Noël! Noël! Qui célèbres-tu ?
Donat Picard
Dominique Martin de la Cruz
 

Les fêtes de Noël arrivent à grands pas. En général, elles signifient bombance, abondance, mets précieux, vins fins et tutti quanti. Mais voilà, pas pour tout le monde.
La misère existe. Elle est là, à nos portes. Ici l’Armée du Salut oeuvre sans répit pour soigner les âmes en détresse, et une soupe chaude sera de nouveau servie pendant les fêtes de fin d’année. Là, les restos du coeur apporteront un repas aux nécessiteux. L’action proverbiale de la Croix Rouge sera manifeste. Et, sans compter la participation de toutes les autres associations humanitaires et caritatives qui participent activement pour améliorer un tant soit peu la vie des déshérités.
Là-bas, en pleine crise, l’Indonésie s’enfonce dans le désespoir et le chaos. A Noël, 100 millions d’Indonésiens auront moins de six francs par jour pour survivre. D’ailleurs l’organisation alimentaire mondiale vient de lancer un cri d’alarme. Et, c’est, sans parler de la misère qui gagne du terrain et qui fait son nid dans les autres parties du globe (Russie, Amérique du Sud, Afrique, Moyen Orient...)
A l’heure où sur six milliards d’êtres humains (ils étaient seulement trois milliards en 1960 !) plus de la moitié vivent au-dessous du seuil de pauvreté, à l’heure où tiers-monde, quart-monde, illettrisme, famines, épidémies, dénuements sont des mots qui inspirent la honte et la souffrance, à l’heure où le coeur de l’homme se refroidit, à l’heure où l’égoïsme s’étend, où le stress frappe violemment à nos portes, où les exclus de toute sorte se multiplient, où l’on assiste à une inquiétante montée de la souffrance mentale, sachons enfin apprécier pleinement toutes les bénédictions qui nous ont été accordées gratuitement par le Seigneur.

LE MESSIE, DIMENSION MANQUANTE DE NOEL

L’auteur de l’épître aux Hébreux déclare que Dieu le Père engendra un Fils (Hébreux 1 : 5-6). La Bible déclare également que ce fils est Fils de toute éternité, bien qu’Il fut incarné (né dans la chair), pour un temps, il y a environ 2000 ans (Jean 1 : 1). Cet enfant, engendré par l’Esprit de Dieu, et né de Marie, entra dans le monde pour se soumettre à la volonté de Son Père. Pour réconcilier l’humanité avec son Dieu, Jésus accepta d’être soumis au temps et à l’espace, comme le sont tous les hommes. D’Eternel qu’Il était, Il devint temporel en se soumettant aux lois physiques qu’Il avait lui-même créées (Colossiens 1 : 15-17). Il accepta de vivre au milieu d’eux, comme eux, mais sans se prévaloir des privilèges divins dont Il s’était volontairement dépouillé (Jean 1 : 14 et 10 : 17-18 ; Philippiens 2 : 7). Cet Homme-Dieu est né pour apporter le salut au monde, et proclamer cette Bonne Nouvelle à tous les peuples de la terre.
En cette fin d’année il est bon de s’interroger. Ce Messie-Rédempteur est-Il au coeur de nos festivités et de nos célébrations ? Sur les cinq continents du globe, des millions d’hommes, de femmes et d’enfants peuvent répondre « Oui ! » Pour d’autres, ce Sauveur n’est-Il toujours pas l’Inconnu, le Ridiculisé, l’Invention, le Mort, le Dérangeur, Celui qui ne devrait surtout pas être invité à la table des gens « bien » ? Celui qui demeure au dehors. Le Créateur qui frappe à la porte et attend qu’on daigne lui ouvrir (Apocalypse 3 : 20).
En revanche, malgré leurs doutes à Son endroit, beaucoup saisissent l’occasion de Son anniversaire de naissance (note : les Ecritures ne révèlent pas la date de naissance du Messie) pour échanger voeux et cadeaux. Mais, nul n’a prévu de présents pour Lui. Personne n’a pensé à Lui. Pour beaucoup, pas le moindre merci, pas la moindre expression de gratitude envers ce Dieu par Qui nous avons tout reçu (Romains 11 : 35 ; Jean 1 : 16 ; 1 Corinthiens 4 : 7). Il faut être Dieu pour supporter un tel paradoxe de la part des hommes ! « Cette lumière était la véritable lumière... Elle est venue chez les siens, mais les siens ne l’ont pas reçue » (Jean 1 : 11). Quel contraste entre cette indifférence et l’attitude des bergers à qui l’ange annonça « C’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur » (Luc 2 : 8-20).

COEUR DE BERGER

A l’occasion de cette naissance unique dans l’histoire, alors qu’un Dieu se faisait enfant des hommes, les armées angéliques se joignirent à l’ange pour louer et glorifier Dieu, tellement la nouvelle était merveilleuse ! (Luc 2 : 13). Et quand les anges furent retournés au ciel, l’évangéliste rapporte que, « ...les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, et qui était conforme à ce qui leur avait été annoncé » (Luc 2 : 20). Pourquoi une telle explosion de joie et de reconnaissance ? Pourquoi une telle conviction dans leur coeur, et pourquoi ont-ils cru les paroles de l’ange ? Parce que cet événement « était conforme à ce qui leur avait été annoncé » par les prophètes dans les écrits de l’Ancien Testament. Leur attente était enfin satisfaite !
« Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en Son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu (Jean 1 : 12-13).
En cette fin de millénaire, alors que la « défaite des faits » prime sur la vérité, et que plusieurs perdent la foi dans les Ecritures, ou en ignorent la teneur, prenons exemple sur les bergers de Judée. Soyons de ceux qui croient ; de ceux qui espèrent ; de ceux qui aiment ; de ceux qui disent merci à Dieu ; de ceux qui partagent avec les pauvres, les démunis et les malades ; de ceux qui tressaillent de joie à la vue du Christ attablé au nombre des invités au repas ; car le Roi suprême a déclaré, il y a 2000 ans, « Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Matthieu 25 : 40).
Malgré les guerres, et les misères qui affligent notre planète, marquons une pause et profitons de ces fêtes de fin d’année pour réfléchir à la Dimension Manquante de Noël. Réjouissons-nous en famille et entre amis (Romains 12 : 15). Soyons reconnaissants pour l’espoir que nous donne la venue de Jésus sur la terre.

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