour eux. Qu’ils vivent
ou qu’ils meurent, qu’ils aient la prospérité
ou la pauvreté, ils ont confiance en Dieu. Il n’y
a rien de mal dans leur foi. Ce qu’il y a de mal,
c’est cet enseignement qui sous-entend qu’ils
n’aient pas tout fait pour être exaucés.
Or ce qu’ils ont fait, ils l’ont fait avec conviction.
L’utilité des épreuves
Comme Dieu nous a promis des épreuves et nous a
promis de nous aider dans nos épreuves, à
quoi servent-elles ? Pourquoi permet-Il le mal ? Nous ne
savons pas vraiment pourquoi, mais nous savons que Dieu
permet le mal et que Jésus Lui-même était
prêt à l’endurer et qu’Il l’endure
encore patiemment. Les Ecritures nous parlent des bienfaits
des épreuves : « Nous nous glorifions même
des afflictions, sachant que l’affliction produit
la persévérance, la persévérance
la victoire dans l’épreuve et cette victoire
l’espérance » (Romains 5 : 3-4). De plus
Hébreux 12 : 11 affirme « qu’il est vrai
que tout châtiment semble d’abord un sujet de
tristesse, et non de joie ; mais il produit plus tard pour
ceux qui ont été ainsi exercés un fruit
paisible de justice ». Quant à l’apôtre
Pierre, il confirme ce qui précède «
Quoique maintenant, puisqu’il le faut, vous soyez
attristés pour un peu de temps par diverses épreuves,
afin que l’épreuve de votre foi plus précieuse
que l’or périssable ait pour résultat
la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ
apparaîtra » (I Pierre 1 : 6-7).
Dieu a t’Il promis de nous protéger contre
les épreuves ?
En bref, nous apprenons des choses par la souffrance que
nous ne pouvons apprendre par l’étude. La souffrance
pétrit notre caractère d’une façon
telle que les mots ne peuvent la décrire complètement.
Même Jésus a tiré une leçon de
Ses souffrances et nous sommes aussi appelés à
porter notre croix et à souffrir avec Lui.
« Or si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers
: héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ,
si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être
glorifiés avec Lui » (Romains 8 : 17).
Les épreuves ne sont pas agréables, mais
nous sommes réconfortés par le fait que Dieu
soit à l’œuvre dans nos vies et qu’Il
tire du bon de toute chose.
En toute connaissance de cause et en toute compassion Il
travaille dans nos vies pour Son but glorieux. Nous ne comprenons
pas toujours quelles leçons précises nous
devons apprendre d’une épreuve particulière,
mais nous devons toujours avoir confiance en Dieu.
En fait, bien souvent une mise à l’épreuve
de notre foi est exactement cela : une épreuve pour
notre foi. Dans les épreuves, nous devons nous fier
à Dieu malgré les circonstances physiques.
En se fiant à Dieu, notre foi et notre relation avec
Lui grandissent.
Une foi peu éprouvée peut être faible.
N’importe qui peut persévérer quand
tout va bien. Une foi éprouvée est plus forte
et le lien entre nous et Dieu se resserre.
Dieu veut établir une relation personnelle avec
Ses enfants, une relation caractérisée par
la foi, la confiance et l’amour. Ce lien de la foi
peut être renforcé par nos épreuves.
Celles-ci nous apprennent à avoir confiance en Dieu
pour tous nos besoins. Que notre épreuve soit liée
à la santé, à l’argent, au relationnel
ou à un problème dans l’Eglise, nous
devons nous tourner vers Christ.
Mes amis, je vous remercie encore une fois pour votre zèle,
votre travail, votre patience et votre foi. Continuez à
prier pour chacun d’entre vous et pour nous afin que
l’œuvre de Dieu s’accomplisse plus pleinement
dans nos vies et dans l’Eglise.